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DVD1Intro (4min13)Introduction classique chez Troma si l'on a l'habitude de regarder leur DVD. Llyod Kaufman, non content de nous expliquer à juste titre qu'il est le meilleur auteur depuis Shakespeare, nous offre un aperçu général des heures et des heures de programme auxquels nous auront droit en insistant sur le fait que s'il est parvenu à faire des films, nous pouvons le faire également avec de la ténacité. En effet, si le reste du contenu ne vous donne pas envie de tenter l'expérience, personne d'autre ne vous en convaincra...
Troma system of casting (5min) :Oubliez déjà les séances de casting plan-plan, ou s'enchaînent en vain de courageux comédiens ayant appris du tartuffe sur le bout des doigts. Chez Troma on privilégie les hystériques, les travestis, les exhibitionnistes et les filles aux gros nichons qui n'ont pas peur de se mettre à quatre pattes sur le sofa du bureau de gestion du Troma Building. Ce court module s'intéresse principalement aux essais de
Terror Firmer, où la simulation sexuelle est primordiale. Âmes sensibles s'abstenir...
How to raise money (8min40) :Les investisseurs n'aiment pas lire de script. C'est Lloyd qui nous le dit, et on peu lui faire confiance. Il nous explique que pour convaincre les gens qui mettront de l'argent dans votre projet, il faut les affubler de story-boards, de vidéo démonstratives d'effets spéciaux ou autres... Llyod et ses acolytes nous livrent à travers une vidéo personnelle la façon dont ils ont tenté d'extirper de la monnaie à des actionnaires à la petite semaine ne savant pas quoi faire de leur argent. La démonstration de
Toxic Avenger The musical- auquel nous avons également droit - orchestrée par des jeunes pleins d'engouement ne semble pourtant pas convaincre ces quelques papys, peu enclins à parier sur une pièce de théâtre étrange. Sa dernière solution est de sucer le premier passant venu, mais nous vous le déconseillons fortement.
How movies get financed in France (18min31) :Première démonstration des folles aventures de Llyod Kaufman au pays du tournage des autres. Il embarquant sa mini DV jusqu'en notre beau pays, il nous propose ici son journal de bord du tournage de
Le bon, la Brute et les zombies réalisé au parc de La mer de sable. Bénéficiant d'un rôle titre aux cotés de Dominique Pinon, il filme toutes les préparations possibles dont ce court métrage bénéficie. Entre story-board soigné, buffet en grandes pompes pour compenser l'absence totale de salaires et une galerie de costumes globalement très réussis, notre fier revendicateur du cinéma indépendant reconnaît lui-même être épaté par le professionnalisme général. On ne peu qu'aller dans son sens.
Troma's Prop Shop (2min07) :Pourquoi dépenser des fortunes dans ce que l'on peut obtenir gratuitement ? La jeune bande de Lloyd se jette la tête la première dans la benne derrière les locaux de CBS pour y récupérer des accessoires encore en états de marche et une commode quasi neuve. Décoration facile et pas cher acquise en moins de 5 minutes.
Advice from the masters on writing :Toujours armé de sa caméra de poche, Llyod s'incruste chez les scénaristes James Gunn (14min03) et Larry Cohen (14min45), respectivement créateurs de Troméo et Juliette, Scoubidoo et L'armée des morts pour l'un, et la trilogie It's Alive, Phone Game et Cellular pour l'autre. Il y sera grandement question de conditions de travail et surtout de persévérance auprès des studios pour rendre une histoire, aussi tordue soit-elle, suffisamment enrichissante sur le plan financier pour susciter l'intérêt. L'astuce de service est de surtout s'arranger pour rendre les dernières lignes d'une page salivantes pour donner envie de lire la suivante. Pour information, James Gunn est également réalisateur de
Slither, film d'horreur burlesque bientôt sur nos écrans.
Advice from the masters of becoming a filmmaker :Dans le même registre, nous aurons ici droit aux interventions de John Avilsen (23min35) réalisateur de
Rocky, John Badham (1min56) à qui l'on doit
Jeux de Guerre et
La fièvre du samedi soir et surtout H.G. Lewis, révolutionnaire du gore avec son
Blood Feast. Si Avilsen pointera sérieusement du doigt les rapports avec les producteurs et les financiers qui semblent être la véritable plaie de toute première réalisation qui se respecte, les deux autres n'auront qu'un mot : Foncez ! Avoir des idées, parler de ce que l'on connaît, savoir ce qui plaira et bousculer les conventions, et surtout essayer de faire le film que l'on a eu en tête, sous peine de mûrir dans une certaine frustration.
Make your own damn music vodka... Errr...Video in Russia (40min57) :Voici le monument de ce premier disque à ne pas rater puisque vous n'avez probablement jamais vu une réunion de pré-production comme celle-ci. Llyod Kaufman expatrié en Russie l'espace de quelques jours pour jouer dans le clip vidéo de fans locaux, va rapidement se retrouver embarqué dans une beuverie en guise de réunion versant rapidement dans l'incompréhensible. Toujours prêt à accepter tous les défis, le roi du cinéma indépendant accepte le pari et se retrouve bon gré mal gré dans la peau d'un aveugle en tournant tantôt à moitié à poil dans un lit avec deux vieillards qu'il ne connaissait pas quelques instants auparavant, tantôt avachi sur les clients d'un pub avec un pistolet d'alarme à la main. En somme un making of tordant qui ne nous fera jamais assez remercier l'existence de la camera de poche pour nous faire partager ce genre d'expérience. Le plus incroyable est que le clip, proposé à la fin documentaire, est excellent.

Purple Pam : Making a music video with no compromise (16min35) :Certes plus classique mais toujours aussi amusant dans le contexte, nous assistons ici au tournage d'un vidéoclip mis en chantier par Llyod Kaufman lui-même. Comme d'habitude, le matériel comme les bénévoles n'effectuent pas toujours ce que l'on souhaitait d'eux, mettant un peu plus à rude épreuve la patience du bon Lloyd. Une fois encore, le montage sauve la casse.
Special effects 101 (16min55) :Petite visite dans locaux du Troma Building dédiés aux effets spéciaux. Animé par Llyod et une jeune comparse comme un téléachat, ce voyage embarqué au pays de l'économie se concentrera essentiellement sur la conception des maquillages gore que l'on peu concevoir à moindre frais. Une éponge, une petite spatule, de la confiture et du sirop de groseille suffisent à défigurer n'importe qui en quelques minutes, démonstration à l'appui.
Troma's world famous head crushing secrets (52sec) :Pour éclater gaiement la tête de votre meilleure amie, là encore inutile de s'encombrer d'un coûteux moulage en plâtre ou en latex là où une simple pastèque fera l'affaire, surtout si la forme du visage de l'amie en question s'apparente au fruit joufflu mentionné. Un maquillage réussi, un montage rapide et efficace, et on n'y verra que du feu... ou si peu.
Troma's world famous arm rip (4min04) :Pour arracher un bras, là encore point de prothèses moulées, d'effets numériques ou autre. Une bande velcro, un bras caché dans le dos, un membre subtilisé à un mannequin quelconque et un peu d'hémoglobine à base de sauce tomate, champignons, steak haché feront parfaitement illusion à tel point que le maladroit Toxie en arrachera le bras de la mauvaise personne lors de la démonstration.
Troma's system of arm ripping makes it to Hollywood (5min39) :Les leçons de l'oncle Llyod semblent porter leurs fruits puisque la démonstration précédente a fortement inspiré un petit film d'horreur où il est effectivement question d'arracher un bras. Ni une ni deux, Llyod se voit offrir le rôle de la victime se faisant longuement engluer pas des substances rougeâtres sur des petits bouts d'os dépassant ici et là. Comme à son habitude il embarque sa petite caméra sur le tournage et nous en fait vivement profiter.
A new way to make fake blood (2min03) :Un bon conseil n'étant jamais de trop, Lloyd s'incruste dans la salle de bain de l'une de ses fans en sous-vêtements pour observer la découverte de la jeune fille. Du colorant alimentaire mélangé à une bouteille de gel pour cheveux offre un rendu assez convaincant pour une conception 100% amateur et tout le monde mets un point d'honneur à souligner que la mixture ça sent extrêmement bon.
DVD 2
Battle of love's Return (80min17)
Que serait un professeur digne de ce nom s'il ne nous proposait pas en exemple concret à ses élèves SON premier film, celui qu'il mit plus de temps, de passion, et de volonté à donner vie ? Plus déconcertant qu'on aurait pu le croire, Battle of love's return est situé à des nues des films de Troma ou les excentricités auxquelles Kaufman nous a habitué depuis ces 30 dernières années et s'imposerait ici comme une gentille parodie d'auteur nombriliste avec tous les clichés essentiels au genre. Héros devant et derrière la caméra, docu-fiction en seize millimètres, plans volés, séquences, noirs et blanc ou couleurs, stables ou mal cadrés, tout fait de ce film d'étudiant enquêtant gentiment sur les méfaits du célibat endurci et de la pauvreté sexuelle et sentimentale infligée. Amusant par moment, ce premier film trahit néanmoins de vraies baisses de régimes et surtout le manque de chambardement auquel le réalisateur sera plus à son aise dans ses oeuvres prochaines. On ne boude pas son plaisir, pour le prix, et pour l'ensemble du package ce document d'archive chapitré et commenté avec pertinence par Kaufman (comme un vrai film) s'impose comme un chouette cadeau pour les fans du personnage.
Lessons from young filmmakers
Idealistic Lycheas personnal (29min19) :
Le cinéma indépendant signifie par essence cinéma d'auteur avec tout le risque d'ennui que cela peut procurer. Dans sa très drôle introduction, Llyod regrette avoir suivi Ramzi, jeune auteur inspiré dans un univers Lynchien, en ayant abandonné un rôle dans Cabin Fever de son talentueux élève Eli Roth. Du coup le voici embarqué à l'aveuglette dans une aventure dont il nous fait longuement partager son point de vue et dont il ne pige absolument rien...tout comme nous d'ailleurs. Une preuve supplémentaire de son éternel dont de sa personne...
We're not in L.A. Anymore Toto (16min59) :
Voici Llyod embarqué dans le Kansas pour soutenir un jeune réalisateur débutant/amateur bouclant son Zombiegeddon. On y aborde la difficulté financière de mettre en chantier un film quelconque hors de Los Angeles si l'on veut tourner autrement qu'en DV. Manque de bol, il faudra pourtant ici se contenter de la fameuse caméra familiale et Llyod d'interpréter toujours bénévolement un homme d'entretien confronté à une horde de zombies envahissant un lycée, la seconde partie du documentaire présentant le tournage de ses scènes.
How a director gets a cast and crew to work for free (4min32) :
Manque de décors, manque de moyen, manque de casting ou autre, une réalisatrice finit par taper l'incruste dans le Troma Building pour tourner une courte séquence où un vieil homme répond au téléphone d'un asile. Qui s'y colle d'après vous ?
Shooting on 35mm and getting stars for no money (34min45) :
On entre ici un peu plus dans le vif du sujet et dans une organisation plus aboutie de la part d'une très jeune équipe qui loue une caméra 35 mm bon marché et qui parvient à soudoyer quelques célébrités sur le déclins (autant d'illustres inconnues pour nous habituées aux seconds rôles de vieilles sitcom) en l'échange de la garantie de passer une amusante journée ainsi qu'un bon repas. Il y sera également question de repérages et de décors, essentiellement choisi pour leur aspect carcéral (le film s'appelant Prison-ah-go-go) même si l'essentiel de ce nous découvrons est tourné à l'étage d'un pub, assistante de directeur qui suit à la lettre une organisation établie ainsi qu'un spécialiste des rushes et prises son qui prépare durant le tournage ce qui finira sur la table de montage. Ravi par ce professionnalisme, Llyod apportera bien entendu sa contribution à travers un petit rôle hystérique.
Lessons from a first time female director (7min) :
La jeune femme dont il est ici question est en fait la femme de James Gunn, scénariste de L'armée des morts dont une interview est disponible sur le premier disque, qui nous brièvement son court métrage que l'on peut qualifier de vraiment amateur. Une grosse DV, son mari, elle-même et le père Lloyd dans justement le rôle d'un prêtre singularise exactement ce que tout jeune réalisateur conçoit à ses débuts. Fort heureusement le discours de Jenna fera l'apologie la persévérance.
Learn from their Mis-steaks (5min45) :
Très intéressante petite rétrospective de Lloyd Kaufman sur un tournage auquel il a participé et dont il nous ici un petit compte rendu des erreurs à éviter sur un tournage, d'un film gore en particulier. Il y sera grandement question d'images, de test caméra, de réglages, mais aussi de son et d'un minimum de matériel pour constater immédiatement si les prises directe seront utilisables ou non. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas sur Meat for Satan Icebox un peu conçu à la va-vite. Llyod notera également l'utilisation abusive de véritables trippes d'animaux qui rendit rapidement le tournage insupportable sur le plan odorant mais surtout sur ce qu'il avoue na pas avoir vraiment apprécié : boire de l'urine sans avoir été prévenu ! Comme on le comprend. Néanmoins il conservera son humour pour dire que seul un con pouvait distribuer le film et qu'il l'a fait.
Lessons from etablished Filmmakers
Une interview de Stuart Gordon (8min09) pour débuter qui, toujours avec la caméra de Lloyd braquée sur son nez, revient sur la complexité de monter un film d'horreur lorsque l'on a des producteurs sur le dos. Il y sera question de matériel - avec un vrai enthousiasme pour le film fait à la maison - et le tournage de Ré-animator. Le second documentaire (7min46) reprend en partie les images du tournage de Undead complété par les interviews des frères Spiering à qui l'on doit le film et qui connaissent mieux que bon nombre de gens du métier ce que signifie tournage à petit budget.
Lessons in Sound
Sound 101 (5min04) :
De petites évidences sur la prise du son lors d'un tournage au caméscope mais que l'on aurait tendance à oublier, et qu'il est toujours utile de revoir, surtout lorsque cela ne dure que cinq minutes. Distance, coupes, ambiance, sous-titres, démonstrations à gogo dans un magasin d'instruments.
Sound advice from the set of terror firmer (56secs) :
Faites gaffe à l'endroit où vous tournez ! Un aéroport et une zone de travaux à quelques mètres foutent radicalement en l'air le tournage d'une séquence de Terror Firmer, et la patience légendaire de Llyod n'est pas loin d'exploser...
DVD 3
Il s'agit ici du DVD de bonus du film Toxic Avenger 4 Citizen Toxie repris dans son intégralité.
Conception : In the beginning
Pré production (14min37) :
Caméra embarquée et d'une discrétion absolue dans le Troma Building où se sont déroulés tous les préparatifs du quatrième épisode. Rustres mais conviviaux, les bureaux de Troma régissent sur le même étage -voire dans la même pièce- la gestion du budget, le casting parfois hot (ici deux jeunes comédiens amateurs simulant une scène de sexe, bien que dans la distribution finale la jeune fille aura un autre rôle), l'écriture du scénario. On y découvrira par ailleurs l'attente et la réaction des postulants n'ayant pas été retenus pour le rôle titre. Un léger module exempt d'interview, de générique, de musique ou autre commentaire inutile donnant le ton libérateur qu'aura le reste des suppléments.
Toxie mold / test make-up (3min) :
Un supplément somme toute classique, mais ici amené avec humour, sur les essais maquillage du Toxic avenger sur le comédien (n'ayant par ailleurs aucune expérience du métier) retenu pour l'occasion.
Script meeting (8min02) :
Ambiance décontractée ce jour d'été sur une terrasse du Troma building. Llyod Kaufman rejoint son principal assistant ainsi que leurs plus proches collaborateurs pour retoucher à nouveau le scénario et les dialogues qui leur paraissent plus ou moins bons.
Production-Stunk in the middle
Apocalypse soon (137min23) :
C'est ici que les choses sérieuses commencent. Le premier bon point concerne tout d'abord la durée d'un programme nous emballant en quelques secondes : c'est vraiment chouette, très sincère, sans langue de bois et la jaquette du DVD avec son gros sticker mauve nous en promet 95 minutes. Youpi ! Suffisamment réjouis à cette idée, on se rendra finalement compte qu'il y a eu une erreur dans la durée puisque ce film (à un tel degré de perfection on ne peut pas le reléguer au simple statut de "bonus") dure en réalité 40 minutes de plus. Une réjouissance bien plus accrue encore et qui ne cessera de s'arrêter. Le second bon point, loin d'être négligeable concerne le fait de ne rien cacher, de dévoiler tous les conflits comme les bons moments (nettement plus rares ceux-là) en faisant intervenir quiconque avait quelque chose à dire au caméscope ambulant se baladant sur les plateaux, qu'ils soient contents ou non, qu'ils aient survécus au tournage ou qu'ils aient été virés à mi parcours. Un documentaire-vérité renvoyant définitivement dans les cordes les making of aseptisés des grosses machines nous montrant à quel point la construction d'un film est difficile.
On y découvrira tout d'abord que chez Troma on préfère tourner les scènes de cul (qui restent relativement softs dans l'ensemble) en premier lieu au cas où l'un ou l'une des interprètes se rend compte qu'il ou elle n'aura pas le cran d'aller jusqu'au bout. Des conditions réussies mais qui dévoileront surtout l'ambiguïté de la comédienne principale se vendant comme bisexuelle pour avoir le rôle, s'éclatant avec sa partenaire pendant les essais, et qui avouera finalement n'être qu'une sorte de "bi qui se cherche encore" en craquant littéralement au moment de tourner la vraie scène quelques jours plus tard laissant plus ou moins comprendre qu'elle ne fonctionnait qu'en fonction de ses pulsions. La scène se fera néanmoins en la laissant toute habillée, satisfaisant par ailleurs un Llyod Kaufman conciliant. La plus déçue dans l'histoire étant l'autre comédienne, sorte de camionneur qui semblait bien contente d'avoir ce rôle. Une gêne partagée par une figurante ancienne du porno qui ne connaissait pas Troma, en ayant marre de montrer éternellement sa poitrine et de s'en servir pour frapper sur une autre comédienne toute la journée. Tout comme le "comédien" principal, victime du mal du tournage, qui ne pensait pas que ce serait si long, craquant à plusieurs reprises et qui finit même par déserter une journée de tournage. Si le fait de trouver un passant dans la rue pour le remplacer sur les plans larges s'avère complètement hallucinant, on est encore plus fasciné de le voir arriver 3 heures plus tard, maquillé, et tellement jaloux de voir qu'on lui a trouvé un remplaçant qu'il en a foutu le bordel pendant les prises. De quoi rendre fou d'énervement Llyod Kaufman qui -pour l'avoir nous même côtoyé- est un homme rempli de qualité, mais montrant ici que sa patience a des limites.
Le maître mot ici est donc le compte rendu des accrocs, des plaintes, des contraintes et du nombre hallucinant de problèmes et d'engueulades (la pauvre seconde assistante n'ayant pas compris le système de modification du scénario en prend plein la tronche tout du long), ou techniques ayant été le quotidien d'un projet néanmoins mené à terme. Entre un technicien des armes à feu faisant son show sans rien apprendre aux autres et faisant perdre son temps à tout le monde-on surprendra l'assistant de Kaufman appeler la banque pour faire opposition au chèque qui lui a été adressé, une marre de colorant rouge impossible de nettoyer après avoir tourné une scène gore dans un couloir que la production doit rendre à la fin de la journée, l'intégralité de l'équipe totalement amorphe au petit matin car ayant tourné toute la nuit pour gagner du temps de location, une voiture qui renverse un cameraman perché sur un escabeau, ou bien encore la disparition de onze techniciens au milieu de la nuit qui se sont alliés pour quitter une ambiance et des horaires qui ne leur convenait pas, c'est un effarant état des lieus qui nous est proposé: On ose enfin nous montrer ces fameuses petites anecdotes qu'on a surtout l'habitude d'entendre dans les commentaires audio.
Portrait d'un microcosme suivi sur 7 semaines, avec ses gentils et ses méchants, ses traîtres et ses amis, ses bons et ses mauvais cotés et l'imagination sans cesse débordante d'une équipe de jeunes gens motivés pour couper court aux perpétuelles catastrophes qui semblent s'être donné le mot pour pourrir une petite production qui n'avait pas besoin de ça. Apocalypse soon est un vrai making of dans les règles de l'art qui nous donne la rare impression d'avoir été sur le plateau et dont le seul inconvénient est d'assombrir notre jugement sur les futurs documents promos qui nous seront proposés. Qu'on aime le film ou pas, et pour peu que l'on pige l'anglais, ce DVD apparaît ici comme un indispensable à tout amateur de secrets de fabrication. Car si vous n'avez pas vu ce documentaire, vous n'en avez vu aucun ! Exceptionnel !
Appendix (35min51) :
Ca vous a plus ? Vous en voulez encore ? Les réalisateurs du making of nous servent neuf nouvelles séquences inédites. On y découvrira surtout les petits secrets de fabrication de Llyod Kaufman en matière d'effets spéciaux comme la meilleure façon d'écraser la tête d'une mamie sous une voiture sans trop faire de dégâts, la réalisation d'un mate-painting explosif à dix dollars, comment faire éclater un zizi mutant, la réalisation du combat entre deux foetus (interprétés par des nains !!!) et surtout le tournage d'une séquence dans la demeure officielle de l'empire Playboy où l'attaque de Noxie fera quelques dégâts chez les stars du porno.
Completion the end...
Clyde Lewis dubs Toxie (1min54) :
Vous ne le savez peut être pas, mais le comédien interprétant Toxie peut se contenter d'imiter un poisson rouge puisque quelqu'un d'autre passera derrière lui pour introduire son imposant organe entre les lèvres. Rien de salace là dedans, juste la voix officielle de Toxie interprétée et mixée en postproduction. Ce module nous permet d'assister à l'une des séances d'enregistrement.
N.Y.C. première (4min45) :
Loin des grandes salles et des parterres de célébrités, la première de Citizen Toxie s'est déroulée dans un petit multiplex où, si la foule est moins conséquente que dans les premières hollywoodiennes, l'ambiance est tout de même au rendez-vous. On s'éclate avec une tordante introduction de Llyod kaufman uniquement réservée aux salles de cinéma (avec voix off modifiant les propos de ce dernier en fonction de la ville dans laquelle est projeté le film), et tout le monde prend un malin plaisir à découvrir, ou se redécouvrir dans cet ovni. Y'a pas photo, on aurait aimé en être !
L.A. première (4min) :
Chaude ambiance ici aussi à l'entrée (et à la sortie) de la projection californienne. Tout le monde est de la partie, y compris tous les anciens de la franchise.
Rashamoron (7min) :
Un cinéaste Japonais invité à la même émission de radio que la bande à Kaufman pour la promo du film ? L'homme a eu du nez et apporté sa caméra personnelle pour en garder un souvenir et c'est cette dernière qui nous est proposée. Outre l'ambiance bordélique totalement prévisible, c'est la jeune Heidi Sjurjen, héroïne principal, qui reste la plus à baffer...
Sitges (2min55) :
Petite promo en Espagne où tout le monde s'est encore amusé soit à enjoliver la vie, soit à pourrir celle des autres. Tout dépend du point de vue. Belle rencontre entre Llyod et Brian Yuzna, papa de Réanimator et Necronomicon, mais malheureusement trop court.
DVD 4
Fart of darkness : The making of terror firmer (99min) :
Excellent complément au déjà parfait Apocalypse Soon proposé sur le disque précédent dévoilant un peu plus les chaudes ambiances régnant sur les plateaux de tournage Troma. On n'atteint ici certes pas le même degré de poisse et document antérieur oblige, on n'avait pas pensé à la pré production et aux interviews vérités hors plateau, mais les amateurs de riches engueulades et couilles de dernières minutes les plus impromptues en auront pour leur argent. Outre la délirante façon de tourner certaines passages sanglants (coincer votre pote sous les marches tranchantes d'un escalator, chutes par la fenêtre, un faux caca qui fini en vrai vomi) on ne pourra que se délecter devant un cascadeur un peu à l'ouest avec l'esprit du film et surtout un figurant décidément très mauvais qui manque de s'en prendre par un Llyod qui n'a jamais eu affaire à quelqu'un d'aussi nul.
Terror Firmer étant ce qu'il est, ses rares amateurs (peu nombreux peuvent se targuer de bien connaître le film) seront ravis de longuement découvrir le tournage des séquences "françaises" avec Ariel Wizman et surtout Edouard Baer mais également le tournage absolument illégal d'une séquence où un gros aveugle traverse New-york entièrement nu. On répète le plus efficacement possible, on essaie de ne gêner aucun passant et on évite surtout de se faire chopper par les flics. Si l'un d'entre eux nous repère, chacun pour soi et dieu pour tous.
When reshoots go wrong The Thick Brown line (59min05) :
Ce making of est celui déjà proposé sur le DVD de Tales from the crapper, et accessoirement la chose qui étaient la plus intéressante sur son disque. A des années lumières des pompeuses auto promos sensées maintenir la tête hors de l'eau de grosses productions aux frontières du nullissime, le making of de Tales from the Crapper s'efforce au contraire d'expliquer pourquoi le film est si mauvais. Assumant parfaitement son erreur, le producteur Lloyd Kaufman se confesse au caméscope tenu à bout de bras lui servant de journal intime, et explique la chaotique production d'un film dirigé par une bande de bras cassés n'ayant tout simplement rien à foutre du budget qu'on leur a confié. Les nombreuses images de tournages illustrant ses propos parlent d'elles-mêmes : les junkie picolent, se droguent, envoient chier quiconque essaie de les calmer, tentent de reproduire dans la réalité l'ambiance bordélique du scénario et insultent même le pauvre Llyod tentant de sauver le navire dans un rare état de colère. Les pourtant déjantés Ted Raimi et Trey Parker présents sur le tournage - respectivement créateurs de Evil dead 2 et South Park - tombent eux-mêmes des nues devant la stupidité de jeunes capricieux menaçant de laisser tomber tout le monde à chaque remarque. Incroyable.
Shooting a feature film on a bolex ? (34min35)
Fascinant petit objet que la Bolex, caméra Kodak de la taille d'un pain de campagne fonctionnant et tournant à l'aide d'une manivelle motorisée que l'on remonte comme une petite voiture. Les amateurs de petites productions en auront eu un aperçu sur le making of de Bad Taste. Il y sera ici grandement question sur le tournage d'un film amateur que Llyod suit de très près et auquel il va bien naturellement participer en tant qu'acteur bon marché. On appréciera particulièrement le poivrot à qui il donnera la réplique bon gré, mal gré. Cette petite caméra n'enregistrant pas le son, c'est sur le disque suivant que nous auront droit à un enregistrement en post-synchro à moindre frais. A suivre donc...
Filmmaking in Germany (13min45) :
Bien sur, Llyod ne loupe pas une pareille occasion pour déconner à plein tube sur les juifs avant de s'embarquer à nouveau aveuglément dans son tour du monde au service d'un groupe de djeunz en manque de soutien moral. Embarqué avec ces inconnus à l'accent coupé à la scie sauteuse, tantôt dans leur voiture, tantôt dans leur appartement pour toujours autant accepter à se faire maquiller et se ridiculiser pour pas un seul centime. Certainement pas le meilleur exemple à suivre, mais on reste quand même dans le fun total.
Lessons from the masters on filmmaking
La première interview de Vincent Sherman (14min) demeure pédagogique même si elle nous concernera que trop peu puisqu'elle concerne la liste noire sur laquelle le bonhomme s'est retrouvé. Kaufman lui-même ne se gênera pas pour dire clairement ce qu'il pense d'Elia Kazan, dictateur hollywoodien, et du manque de liberté des auteurs dans le circuit fermé du cinéma américain. Dans le genre dictature monétaire, le second documentaire (23min05) envoie Llyod, caméra DV au poing sur le tournage de Team America pour retrouver Trey Parker et Matt Stone, ses "élèves" les plus populaires. Interdit de filmer les marionnettes, interdit de franchir certains endroits, et obligé de suivre à la lettre les règles imposées par le studio. Long chemin de croix et 24 heures d'attente pour enfin être avec ses amis de longue date et baver sans vergogne sur l'adaptation ciné des Thunderbids (on ne peut pas leur donner tort) avant d'être très clair sur les enjeux financier de leur film et la plaie que ça représente pour eux. Cash, comme d'habitude, et on adore.
DVD 5
All the love you Cannes (92min40) :
Attention : perle de premier ordre ! Mine de rien avec son cinquième disque, le coffret Make your own damn movie touche à la fin des plus belles combines pour monter son propre Citizen Kane à moindre frais, et nous propose ici avec le reportage Apocalypse Soon l'autre motif qui justifie à lui seul l'achat du coffret. Dernière grosse étape de toute production qui se respecte, la distribution et le marketing n'est pas une affaire à prendre à la légère et Llyod Kaufman trouve dans le festival de Cannes le plus efficace fluide pour se vendre lui et ses oeuvres farfelues. Les amateurs de NPA, du Journal du cinéma et leurs heures de gloire se souviennent probablement des défilés remarqués de la bande à Troma terrorisant les retraités locaux déjà réveillés par la croisette officielle, affublée des plus affreux costumes de capotes mutantes, de jeunes filles aux seins siliconés et de cannettes de bières écrasées sur le bitume. Quelques minutes dévoilées ici et là à la télévision française qui laissaient dubitatif quant à la volonté première de ces gais lurons qui semblaient surtout vouloir foutre le bordel gratuitement. Alors oui bordel il y avait et il y aura encore, mais suffisamment orchestré pour mettre des bâtons dans les roues des attachés de presse des plus grosses majors surtout ici pour s'empiffrer de petits fours (on vous a vu, c'est filmé !) et parvenir à attirer l'attention des financiers les plus audacieux.
En mai 2001, Llyod Kaufman et ses jeunes collaborateurs débarquent donc dans notre beau pays pour se fondre dans la liesse générale en dépensant le moins d'argent possible. Boum ! L'avion n'atterrit pas à Nice, mais à Paris pour faire tout le reste en voiture conduit par un fan super sympa. Voilà cinq minutes que le documentaire est entamé et à l'instar d'un "Tromathon" on compte déjà 350 dollars d'économies sur le taxi et la nourriture compensée par les cacahuètes taxées à bord de l'avion. Un délirant compteur qui n'aura de cesse de calculer les débits et crédits divers engendrés par ce voyage fou au fil d'un mix entre film de vacances et documentaire marketing qui nous donnerait presque envie de faire de cinéma si l'on avait l'assurance de baigner dans autant d'amusement. A défaut de millions investit dans les junkets presse, Troma organise ses propres défilés à foison à même la ville pour attirer le curieux, sème radicalement la panique dans la circulation, chauffe un petit groupe de racailles qui ne veut pas être filmé et qui ne retient pas des propos que nous seuls veinards de français comprendrons, et cumule les lesbo show devant les passants !
Du délire top niveau d'autant plus fascinant qu'il décrit une réalité, la médiocrité de certains attachés de presse pros et de leurs toutous, compensé par un capital sympathie finissant par l'emporter sur une législation bien trop ennuyeuse pour ces vrais malades mentaux qui cumulent les arrestations, les cuites, les minutes coincés dans l'ascenseur du Carlton (filmé de l'intérieur, bien entendu) et des rencontres aussi inopportunes que surprenantes. En effet Tarantino, Edouard Baer et Claude Chabrol participent à la liesse sans le moindre complexe. Pour sûr, vous n'avez jamais vu une chose pareille !
Combining old and new technology in post production for no money (10min54) :
Le disque précédent dévoilait le tournage de Harry Knuckles, minuscule film tourné en Bolex qui, rappelons-le, n'enregistre pas le son. Découvrons ici Llyod filant désormais un coup de pouce à la post-production en se doublant lui-même à l'aide d'un simple mini-disc. Loin des grands studios, des gros micros et les larges barres en aciers sur lesquelles les comédiens ont l'habitude de s'appuyer, on découvre ici le système D on ne plus bateau de la post-synchro de fortune. Charmant.
Dont sign your union contracts yet (10min22) :
Bam ! Une minute d'inattention et le jeune réalisateur de Prison-a-go-go voit son film de bénévoles devenir un film où les quelques dollars engrangés sont obligatoirement répartis parmis ceux qui y ont participés et qui se envolés au quatre coins du pays depuis. Plus un rond pour retourner les séquences dont il n'a pas envie, et surtout plus un dollar pour réinvestir dans le second sans frapper à la porte des financiers. Témoignage!
Feted at a film festival (13min25) :
Llyod Kaufman défend corps et âme le cinéma indépendant, mais il ne croit plus en la sincérité des nombreux festivals qui lui sont dédiés. Coup de bol, il est invité à l'un d'entre eux et nous commente en direct tout l'aspect excessivement mercantile de ce qui le répugne au plus haut point dans une système où il ne se reconnaît pas. Rigolade assurée lors de sa ballade dans les méandres du festival mais surtout lors du discours de Jack Valenti, l'homme qui tua le cinéma indépendant, où le vieil homme en prend plein la poire : "They love this fucker" s'insurge Llyod lors d'une standing ovation. Totalement arbitraire, mais on adore !
Its not just knowing your audience
Après une petite introduction de Llyod de 35 secondes, sur la bonne surveillance de la distribution du cinéma indépendant charcuté par la main mise des majors sur les salles de cinéma et sur les vidéoclubs, nous avons ici accès à deux documentaires s'intéressant à la diffusion pure. Make your own damn video store (8min05) s'intéresse donc à la création d'un petit vidéoclub du nouveau Mexique qui privilégie les films rares et cultes qu'il est difficile de trouver ailleurs. Son propriétaire nous raconte comment il s'y est pris pour le mettre en place. Son de cloche similaire sur Make your own damn movie theater (6min07) qui comme les anglophones l'auront compris, s'intéresse essentiellement à une petite salle de cinéma privilégiant également sa propre programmation sans tenir compte des tendances.
Lessons from the masters
Du beau monde dans la dernière rubrique du "Les pros ont la parole" avec un Adam Rifkin (7min09) à qui l'on doit le Detroit Rock city et qui encourage fortement le cinéma à la maison, le montage sur PC et la création à moindre frais pour faire la niques aux gros studios, soutenu par Bill Lustic (11min15) réalisateur de Maniac et qui soutient plus encore cette idée de volonté au-delà du financement. De question il en sera également grandement question dans l'interview de Eli Roth (25min) réalisateur de Cabin Fever qui nous raconte en détail ses démêlés avec les investisseurs qu'il a croisé tout au long de sa (courte il est vrai) carrière. On connaissait déjà l'histoire, mais dans sa très courte intervention, George Romero (2min38) revient sa célèbre erreur de copyright sur le titre de La nuit des morts vivants.
Make your own damn Comic Book
Dernière ligne droit du coffret, l'ultime section change sensiblement de cap en donnant la parole aux créateurs de comic book. Stan Lee (4min38) est le premier surpris d'être sollicité sur une question cinématographique même si son conseil est incroyablement pertinent : regardez beaucoup de mauvais films, et comprenez ce qui ne va pas dedans et dont vous voudrez forcement vous débarrasser. Dernier interrogé, Kevin Eastman (10min13) créateur des Tortues Ninja quant à lui témoigne sur l'évolution épatante d'une simple planche de dessins ayant basculé dans la franchise multimillionnaire.