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Predator (edition Collector)

Test interactivité

4/5
C'est donc ici que se justifie l'intérêt que l'on pourra porter à cette nouvelle édition de Predator. Quelles que soient les zones (1 ou 2) et les éditions déjà sorties (plusieurs aux USA, une en France), le film de McTiernan n'avait jusqu'ici eu le droit qu'au strict minimum (une bande annonce). Cette édition collector vient donc réparer ce crime de lèse-majesté en se dédoublant pour pouvoir offrir quelques bonus fascinants pour tous ceux qui estiment (on espère la majorité de nos lecteurs) que Predator est un des films d'action les plus incontournables des vingt dernières années. Avant d'entrer dans le vif du sujet, un mot sur les menus qui certes se sont nettement améliorés depuis la précédente édition (ceux qui l'ont, savent que le challenge était pour le moins simple à relever) mais continuent à être désespérément fixes malgré une intro animée efficace (enfin, plutôt bruyante).

DISQUE 1

Contient deux commentaires, un audio (et sous-titré en français) et un écrit (en français) plus un bonus caché.



Commentaire audio de John McTiernan : (Vost) C'est toujours un évènement quand le réalisateur de Piège de cristal prend la parole. D'abord parce qu'il n'aime pas trop ça, mais surtout parce que l'homme a beau s'exprimer, avec semble-il peu d'enthousiasme, il parvient à nous livrer des informations toujours mille fois plus passionnantes et précieuses que des dizaines d'autres réalisateurs qui s'évertuent à multiplier les anecdotes foireuses sur d'innombrables autres pistes commentées de DVD tout aussi oubliables.
Le début du commentaire n'a pourtant rien pour nous rassurer. D'un ton peu loquace (on a l'impression qu'on le réveille), McTiernan déclare ne pas se souvenir de l'introduction dans l'espace, prétextant qu'il n'a pas vu le film depuis longtemps. On se dit alors qu'on va devoir guetter les rares moments intéressants où le réalisateur se souviendra de quelque chose. Heureusement, notre appréhension disparaît vite tant le bonhomme a décidé de parler ouvertement, laissant de toute évidence au vestiaire une certaine forme d'hypocrisie qui scie à de nombreux commentaires. Même s'il a tendance à s'essouffler (la dernière demie heure du film est ponctuée de nombreux blancs), Mc Tiernan multiplie les anecdotes du tournage, revient sans cesse sur les difficultés de logistique, évoque ses erreurs de jeunesse (ce n'était alors que son deuxième film et le premier qu'il tournait pour un studio). Parmi les remarques les plus mémorables, on retient sa volonté de ne pas filmer l'intérieur du vaisseau et les trophées morbides du Predator (il trouvait cela répugnant et risible), une scène originalement prévue et donc non tournée qui finira par apparaître dans...Predator 2. Le réalisateur nous apprend qu'il avait également prévu une scène qui n'a pu se tourner (faute d'argent) où l'on voyait Schwarzy s'élancer de l'avion dans le vide après au passage avoir attrapé un parachute, séquence que l'on retrouve désormais dans...L'effaceur avec ce même Arnold !!! En écoutant McTiernan se confier (à ce sujet, il est très rare que ses propos suivent les images du film), on peut aisément comprendre pourquoi il est l'un des cinéastes les plus brillants actuellement en activité. Il suffit tout d'abord de l'entendre évoquer le cinéma de Ford et en particulier Les cavaliers dont il s'est inspiré pour modifier les relations entre Schwarzy et Weathers. Son cinéma en apparence brutal et efficace repose avant tout sur des personnages forts et très loin des stéréotypes de base. Si vous ne deviez écouter qu'une infime partie du commentaire, on ne saurait trop vous conseiller de vous diriger vers la séquence de destruction massive de la forêt par Schwarzy et consorts (chapitre 12, 46mn). McTiernan nous y explique en quoi il diffère de ses petits camarades, juste avides de montrer de la violence à l'écran. Pas dupe pour un sou (il sait qu'on l'a engagé pour filmer des scènes d'action violentes), le réalisateur a voulu pervertir le système en détournant " la fascination presque pornographique " des gens / spectateurs pour les armes à feu en montrant une fusillade extrêmement longue. A la seule différence de taille que les membres du commando tirent sur rien, ils ne font que détruire la forêt. En ce sens, le message de McTiernan est clair : " les armes peuvent être impuissantes ". Message d'autant plus fort et malin à insérer qu'il s'agit ici d'un pur film de studio qui justement cherche avant tout à capitaliser sur cette fascination des armes et de la violence. Le cinéaste a d'ailleurs comme il le souligne, réussi à le faire dans Piège de cristal lorsque les terroristes s'évertuent à tirer dans les vitres de la tour durant de longues secondes. McTiernan conclue cette longue et pertinente intervention en faisant remarquer que depuis lors bon nombres de ses collègues ont repris cette séquence de fusillade mais avec une différence " subtile " : en face des mitraillettes et des fusils, il y a des gens !!! D'un ton presque désabusé, le cinéaste explique que ce sont les mêmes gens qui alors jouent les innocents et s'indignent lorsque les news font état de tueries (comme celle du lycée de Columbine).

Au vu de la qualité non améliorée de la technique du DVD et de la présence de plusieurs éditions du film, on regrette de l'écrire mais cette édition collector est presque incontournable au regard des propos tenus par John McTiernan.



Commentaire sous-titré : Il s'agit d'un commentaire sous forme de sous-titres français du journaliste et historien du cinéma, Eric Lichtenfelo accompagné d'interventions récentes d'une partie de l'équipe du film, à savoir : les superviseurs du montage son, le directeur-coordinateur des cascades et réalisateur de la seconde équipe, le directeur du casting, le coordinateur des effets spéciaux, les monteurs, le superviseur des effets spéciaux, le directeur de la photographie et les deux scénaristes. Si les informations s'avèrent souvent instructives, il est fort dommage qu'on n'ai pas le droit au son. Il est en effet bien difficile de se contenter de lire les différentes remarques. A la longue, cela devient fastidieux !

Bonus caché : Cela faisait bien longtemps qu'on avait pas vu un bonus caché aussi intéressant. Pour tous les admirateurs de McTiernan, ce document vidéo de 3mn06 (Vost) est précieux. Le cinéaste revient en effet sur la façon dont il a appris le cinéma. C'est Jan Kadar, à l'American Film Institute qui l'obligeait à apprendre des films européens " bien compliqués " en lui faisant écrire de mémoire TOUS les plans du film. McTiernan se compare finalement aux grands musiciens qui n'ont pas besoin de lire les partitions car ils les connaissent, ils ont des centaines de morceaux dans la tête. L'interview se finit par une remise en place de l'importance (très relative) du story-board dans le processus de création. Pour trouver ce bonus caché, mettez votre curseur sur l'icône menu principal de la page bonus. Allez sur la gauche, le viseur du Predator apparaît (un triangle formé de points rouges), cliquez.


DISQUE 2



Six sections qui s'articulent avant tout autour de nombreux making of et featurettes. Egalement disponibles quelques scènes inédites ou non retenues (outtakes) et des galeries de photos.

  • " S'il saigne. Achevez-le " Le making of de Predator (Vost, 28mn 49) : Très complet, ce making of revient sur tous les points importants du tournage. Mixant interviews d'époque (notamment McTiernan, Schwarzy, Ventura) et interviews récentes (Carl Weathers, Bill Duke, Shane Black, Stan Winston, le producteur John Davis) ainsi que des images du tournage (difficile de pardonner à Fox d'avoir gardé de tels éléments aussi longtemps sans les avoir intégré dans les éditions précédentes du film), on découvre les multiples difficultés rencontrées sur le plateau notamment celles concernant la fabrication du monstre. L'arrêt du tournage puis l'arrivée de Stan Winston permirent d'arrêter d'utiliser un risible monstre rouge (un homme, peut être Van Damme qui fut un temps chargé d'interpréter la créature, habillé en collant et se déplaçant de manière ridicule dans la jungle avec une grosse trompe sur la gueule). Amusant d'ailleurs de constater qu'une partie du look du monstre, ses mandibules, est à mettre au crédit de...James Cameron qui conseilla Winston lors d'un voyage en avion vers le Japon. Il est également réjouissant de découvrir la franche camaraderie mais aussi la rivalité amicale (testostérone quand tu nous tiens !) qui régnait sur le plateau entre les différents acteurs. A ce titre, ne ratez pas l'anecdote sur le pari perdu par Jesse Ventura qui pensait avoir des biceps plus gros que ceux de Schwarzenegger.



  • Au coeur du Predator : Section divisée en 7 rubriques (plus une huitième en bonus caché) qui forment une sorte de making of complémentaire et tout aussi passionnant que le précédent. Tout y est sous-titré en français.
  • Action classée secrète (5mn 23) décortique les préparatifs complexes et le tournage de l'attaque du camp (il s'agit du document ayant le plus d'images d'époque).
  • Invisible Arnold (4mn 44) est un document à la gloire de la star que tout le monde juge adorable, disponible, charismatique,... Bref, c'est un dieu !
  • Indolore (3mn 32) met en vedette la Gatling qu'utilise Jesse Ventura (il s'agit de l'impressionnant fusil mitrailleur) affectueusement surnommé " le vieux pépère ".
  • La vie intérieure (4mn 28) est un hommage à Kevin Peter Hall, le comédien qui se cache sous le costume du Predator. Mort du sida en 1991, l'acteur est ici encensé par ses collègues (de manière réellement sincère) qui insistent sur sa remarquable performance.
  • Camouflage (4mn 56) donne la parole à Scott Eddo, le responsable des maquillages qui revient sur ceux des différents membres du commando.
  • Bienvenue dans la jungle (2mn 42) évoque les spécificités et les conditions d'un tournage dans la jungle.
  • Création des personnages (4mn 43) permet aux acteurs notamment de revenir sur les particularités (physiques ou psychologiques) de leur personnage.

    Pour le bonus caché, allez sur l'icône Action classée secrète et montez encore d'un cran avec votre curseur, le triangle rouge apparaît puis cliquez et vous accédez à un petit reportage (2mn 20) consacré à Jesse Ventura et sa carrière peu banale (de catcheur, il est devenu acteur puis maire pour depuis 1998 être gouverneur du Minnesota).

  • Effets spéciaux de Predator : Une section peu pertinente, la faute à un manque total d'explications. On nous présente des documents vidéos muets montrant l'évolution des effets spéciaux concernant la créature, notamment la période " collant rouge ", avant l'arrivée de Stan Winston. Deux rubriques, Effet costume rouge (2mn 14 au total des trois vidéos proposées) et Tests de camouflage (1mn 55 pour deux vidéos). Si on estime que c'est Jean Claude Van Damme qui se cache sous le déguisement ridicule, on peut s'amuser à visionner les différents segments de la première rubrique. Sinon, l'intérêt est plus qu'anecdotique.


    Un Predator... assez différent


    Nouveau bonus caché que l'on trouve à droite de l'icône menu principal. Une anecdote hilarante de Stan Winston (3mn 03) impliquant une blague, des énormes crapauds, Schwarzenegger, une revanche et une révélation embarrassante des années plus tard.

  • Scènes inédites et coupées : Cette section est à la fois mal traduite (il s'agit d'outtakes et non de scènes rejetées comme indiqué), mal présentée (une scène proposée dans la rubrique scènes rejetées est en fait inédite) et surtout fort décevante.
    Outre d'être dans un état technique déplorable (copie abîmée, effets spéciaux non finalisés, absence de son pour les explosions, pas de musique) Fuir le Predator (1mn 45) n'apporte pas grand chose : On y voit le Predator s'amuser avec Schwarzy en le visant mais en faisant exprès de le rater. Caméléon (30 sec) montre Anna en train de ramasser un caméléon juste à l'endroit où est passé le Predator. Les deux autres scènes (en fait il s'agit d'une série de courtes scènes ou plans), Tendre un piège (2mn 14) et Dévaler la pente (58 sec) constituent des prises non retenues au montage final.

  • Portrait du Predator : Une série de 7 photos du Predator avec à chaque fois une légende qui décrit les armes dont dispose la créature.

  • Galerie de photos: 96 clichés mélangeant photos du tournage, de production ou tirée du film. Sur la 16ème photo, se trouve le dernier bonus caché. Une vidéo (1mn 57) relatant de manière désopilante les mésaventures de l'équipe et principalement des comédiens après qu'ils aient bu l'eau infectée de l'hôtel.

    Si les suppléments sont à la hauteur de l'événement et viennent enfin rétablir l'affront des précédentes éditions presque vierges, on attend toujours l'édition qui permettra d'admirer le monumental film de McTiernan dans des conditions techniques optimales (on pense surtout à l'image). A quand la future édition collector " de la mort qui tue " ?
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