Le digipack en lui-même de cette édition collector est protégé par un étui en plastique transparent souple assez "cheap" et on passe parfois du temps à le sortir ou à le remboiter. L'objet lui-même nous semble nettement plus beau à l'intérieur qu'à l'extérieur une fois déplié. La jaquette aurait dû s'inspirer des menus d'accueil et de leur dépouillement : le visage était inutile. La lame sanglante de la tronçonneuse sur fond noir aurait été idéale. En revanche une fois le rabat (en forme de lame de tronçonneuse) ouvert, apparaît une belle illustration à mi-chemin entre l'original et le remake de 2003. La sérigraphie des disques est un peu sombre et confuse mais le travail des couleurs de l'ensemble est élégant.

Le menu principal sonorisé est beaucoup plus agréable esthétiquement et bien plus rapide (en dépit du fait qu'il soit animé) en consultation que celui de l'ancienne édition collector. Il est plus épuré, plus clair et réparti - c'est l'autre grande innovation de cette nouvelle édition - sur 2 disques et non plus un seul. À noter que le disque consacré au supplément est aussi un DVD9 comme le disque principal consacré au film : gage de qualité et d'investissement qu'il faut toujours saluer. Un défaut gênant tout de même : les menus plongés dans la pénombre sont éclairés par un effet projecteur (joli d'ailleurs) qui balaye régulièrement l'espace du cadre mais il faut parfois attendre que le faisceau tombe pile sur le titre qu'on recherche pour le voir. Sur l'écran des Crédits, certains noms restent dans l'obscurité la plus totale. Pour aller vite, il donc faudra bouger le curseur de lecture des menus avec la télécommande de votre lecteur de salon ou la souris de votre PC si vous lisez sur DVDROM. Vous surlignerez ou éclairerez du même coup plus rapidement.
Commentaire audio : Il s'agit du même que celui présent sur l'ancienne édition. Hooper, son directeur de la photo Daniel Pearl et l'acteur Gunnar Hansen qui portait le masque de cuir du tueur visionnent le film pour la première fois depuis son tournage (ils sont hors-champ et on peut entendre le son américain du film lorsqu'ils cessent de parler, mais en V.O. sans sous-titre) par le producteur "Elite" du DVD américain. Il est présenté en V.O.S.T.F., ce qui est remarquable et mérite d'être salué par les temps qui courent. Pas de V.F. disponible. Le début en est éblouissant (Hooper voulait que le comédien qui lit le texte de présentation du film imite Orson Welles - le film ne contient aucun "effet spécial", c'est confirmé - La décision de plans de coupe totalement noirs entre les plans "inserts" de cadavres du début - la relative solitude de Hansen au cours du tournage auxquels les autres n'adressaient pas la parole en raison de son rôle - etc.). Tout n'est pas du même niveau bien sûr. Il faut notamment se méfier des souvenirs et il est intéressant de constater que Hooper pensait que Pearl avait voulu obtenir tel effet de lumière sur tel plan et d'entendre Pearl lui répondre qu'il avait fait de son mieux mais que le résultat est dû au hasard. Il arrrive que les avis divergent sur certains point (on voulait une dominante qui ne soit pas naturelle et on avait choisi l'ambre mais les copies tirées furent à dominantes verdâtres : Hooper déclarait en 1977 que l'effet verdâtre était voulu mais dans son commentaire, au fond, il ne se rappelle plus vraiment des détails, ce qui est bien naturel près de 30 ans après. Ou encore : quel était le titre initialement prévu ? "Leatherface" qui ne fut finalement pas retenu au grand dam de l'ami Gunnar ou bien un autre encore ?) ou soient unanimes sur d'autres (Paul Partain fut celui qui s'impliqua le plus dans son personnage au point d'en être possédé pendant tout le tournage). On regrette que la séquence de la camionnette ne soit pas commentée pendant toute sa première moitié et que les 3 parleurs nous racontent ce qui est arrivé aux acteurs : un tel exerce aujourd'hui tel métier... ce dont on se moque un peu.

Ils ne font pas toujours bien leur travail de commentateurs, ces trois compères, tous amusés de se retrouver devant ce film qui les rendus célèbres. Reste que, pour les admirateurs du film dont vous avez compris que nous faisions partie, ce commentaire, lorsque les trois hommes redeviennent sérieux, est passionnant historiquement et esthétiquement. Il faut le regarder intégralement. Il complète très bien l'interview de Hooper seul offerte dans un autre supplément. Et il a un suprême mérite, c'est que le film reste extrêmement efficace, il vous fait peur... même pendant qu'ils le commentent et on a toujours envie de revenir sur la piste son normale pour pouvoir en jouir/frémir à nouveau totalement. Cela, c'est une preuve de réussite de plus. Paul Valéry l'a expliquée, cette idée que nous exprimons nous-même ici d'une façon un peu abrupte, lorsqu'il écrivait dans "Variété" que le commentaire de son
Cimetière marin par le professeur Gustave Cohen, auquel il assistait un matin dans un amphithéâtre de la Sorbonne, lui faisait l'effet d'être devenu momentanément lui-même une "ombre capturée". Le créateur est toujours, paradoxalement mais c'est ainsi, le moins bien placé pour parler de son oeuvre. Et ce qu'il refuse de commenter compte parfois plus que ce qu'il révèle volontairement. Cette première partie de la "scène de la camionnette", au fond, je suis content qu'elle ne soit pas expliquée, mais qu'elle fasse peur.
bandes-annonces : Les 4 b.a. directement liées au film principal déjà présentées dans l'ancienne édition. Elles sont toutes compatibles 4/3 mais cette fois-ci en v.o.s.t.f. à la différence de l'édition collector précédente qui n'avait pas pris la peine de les sous-titrer. Saluons cette innovation qui parfait le travail. On y a ajouté 5 nouvelles b.a. de films fantastiques européens et américains très divers sans rapport avec le film de référence.
THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE (USA 1974) de Tobe Hooper. État moyen, durée de 2'30 approximativement.
THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE II (USA 1986 ) de Tobe Hooper, produit par Cannon Group. Copie impeccable, durée un peu plus courte mais très enlevée et impressionnante : elle vaut mieux que sa continuité de référence qui est intéressante, certes, mais très inégale.
Leatherface : THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE III (USA 1991) de Jeff Burr, produit par New Line - le film fut par la suite remonté. Impeccable état aussi, très brève et au style publicitaire léché et assez efficace. C'était une sorte de croisement avec la série des VENDREDI 13 en ce qui concerne le scénario.
TEXAS CHAIN SAW MASSACRE : THE NEXT GENERATION (USA 1994) de Kim Henkel. Elle approche les 5'. L'image est jaunâtre et moche, l'action aussi violente que celle des films précédents mais on a un sentiment d'inutilité croissante en la regardant. Mais le film est pourtant intéressant puisqu'il comporte des aspects que Henkel n'avait pas pu inclure sous la férule de Hooper. Cf. : infra : disque 2, section 3 b.
Ainsi que celles de
My Little Eye,
Cherry Falls ,
Beyond Re-Animator,
DellaMorte dellAmore ,
Baby Blood ,
Les rivières pourpres 2 : les anges de l'Apocalypse DISQUE 2 : SUPPLÉMENTS Les deux premières sections reprennent les intéressants suppléments de l'éditions collector Studio Canal précédente mais organisé différemment. Seule la filmographie de Hooper a été actualisée dans la second section. Ce sont les troisièmes et quatrième sections qui sont inédites. La section 3 est le point d'innovation le plus important car elle comporte 2 documentaires inédits en France. C'est le premier des deux qui est la pièce maîtresse apportant réellement du nouveau mais le second ne doit pas être négligé pour autant. La section 4 n'a pas de rapport direct avec le film : c'est un court-métrage français ...... Quant à la cinquième section, elle concerne les crédits et l'authoring. L'ensemble de ces bonus est au format 4/3.
LES ARCHIVES DU FILMPhotos ("Affiches et archives visuelles" de l'éd. collector précédente). Le grand jeu qu'on souhaiterait avoir pour tous les films qu'on aime : près de 60 documents (certains sont présentés ensemble : on a donc préféré compter le nombre de plans qui les ont numérisées) à peu près divisés en une moitié en noir et blanc et une autre en couleurs comprenant des photos de plateau, des photos d'exploitation (le jeu américain complet apparemment, quelques italiennes, japonaises, et une partie du jeu allemand dont le titre est "Blutgericht im Texas"), des photos de tournage, des affiches & affichettes américaines (les plus belles et les plus efficaces en l'occurrence), italiennes (titre : "Non Aprile Quella porta"), japonaises, espagnoles, françaises. On peut voir sur près de 8 photos les étapes successives du maquillage du comédien qui interprète le grand-père : elles produisent en moi aujourd'hui le même sentiment de passer à travers le miroir que me procuraient, enfant, celles de Jack Pierce maquillant Boris Karloff. Certains documents sont splendides et le format retenu permet de leur faire occuper l'essentiel de l'écran, que vous ayez une TV 4/3 ou 16/9.
Scènes coupées : 6 scènes titrées, décrites chacune par un texte
et scènes remontées (3 scènes titrées, décrites chacune par un texte). Mais apparemment aucune séquence ou image visuellement proposée.
Bêtisier : son image est parfois pénible à visionner car les fragments sont mal conservés, parfois un peu flous ou tramés (tourné en 16mm ou peut-être même en Super8mm ?), mais il est drôle et très sympathique. Intéressant aussi par le fait qu'on y entrevoit les difficultés innombrables que la réalité oppose à sa "mise en boite"... Durée : à peu près 5'. En V.O. sans sous-titre.
Décors et accessoires : présenté par un texte, ce petit film montre les décors (l'image est très bonne et a été tournée avec une bonne pellicule 16mm) et les cadavres utilisés pour la maison, d'ailleurs habitée pendant le tournage et dans laquelle habiteraient encore les propriétaires de l'époque, nous dit-on ! Ce petit film est assez impressionnant, certes moins que les mêmes éléments "mis en scènes". C'est une étrange et lointaine "nature morte" animée et froide mais tout de même très hallucinée. Durée 6'. Muet.
Une scène "brute" : présenté par un texte critique intelligent, ce sous-menu nous permet de comparer les "rushes" de la séquence du coup de marteau sur la tête d'un des deux garçons lorsqu'il arrive au bout du couloir et de sa mort et "l'extrait" [vous pouvez cliquer sur l'un ou l'autre] monté définitif auquel il correspond. Tout à fait intéressant et analysant bien en détail le travail créatif du metteur en scène, les options qui s'offraient à lui, celles qu'il a retenues. Durée : à peu près 5'. Les "rushes" sont muets.
À PROPOS DE TOBE HOOPERFilmographie de Tobe Hooper : comme réalisateur, producteur, acteur, musicien. Elle contient sous chaque rubrique la liste des films avec leur date, leur titre original, leur titre français (lorsque le film est sorti chez nous). Succinct : pas d'affiches de chaque film par exemple, ni même un générique ou une fiche technique. Le tout précédé d'une notice biographique qui a le mérite de nous apprendre qu'il est à né à Austin (Texas) en 1946 : succinct aussi mais intéressant puisqu'on peut apprendre ainsi qu'Hooper a vécu la première partie de sa vie près des lieux mêmes du tournage. Elle est prolongée jusqu'en 2003.
Interview de Hooper par un certain "Flores" : on n'entend pas les questions posées mais les réponses sont en V.O.S.F.T. ce qui est très bien. Ce petit film vidéo numérique (dont l'esthétique avait en somme contaminée le menu de l'ancienne édition, on s'en rend compte avec le recul) est emballé d'une façon débile par des plaisanteries de potaches et des titres de chapitres qui se veulent parfois "drôles". Il est coupé sans cesse par des plans du film de Hooper (utile montage, celui-là) : il dure 23' mais on aurait gagné un temps précieux en ne retenant que le discours d'Hooper et les plans auxquels il se rapporte, économisant ainsi 15 ou 20% de remplissage (= "habillage") inutile. Car cet entretien est bien sûr passionnant, une fois ses défauts de présentation digérés, et il complète très efficacement, en lui apportant près de 30 ans de recul réflexif, celui, irremplaçable, déjà publié dans la revue française Ciné Fantastic (N°1 de mai 1977) et nous apprend notamment :
- que Hooper a vue et aimé THE NIGHT OF THE LIVING DEAD / LA NUIT DES MORTS VIVANTS (Romero, 1968),
- qu'il regrettait, à l'époque où il travaillait pour la télévision, que celle-ci "ne dise pas la vérité" (on remarquera que le premier plans du film montre ce que d'habitude la télévision ne montre pas lors des reportages sur les faits divers : le cinéma la double en réalisme. H. G. Lewis et G. A. Romero ont effectivement influencé Hooper à égalité, presque en même temps que W. Craven),
- comment et pourquoi la tronçonneuse fut choisie comme arme principale du film : à cause de son bruit qu'Hooper jugeait plus avantageusement terrifiant qu'une mélodie "ad hoc" et aussi à la suite d'une impression de claustrophobie ressentie dans un grand magasin qui vendait des tronçonneuses (du hasard et du volontaire dans la création artistique),
- qu'il avait de la famille dans le Wisconsin où Ed Gein commit les actes qui inspirèrent le film et qu'étant enfant, on lui en parlait et que cela l'avait impressionné durablement (prestige de la peur enfantine ou de la création comme contre-phobie),
- qu'il a voulu que "Masque de Cuir" adopte le comportement d'une sorte de gros "bébé Cadum" (voir notre critique infra),
- qu'il souhaitait que le personnage interprété par Marilyn Burns (Sally Hardesty) "gagne et soit réelle" (on peut remarquer en passant que le nom de famille du personnage provient de "hard" qui signifie entre autres choses "dur", "rude", "tenace") ,
- qu'il "ne voulait pas d'une caricature de la folie, méchante et grotesque. Je voulais juste montrer un "clash" de personnalités, de la nitroglycérine émotionnelle",
- qu'il a voulu "filmer ça comme un documentaire" (à propos des effets physiques du coup de marteau sur la tête et aussi à propos des effets du soleil dans le scénario et pendant le tournage),
- qu'il ne savait pas très bien écrire de la musique mais qu'il a délibérément usé d'une "texture atonale" plutôt que d'une musique conventionnelle, qu'il trouvait plus en rapport avec les thèmes de la chaleur, du soleil, du cosmos "ce jour-là mauvais",
- qu'il a accordé une place à part entière à la comédie noire, à l'ironie dans les rapports entre les membres de la famille afin aussi de bien cerner leur vérité humaine et de ne pas les réduire à des "gimmicks"
- qu'il avait la "final cut" ou la "director's cut" comme on dirait aujourd'hui ! Et que selon lui, étant donnés les rapports actuels entre réalisateurs et producteurs, un réalisateur tournant le même film aujourd'hui ne l'aurait certainement plus. En quoi aussi il estime qu'il a eu de la chance de tourner le film à ce moment-là !
- qu'il commence tout juste à se détacher du film et à pouvoir se substituer au spectateur lorsqu'il le visionne aujourd'hui !
LE PHÉNOMÈNE "MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE"Reportage : A Family Portrait : format 4/3, durée 1H 30secondes environ (et non pas 70' comme indiqué au verso du boîtier)
Réalisé par Brad Shellaby en 2000 (si on se fie au copyright crédité à la fin : le boîtier indique 1988 pour sa part) aux USA. C'est un entretien avec quelques acteurs du film : Gunnar Hansen (Le tueur au masque de cuir), John Dugan (Le grand-père), Ewin Neal (l'auto-stoppeur), Jim Siedow (le cuisinier, patron du resto-barbecue et chef de la famille dégénérée) entrecoupé des séquences précises qu'ils commentent, montés avec soin. La qualité de l'image est variable et on se demande si l'entretien avec Ewin Neal n'est pas plus ancien que les autres car son image est parfois un peu floue ! On ne sait pas trop pourquoi le réalisateur fait passer au court de l'entretien l'image couleur en noir et blanc : effet inutile qui n'ajoute pas grand-chose au contenu déjà intéressant en soi. Sans oublier le point de vue de Forrest J. Ackerman, le collectionneur et critique cinématographique et littéraire bien connu des lecteurs d'anthologie de littérature fantastique et de science-fiction, et de ceux du magazine américain Famous Monsters of Filmland. Il s'avère riche en détails précis sur le tournage : sur la manière dont Hansen s'est préparé à son rôle, sur la difficulté de tournage de tel plan, l'abandon de telle idée au profit d'une autre. Certains détails sont bien connus mais d'autres nous ont semblé entièrement nouveaux. Par ailleurs il contient d'intéressants témoignages sur la conception même du film, sa réception publique, le retentissement du film sur ces trois acteurs. Et surtout il présente des extraits coupés au montage qui étaient inédits dans l'ancienne édition collector de Studio Canal. Ainsi le plan étonnant où Leatherface se remaquille est très frappant car il précise le personnage. Ce documentaire est en somme un passionnant dialogue sur le paradoxe du comédien et le rapport intime qui s'établit entre lui et son personnage, puis entre son histoire et celle du film, sur leurs destins respectifs.
Documentaire : l'horreur dans la peau : (ormat 4/3, durée 51'20'' réalisé pour Studio Canal en 2004 par Robin Gatto.
Ici c'est tout autre chose : la vision du film par de nombreux critiques français dont certains très connus des cinéphiles. On ne les citera pas tous mais avouons notre joie de voir ici réunis - concernant l'ancienne génération - Michel Caen et Jean-Claude Romer, les deux fondateurs en 1960 de l'admirable revue Midi-Minuit Fantastique. Mentionnons aussi Alain Schlockoff, le fondateur du Festival du film fantastique de Paris (synonyme de "Grand Rex" à la belle époque), le réalisateur Norbert Moutier parlant dans son vidéo-club si sympathique. Dans la nouvelle génération, citons notre collègue Christophe Lemaire filmé devant ses mignonnes VHS d'époque dont les remarques historiques et techniques sont comme d'habitude très précises et savoureuses car il aime le genre d'amour depuis longtemps, Damien Granger le rédacteur en chef du célèbre Mad Movie et Jean-Baptiste Thoret, rédacteur en chef de la revue plus intellectuelle Simulacres et auteur d'un livre sur le film et un peu plus que le film d'ailleurs.
On a même été jusqu'à convoquer Jack Lang qui avait ramené l'interdiction totale en 1983 ! Ne manque pas non plus à l'appel le spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin aussi auteur de monographies précises sur Terence Fisher et Roger Corman (qui sait tout sur Ed Gein) Philippe Ross qui aimait le fantastique lorsqu'il en chroniquait les représentants mensuellement à la Revue du cinéma, le réalisateur Alain Robak et quelques autres que nous vous laissons découvrir. De toutes ces interventions entrecoupées d'extraits que retenir ? Le pire et le meilleur comme d'habitude dans ce genre de multi-entretiens fragmentaires : on ne voit par exemple pas très bien ce que la guerre du Viêt-Nam a à voir avec le film de Hooper ou bien alors on décide qu'elle a à voir avec tous les films de cette époque. Comme tout est dans tout, pourquoi pas d'ailleurs ? Mais enfin, à ce compte-là, on pourrait dire que la Guerre d'Algérie explique en partie
Les yeux sans visage (Fr. 1960) de Franju.

Pourtant Granger et Thoret insistent chacun un moment laborieusement là-dessus en voulant nous expliquer que le film de Hooper est un film "à message". Passons... Michel Caen fait un parallèle intéressant entre un "cinéma des exclus" ressenti à la découverte du film par lui-même et la vision actuelle des S.D.F. par les média même si, heureusement, tous les S.D.F. ne dont pas de dangereux dégénérés, Dieu merci ! Jean-Claude Romer compare le classicisme "sans surprise" des films de Terence Fisher à l'originalité du film de Hooper : ce n'était pas la peine d'avoir précisément montrer en 1960-1970 en quoi Fisher était original pour lui dénier cette qualité en 2004 ! Une aberration qu'on n'est pas près d'oublier ! Schlockoff signale le silence religieux durant la projection de la version pas tout à fait intégrale à Paris : il a raison car c'est un signe qui ne trompe jamais sur la qualité d'un film mais là encore il n'y a pas de "différence spécifique" particulière comme dirait Aristote : tous les chefs-d'oeuvre du fantastique provoquent cette saine réaction. On a juste confirmation que le film d'Hooper en est un mais on le savait déjà. Moutier rappelle la grande misère du cinéphile fantastique dans la France de 1980 qui permit à René Château de gagner beaucoup d'argent grâce au fait que les gens étaient près à payer une VHS du film 500 FF pour le voir puisqu'il avait été interdit en salles. Un certain nombre des intervenants considère que ce film est historiquement le premier d'un nouveau genre mais c'est aller un peu vite en besogne là aussi ! Cela dit, et plus positivement à présent, le spectateur qui s'intéresse à la réception des films étrangers en France tant aux yeux des critiques qu'aux yeux du public, et à l'histoire de cette réception des débuts de l'exploitation à nos jours, trouvera de nombreuses anecdotes ou jugements donnant matière à réflexion. Thoret signale ainsi que le remake de Kin Henkel développe l'image du tueur comme "un travesti" - soit dit en passant on préférerait entendre employer l'article féminin puisque les intéressées ont bel et bien une apparence féminine souvent aussi charmeuse que celle des femmes naturelles d'origine mais passons ...- et que tout son film est en somme un développement du plan coupé du remaquillage. Quelques informations précises (mais pas en nombre excessif, hélas) sont également à grappiller qui permettent de compléter le documentaire précédent. On ne vous en dit pas plus sinon vous n'aurez plus besoin de le regarder et c'est au fond d'abord pour ces dernières qu'il mérite vraiment d'être vu.

COURT-MÉTRAGEDouble zéro (Fr. 2002) de Brühl, Dedieu et Garcia. Format 1.85 compatible 4/3, durée : 8' approx.
Une partie de chasse tourne mal et un curieux dialogue des morts s'engage dans une voiture, qui permet de comprendre les raisons du drame. Un rebondissement attend le spectateur à la fin du film. La présentation imitant Patrick Brion est amusante mais permet aussi d'avoir un regard des auteurs sur leur oeuvre, le film est techniquement bien fait : il manifeste une bonne maîtrise du temps et de l'espace, du suspense aussi. Le titre désigne un type de munition à chevrotine bien connu des tireurs et chasseurs. À noter une jolie actrice entrevue nue en ‘soft-core' dans une séquence fantasmatique : Caroline Solano.
CRÉDITSLes crédits de l'authoring, de la mastérisation, des collaborations diverses qui ont permis l'élaboration technique du DVD. Certains noms sont illisibles car plongés dans l'ombre.