Attardons-nous sommairement sur le nouveau montage proposé ici. Sommairement est le mot puisque si la franchise
Saw ne brille pas particulièrement pour l'énorme contraste constaté sur ses versions longues, les scènes rajoutées sur ce second opus ne feront jamais illusion. Pire encore, le commentaire maladroit de Darren Lynn Bouseman le fera avouer que s'il existe deux montages différents, c'est parce qu'ils se sont tellement empressés de finir la version cinéma que certaines choses ont été oubliées en route. Bien peu de choses, rassurons-nous, et cela concernera étrangement que quelques variantes sonores ou de mixage.
En tout cas,
Saw 2 collector n'existe que parce que
Saw 1 en a aussi eu un et qu'il fallait se fondre dans une certaines continuité. Ses plans rajoutés ne se limiteront qu'à quelques rallonges sur quelques plaies joyeusement béantes et surtout une durée plus expensive de la scène de la fosse à seringues qui correspond déjà un peu plus logiquement avec le minuteur accroché au mur à ce moment là. Etrangement, l'ajout principal n'a aucune raison d'être puisqu'il dévoile Jigsaw en train de déjeuner plus tôt que prévu dans la séquence où les membres de la SWAT sont justement en train de pénétrer chez lui. Ce qui gâche immédiatement tout le suspens.
DVD 1 Commentaires audio :Ceux qui ne supportent pas le travail de Darren Lynn Bousman ne risquent pas de se rabibocher avec ses méthodes puisque ce dernier reste totalement pantois devant la grande qualité de montage de son film et jubile comme rarement devant la fastidieuse méthode de jump cut tant décriée. Forcément, il est accompagné par son chef monteur... ce qui explique tout. En tout cas, c'est un style, ça ne se discute vraisemblablement pas et les compères ici réunis vont même jusqu'à se moquer de ceux qui n'apprécient pas en exultant le terme de "style MTV" de grotesque ou ringard, que seuls ceux qui n'ont pas compris le genre utilisent. Tout est dit. C'est dommage, d'autant plus que comme sur le commentaire de
Saw 3, l'ensemble reste collégial et informatif. Mais là où ça devient intéressant, c'est sur le second commentaire qui laisse la parole à James Wan et Leigh Whannell, créateurs du premier opus. Ces derniers reviennent également sur le montage avec franchement moins d'enthousiasme en expliquant que si eux avaient du procéder de cette façon là sur le film précédent, c'est parce qu'ils avaient un budget dérisoire et quelques photos en stock pour compenser l'absence de certaines prises de vue. D'ailleurs, et s'ils font des films léger, ces deux conservent un bon sens étonnant, en laissant sous-entendre de nombreuses fois que le second film est nettement moins bon que le leur.
Ce qui est vrai. Enfin, dans le genre inattendu, on ne pouvait vraiment pas se préparer à ce que les bougres se mettent à parler de Jeannot Szwarc (réalisateur de
Jaws 2 mais aussi de quelques nanars français)... Il est peut-être là le vrai twist de cette édition.
L'interactivité du premier DVD s'achève sur les bandes annonces du film et des autres films fantastiques de l'éditeur.
DVD 2Le Making of (50min env.)Enfin un vrai making of digne de ce nom puisqu'il est relégué sur un second DVD... Non ? Et bien pas totalement, d'une part parce que sur un plan purement interactif, l'éditeur a commis l'énorme bourde de diviser le document en sous-chapitres sans qu'on ne puisse le regarder d'une traite. Non seulement il est pénible de devoir jouer avec la télécommande toutes les deux minutes, mais il est en plus assez grotesque d'y trouver un module en guise d'intro qui n'est finalement là que pour nous dire du bien du premier film. "Saw, c'était une claque. J'ai adoré ! " : fin du bonus, on passe à la suite. Et la suite en question flirte avec l'informatif sélectif et la featurette promo à rallonge où chacun vend le film plus ou moins bien même s'il faudra parfois faire avec quelques aberrations. L'un des acteurs qualifiant même Darren Lynn Bousman de génie. Pour reste, on s'intéresse d'une manière classique aux éléments de rigueur, à savoir les décors, l'atmosphère visuelle, l'étalonnage numérique, le choix des acteurs (tous formidables, bien évidemment), les effets sonores, et sur l'idée même de faire une suite au film original. Pas déplaisant, mais tout de même dispensable.

Zombie (2min13) :Et un cadeau, un, en guise de court métrage signé par notre cher Darren Lynn Bousman adoré. Rien de très folichon dans cette petite pièce amatrice, si ce n'est que le bonhomme a la prétention de faire de l'auteur simili dramatique/noir sur la solitude en société et le conformisme. "Regarde-moi, je suis dans un moule, je suis comme les autres, je suis un Zombie...". Déjà vu, déjà entendu et en cent fois mieux...
La véritable histoire de Saw (3min41) :On est ici dans le registre d'une anecdote (racontée par James Wan et Leigh Whannell, c'est déjà plus intéressant) qui aurait d'ailleurs dû figurer sur le collector du premier film. Qu'importe, on y raconte ici qu'une partie film est tirée d'une histoire vraie où un homme s'amusait à s'introduire chez les gens pour chatouiller les pieds d'enfants, et une fois capturé, il expliquera qu'il aura reçu ces consignes d'une autre personne par courrier anonyme interposé. La suite de l'histoire a particulièrement de quoi faire froid dans le dos puisqu'elle rejoint directement les créateurs du film...
L'enquête de Scott Tibbs (15min55) :Court métrage assez rigolo, ce petit film est une sorte de Spin Off se déroulant après l'histoire de
Saw 2, et durant lequel un jeune chanteur de Hard Rock mène sa propre enquête sur Jigsaw, se filmant dans une quête fanatique puisqu'il est en totale adoration pour le tueur en série. Bien qu'amusant, cette vidéo aura de quoi surprendre lors de ses dernières secondes.
Hommage à Gregg Hoffman (6min15)Bien évidemment, il est difficile de faire un hommage à une personne décédée sans tomber dans le commémoratif larmoyant, et on n'y échappe bien évidemment pas dans ce cas précis. Les qualificatifs avantageux pleuvent de tous les côtés, et les véritables apports de Hoffman à la saga
Saw ne sont vraiment que survolés au début du module. Il est juste dommage qu'un module soit uniquement consacré à ce genre de chose, ce qui le rend un peu putassier, alors qu'il aurait très bien pu rejoindre le documentaire principal, une méthode un brin plus fine.
Le JeuC'est désormais devenu une habitude chez certains éditeurs (récemment chez Wild Side avec
Le Labyrinthe de Pan), certains DVD parviennent à rendre l'interactivité encore plus divertissante en transformant le DVD de bonus en un jeu sous forme de labyrinthe justement. C'est le cas ici, puisque nous sommes invités à déambuler à travers le décor du film, totalement reconstitué en 3D pour retrouver un code. C'est Jigsaw en personne qui nous invite, dès le démarrage du disque, à rechercher le code en question pour ouvrir un coffre fort à l'intérieur duquel se trouvent les bonus cachés.
D'une part, trois bonus inédits se cachent à travers les décors. Il s'agit de trois parodies en accéléré (1min10 chacune) de
Saw 2 reposant sur la même piste sonore (des voix de schtroumpfs) prenant tour à tour la forme de pâte à modeler, de légumes martyrisés, ainsi que d'un bidouillage photo extrait des vraies images du film. On a également accès au court métrage
Zombie dans sa version commentée, et dans laquelle Bousman reconnaît que son film est prétentieux et qu'il a été tourné en une seule après-midi pour convaincre le producteur... ça laisse songeur. Après avoir visité l'intégralité de la maison, on arrive au dernier étage où apparaît le fameux code. De retour au point de départ, on saisit ce même code pour ouvrir le coffre fort où l'on y découvre une baignoire avec 7 canards en plastiques. Chacun des canard donne accès à un petit conte de fées (environ 2 minutes chacun) raconté par la marionnette de Jigsaw, dans une version parfois déviante. A titre d'exemple, Boucle d'or se fait dévorer par les trois ours...
Une idée essentiellement suggérée pour amuser, mais qui prolonge assurément le plaisir de découverte. Néanmoins, on ne saurait trop vous conseiller de suivre les bonus "sérieux" à travers la navigation classique, l'exploration du jeu pouvant vite devenir pénible pour celui qui veut juste connaître les secrets du film.