On se penche ici sur la conception de Zion, de son décor, de ses croquis préparatoires et des nombreuses maquettes et animatiques destinées à évaluer les futurs mouvements de caméra. C'est ensuite le Neb, l'énorme vaisseau de transport de nos héros, qui nous livre ses secrets de fabrication à travers moult objets en 3D et croquis préparatoires nous permettant également de jeter un oeil sur certains projets avortés. Le dernier point abordé concerne un effet utilisé dans bon nombre de films mais dont on ne parle jamais, à savoir l'animation des éléments apparaissant sur les écrans des moniteurs. Les deux jeunes techniciens responsables de ce que l'on voit sur les écrans à bord du Neb nous dévoilent eux aussi leurs méthodes de travail. Original et intéressant.
Mauvais jeu de mot ou pure coïncidence, ce long documentaire donne la part belle à la conception des APU et plus principalement de l'intégration des acteurs censés les piloter. Le making of s'attarde également sur la création des décors, des armes et des divers effets 3D utilisés lors de l'attaque de la ville souterraine. Malgré la richesse de ses informations, le reportage pêche par son coté MTV (les images de tournages ne sont là que pour illustrer les propos des techniciens) et son coté promotionnel, ainsi que l'intervention des personnes interrogées sur place qui ne parlent qu'au futur ("Vous allez être stupéfaits" etc.), égratignent son intérêt. Le pire de tous étant Joel Silver, totalement halluciné de voir que l'on pouvait mêler maquettes, prises réelles et images de synthèses : le bougre n'a pas du voir de grosses productions depuis des lustres, ce qui est inquiétant puisqu'il s'agit de son métier. Bourde ultime du même genre, un acteur Néo-Zélandais affirme fièrement qu'il n'existe aucune production de ce genre dans son pays natal. Hem. Même pas un tout petit
? Enfin, passons. Quelques défauts qui n'entachent toutefois pas la découverte de l'énorme conception d'une des meilleures scènes de la trilogie.
La post production (39min49):Plutôt conventionnelle et sans surprise cette section développe la conception musicale, le montage, les bruitages et surtout les effets spéciaux numériques qui frisent l'overdose d'explications. Toutefois, il est intéressant de découvrir la conception de ces derniers sur quatre studios différents à travers le monde dont le parisien BUF situé à 50 mètres de la place Saint Augustin et qui s'est chargé de la séquence du gâteau de
Matrix Reloaded.
DVD 7: ANIMATRIX
A l'exception de l'introduction du menu, ce septième disque du coffret reprend à l'identique le contenu du DVD sorti en 2003. En plus d'une sélection des épisodes manquant un peu de clarté, cette édition propose des menus graphiquement peu reluisants. Les suppléments répondent présents, tous sous-titrés en français, même les commentaires audio. Un évènement rare chez Warner mais expliqué par le fait que les commentateurs s'expriment en japonais et non en anglais.
Un commentaire audio est donc présent sur chaque épisode, et d'une durée forcément limitée se concentre sur sa fabrication artistique. Les réalisateurs à tour de rôle expliquent donc les techniques utilisées (2D, 3D), les effets voulus, les raisons des styles graphiques choisis (énormément variés), s'attardant parfois sur une ou deux scènes en particulier.
Pour des commentaires audio courts, la somme d'information est tout simplement remarquable, la faible durée ayant certainement encouragé les intervenants à aller directement à l'essentiel. Bref nous ne saurions vous recommander de vous attarder sans hésiter sur le commentaire audio du ou des épisode(s) à vous avoir marqué.
Histoire et culture du film d'animation (22min26):Reportage court (devant l'ampleur de la tâche) mais efficace retraçant l'histoire de la japanimation, du milieu du vingtième siècle à la sortie de l'Animatrix (2003). Les nombreux extraits permettent de ressentir véritablement l'évolution, graphique et thématique.
Making-of (55min17):Un making-of par court-métrage de l'Animatrix, d'une durée variant entre cinq et dix minutes. Globalement le sentiment est à la frustration devant la faible durée allouée à chacun alors que l'on en voudrait dix fois plus, mais le résultat est tout de même intéressant, évitant les pièges de l'auto-promo.
Cette disque bien fourni mais forcément frustrante se clôt sur une bande-annonce du jeu vidéo
Enter The Matrix, et la liste des producteurs et réalisateurs de l'Animatrix.
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DVD 8 - Les Origines de MatrixDVD 8: LES ORIGINES DE MATRIXRetour à la source: Matrix et la philosophie (61min04):Ce ne sont désormais plus les créateurs, concepteurs ou participants à la naissance de la trilogie qui interviennent ici mais bon nombre de professeurs en philosophie, analystes de cultes religieux et autres médecins du comportement qui donnent leur point de vue sur ce qui est, selon eux, la "meilleure étude du psyché humain" de ces dernières années. Les bougres semblent avoir repéré du premier coup d'oeil le moindre petit détail tirant vers l'étude des cultes ancestraux (avec extraits des passages du film à l'appui), que ce soit deux bouquins posés sur une étagère, les boucles d'oreilles de l'oracle, ou même l'interjection "
Jesus Christ!" ("Nom de dieu!" dans notre langage courant) apparemment placés dans des situations bien précises du dialogue. Les frères Wachowski semblent ne rien avoir laissé au hasard. Bien que ces professionnels semblent avoir décrypté toute l'essence de la chose, il ne faut toutefois pas espérer un éclaircissement de notre lanterne puisque le ton abordé est quasi identique à celui des films, soit un dialecte à la limite du charabia pour qui ne s'est jamais intéressé à Platon ou à Descartes. Si bien des arguments se défendent, il réside dans certains propos d'une experte en christianisme certaines idées reçues à la limites du malsain puisqu'elle adhère à un certain message du film voulant que seuls les croyants auront accès à une plénitude et que tout les autres ne resteront qu'un groupe de zombies attachés à une futilité matériel et ne se réveilleront jamais. Argh. Un poil insultant pour ceux ayant décidé de ne pratiquer aucune religion, cette opinion ne sera jamais contredite ou même interprétée (après tout les athées ne seraient-ils pas les seuls à être vraiment éveillés?), mais nous nous éloignons de notre sujet.

La première demi heure décortique donc en détail le message de la destinée écrite à l'avance qui reste le thème central du premier épisode, et ne nous apprend finalement que bien peu de chose puisque très redondant avec le film en lui-même. Pour ceux n'ayant rien compris aux deux seconds volets, ils n'apprendront ici guère plus puisque tout ce joli monde se conforte dans le ton de
Matrix Reloaded et sa lourde illustration du libre arbitre. Une fois encore, beaucoup d'explications pour aboutir simplement sur la conclusion douteuse que l'on a beau avoir un destin écrit, chacun est libre de ses choix tout au long de sa vie. A moitié convaincant seulement puisqu'il ne nous apprendra rien de plus que les films, ce documentaire possède toutefois cet avantage d'être un bonus s'attelant pour la première fois à un élément essentiel du scénario et qui avait malheureusement été mis sur la touche jusqu'ici pour préférer la réalisation des effets spéciaux. Erreur (partiellement) corrigée !
Derrière la fiction: La science (61min05):A la fois plus posés et plus farfelus (de part les suppositions quant à notre avenir) que le documentaire précédent, certains des intervenants y ayant déjà participé accompagnés cette fois-ci des informaticiens et autres concepteurs de jeux vidéos, qui s'attardent sur le célèbre débat "hommes contre machines". Tout ou presque est passé en revue : l'impact des jeux vidéos comme Les Sim's et l'implication personnelle que nous y portons, l'intelligence artificielle et son autonomie de plus en plus accrue et le gain annoncé de conscience des personnages virtuels, qui finiront un jour par se demander si elles sont réelles. D'ailleurs nous n'échappons pas à la fameuse question "sommes nous réels ou sommes nous une création fantasmagorique?". Des témoignages tout autant passionnants s'attardent sur la façon dont nous dépendons d'une technologie toujours aussi évolutive à tel point que l'on nous annonce clairement que d'une certaine façon nous finirons tous cyborg (!).
Bonus cachés:Sur chacun des disques quelques petits bonus sont proposés à la toute fin des menus des sous titres. Arrivé sur la page sur informations codées, il suffit de déplacer le curseur dessus pour en faire apparaître certains en surbrillance :
Le premier donne accès à l'intervention d'un auteur (3min51) qui décrypte le thème classique du "héros malgré lui", passant d'un univers insignifiant vers un monde d'aventures, à travers le personnage de Néo.
Le second fait à nouveau intervenir le même auteur dans une section (4min19) au coeur de laquelle il s'attarde sur le sens des noms des personnages.
Le troisième donne la parole à un chercheur en robotique (1min18) nous proposant des vidéos des premiers "jouets" radiocommandés évolutifs.
Le quatrième (2min02) associe l'histoire du mérovingien à celui du saint Graal en allant même jusqu'à apercevoir une statue de Clovis parmi les décors du film.
Le cinquième (1min52) donne espoir au rêve fou de mêler nanotechnologie et biologie.
Le sixième donne la parole au créateur du jeu Les Sim's (1min10). Ce dernier nous présente une expérience des plus originale pour voir à quel point les gens sont prêts à accepter le progrès.
Le dernier (4min42) interprète témérairement l'aspect religieux totalement à l'opposé de ce que l'on pouvait croire en comparant la matrice à dieu et l'agent Smith au Christ.
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DVD 9: THE BURLY MAN CHRONICLES
The Burly man Chronicles (104min37):
Pour ne pas laisser filtrer quoi que ce soit, la production simultanée des deux seconds volets de la trilogie Matrix fut nommé par tous ceux ayant travailler dessus The Burly man. Voici donc un énorme journal de bord de cette "discrète" production étalée sur plus de 3 ans, proposée ici sans la moindre interruption, sans la moindre interview de Joel Silver (ouf!) ou même un seul extrait du film.
Du bon gros making of pur et dur traitant bien évidemment de toutes les étapes du tournage et des préparations dans l'ordre chronologique (donc pas forcement dans l'ordre de la narration) depuis la pré production jusqu'à la fin du tournage. Y sont traités pèle-mêle : la construction de l'autoroute, le combat final, la conception des décors, des sentinelles, le tournage des poursuites, de l'attaque de Zion et toutes les séquences fortes que l'on connaît tous.
Suivez le lapin blanc:
Concept inventé sur le premier DVD sorti en 1999, qu'il est désormais possible d'utiliser à nouveau sur le documentaire. Une idée appréciable sur un film mais ayant plutôt tendance à agacer lors d'un making of, nous obligeant à jouer des boutons alors qu'il suffisait de les inclure tout simplement dans le montage. Si d'ordinaire ce genre de supplément peut s'avérer anecdotique, sa durée conséquente de près de 80 minutes dans le cas présent lui offre un intérêt beaucoup plus important. De plus, l'éditeur nous offre l'opportunité de les regarder dans une section à part séparée en trois chapitres distincts:
La préproduction (32min24:
Les quelques modules (disons plutôt "featurettes") donnent la parole aux divers dessinateurs, créateurs de costumes et des décors. Le ton est forcement répétitif avec ce que l'on a pu voir mais les fans ne se plaindront d'avoir en leur possession le maximum de documents existant sur la saga.
Le tournage à Alameda(12min32):
Toujours dans le même esprit, ces minis making of donnent la part belle aux cascades automobiles et un sympathique journal de bord suivant le comédien interprétant l'agent Johnston une journée entière.
Le tournage en Australie (33min52):
On continue avec des featurettes dédiées ici à certains seconds rôles, au maquillage de Néo, à diverses scènes de combat et même au cuisinier de toute l'équipe.
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DVD 10: LES ARCHIVES DE ZION
Si ce dernier disque avait de quoi laisser sceptique quant à la durée des suppléments qu'il proposait, une fois inséré dans le lecteur nos doutes se sont agréablement envolés. Les archives de Zion regroupent les bonus ingratement relégués au second plan dans toute bonne édition DVD qui se respecte, à savoir ici un florilège véritablement hallucinant de galeries d'images, de croquis, de photographies, de story-boards, de plans mais aussi l'intégrale des bandes-annonces et spots TV de la trilogie, soit de quoi ravir les fans de la saga ou tout simplement les amateurs de belles images puisque les dessins parcourant les galeries ont bénéficié d'un soin indiscutable tout comme ceux des menus, assurément les plus jolis de tout le coffret. Un DVD presque entièrement muet, au coeur duquel il est agréable de naviguer après avoir subit l'esbroufe sonore que sont les films.
Story Boards:
Pas moins de 30 scènes issues des trois films et proposées pêle-mêle en story-boards dans leur intégralité, et permettent en plus d'en prendre plein les mirettes (puisqu'ils figurent parmi les plus beaux jamais dessinés pour la trilogie) et de constater à quel point le rendu final les respecte en tout point.
Personnages:
Ici ce sont les premières ébauches crayonnées du look de 18 personnages divers et variés qui permettent de constater l'évolution de ces derniers jusqu'à leur apparence à l'écran via des photographies tout aussi nombreuses des acteurs.
Vaisseaux et machines:
Là encore, 13 vaisseaux et 11 machines bénéficient chacun de leur lot de croquis et peintures diverses ainsi que des nombreuses photographies des maquettes ayant été utilisées pour le tournage. Les choses n'étant décidément pas faites à moitié, ces riches galeries se concluent sur les nombreux essais d'animation en 3D (variant de 10 secondes à 3 minutes) de bon nombre des robots.
Décors:
La dernière catégorie se voit composée de pas moins de 51 galeries de décors composées de plans, de prévisualisation en images de synthèses et nombreuses photographies prises sur place, nous permettant de profiter enfin de l'incroyable travail d'architecte effectué tout le long de la production globale.
Matrix et les médias:
Regroupement intégral des vidéos promotionnelles avec : 2 bandes annonces, 8 spots TV et un clip vidéo pour Matrix ainsi qu'autant pour Matrix Reloaded, et 1 bande annonce et 6 spots TV pour Matrix Révolutions. Notons également que tout ceci est proposé au format d'origine 16/9ème compatible 4/3 dans une qualité de toute beauté... mais en stéréo.
La rave party (9min10):
N'ayant strictement rien à voir avec la rave party de Matrix Reloaded, il s'agit ici simplement d'un long clip composés de divers essais d'effets spéciaux numériques non encore finalisés et autres plans truqués variés.
The Matrix online (9min35):
Sans doute le seul bonus n'ayant pas sa place sur ce disque (quoiqu'il vaut mieux qu'il soit ici que sur un autre), il s'agit d'une très longue promo pour le prochain jeux vidéo issu de la saga, ni plus, ni moins.
Conclusion sur le coffret
Dix disques remplis à ras bord signent la fin définitive (temporaire ?) de l'exploitation commerciale de Matrix en salles comme en vidéo à travers une édition les plus prestigieuses qui soit. Packaging, sérigraphie et utilisation totale du DVD sont ici sublimés mais il reste toutefois à la fin de cette gigantesque visité guidé un sentiment de manque. Un manque de réalisateurs tout d'abord se vouant à eux même un culte pas nécessairement mérité, et qui auraient ici trouvé leur place. Il en résulte un manque d'explications plus concrètes sur une franchise décriée et qui aurait mérité que l'on s'atèle à son but plutôt que de nous renvoyer sans cesse aux même images. Répétitions inutiles il y a, et l'overdose de suppléments ne rend pas l'interactivité d'un film plus exceptionnelle qu'un produit plus modeste, The Burly man Chronicles étant sans doute la goutte d'eau de trop malgré le fait qu'il s'agisse du meilleur making of concernant les deux suites. Si Matrix Revisited est véritable petit bijou en terme de journal de bord de part la crainte et les doutes de la production, les documentaires suivants ne seront qu'auto satisfaction à outrance et victoire acquise d'avance par ce qui semblerait être la réunion des plus grands talents ayant jamais existés. Le plus grand manque ici est donc l'humilité. Une pédagogie pompeuse, mais incroyablement instructive bien qu'incomplète est le maître mot (et le dernier) d'une production qui laissera des traces derrière elle. Matrix n'a pas révélé tout ses secrets mais en allant à la pêche parmi ces dix disques, en suivant les conseils de ce test donc, on y trouve cependant des heures de plaisir de découverte.
A suivre ?
Crédits textes :
Image et son Matrix : Arnaud Mangin
Image et son Matrix Reloaded et Revolutions : Philip Dowland
Interactivité DVD 1-3-4-5-6-8-9-10 : Arnaud Mangin
DVD 2 : Allessandro Dellotino
DVD 7 : Kevin Prin