
" Au coeur du film " (IME chez les américains et en vost). Vous pourrez visionner le film tout en profitant de petites séquences vous plongeant au coeur même de sa fabrication. De nombreux modules, donnant successivement la parole aux réalisateurs, comédiens et autres protagonistes, de même de nombreux petits making of vous dévoilant au fil du métrage, les secrets de la conception de cet univers si riche. Une mine d'informations pour tout fan qui se respecte et qui se pose en superbe complément aux bonus de l'édition (même si de nombreux moments finissent par se montrer un rien redondant avec les autres bonus, que nous retrouvons par ailleurs sur les éditions SD).

On retrouvera également les deux commentaires audio déjà présents sur le HD-DVD, à savoir celui des philosophes Dr. Cornel West et Ken Wilber, ainsi que celui des critiques John Powers et David Thomson. L'intérêt est identique à celui que l'on pouvait dégager des commentaires du premier opus et l'on aurait préférer que les frangins s'attèlent à la tâche.

Les coulisses du film (vost) constitue l'exemple parfait de featurette promotionnelle essayant de se faire passer pour un making of. Sûrement issue de l'EPK du film, elle enchaine les interviews, les images de tournages et les extraits du film sans relâche. On apprend beaucoup de choses : le tournage a été dur (dixit Joel Silver) et il y a beaucoup d'images de synthèses. Blague mise à part, ce documentaire nous permet tout de même de profiter de nombreux moments volés sur le tournage. On regrette quand même la présence d'un vrai making of...
Néo Réalisme (vost) revient sur les techniques employées pour créer des effets Bullet Time sur les 3 opus. Sympathique, même si l'on commence à être familier avec cet SFX...
Révolution visuelle (vost) revient sans (fausse) modestie sur la dernière demi-heure du film et de son déferlement d'images de synthèse. Les scènes clés sont décrites en détail par les animateurs. Le fleuron restant le morph entre un bébé et un acteur pour obtenir Deus avec son look légèrement enfantin/oursin. Un petit complément au presque making of qui précède.
Modèles réduits géants (vost) permet de découvrir tout sur les sales bestioles qui peuplent la matrice.
Smith, agent double (7mn11 - vost) s'intéresse à Hugo Weaving et à ses doubles dans la séquence finale.
Le pouvoir de l'esprit (vost) revient sur le combat final en lui-même et sur la difficulté de le mettre en boite. Avec 78 prises et 15 plus le lendemain, les frères Wachowski font preuve d'un joli sens du perfectionnisme (Francis Veber est battu !).
La conception du jeu Matrix (vost)
Une petite featurette qui nous entraîne dans les coulisses de la conception du jeu vidéo qui ne passionnera que les amateurs.
L'équipe technique
C'est à travers un documentaire en quatre parties que l'on découvre en précision le travail des décorateurs, de la seconde équipe avec son réalisateur aux chevilles enflées ("La seconde équipe fait un travail phénoménal"), du directeur photo et de l'équipe des éclairagistes. Si le concept en lui-même à tout pour être intéressant, on regrettera que tout ceci soit monté à la façon d'un clip promotionnel semblant raconter qu'il ne s'est pas passé la moindre anicroche sur le tournage de ces deux suites (mais bien sûr...). L'autre élément perturbateur provient du tournage simultané du second et troisième épisodes, et que ce Matrix Revolutions Revisited contient ici plus d'images de tournage de Reloaded que de Revolutions. Le douloureux sentiment de répétition se fait donc lourdement ressentir. Dommage.
Le Club Hell
La encore proposé dans un esprit MTV pas forcément des plus appropriés, ce making of détaille en profondeur la conception de la scène d'introduction se déroulant dans un club SM. On y découvrira entre autres un sympathique casting de cascadeurs, un module sur les effets physiques destinés à détruire le décors (donc rien à voir avec la scène en question), sur les armes, la figuration mais surtout le procédé révolutionnaire permettant aux personnages de courir sur le plafond en rendant leur mouvement plus naturels qu'avec le système de câble que nous connaissons.
Combat surpuissant
Analyse complète du combat final, ce documentaire décrypte en quatre parties les étapes principales du combat, à savoir la destruction d'un décor réel lorsque Neo passe à travers un mur (arrêts sur image lors des changements de cascadeurs à la clé), la confrontation dans la "flaque" d'eau, le tournage devant les écrans bleus et surtout la conception du "super coup de poing" déformant le visage de Smith. Ce dernier, habile mélange entre soufflerie et conception en images de synthèses du visage du comédien, s'impose comme l'analyse la plus épatante du document. A noter également que la plongée accélérée partant du ciel jusqu'au double coup de poing entre les deux hommes n'est en réalité que le plan inversé de l'envol de Neo à la fin du premier Matrix. Une anecdote aussi amusante que révélatrice de la magie du cinéma (et du montage !).
Le monde réel On se penche ici sur la conception de Zion, de son décor, de ses croquis préparatoires et des nombreuses maquettes et animatiques destinées à évaluer les futurs mouvements de caméra. C'est ensuite le Neb, l'énorme vaisseau de transport de nos héros, qui nous livre ses secrets de fabrication à travers moult objets en 3D et croquis préparatoires nous permettant également de jeter un oeil sur certains projets avortés. Le dernier point abordé concerne un effet utilisé dans bon nombre de films mais dont on ne parle jamais, à savoir l'animation des éléments apparaissant sur les écrans des moniteurs. Les deux jeunes techniciens responsables de ce que l'on voit sur les écrans à bord du Neb nous dévoilent eux aussi leurs méthodes de travail. Original et intéressant.
Zion assiégée
Mauvais jeu de mot ou pure coïncidence, ce long documentaire donne la part belle à la conception des APU et plus principalement de l'intégration des acteurs censés les piloter. Le making of s'attarde également sur la création des décors, des armes et des divers effets 3D utilisés lors de l'attaque de la ville souterraine. Malgré la richesse de ses informations, le reportage pêche par son coté MTV (les images de tournages ne sont là que pour illustrer les propos des techniciens) et son coté promotionnel, ainsi que l'intervention des personnes interrogées sur place qui ne parlent qu'au futur ("Vous allez être stupéfaits" etc.), égratignent son intérêt. Le pire de tous étant Joel Silver, totalement halluciné de voir que l'on pouvait mêler maquettes, prises réelles et images de synthèses : le bougre n'a pas du voir de grosses productions depuis des lustres, ce qui est inquiétant puisqu'il s'agit de son métier. Bourde ultime du même genre, un acteur Néo-Zélandais affirme fièrement qu'il n'existe aucune production de ce genre dans son pays natal. Hem. Même pas un tout petit Seigneur des Anneaux ? Enfin, passons. Quelques défauts qui n'entachent toutefois pas la découverte de l'énorme conception d'une des meilleures scènes de la trilogie.
La post production
Plutôt conventionnelle et sans surprise cette section développe la conception musicale, le montage, les bruitages et surtout les effets spéciaux numériques qui frisent l'overdose d'explications. Toutefois, il est intéressant de découvrir la conception de ces derniers sur quatre studios différents à travers le monde dont le parisien BUF situé à 50 mètres de la place Saint Augustin et qui s'est chargé de la séquence du gâteau de Matrix Reloaded.