Lord Of War

Test interactivité

3/5
Commentaire audio :
Loin d'être emballant sur la forme, tellement Andrew Niccol semble prisonnier de la cabine d'où il enregistre, son commentaire audio n'en reste pas moins passionnant dans son fond. Riche d'une dizaine de sujets à la minute, le réalisateur qu'on croirait tout d'abord en pleine complainte (un vrai mal de chien pour produire le film et le mener à terme) ne gardera ensuite aucun secret pour lui pour s'atteler au moindre détail en profondeur. Qu'il s'agisse de l'anecdote la plus insignifiante, bien qu'amusante, jusqu'à l'explication technique la plus pointue (y compris les nombreux effets numériques invisibles) rien ne sera mis de côté. On y apprendra entre autres que le jeune garçon capable de démonter un hélicoptère de guerre en quelques minutes est interprété par le propre fils de Nicolas Cage. Un peu plus de bonne humeur en aurait assurément fait un incontournable.


Les marchands de mort (15min15) :
Un peu redondant avec lui-même, mais surtout avec le film, ce petit documentaire corrobore les faits racontés dans Lord of War d'une manière certes intéressante et surtout plus sérieuse, mais trop succincte et trop fidèle à la narration du scénario pour apporter du neuf en terme d'information. On sera surpris de découvrir parmi les nombreux témoignages - la plupart étant des agents comme le personnage d'Ethan Hawke - celui d'un représentant de l'ONU alors que le film pointe l'organisation du doigt comme étant la principale responsable des distributions d'armes.

Making of (20min29) :
Rien de plus à découvrir ici qu'une featurette commerciale, qui semble d'ailleurs pleinement s'assumer, donc assez sûre d'elle et remplie d'images de tournages prouvant l'existence évidente d'un journal de bord. Si ce dernier ne fait malheureusement pas partie de cette édition, ces images montées à la va vite s'intéressent essentiellement à quelques anecdotes de tournages vite expédiées que nous aurions bien aimé découvrir plus en profondeur, aussi légères soit-elles. On y apprendra entre autres que la grosse majorité des éléments visibles dans le film sont authentiques (armes, chars, avions) et qu'ils ont vraiment servis ou participés à un trafic. Dommage néanmoins que l'ensemble reste succin, le tournage du film semblant aussi particulier que le résultat.



Effets spéciaux (16min59) :
Sans doute la pièce maîtresse de cette édition en matière de bonus, puisque ce module sur les effets spéciaux est d'une part tout simplement passionnant, mais surtout uniquement réservée à cette édition française car c'est justement une équipe bien de chez nous qui s'est chargée des effets numérique du film. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on reste bluffé de découvrir autant de techniques utilisées sur le film, décortiquées ici en un simple quart d'heure, mais surtout parce que les effets en questions sont pour la plupart indécelables en découvrant le film. Le superviseur Yann Blondel nous explique donc son implication sur le projet, du moment où il a reçu le script jusqu'à la première édition du montage final, et décortique un à un les nombreux plans sur lesquels il a travaillé, en commentant les rushes de tournage, les effets en fil de fer et le résultat final. On y découvrira entre autre que le plan accéléré où l'avion se fait désosser en 24 heures est entièrement en 3D (mouvements dans le ciel et figurants compris) et nous aurons droit à une version intermédiaire et commentée de l'épatant générique d'introduction.

Scènes coupées:
N'ayant que pour seul mérite d'être proposées sur le DVD, parce qu'il toujours intéressant de savoir ce qui a été coupé, les sept séquences disponibles ici n'apportent strictement rien à la narration, si ce n'est quelques redondances sur la culpabilité du personnage de Nicolas Cage sur les membres de sa famille. On retiendra néanmoins une séquence de mariage importante durant laquelle Jared Leto tire en l'air avec une mitrailleuse, d'une part parce qu'elle apporte un petit clin d'oeil à Scarface, mais surtout parce que c'est dans cette posture que le personnage était représenté sur certaines affiches.

Interview d'Andrew Niccol (19min07) :
Bien que passionné par son sujet et constamment intéressant, le réalisateur ne fait ici que répéter, dans cette interview exclusive à l'édition française, tout ce qui a déjà été clarifié dans le reste des bonus. Qu'il s'agisse de financement, de choix d'acteurs, de narration, ou tout simplement du thème du film. Un efficace petit condensé pour ceux qui ne veulent pas écouter le commentaire audio.

Interview de Jean Vincent Puzos (8min19) :
Entretien sensiblement décevant puisque si le chef décorateur met du coeur à l'ouvrage à nous fournir l'extraordinaire souvenir que fut la conception du film, il n'aura que bien peu de temps pour revenir concrètement sur son propre travail. Nous sommes ici plus en la présence du témoignage d'un privilégié et admirateur du cinéaste.

Interview de Philippe Rousselet (11min21) :
Si cette interview demeure malheureusement trop courte, compte tenu de son potentiel de sincérité, l'intervention du producteur de Lord of War change radicalement des bonus de rigueur. Retraçant rapidement le chemin de croix que fut la production d'un tel film pour un investisseur français, Philippe Rousselet nous transmettra en quelques secondes l'éreintante mise en chantier d'un film qui l'obligea à en annuler d'autres. Bien que ravi du résultat, et de son accueil mérité, on se surprendra à l'entendre dire qu'il regrette parfois d'avoir investit dans le film. Une véritable absence de langue de bois !

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