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Matrix Ultimate (10 Dvd)

Test interactivité

4/5
Dix DVD pour le trilogie Matrix : voilà qui peut sembler au premier abord pharaonique... et qui se trouve au final l'être !
Pour récapituler, le DVD n°2 correspond à celui de Matrix Revisited déjà disponible dans les bacs depuis 2001, et le DVD n°7 à celui de l'Animatrix, déjà disponible depuis 2003. Les huit autres DVD sont totalement inédits.


En même temps que le coffret ci-dessus contenant les dix DVD, et présenté dans un sublime écrin aussi beau extérieurement (reflets holographiques sur l'écriture de la Matrix), qu'intérieurement (des croquis préparatoires ornent chaque volet, et les sérigraphies sont superbes), sort un autre coffret se présentant sous la forme d'une tour renfermant également un buste de Neo :


Attention, édition limitée !


Tous les bonus sont sous-titrés en français, exceptés les commentaires audio.

Commentaires audio : (deux sur chaque film)
Si les 15 heures et quelques de documentaires étalées sur les six disques de supplément de ce coffret suffiraient amplement à elles seules, chaque film est accompagné de deux commentaires audio chacun . Par snobisme ou volonté de faire planer un quelconque mystère ou un culte à la limite de la prétention, les frères Wachoski ont décidé de ne pas se pencher à nouveau sur leur travail si ce n'est à travers une introduction écrite et en anglais (traduite en français dans le livret). Une décision plus que regrettable puisque les bonhommes semblaient être les seuls à définitivement éclaircir un univers à la thématique encore trop sombre, et pourquoi pas se réconcilier avec leurs très nombreux détracteurs. Au lieu de cela la première piste de chaque disque donne la parole à deux philosophes dont un qui semble être soit parkinsonien, soit mal réveillé, ou venant d'absorber quelques produits illicites. Autant être clair : les compères ne nous apprendront absolument rien quand aux différentes thématiques du film et ne cesseront d'aller dans le sens des réalisateurs sans à aucun moment trouver le moindre défaut de narration ou de réalisation, ces derniers déclarant d'ailleurs avoir compris dès la première seconde du film qu'il auraient affaire à un monument du cinéma. Ce n'est plus de l'analyse, c'est carrément de la voyance. Une adoration manquant d'ailleurs d'objectivité puisque qu'ils ont participé en tant que conseillers sur la production des deux derniers épisodes. A cette condescendance s'ajoute une perpétuelle allusion à la bible qui, forcement, est la meilleure chose qui soit et donc le sujet idéal pour discuter des moeurs humains. Autre point négatif, et non des moindres, une certaine satisfaction de voir à l'écran certains personnages faisant usage de drogues que les commentateurs jugent comme étant des personnes plus clairvoyants que la plupart des ceux n'en utilisant pas. Entre partis pris personnels annoncés comme vérité absolue, masturbation intellectuelle inutile et blancs interminables, ce pénible commentaire achèvera définitivement son auditeur puisque dépourvu de sous-titres comme d'habitude chez Warner.


Absence de sous-titres également sur la seconde piste de commentaires, ce qui ne représente pas un réel manque non plus étant donné la durée interminable des blancs. Proposé par les frères Wachoski comme une démarche pour offrir l'opinion de gens n'ayant pas aimé le film (ridiculiser d'éventuels détracteurs ?), sont donc réunis ici trois célèbres critiques américains. Nous sommes finalement bien loin de remarques couillues cherchant à étaler les nombreux défauts de la saga puisque les bougres ne cessent de s'extasier devant la beauté des effets spéciaux (précisément de ceux qui sont réussis) et ne dénotent finalement que quelques incohérences ici et là, avouant préférer les poursuites et les scènes de combat viscérales de Terminator 3 ou de Jackie Chan plutôt que les envolées lyriques auxquelles la trilogie nous a habitué. S'ils ont sans doute raison sur ce point, ils ne contrediront jamais la "philosophie" de la série sans même essayer d'éclaircir les propos de personnages comme l'Oracle ou le Mérovingien. En bref, six longues heures de "J'aime bien", "C'est bien fichu" et "C'est pas mal", accompagnés de beaucoup de références cinématographiques populaires et connues de tous.

En conclusion, les commentaires audio représentent ce qu'il y a de plus inintéressant sur ce coffret. Heureusement le reste de ce DVD se charge de nous rattraper tout ça.



DVD 2 : MATRIX REVISITED

Matrix Revisited (123 min):
Ce documentaire possède 33 chapitres couvrant tous (ou presque) les sujets concernant Matrix et ses suites. Des prémices du projet initial et des difficultés qu'ont rencontré les frères Wachowski, à la préparation des épisodes 2 & 3, en passant par le triomphalisme presque émouvant de Joel Silver, tout est présent. La section sur les story-boards est assez intéressante car elle reflète à merveille l'esprit Comics voulu par les réalisateurs (avec de nombreux dessins à l'appui). Le documentaire revient après sur le look général du film et sa coloration volontairement orientée vers le vert ainsi que sur les costumes, les décors et sur l'importance de Geof Darrow dans le design général du film. En revanche, points forts du film, les effets spéciaux possèdent un des chapitres les plus rapidement expédié avec uniquement un survol superficiel (le mot est faible) sur le Bullet Time. Seul chapitre laissant émerger une réelle auto-critique : le training où l'on peut observer peiner Keanu Reeves et les autres acteurs, conscient de leur faiblesse et de leurs limitations physiques.

Les chapitres suivants ressemblent heureusement plus à un vrai making of avec une analyse de certaines scènes du film et un bref aperçu de la méthode Wachowski. En allant chez l'oracle, La femme en rouge, l'interrogatoire, la scène finale sur le toit, La scène d'ouverture avec Trinity, la scène de destruction/massacre dans le hall.... Toutes ces scènes sont montrées sous un nouveau jour avec à chaque fois un lever de voile sur certains aspects techniques utilisés (dont un hommage à Hitchcock). Vraiment intéressant. Viennent ensuite la post production, la musique, l'engouement du public et les prix (avec un joel Silver gentiment désabusé racontant que quelques années auparavant il avait eu autant de nominations pour Die Hard sans rien gagner et que pour cette raison il n'était même pas allé à la soirée de remises des prix).Enfin, le chapitre 32 revient sur Matrix 2 & 3 (c'est pas trop tôt), mais se contente de ''teaser'' avec de jolis promesses mais aucune image ou réelle information qui filtre. Au final, un documentaire qui met du temps à commencer mais qui devient réellement passionnant dans sa seconde partie (la plus longue - 1h20 sur 2 heures) et qui décortique plusieurs scènes de façon plutôt méticuleuse. Notons enfin que le documentaire est proposé en Dolby Digital 5.1.

La musique de Matrix:
Déjà présente dans la toute première édition mais dans un menu caché, cette section est désormais disponible depuis le menu d'accueil et propose pas moins de 41 morceaux de musique inspiré de, ou ayant inspiré la série.

La danse du maitre : Yuen Wo Ping (5min48):
Court module déjà présent dans l'édition précédente et qui revient sur les chorégraphies des principaux combats et nous permet d'assister à l'intégral des bastons réalisées par l'équipe de Woo Ping. Impressionnant car sans trucage.


Le combat de la salle de bain (3min15) :
Autre petit module s'attardant sur la scène de la capture de Morpheus et le combat l'opposant à l'agent Smith pour la première fois.

La robe rouge (48 secs) :
Bonus caché de l'ancienne édition là encore directement accessible survole brièvement la courte séquence avec la jeune femme à la robe rouge.

L'ancienne sortie: Wabash and lake (2min39) :
Nouveau module clipesque sur les coulisses de la poursuite et du combat final.

Agent à terre (1min33):
Petite mise en lumière sur les accidents ayant eu lieu sur le tournage lors des scènes musclées.

Plus de bonus (3min11):
Rien d'innovant: musique électronique, images du tournage survoltées et autres joyeusetés n'ayant aucun intérêt après avoir vu le film.


La pilule rouge (17min40):Passionnante section présente sur la toute première édition de Matrix, la pilule rouge regroupe ici les deux petites sections What is bullet time et What is the concept décryptant respectivement la conception du plan à 380° sur le toit du building et la conception visuelle des machines encerclant le monde réel.

Suivez le lapin blanc (22min50):
Sympathique bonus intégré au film et permettant d'avoir accès à de petites featurettes durant le visionnage, suivez le lapin blanc n'est désormais qu'accessible sur ce second disque enchaînant en suivant les reportages indépendamment ou d'une seule traite. Elles permettent d'assister au tournage brut des scènes fortes du film. Bien qu'assez pauvres en comparaison de Matrix revisited, elles permettent néanmoins de connaître directement le décryptage de nos séquences favorites sans avoir à jouer de la télécommande avec les avances rapides diverses.

Ce second disque rempli à ras bord de suppléments reprend donc la quasi intégralité des bonus présents dans l'édition précédente à l'exception du commentaire audio de Carrie-Anne Moss et du concepteur des effets spéciaux, de la bande originale isolée, ainsi que du petit making of promo de 25 minutes ne servant plus du tout à rien désormais. Disparues également les deux petites section promo totalement inutiles, à savoir le What is animatrix n'ayant plus aucun intérêt non plus, ainsi que la petite featurette Les vrais fans qui proposait l'intervention d'un groupe d'allumés dont la vie fut totalement changée par le film des Wachoski.

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DVD 4 : MATRIX RELOADED REVISITED

Enter the Matrix (42min24):
Les voici enfin les fameuses cinématiques tant attendues, créant le lien entre les différentes étapes du jeu vidéo Enter the Matrix, réunies ici au complet dans une petite section de trois quarts d'heure. Si l'on nous avait promis depuis longtemps que les saynètes en questions seraient réintégrées dans Matrix Reloaded pour qu'enfin la rumeur disparaisse au grand dam des amateurs de versions longues, on peut désormais se réjouir qu'elles n'y soient pas. Tout d'abord parce que sur un plan technique les scènes en question ne feraient pas le poids face au master du film, proposées en 2.35 certes, mais au format 4/3 en stéréo et en uniquement en VO. Ensuite parce que telles quels, ces dernières n'ont aucun intérêt d'être dans le film si les étapes "jouables" ne le sont pas également puisqu'il s'agit d'une véritable histoire avec de différents développements.


Une scène inédite de Enter The Matrix où Persephone et Niobe s'embrassent également
Enter The Matrix offrant la possibilité d'utiliser deux personnages, ces vidéos proposent des scènes en doublon qui auraient obligé les réalisateurs à en sacrifier une bonne partie au montage d'une éventuelle version longue. Il n'y a donc aucun regret de ne pas voir le deuxième volet de Matrix rallongé.
Enter the matrix crée tout d'abord le lien entre l'Animatrix Final Flight of the Osiris et entraîne Niobe (Jada Pinket Smith) à la recherche de la bande postée par l'héroïne du court métrage. Par la suite l'aventure poursuit parallèlement les événements de Matrix Reloaded tout en annonçant ceux qui surviendront dans Matrix Revolutions à travers quelques allusions ou apparitions. Une seconde lecture intéressante en soit d'un point de vue narratif, indispensable pour les fans, mais qui ne revêt tout son intérêt que dans le jeu vidéo en lui-même.


La course de voiture (55min25):
Alors que l'on pouvait craindre un version longue et répétitive du documentaire présent sur l'édition "simple" de Matrix Reloaded, ce long making of étoffe encore plus ce que nous savions et aborde des éléments insoupçonnés. Au final : le meilleur documentaire de ce DVD. On passera rapidement la conception de l'autoroute, et l'anecdote que la production, telle Mère Thérèsa offrit les planches de bois utilisées à un petit village d'américains du sud pour fabriquer des maisons, et l'on préférera s'intéresser aux spectaculaires pirouettes de la doubleuses de Carrie-Anne Moss et surtout au travail extraordinaire de l'équipe des effets spéciaux. Entre les jumeaux à l'allure spectrale inspirée par des vidéos de méduses (!), la conception en 3D d'une ville entière pour les arrières plans et divers véhicules, acteurs et explosions factices, plus rien ne nous est caché. Stupéfiant ! Notons que le documentaire ne dure réellement que 40 minutes puisque les 15 dernières représentent la scène dans son intégralité en multi-angle avec dans la seconde fenêtre quelques images de tournages et story-board. Incontournable !


Le combat dans la maison de thé (7min05):Il s'agit plus d'un portrait de Collin Chou que d'un vrai making-of de la scène en question. Le comédien nous explique donc sa philosophie et le bienfait que lui apporte le tournage d'un film comme celui-ci.

Débranché (40min28):
L'adjectif concerne bien évidemment l'agent Smith et la complexité de le reproduire en cent exemplaires pour la séquence l'opposant à Neo dans le parc. Si le documentaire s'égare dans de répétitives éloges de Yuen Woo Ping illustrées par des images n'ayant rien à voir avec la scène, la mise en chantier de la chose semble là encore énorme, et bien plus que le résultat final. Casting de sosies eux-mêmes entraînés simultanément par plus de cinquante spécialistes en arts martiaux et par Hugo Weaving en personne afin de reproduire ses aptitudes, captures de mouvements, numérisations de visages, et interventions d'un Joel Silver sont le contenu principal de ces 35 minutes, là aussi les cinq dernières n'étant qu'un multi-angle intégral de la scène. Le plus impressionnant reste la qualité des personnages en 3D lors de la conception de leurs textures et de leurs mouvements alors qu'ils restent globalement ratés dans le résultat final et nettement moins crédible que durant les phases de tests, ce qui d'ailleurs est à l'origine du ratage de cette scène.

Je m'en occupe (17min10):
Making of de la scène de combat précédent la poursuite en voiture, le documentaire laisse ici entre de nombreuses images de tournage, la parole à un Lambert Wilson passionné. Chaque élément y est traité : les décors, l'entraînement, et la conception des armes. Là encore tout le monde semble s'y être beaucoup amusé dont un cascadeur obligé de tourner la scène avec un boulet enfoncé dans le visage. Sympathique et communicatif !


Les exilés (17min54):
Il s'agit ici d'un module dédié aux nouveaux personnages et plus précisément aux programmes particuliers. Une bonne occasion d'entendre à nouveau Lambert Wilson nous parler de son rôle mais aussi Randal Duk Kim (le Keymaker) qui semble s'être amusé comme un petit fou avec les effets spéciaux, les jumeaux et la toujours aussi ravissante Monica Bellucci qui y trouve ici un temps de parole presque plus long que dans le film. Sont également introduits pêle-mêle l'architecte, lui-même largué par la longueur se son propre dialogue, la petite Sati, et l'homme du train. Le documentaire s'égare ensuite dans l'amusante conception des animations sur l'écran derrière l'architecte, et durant laquelle Keanu Reeves pu enfin se lâcher comme il le souhaitait !

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DVD 6 : MATRIX REVOLUTIONS REVISITED

L'équipe technique (25min):
C'est à travers un documentaire en quatre parties que l'on découvre en précision le travail des décorateurs, de la seconde équipe avec son réalisateur aux chevilles enflées ("La seconde équipe fait un travail phénoménal"), du directeur photo et de l'équipe des éclairagistes. Si le concept en lui-même à tout pour être intéressant on regrettera que tout ceci soit monté à la façon d'un clip promotionnel semblant raconter qu'il ne s'est pas passé la moindre anicroche sur le tournage de ces deux suites (mais bien sûr...). L'autre élément perturbateur provient du tournage simultané du second et troisième épisodes, et que ce Matrix Revolutions revisited contient ici plus d'images de tournage de Reloaded que de Revolutions. Le douloureux sentiment de répétition se fait donc lourdement ressentir. Dommage.


Le club Hell (27min34) :
La encore proposé dans un esprit MTV pas forcement des plus appropriés, ce making of détaille en profondeur la conception de la scène d'introduction se déroulant dans un club SM. On y découvrira entre autres un sympathique casting de cascadeurs, un module sur les effets physiques destinés à détruire le décors (donc rien à voir avec la scène en question), sur les armes, la figuration mais surtout le procédé révolutionnaire permettant aux personnages de courir sur le plafond en rendant leur mouvement plus naturels qu'avec le système de câble que nous connaissions.

Combat surpuissant (16min52):
Analyse complète du combat final, ce documentaire décrypte en quatre parties les étapes principales du combat, à savoir la destruction d'un décor réel lorsque Neo passe à travers un mur (arrêts sur image lors des changement de cascadeurs à la clé), la confrontation dans la "flaque" d'eau, le tournage devant les écrans bleus et surtout la conception du "super coup de poing" déformant le visage de Smith. Ce dernier, habile mélange entre soufflerie et conception en images de synthèses du visage du comédien, s'impose comme l'analyse la plus épatante du document. A noter également que la plongée accélérée partant du ciel jusqu'au double coup de point entre les deux hommes n'est en réalité que le plan inversé de l'envol de Neo à la fin du premier Matrix. Une anecdote aussi amusante que révélatrice de la magie du cinéma (et du montage !).


Le monde réel (26min06):On se penche ici sur la conception de Zion, de son décor, de ses croquis préparatoires et des nombreuses maquettes et animatiques destinées à évaluer les futurs mouvements de caméra. C'est ensuite le Neb, l'énorme vaisseau de transport de nos héros, qui nous livre ses secrets de fabrication à travers moult objets en 3D et croquis préparatoires nous permettant également de jeter un oeil sur certains projets avortés. Le dernier point abordé concerne un effet utilisé dans bon nombre de films mais dont on ne parle jamais, à savoir l'animation des éléments apparaissant sur les écrans des moniteurs. Les deux jeunes techniciens responsables de ce que l'on voit sur les écrans à bord du Neb nous dévoilent eux aussi leurs méthodes de travail. Original et intéressant.

Zion assiégée (40min13):
Mauvais jeu de mot ou pure coïncidence, ce long documentaire donne la part belle à la conception des APU et plus principalement de l'intégration des acteurs censés les piloter. Le making of s'attarde également sur la création des décors, des armes et des divers effets 3D utilisés lors de l'attaque de la ville souterraine. Malgré la richesse de ses informations, le reportage pêche par son coté MTV (les images de tournages ne sont là que pour illustrer les propos des techniciens) et son coté promotionnel, ainsi que l'intervention des personnes interrogées sur place qui ne parlent qu'au futur ("Vous allez être stupéfaits" etc.), égratignent son intérêt. Le pire de tous étant Joel Silver, totalement halluciné de voir que l'on pouvait mêler maquettes, prises réelles et images de synthèses : le bougre n'a pas du voir de grosses productions depuis des lustres, ce qui est inquiétant puisqu'il s'agit de son métier. Bourde ultime du même genre, un acteur Néo-Zélandais affirme fièrement qu'il n'existe aucune production de ce genre dans son pays natal. Hem. Même pas un tout petit Seigneur des Anneaux ? Enfin, passons. Quelques défauts qui n'entachent toutefois pas la découverte de l'énorme conception d'une des meilleures scènes de la trilogie.


La post production (39min49):
Plutôt conventionnelle et sans surprise cette section développe la conception musicale, le montage, les bruitages et surtout les effets spéciaux numériques qui frisent l'overdose d'explications. Toutefois, il est intéressant de découvrir la conception de ces derniers sur quatre studios différents à travers le monde dont le parisien BUF situé à 50 mètres de la place Saint Augustin et qui s'est chargé de la séquence du gâteau de Matrix Reloaded.

DVD 7: ANIMATRIX

A l'exception de l'introduction du menu, ce septième disque du coffret reprend à l'identique le contenu du DVD sorti en 2003. En plus d'une sélection des épisodes manquant un peu de clarté, cette édition propose des menus graphiquement peu reluisants. Les suppléments répondent présents, tous sous-titrés en français, même les commentaires audio. Un évènement rare chez Warner mais expliqué par le fait que les commentateurs s'expriment en japonais et non en anglais.


Un commentaire audio est donc présent sur chaque épisode, et d'une durée forcément limitée se concentre sur sa fabrication artistique. Les réalisateurs à tour de rôle expliquent donc les techniques utilisées (2D, 3D), les effets voulus, les raisons des styles graphiques choisis (énormément variés), s'attardant parfois sur une ou deux scènes en particulier. Pour des commentaires audio courts, la somme d'information est tout simplement remarquable, la faible durée ayant certainement encouragé les intervenants à aller directement à l'essentiel. Bref nous ne saurions vous recommander de vous attarder sans hésiter sur le commentaire audio du ou des épisode(s) à vous avoir marqué.


Histoire et culture du film d'animation (22min26):
Reportage court (devant l'ampleur de la tâche) mais efficace retraçant l'histoire de la japanimation, du milieu du vingtième siècle à la sortie de l'Animatrix (2003). Les nombreux extraits permettent de ressentir véritablement l'évolution, graphique et thématique.

Making-of (55min17):
Un making-of par court-métrage de l'Animatrix, d'une durée variant entre cinq et dix minutes. Globalement le sentiment est à la frustration devant la faible durée allouée à chacun alors que l'on en voudrait dix fois plus, mais le résultat est tout de même intéressant, évitant les pièges de l'auto-promo.


Cette disque bien fourni mais forcément frustrante se clôt sur une bande-annonce du jeu vidéo Enter The Matrix, et la liste des producteurs et réalisateurs de l'Animatrix.

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DVD 8: LES ORIGINES DE MATRIX

Retour à la source: Matrix et la philosophie (61min04):
Ce ne sont désormais plus les créateurs, concepteurs ou participants à la naissance de la trilogie qui interviennent ici mais bon nombre de professeurs en philosophie, analystes de cultes religieux et autres médecins du comportement qui donnent leur point de vue sur ce qui est, selon eux, la "meilleure étude du psyché humain" de ces dernières années. Les bougres semblent avoir repéré du premier coup d'oeil le moindre petit détail tirant vers l'étude des cultes ancestraux (avec extraits des passages du film à l'appui), que ce soit deux bouquins posés sur une étagère, les boucles d'oreilles de l'oracle, ou même l'interjection "Jesus Christ!" ("Nom de dieu!" dans notre langage courant) apparemment placés dans des situations bien précises du dialogue. Les frères Wachowski semblent ne rien avoir laissé au hasard. Bien que ces professionnels semblent avoir décrypté toute l'essence de la chose, il ne faut toutefois pas espérer un éclaircissement de notre lanterne puisque le ton abordé est quasi identique à celui des films, soit un dialecte à la limite du charabia pour qui ne s'est jamais intéressé à Platon ou à Descartes. Si bien des arguments se défendent, il réside dans certains propos d'une experte en christianisme certaines idées reçues à la limites du malsain puisqu'elle adhère à un certain message du film voulant que seuls les croyants auront accès à une plénitude et que tout les autres ne resteront qu'un groupe de zombies attachés à une futilité matériel et ne se réveilleront jamais. Argh. Un poil insultant pour ceux ayant décidé de ne pratiquer aucune religion, cette opinion ne sera jamais contredite ou même interprétée (après tout les athées ne seraient-ils pas les seuls à être vraiment éveillés?), mais nous nous éloignons de notre sujet.


La première demi heure décortique donc en détail le message de la destinée écrite à l'avance qui reste le thème central du premier épisode, et ne nous apprend finalement que bien peu de chose puisque très redondant avec le film en lui-même. Pour ceux n'ayant rien compris aux deux seconds volets, ils n'apprendront ici guère plus puisque tout ce joli monde se conforte dans le ton de Matrix Reloaded et sa lourde illustration du libre arbitre. Une fois encore, beaucoup d'explications pour aboutir simplement sur la conclusion douteuse que l'on a beau avoir un destin écrit, chacun est libre de ses choix tout au long de sa vie. A moitié convaincant seulement puisqu'il ne nous apprendra rien de plus que les films, ce documentaire possède toutefois cet avantage d'être un bonus s'attelant pour la première fois à un élément essentiel du scénario et qui avait malheureusement été mis sur la touche jusqu'ici pour préférer la réalisation des effets spéciaux. Erreur (partiellement) corrigée !

Derrière la fiction: La science (61min05):
A la fois plus posés et plus farfelus (de part les suppositions quant à notre avenir) que le documentaire précédent, certains des intervenants y ayant déjà participé accompagnés cette fois-ci des informaticiens et autres concepteurs de jeux vidéos, qui s'attardent sur le célèbre débat "hommes contre machines". Tout ou presque est passé en revue : l'impact des jeux vidéos comme Les Sim's et l'implication personnelle que nous y portons, l'intelligence artificielle et son autonomie de plus en plus accrue et le gain annoncé de conscience des personnages virtuels, qui finiront un jour par se demander si elles sont réelles. D'ailleurs nous n'échappons pas à la fameuse question "sommes nous réels ou sommes nous une création fantasmagorique?". Des témoignages tout autant passionnants s'attardent sur la façon dont nous dépendons d'une technologie toujours aussi évolutive à tel point que l'on nous annonce clairement que d'une certaine façon nous finirons tous cyborg (!).


Bonus cachés:
Sur chacun des disques quelques petits bonus sont proposés à la toute fin des menus des sous titres. Arrivé sur la page sur informations codées, il suffit de déplacer le curseur dessus pour en faire apparaître certains en surbrillance :
  • Le premier donne accès à l'intervention d'un auteur (3min51) qui décrypte le thème classique du "héros malgré lui", passant d'un univers insignifiant vers un monde d'aventures, à travers le personnage de Néo.
  • Le second fait à nouveau intervenir le même auteur dans une section (4min19) au coeur de laquelle il s'attarde sur le sens des noms des personnages.
  • Le troisième donne la parole à un chercheur en robotique (1min18) nous proposant des vidéos des premiers "jouets" radiocommandés évolutifs.
  • Le quatrième (2min02) associe l'histoire du mérovingien à celui du saint Graal en allant même jusqu'à apercevoir une statue de Clovis parmi les décors du film.
  • Le cinquième (1min52) donne espoir au rêve fou de mêler nanotechnologie et biologie.
  • Le sixième donne la parole au créateur du jeu Les Sim's (1min10). Ce dernier nous présente une expérience des plus originale pour voir à quel point les gens sont prêts à accepter le progrès.
  • Le dernier (4min42) interprète témérairement l'aspect religieux totalement à l'opposé de ce que l'on pouvait croire en comparant la matrice à dieu et l'agent Smith au Christ.


    Page suivante : DVD 9 - The Burly Man Chronicles

    DVD 9: THE BURLY MAN CHRONICLES

    The Burly man Chronicles (104min37):
    Pour ne pas laisser filtrer quoi que ce soit, la production simultanée des deux seconds volets de la trilogie Matrix fut nommé par tous ceux ayant travailler dessus The Burly man. Voici donc un énorme journal de bord de cette "discrète" production étalée sur plus de 3 ans, proposée ici sans la moindre interruption, sans la moindre interview de Joel Silver (ouf!) ou même un seul extrait du film. Du bon gros making of pur et dur traitant bien évidemment de toutes les étapes du tournage et des préparations dans l'ordre chronologique (donc pas forcement dans l'ordre de la narration) depuis la pré production jusqu'à la fin du tournage. Y sont traités pèle-mêle : la construction de l'autoroute, le combat final, la conception des décors, des sentinelles, le tournage des poursuites, de l'attaque de Zion et toutes les séquences fortes que l'on connaît tous.


    Suivez le lapin blanc:
    Concept inventé sur le premier DVD sorti en 1999, qu'il est désormais possible d'utiliser à nouveau sur le documentaire. Une idée appréciable sur un film mais ayant plutôt tendance à agacer lors d'un making of, nous obligeant à jouer des boutons alors qu'il suffisait de les inclure tout simplement dans le montage. Si d'ordinaire ce genre de supplément peut s'avérer anecdotique, sa durée conséquente de près de 80 minutes dans le cas présent lui offre un intérêt beaucoup plus important. De plus, l'éditeur nous offre l'opportunité de les regarder dans une section à part séparée en trois chapitres distincts:

  • La préproduction (32min24:
    Les quelques modules (disons plutôt "featurettes") donnent la parole aux divers dessinateurs, créateurs de costumes et des décors. Le ton est forcement répétitif avec ce que l'on a pu voir mais les fans ne se plaindront d'avoir en leur possession le maximum de documents existant sur la saga.
  • Le tournage à Alameda(12min32):
    Toujours dans le même esprit, ces minis making of donnent la part belle aux cascades automobiles et un sympathique journal de bord suivant le comédien interprétant l'agent Johnston une journée entière.
  • Le tournage en Australie (33min52):
    On continue avec des featurettes dédiées ici à certains seconds rôles, au maquillage de Néo, à diverses scènes de combat et même au cuisinier de toute l'équipe.

    Page suivate : DVD 10- Les archives de Zion



    DVD 10: LES ARCHIVES DE ZION
    Si ce dernier disque avait de quoi laisser sceptique quant à la durée des suppléments qu'il proposait, une fois inséré dans le lecteur nos doutes se sont agréablement envolés. Les archives de Zion regroupent les bonus ingratement relégués au second plan dans toute bonne édition DVD qui se respecte, à savoir ici un florilège véritablement hallucinant de galeries d'images, de croquis, de photographies, de story-boards, de plans mais aussi l'intégrale des bandes-annonces et spots TV de la trilogie, soit de quoi ravir les fans de la saga ou tout simplement les amateurs de belles images puisque les dessins parcourant les galeries ont bénéficié d'un soin indiscutable tout comme ceux des menus, assurément les plus jolis de tout le coffret. Un DVD presque entièrement muet, au coeur duquel il est agréable de naviguer après avoir subit l'esbroufe sonore que sont les films.


    Story Boards:
    Pas moins de 30 scènes issues des trois films et proposées pêle-mêle en story-boards dans leur intégralité, et permettent en plus d'en prendre plein les mirettes (puisqu'ils figurent parmi les plus beaux jamais dessinés pour la trilogie) et de constater à quel point le rendu final les respecte en tout point.

    Personnages:
    Ici ce sont les premières ébauches crayonnées du look de 18 personnages divers et variés qui permettent de constater l'évolution de ces derniers jusqu'à leur apparence à l'écran via des photographies tout aussi nombreuses des acteurs.

    Vaisseaux et machines:
    Là encore, 13 vaisseaux et 11 machines bénéficient chacun de leur lot de croquis et peintures diverses ainsi que des nombreuses photographies des maquettes ayant été utilisées pour le tournage. Les choses n'étant décidément pas faites à moitié, ces riches galeries se concluent sur les nombreux essais d'animation en 3D (variant de 10 secondes à 3 minutes) de bon nombre des robots.


    Décors:
    La dernière catégorie se voit composée de pas moins de 51 galeries de décors composées de plans, de prévisualisation en images de synthèses et nombreuses photographies prises sur place, nous permettant de profiter enfin de l'incroyable travail d'architecte effectué tout le long de la production globale.

    Matrix et les médias:
    Regroupement intégral des vidéos promotionnelles avec : 2 bandes annonces, 8 spots TV et un clip vidéo pour Matrix ainsi qu'autant pour Matrix Reloaded, et 1 bande annonce et 6 spots TV pour Matrix Révolutions. Notons également que tout ceci est proposé au format d'origine 16/9ème compatible 4/3 dans une qualité de toute beauté... mais en stéréo.


    La rave party (9min10):
    N'ayant strictement rien à voir avec la rave party de Matrix Reloaded, il s'agit ici simplement d'un long clip composés de divers essais d'effets spéciaux numériques non encore finalisés et autres plans truqués variés.

    The Matrix online (9min35):
    Sans doute le seul bonus n'ayant pas sa place sur ce disque (quoiqu'il vaut mieux qu'il soit ici que sur un autre), il s'agit d'une très longue promo pour le prochain jeux vidéo issu de la saga, ni plus, ni moins.


    Conclusion sur le coffret

    Dix disques remplis à ras bord signent la fin définitive (temporaire ?) de l'exploitation commerciale de Matrix en salles comme en vidéo à travers une édition les plus prestigieuses qui soit. Packaging, sérigraphie et utilisation totale du DVD sont ici sublimés mais il reste toutefois à la fin de cette gigantesque visité guidé un sentiment de manque. Un manque de réalisateurs tout d'abord se vouant à eux même un culte pas nécessairement mérité, et qui auraient ici trouvé leur place. Il en résulte un manque d'explications plus concrètes sur une franchise décriée et qui aurait mérité que l'on s'atèle à son but plutôt que de nous renvoyer sans cesse aux même images. Répétitions inutiles il y a, et l'overdose de suppléments ne rend pas l'interactivité d'un film plus exceptionnelle qu'un produit plus modeste, The Burly man Chronicles étant sans doute la goutte d'eau de trop malgré le fait qu'il s'agisse du meilleur making of concernant les deux suites. Si Matrix Revisited est véritable petit bijou en terme de journal de bord de part la crainte et les doutes de la production, les documentaires suivants ne seront qu'auto satisfaction à outrance et victoire acquise d'avance par ce qui semblerait être la réunion des plus grands talents ayant jamais existés. Le plus grand manque ici est donc l'humilité. Une pédagogie pompeuse, mais incroyablement instructive bien qu'incomplète est le maître mot (et le dernier) d'une production qui laissera des traces derrière elle. Matrix n'a pas révélé tout ses secrets mais en allant à la pêche parmi ces dix disques, en suivant les conseils de ce test donc, on y trouve cependant des heures de plaisir de découverte.

    A suivre ?

    Crédits textes :
    Image et son Matrix : Arnaud Mangin
    Image et son Matrix Reloaded et Revolutions : Philip Dowland
    Interactivité DVD 1-3-4-5-6-8-9-10 : Arnaud Mangin
    DVD 2 : Allessandro Dellotino
    DVD 7 : Kevin Prin

  • Le verdict des internautes

    Total des votes : 6

    Les notes des internautes

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      Image
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      Son
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      Interactivité
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      Bonus

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