Interview de Serge Moati (15mn)Le réalisateur explique qu'il a choisi la fiction pour épouser la réalité, pénétrer le secret d'un personnage. Il évoque la sensibilité de son coscénariste qui a capté le contexte de l'époque ainsi que Hugues Nancy et Pierre Péan, leur grand rôle pour éclairer cet épisode. Il parle de l'attitude très concentrée de son acteur principal. Cette intervention est surtout intéressante dans la description qu'il fait du goût du secret de Mitterrand, notamment lors d'un dîner avec Bousquet. Il parle de l'émergence progressive de ce trouble passé et de sa relation personnelle avec le président, le choc de la révélation en 1994, la manière assez honnête dont Mitterrand l'a assumée. Eclairer ce moment de l'histoire permettait de comprendre profondément ses raisons, son évolution complexe. On gagnait ainsi une manière nuancée de raconter l'histoire, sans approche manichéenne (tout le monde n'était pas résistant ou collabo). L'intervention est très intéressante et toujours admirative. Moati souligne ce destin exceptionnel et d'une complexité fascinante.

Interview de Hugues Nancy (15mn)Consacré à l'écriture et aux recherches nécessaires pour nourrir le scénario, ce module évoque la préparation du film. Hugues Nancy fut en immersion avec ce moment de la vie de Mitterrand et tenta de comprendre la psychologie du personnage et ce contexte extrêmement particulier (être prisonnier puis trouver son pays occupé). Il s'agit de vérifier les faits historiques relatés par le film. Il lui fallait également retrouver les codes culturels de l'époque. Il a percé peu à peu l'intimité du président à venir par ses écrits nombreux, au milieu de sa jeunesse (il est d'abord un fervent pétainiste puis évolue vers la résistance en 1942). Il évoque le jeune homme passionné, ses doutes sur lui-même, son intimité, ses rêves d'écrivain. Mitterrand commence à se construire lorsqu'il s'occupe du sort des prisonniers et il trouve son identité politique, en rivalité avec De Gaulle. Le discours est sensiblement proche de celui de Moati, puisque grâce à Mitterrand, on apprend la complexité de la période. Hugues Nancy est moins exalté mais tout aussi passionnant.