C'est encore une fois d'un point de vue de l'interactivité que le HD-DVD montre sa supériorité. C'est d'ailleurs en raison de l'inaptitude du Blu-Ray à offrir une interactivité poussée que la trilogie est, pour le moment, une exclusivité HD-DVD. Chaque film bénéficie de la fonction propre à Warner :
L'expérience " Au coeur du film " (IME chez les américains
et en vost). Vous pourrez ainsi visionner le film tout en profitant de petites séquences vous plongeant au coeur même de sa fabrication. De nombreux modules, donnant successivement la parole aux réalisateurs, comédiens et autres protagonistes, de même de nombreux petits making of vous dévoilant au fil du métrage, les secrets de la conception de cet univers si riche. Une mine d'informations pour tout fan qui se respecte et qui se pose en superbe complément aux bonus de l'édition (même si de nombreux moments finissent par se montrer un rien redondant avec les autres bonus, que nous retrouvons par ailleurs sur les éditions SD.

Commentaires audio
Si les deux derniers films de la trilogie sont accompagnés de deux commentaires audio, ce premier opus en propose quatre et les fans seront heureux de retrouver celui qui jusqu'à présent restait exclusif à l'édition SD Zone 1, à savoir celui délivré par Carrie Ann Moss en compagnie du monteur Zach Staenberg et de John Gaeta (effets spéciaux). Par snobisme ou volonté de faire planer un quelconque mystère ou un culte à la limite de la prétention, les frères Wachoski ont décidé de ne pas se pencher à nouveau sur leur travail si ce n'est à travers une introduction écrite et en anglais. Une décision plus que regrettable puisque les bonhommes semblaient être les seuls à définitivement éclaircir un univers à la thématique encore trop sombre, et pourquoi pas se réconcilier avec leurs très nombreux détracteurs. Au lieu de cela la première piste de chaque disque donne la parole à deux philosophes dont un qui semble être soit parkinsonien, soit mal réveillé, ou venant d'absorber quelques produits illicites. Autant être clair : les compères ne nous apprendront absolument rien quand aux différentes thématiques du film et ne cesseront d'aller dans le sens des réalisateurs sans à aucun moment trouver le moindre défaut de narration ou de réalisation, ces derniers déclarant d'ailleurs avoir compris dès la première seconde du film qu'il auraient affaire à un monument du cinéma. Ce n'est plus de l'analyse, c'est carrément de la voyance. Une adoration manquant d'ailleurs d'objectivité puisque qu'ils ont participé en tant que conseillers sur la production des deux derniers épisodes. A cette condescendance s'ajoute une perpétuelle allusion à la bible qui, forcement, est la meilleure chose qui soit et donc le sujet idéal pour discuter des moeurs humains. Autre point négatif, et non des moindres, une certaine satisfaction de voir à l'écran certains personnages faisant usage de drogues que les commentateurs jugent comme étant des personnes plus clairvoyants que la plupart des ceux n'en utilisant pas. Entre partis pris personnels annoncés comme vérité absolue, masturbation intellectuelle inutile et blancs interminables, ce pénible commentaire achèvera définitivement son auditeur puisque dépourvu de sous-titres comme d'habitude chez Warner.
Absence de sous-titres également sur la seconde piste de commentaires, ce qui ne représente pas un réel manque non plus étant donné la durée interminable des blancs. Proposé par les frères Wachoski comme une démarche pour offrir l'opinion de gens n'ayant pas aimé le film (ridiculiser d'éventuels détracteurs ?), sont donc réunis ici trois célèbres critiques américains. Nous sommes finalement bien loin de remarques couillues cherchant à étaler les nombreux défauts de la saga puisque les bougres ne cessent de s'extasier devant la beauté des effets spéciaux (précisément de ceux qui sont réussis) et ne dénotent finalement que quelques incohérences ici et là, avouant préférer les poursuites et les scènes de combat viscérales de Terminator 3 ou de Jackie Chan plutôt que les envolées lyriques auxquelles la trilogie nous a habitué. S'ils ont sans doute raison sur ce point, ils ne contrediront jamais la "philosophie" de la série sans même essayer d'éclaircir les propos de personnages comme l'Oracle ou le Mérovingien. En bref, six longues heures de "J'aime bien", "C'est bien fichu" et "C'est pas mal", accompagnés de beaucoup de références cinématographiques populaires et connues de tous.
Les coulisses (1h29mn58 - vost)
Les coulisses du film (27mn03 - vost) constitue l'exemple parfait de featurette promotionnelle essayant de se faire passer pour un making of. Surement issue de l'EPK du film, elle enchaine les interviews, les images de tournages et les extraits du film sans relache. On apprend beaucoup de choses : le tournage a été dur (dixit Joel Silver) et il y a beaucoup d'images de synthèses. Blague mise à part, ce documentaire nous permet tout de même de profiter de nombreux moments volés sur le tournage. On regrette quand même la présence d'un vrai making of...
Néo Réalisme (12mn23 - vost) revient sur les techniques employées pour créer des effets Bullet Time sur les 3 opus. Sympathique, même si l'on commence à être familier avec cet SFX maintenant.
Révolution visuelle (15mn30 - vost) revient sans (fausse) modestie sur la dernière demi-heure du film et de son déferlement d'images de synthèse. Les scènes clés sont décrites en détail par les animateurs. Le fleuron restant le morph entre un bébé et un acteur pour obtenir Deus avec son look légèrement enfantin/oursin. Un petit complément au presque making of qui précède.
Modèles réduits géants (8mn46 - vost) permet de découvrir tout sur les sales bestioles qui peuplent la matrice. Smith, agent double (7mn11 - vost) s'intéresse à Hugo Weaving et à ses doubles dans la séquence finale.
Le pouvoir de l'esprit (8mn04 - vost) revient sur le combat final en lui-même et sur la difficulté de le mettre en boite. Avec 78 prises et de 15 plus le lendemain, les frères Wachowski font preuve d'un joli sens du perfectionnisme (Francis Veber est battu !).
La conception du jeu Matrix (10mn59 - vost)
Une petite featurette qui nous entraîne dans les coulisses de la conception du jeu vidéo qui ne passionnera que les amateurs.