Par snobisme ou volonté de faire planer un quelconque mystère ou un culte à la limite de la prétention, les frères Wachoski ont décidé de ne pas se pencher à nouveau sur leur travail si ce n'est à travers une introduction écrite et en anglais. Une décision plus que regrettable puisque les bonhommes semblaient être les seuls à définitivement éclaircir un univers à la thématique encore trop sombre, et pourquoi pas se réconcilier avec leurs très nombreux détracteurs. Au lieu de cela la première piste de chaque disque donne la parole à deux philosophes dont un qui semble être soit parkinsonien, soit mal réveillé, ou venant d'absorber quelques produits illicites. Autant être clair : les compères ne nous apprendront absolument rien quant aux différentes thématiques du film et ne cesseront d'aller dans le sens des réalisateurs sans à aucun moment trouver le moindre défaut de narration ou de réalisation, ces derniers déclarant d'ailleurs avoir compris dès la première seconde du film qu'ils auraient affaire à un monument du cinéma. Ce n'est plus de l'analyse, c'est carrément de la voyance. Une adoration manquant d'ailleurs d'objectivité puisque qu'ils ont participé en tant que conseillers sur la production des deux derniers épisodes. A cette condescendance s'ajoute une perpétuelle allusion à la bible qui, forcément, est la meilleure chose qui soit et donc le sujet idéal pour discuter des moeurs des humains. Autre point négatif, et non des moindres, une certaine satisfaction de voir à l'écran certains personnages faisant usage de drogues que les commentateurs jugent comme étant des personnes plus clairvoyantes que la plupart des ceux n'en utilisant pas. Entre partis pris personnels annoncés comme vérités absolues, masturbation intellectuelle inutile et blancs interminables, ce pénible commentaire achèvera définitivement son auditeur puisque dépourvu de sous-titres comme d'habitude chez Warner.
Proposé par les frères Wachoski comme une démarche pour offrir l'opinion de gens n'ayant pas aimé le film (ridiculiser d'éventuels détracteurs ?), sont donc réunis ici trois célèbres critiques américains. Nous sommes finalement bien loin de remarques couillues cherchant à étaler les nombreux défauts de la saga puisque les bougres ne cessent de s'extasier devant la beauté des effets spéciaux (précisément de ceux qui sont réussis) et ne dénotent finalement que quelques incohérences ici et là, avouant préférer les poursuites et les scènes de combat viscérales de Terminator 3 ou de Jackie Chan plutôt que les envolées lyriques auxquelles la trilogie nous a habitué. S'ils ont sans doute raison sur ce point, ils ne contrediront jamais la "philosophie" de la série sans même essayer d'éclaircir les propos de personnages comme l'Oracle ou le Mérovingien. En bref, six longues heures de "J'aime bien", "C'est bien fichu" et "C'est pas mal", accompagnés de beaucoup de références cinématographiques populaires et connues de tous.
La Matrice se déploie (vost) propose de découvrir succinctement le déploiement de l'univers à travers les courts métrages de l'Animatrix et du jeu vidéo, pour lequel de nombreuses scènes inédites ont été tournées.
Pre-Production (vost) Les quelques modules donnent la parole aux divers dessinateurs, créateurs de costumes et des décors. Le ton est forcément répétitif avec ce que l'on a pu voir mais les fans ne se plaindront pas d'avoir en leur possession le maximum de documents existant sur la saga.
La technologie Matrix (vost) Ce module permet de voir que les réalisateurs contrôlent même l'aspect marketing du film, à savoir la conception des publicités autour de la trilogie, et même la conception des téléphones utilisés dans Reloaded.
La course de voitures Alors que l'on pouvait craindre un version longue et répétitive du documentaire présent sur l'édition "simple" de Matrix Reloaded, ce long making of étoffe encore plus ce que nous savions et aborde des éléments insoupçonnés. Au final : le meilleur documentaire de cette édition. On passera rapidement la conception de l'autoroute, et l'anecdote que la production, telle Mère Thérèsa offrit les planches de bois utilisées à un petit village d'américains du sud pour fabriquer des maisons, et l'on préférera s'intéresser aux spectaculaires pirouettes de la doubleuse de Carrie-Anne Moss et surtout au travail extraordinaire de l'équipe des effets spéciaux. Entre les jumeaux à l'allure spectrale inspirée par des vidéos de méduses (!), la conception en 3D d'une ville entière pour les arrières plans et divers véhicules, acteurs et explosions factices, plus rien ne nous est caché. Stupéfiant ! Notons que le documentaire ne dure réellement que 40 minutes puisque les 15 dernières représentent la scène dans son intégralité en multi-angle avec dans la seconde fenêtre quelques images de tournage et story-board. Incontournable !
Le combat dans la maison de thé : Il s'agit plus d'un portrait de Collin Chou que d'un vrai making-of de la scène en question. Le comédien nous explique donc sa philosophie et le bienfait que lui apporte le tournage d'un film comme celui-ci.
Débranché : L'adjectif concerne bien évidemment l'agent Smith et la complexité de le reproduire en cent exemplaires pour la séquence l'opposant à Neo dans le parc. Si le documentaire s'égare dans de répétitives éloges de Yuen Woo Ping illustrées par des images n'ayant rien à voir avec la scène, la mise en chantier de la chose semble là encore énorme, et bien plus que le résultat final. Casting de sosies eux-mêmes entraînés simultanément par plus de cinquante spécialistes en arts martiaux et par Hugo Weaving en personne afin de reproduire ses aptitudes, captures de mouvements, numérisations de visages, et interventions d'un Joel Silver sont le contenu principal de ces 35 minutes, là aussi les cinq dernières n'étant qu'un multi-angle intégral de la scène. Le plus impressionnant reste la qualité des personnages en 3D lors de la conception de leurs textures et de leurs mouvements alors qu'ils restent globalement ratés dans le résultat final et nettement moins crédibles que durant les phases de tests, ce qui d'ailleurs est à l'origine du ratage de cette scène.
Je m'en occupe : Making of de la scène de combat précédent la poursuite en voiture, le documentaire laisse ici entre de nombreuses images de tournage, la parole à un Lambert Wilson passionné. Chaque élément y est traité : les décors, l'entraînement, et la conception des armes. Là encore tout le monde semble s'y être beaucoup amusé dont un cascadeur obligé de tourner la scène avec un boulet enfoncé dans le visage. Sympathique et communicatif !
Les exilés : Il s'agit ici d'un module dédié aux nouveaux personnages et plus précisément aux programmes particuliers. Une bonne occasion d'entendre à nouveau Lambert Wilson nous parler de son rôle mais aussi Randal Duk Kim (le Keymaker) qui semble s'être amusé comme un petit fou avec les effets spéciaux, les jumeaux et la toujours aussi ravissante Monica Bellucci qui y trouve ici un temps de parole presque plus long que dans le film. Sont également introduits pêle-mêle l'architecte, lui-même largué par la longueur de son propre dialogue, la petite Sati, et l'homme du train. Le documentaire s'égare ensuite dans l'amusante conception des animations sur l'écran derrière l'architecte, et durant laquelle Keanu Reeves put enfin se lâcher comme il le souhaitait !
Cette édition se clôt sur les habituelles bande-annonces (et autres Spots tv), et quelques scènes supplémentaires.