Pour un double DVD, on reste forcement sur sa faim surtout lorsqu'il s'agit de la troisième édition du film sur le support. Les suppléments ne sont pas si nombreux que ça et mise à part quelques uns ne possèdent pas l'intérêt escompté. Pour ceux qui ont déjà succombé à l'attrait de l'édition Criterion, sachez qu'il s'agit exactement des mêmes bonus avec toutefois le redoutable avantage de la présence de sous-titres français sur chacun d'entre eux.
L'édition commence sous les meilleurs auspices avec un menu d'accueil animé très réussi avec radars à gogo et musique et dialogues du film en fond sonore. Le seul bonus du premier disque provient du
commentaire audio (Vost avec un décalage de sous-titres au tout début du film) à choix / intervenants multiples (mais malheureusement pas chapitré comme c'est le cas sur le Criterion).

On a le droit aux interventions de Nicolas Cage, Ed Harris, Michael Bay, Jerry Bruckheimer et le spécialiste technique (un ex Navy Seals) Harry Humphries. Même s'ils ne l'ont manifestement pas enregistré ensemble, le commentaire s'avère suffisamment riche en informations pour ne jamais permettre que l'on décroche totalement. Ainsi, Nicolas Cage fait preuve d'un enthousiasme et d'une application des ses remarques étonnants et Michael Bay allie parfaitement technique et anecdotes du tournage comme lorsqu'il évoque son comportement vis à vis de Sean Connery. Il avait un tel respect pour l'acteur qu'à chaque fois que l'ancien 007 devait se rendre sur le plateau, il
tyrannisait les membres de l'équipe pour que tout le monde soit à la hauteur de l'immense acteur. Après ses déclarations ouvertes et franches sur James Cameron (" Asshole " dans le texte), on doute que Jerry Bruckheimer travaille un jour avec le réalisateur de
Terminator. L'hommage obligé à Don Simpson disparu à l'époque du film permet à Michael Bay de nous raconter une anecdote plutôt amusante sur le personnage haut en couleurs qu'était Simpson.
Le deuxième disque est décomposé en 6 sections. La première,
LES SECRETS DE LA PRODUCTION est elle même partagée en quatre parties. Les deux premières,
Navy Seals en action (Vost, 5mn 54) et
Ce qu'il faut faire et ne pas faire à Hollywood (Vost, 8mn 17) sont des reportages mettant en vedette des véritables instructeurs de Navy Seals. On retrouve d'ailleurs le Harry Humphries du commentaire. Entre l'énumération du programme pour devenir un Seals (rien que la liste décourage totalement) et l'évocation des différences entre le film et la réalité (notamment la scène du massacre dans les douches), vous allez avoir le droit à un petit cours pour apprendre à tirer. Après ces quelques minutes très instructives, vous serez où tirer et dans quelles positions. Il n'y a plus qu'à se procurer une arme pour mettre tout cela en pratique. Vive les reportages aussi enrichissants !
La magie des effets spéciaux (Vost, 7mn 54) est une sorte de making of (images du tournage à l'appui) qui décrypte le tournage de deux scènes spectaculaires : l'explosion du tramway et le final avec les avions passant au dessus de Nicolas Cage. C'est assez bien expliqué mais on reste frustré. Pourquoi deux scènes seulement ?
Réalisation de la séquence sous-marine (Vost, 7mn 49) est un reportage minutieux sur les préparatifs et le tournage de l'entrée sous-marine des Seals dans Alcatraz. Comme dit l'un des intervenants, l'importance du détail est primordial. On ne voit pas tout le travail méticuleux à l'écran mais c'est justement lorsqu'il n'est pas fait que cela se ressent. Bonne devise pour justifier le salaire de nombreuses, très nombreuses personnes.

La deuxième section,
PROMOTION est la plus faible du DVD. On y trouve la
bande annonce (3mn 10) et des
spots TV (cinq en tout, 2mn 38) en Vost mais uniquement en 4/3 recadré. Quant au troisième supplément de cette section,
La première mondiale (Vost, 1mn 53), il s'avère aussi prometteur que décevant : quelques brèves images de la première et aussi d'autres aussi courtes des préparatifs imposants requis pour rendre cet événement possible.
ARCHIVES PHOTOGRAPHIQUES constitue la section la plus exhaustive. On retrouve tout d'abord deux
story-boards (
intrusion à Alcatraz et
la scène de la morgue). Outre que les dessins sont soignés et très visuels, on apprécie la taille plus que respectable utilisée pour les présenter (et l'ajout de flèches de navigation). Bravo donc à l'éditeur qui contrairement à beaucoup d'autres rend cette partie des suppléments tout sauf fastidieuse. Les
Dessins de production est un arrêt impératif tant les croquis sont beaux et font preuve d'un soin épatant. Ce sont tous les décors du film qui ont été préparés à partir de ces dessins.
Les
Photos de production sont en revanche trop classiques car axés sur les photos promotionnelles et de plateau. Il n'y a presque pas de clichés du tournage, entre les prises, histoire de jauger l'ambiance.

Les
PRISES RATEES (Vost, 8mn 51) montrent que le film n'a pas du être une partie de plaisir. La vedette de ses prises ratées est Ed Harris. Et effectivement, son énervement après ses multiples oublis et bafouillages fait froid dans le dos. L'homme est hystérique et s'en prend plus d'une fois au malheureux téléphone qu'il tient dans la main. Un grand moment de tension involontaire.
LES SECRETS D'ALCATRAZ (Vost, 14mn 39) est un surprenant reportage retraçant toute l'histoire de la célèbre prison. Sans quitter votre fauteuil, vous êtes conviés à une enrichissante visité guidée qui vous permettra entre autre de suivre en détails le cheminement et la façon dont se sont échappés les premiers prisonniers. Un document vraiment passionnant.
Pour finir cette édition, vous êtes convié à écouter les paroles de l'instigateur principal du film, Jerry Bruckeimer. Cette
interview de 16mn 06 (Vost) permet de constater une fois encore après le DVD de
60 secondes chrono que le personnage fondamental dans les productions Bruckheimer est bel et bien Bruckheimer en personne et non pas le réalisateur. Le producteur parle avec conviction de ses passions (la photo), de sa vision du cinéma, quoique cinéma est sans doute un grand mot dans son cas comme l'atteste son " le cinéma, c'est pas de la radio ". Vers la fin de l'interview, il évoque
Rock et donne sans doute l'une des clés du filmage apocalyptique de Michael Bay (et par là même toute sa justification à cette édition collector). Ce dernier a souvent été souffrant à cause du froid dans Alcatraz, il a du travailler alors qu'il était fiévreux. Comme quoi, tout s'explique !