Necronomicon

Test interactivité

4/5
Des menus simples mais agréables, dont la seule petite anomalie de navigation concerne l'écran de "Commentaire audio", où il faut cliquer sur "Reprise" pour lancer le film avec.


DVD 1

Commentaire audio:
Exclusivité française (mais naturellement en anglais), Christophe Gans et Brian Yuzna se réunissent plus de dix ans après sa conception pour commenter ensemble les trois segments de Necronomicon. Les amateurs de bons commentaires audio sentiront le bon cocktail et ne s'y tromperont pas. D'une part Brian Yuzna, producteur réalisateur de projets loufdingues ayant pimenté le commentaire audio des comédiens sur Re-animator de part son professionnalisme et sa bonne humeur excessive. De l'autre Christophe Gans qu'on ne présente plus, véritable chasseur de métaphores et symboles disséminées dans le moindre plan qu'un film puisse suggérer, et infini vivier d'informations sur l'histoire du cinéma de genre à travers le temps et les frontières. C'est donc sans surprise que les deux hommes nous dévoilent gaiement leurs multiples inspirations cinématographiques et littéraires ainsi que leurs légères petites infidélités à H.P. Lovecraft lorsqu'ils ne dérivent pas dans de jubilatoires révélations sur leurs méthodes de travail, celles de leurs collaborateurs et les multiples complexités dues aux divers effets spéciaux. Un commentaire audio riche et plaisant à écouter, comme on en rencontre rarement.


DVD 2

Le reste des suppléments se retrouve sur le second disque, proposé dans deux sections distinctes : Making of et Documentaires.
Making of

Featurette (9min38):
Comme son nom l'indique sincèrement, il ne s'agit ici que d'une très longue featurette promo d'époque s'apparentement même à une bande annonce dépouillée qui n'apporte strictement rien une fois que l'on a vu le film. Elle a toutefois le mérite d'être proposée à titre d'archive.


Le tournage (4min35):
Dans la continuité de la featurette, ce court module s'attarde sur la conception du segment réalisé par Christophe Gans avec interview de l'intéressé en français à même le plateau. L'évident coeur à l'ouvrage dont nous somme témoin fait regretter la trop faible durée du documentaire.

Les effets spéciaux (3min02):
Un documentaire d'époque là encore bien trop court et pourtant fascinant, où Gans nous présente lui-même la conception des effets spéciaux miniatures donnant vie à sa spectaculaire séquence finale.

Documentaires

L'enfer du B (58min09):
Sans aucun doute la pièce maîtresse de cette édition, l'une des meilleures rétrospectives proposée à ce jour dans une édition collector digne de ce nom, qui justifierait à elle seule l'achat de cette édition pour tout les passionnés des films de seconde zone. Tous les secrets des productions horrifiques à petit budget nous sont dévoilés par l'un des principaux concernés de cette aventure, et par là même l'un des plus grands représentants français du genre capable de retenir toute notre attention. Accompagné par des interviews du monteur Christopher Roth et du producteur/réalisateur Brian Yuzna, Christophe Gans revient sur les origines du projet, son arrivée sur le tournage et les enjeux qui en découlait, ainsi que sur les conditions quasi catastrophiques. Incapacité de certains techniciens (son chef opérateur désertant sans prévenir, un animateur ayant triché sur son CV, d'autres ayant fait grève après avoir considéré que tourner avec des poulpes morts était irrespectueux), le manque d'air conditionné faisant tomber la moitié de l'équipe dans les pommes, et surtout la médiocrité de 90% des effets spéciaux nécessitant d'être entièrement refaits après le tournage tant aucun d'eux n'étaient utilisables.


Christophe Gans

Comme si les jubilatoires propos des trois intervenants ne suffisaient pas, les rushes inutilisables - franchement hilarants de médiocrité - nous sont offerts pour illustrer ces joyeux souvenirs. L'humour, la bonne humeur contagieuse et la totale absence de langue de bois font de L'enfer du B l'exemple même du bonus dont on rêve en achetant un DVD. Fascinant!

Musique (21min15):
Introduit par le maître de cérémonie de cette édition, Joseph Lo Duca célèbre pour avoir signé les partitions de la trilogie Evil Dead, revient sur son travail effectué pour le segment de son ami Christophe Gans. Pour d'étranges raisons, le compositeur s'égare sur les dix dernières minutes à commenter également son travail sur le Pacte des loups, mais l'ensemble n'en demeure pas moins intéressant.


Joseph LoDuca

La direction artistique (14min26):
Le directeur artistique Anthony Tremblay responsable de la plupart des idées visuelles du film revient sur ses nombreux choix et compromis illustré par ses splendides dessins préparatoires. Ayant déjà officié sur L'armée des ténèbres, il nous y apprendra entre autres que le livre des morts utilisé dans Necronomicon est une version refusée par Sam Raimi quelques années plus tôt.


Brian Yuzna

La production (13min02):
Réunion des grands patrons aujourd'hui : Brian Yuzna accompagné par Samuel Hadida et Taka Ichise (tout deux étrangement absents du document principal) pointe du doigt la chose primordiale dans la conception d'un film, et bien plus encore lorsque cela concerne un si petit film : l'argent ! Bien que rappelé à l'ordre dans les dernières minutes, le producteur japonais s'efface pour mieux laisser ressortir la complicité entre le français et l'américain dont l'enthousiasme communicatif nous laisserait presque espérer une nouvelle réunion des trois bonhommes derrière un éventuel (et évoqué) Necronomicon 2.


Les trois producteurs, réunis pour cette édition DVD

Outre ses splendides galeries de dessins préparatoires et story-board en plein écran, ce second disque a l'excellente initiative de proposer également la bande originale du film disponible dans son intégralité en Stéréo d'origine.

Bonus cachés:
Story board d'une scène supprimée:
Pour découvrir les autres plans alternatifs abandonnés avant même d'être conçus (on en reconnaîtra certains ayant fait l'objet de ridicules effets spéciaux), il suffit de se rendre sur la page des story-boards, de mettre la dernière ligne en surbrillance et d'aller sur la droite pour faire apparaître un segment jaune.

Le court métrage de Christophe Gans (15min):
Tourné en 16mm et datant de 1981, Silver Slime reste à ce jour le seul court métrage mis en chantier par le réalisateur de Crying Freeman. Dans la tradition typique du cinéma d'horreur italien des années 70 (Gans le dédie à Mario Bava), le film porte déjà la pâte qu'on lui connaît : laisser parler l'image à travers une mise en scène esthétique et à la photographie chiadée au détriment d'un scénario bien maigre, même si là n'est pas l'intérêt. Une pièce de choix pour fans du réalisateur, d'autant qu'il est pour la première fois tiré de la pellicule originale et non d'une vhs.


Le verdict des internautes

Total des votes : 9

Les notes des internautes

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    Son
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