Robocop Es

Test interactivité

4/5
Commençons une fois encore par nous plaindre de l'absence impardonnable de sous-titres français sur le commentaire audio (chez FPE, ce sont tous les titres MGM qui en souffrent). C'est d'autant plus énervant que celui de Robocop s'avère des plus passionnants. Pour ceux qui connaissent celui du DVD zone 1 édité par Criterion, il s'agit plus ou moins du même.


Des menus particulièrement réussis

En fait, on retrouve les mêmes intervenants (Paul Verhoeven, Ed Neumeier et Jon Davison) qui pour l'occasion de la sortie du film en DVD, reprennent à peu de choses près ce qu'ils avaient dit à l'époque du LD (premier support à recevoir les anecdotes des trois hommes). Dommage donc que cet instructif et pertinent commentaire (Verhoeven étant connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche) ne soit réservé qu'aux anglophones.

Heureusement s'il s'agit de la seule fausse note (si on excepte également l'absence de sous-titres sur les différentes bandes annonces) d'une édition bien fournie qui surpasse l'édition Criterion.


Le choix des armes : version courte ou longue !

Notamment parce qu'elle est la seule à proposer sur un même disque les deux versions du film : celle sortie en salles et celle de Verhoven que la MPAA avait censuré pour cause de violence excessive (que Criterion était le seul jusqu'alors à proposer en LD Ntsc et DVD zone 1). La différence entre les deux métrages : 27 secondes réparties sur trois scènes. ED-209 qui mitraille le cadre, la mort de Murphy et enfin celle de Clarence Boddicker.


Le premier écran de sélection des bonus...

On passe vite sur des menus qu'on aurait aimé bien plus recherchés (une légère animation du menu d'accueil et le reste désespérément fixe et surtout toujours gangrené par des flèches de navigation peu claires) pour jeter son dévolu sur le bonus le plus attrayant : Chair et acier : les coulisses de Robocop (Vost, 36mn 55). Ce making of qui ne souffre finalement que de l'absence de Peter Weller (après celui de Rollerball, cela semble être une sale habitude de ne pas pouvoir écouter les propos de l'acteur principal) est de bout en bout passionnant. Axé avant tout sur les propos de Verhoeven, on ne compte plus les anecdotes, les informations précieuses que nous propose ce document incontournable. Le réalisateur hollandais avoue ainsi que ses influences pour Robocop ont été principalement Le jour où la terre s'arrêta et Metropolis et que pour lui, Robocop n'est en fait que la version masculine de Maria, le robot du film de Fritz Lang.

Le making of revient sur la genèse bien particulière et ardue du film. On y évoque le titre jugé par beaucoup comme stupide et qui a fait fuir tous les réalisateurs américains contactés (les scénaristes et producteurs ont d'ailleurs cherché en vain à changer le titre). On apprend que l'arrivée de Verhoeven sur le projet est avant tout du à la perspicacité de sa femme qui ramassa le script qu'il avait jeté par terre lors de la première lecture en déclarant que l'histoire était trop bête et qui lui fit comprendre qu'il y avait peut être des choses plus profondes dedans. Le casting ne fut pas aussi de tout repos puisque c'est d'abord Michael Ironside qui fut pressenti pour le rôle de Robocop mais finalement pas retenu la faute à sa grande taille qui ne convenait pas au costume. De même, Nancy Allen n'était pas le premier choix pour le rôle de Lewis et elle ne fut engagé qu'à la suite du desistement au dernier moment de Stéphanie Zimbalist (la partenaire de Pierce Brosnan dans la série Remington Steele).

Une grande partie du reportage est consacré au design et au costume du Robocop. On apprend ainsi qu'à un moment de son élaboration il ressemblait au Judge Dredd. On découvre l'implication incroyable de Peter Weller pour le rôle (travail avec un mime,...) et également son immense patience (la première fois où il est entré dans le costume, cela a pris 11 heures !). Verhoeven évoque son conflit avec Rob Bottin (ce dernier ne parlait pas sur le plateau et a même fini par ne plus venir, laissant son équipe gérer la situation). Il voulait utiliser certains mangas pour donner un look plus futuriste à Robocop (alors que Bottin s'inspirait ouvertement du robot de Metropolis). Une expérience ratée qui a fait perdre des mois et qui a rendu fou furieux Rob Bottin. On comprend et la plupart des protagonistes le confirme que le tournage de Robocop fut tout sauf facile : ambiance pourrie, conditions de tournage insupportables (extrême chaleur,...).

Les amateurs d'effets spéciaux ne délecteront avec un passage assez long sur l'ED 209 que la présence de Phil Tippett ne fait qu'enrichir.

La fin du making of permet de revenir sur les thèmes forts que le récit évoque. L'aspect satirique du film est alors mentionné (critique des années Reagan, du style de vie des yuppies,...). Verhoeven revient enfin en détails sur l'aspect violent du film. Il explique que la scène où Murphy meurt nécessité selon lui la violence la plus extrême tout simplement parce qu'elle était au coeur du processus d'identification qu'il cherchait à effectuer entre l'histoire de Murphy et celle de Jésus. Le fougueux et passionné réalisateur allant même jusqu'à oser des comparaisons bien incongrues (il considère que Jésus sur la fin de sa vie n'est pas éloigné d'un Che Guevara !). Le making of ne serait pas complet s'il ne laissait pas Verhoven s'exprimer sur les problèmes rencontrés avec la MPAA et le fait que de couper certains plans violents du film enlevait l'absurdité, le burlesque, le grotesque de cette violence qu'il avait réussi à faire naître par sa mise en scène. On retiendra aussi un phrase énoncée par l'un des deux scénaristes sur les Etats-Unis qui peut résumer parfaitement l'attaque corrosive que constituent les messages sous-jacents de Robocop : " On (les américains) est dépendant d'une drogue novice : le capitalisme. "

Dans la section Reportages de 1987, on trouve deux petits reportages qui ont le mérite de pallier à une lacune du making of : pouvoir voir des images du tournage. Le tournage de Robocop (Vost, 7mn 58) et La création de Robocop (Vost, 8mn 01) se complètent plutôt bien même s'ils ont des images et des propos en commun et si le deuxième reportage a tendance à partir un peut dans tous les sens. En tout cas, ils permettent de voir l'équipe du film en train de travailler, principalement lors de la séquence où Robocop entre dans le hangar où les trafiquants fabriquent la drogue.

Pour la première fois, on a l'occasion de voir des scènes inédites. Il y en a quatre d'une durée très courte et pas toujours très pertinentes.

Conférence de presse de l'OCP (Vost, 1mn 16) : Bob Morton répond aux question des journalistes sur Robocop et ses capacités.

Une religieuse dans la rue (Vost, 15 sec) : Verhoeven attaque l'intégrisme religieux en montrant une bonne soeur vanter les mérites d'une crise parce qu'elle permet de rassembler les hommes.

Pizza topless (Vost, 26 sec) : Un spot TV qui montre deux charmantes jeunes femmes en train de malaxer de la patte à pizza. L'attrait : elles sont donc topless et l'annonceur en profite bien.

Dernier flash spécial (Vost, 51 sec) : Normalement cela devait être la fin originale du film. Anne Lewis sur son lit d'hôpital répond à un reporter et fait une déclaration d'amour à son métier de flic. Une dernière pointe d'ironie qui permettait de voir que Lewis n'était pas morte et surtout n'allait pas être transformée en robot comme son partenaire. Cette séquence ne fut pas conservée car lors de projections tests, le public s'enthousiasma sur la réplique finale de Robocop déclarant que son nom est Murphy.

Montage du réalisateur : Scènes coupées et scènes extraites du montage du réalisateur (Vo, 11mn 05, 16/9) : Diverses plans des trois scènes qui possèdent deux montages différents. Il s'agit en fait de tous les plans tournés qui ont ensuite permis à Verhoeven d'effectuer son montage final.

La section Bandes-annonces est assez fournie. On peut y visionner deux bandes-annonces de Robocop (1mn 37, sur la musique de Terminator, Vo, plein cadre) et (1mn 23, Vo, plein cadre) puis celles de ses deux suites, Robocop 2 (1mn 54, Vo, plein cadre) et Robocop 3 (2mn 02, vo, plein cadre) et pour finir une pub TV (Vo, plein cadre, 31 sec).


ED 209

Comparaison de story-boards avec commentaire de Phil Tippett (Vost, 6mn 01) : Il s'agit d'un document qui montre des images du film (au ralenti) avec un petit encart pour le storyboard. Plus qu'une comparaison classique, on assiste à un petit cours sur la technique de stop motion employée par le maître pour la séquence où Ed 209 apparaît pour la première fois. Il évoque les limites de la technique dues à des problèmes budgétaires. On apprend ainsi que la structure des scènes étaient délimitée en concertation avec Verhoeven par les limites de la technologie et budgétaires.


Des galeries de photos plutôt exhaustives

Le dernier bonus de cette édition est constitué par des galeries de photos et croquis. A chaque fois, on a le droit à un montage de clichés. 6 rubriques sont à l'honneur : Acteurs (43sec), Paul Verhoeven (1mn 31)Conception (51sec) pour voir Robocop à ses premiers stades de construction,Ed 209 (1mn 11) idem mais plus riches (croquis,...), Effets spéciaux (1mn 03) principalement axée sur la mort de Murphy et En coulisses (1mn 19) constituée de photos du tournage.

Cette édition est si attrayante qu'on en viendrait presque à oublier que l'éditeur nous oblige à acheter Robocop 2 et surtout l'infamant Robocop 3 pour se la procurer.

Critique technique par Laurent Pécha

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