Première déconvenue, et pas des moindres : ce collector Director's cut n'en n'est pas vraiment un. En effet la version hardcore inédite ne le sera vraiment que pour le public américain (qui ont déjà cette version en vidéo depuis quelques mois) puisque nous avions déjà eu droit à ce dégorgement gore sur les écrans français lors de la sortie du film en salles, et l'interdiction de 18 ans qui allait avec. Les plans franchement dégueulasses sont donc de retour, et s'attardent sans doute un peu trop sur l'anatomie humaine. Qu'elle soit proposée en un seul morceau ou non. Les amateurs d'horreur trouvent donc ici la meilleure édition à ce jour du film. C'est déjà un bon point...



L'autre hic, c'est que ce n'est pas réellement un collector non plus, et que son contenu est finalement le même que ce que proposait l'édition américaine sur un seul disque. La présence du DTS français expliquant le déplacement des bonus sur le deuxième DVD Au final, une durée générale de bonus qui parait bien ridicule compte tenu des capacités et de la place que propose le format...
DVD 1 Commentaires audio :Trois commentaires, rien que ça. On n'est pas vraiment déconcertés par ce choix puisque ça a souvent été le fort de LionsGate, compensant parfois le manque de matériel par une liberté d'expression plus grande et offerte à plus de monde. Et c'est la franchise
Saw en particulier qui en a le plus profitée. Dans ce cas précis, le réalisateur Darren Lynn Bousman s'en donne à coeur joie deux fois (une fois avec ses producteurs, une autre avec ses techniciens), la troisième piste étant réservée aux autres producteurs seuls. Et si l'on a que l'embarras du choix, l'éditeur choisira pour nous puisque
seul le premier commentaire audio bénéficie de sous-titres... Peut-être le vrai bémol de Metropolitan qui n'en est pas à son premier coup d'essai sur ce genre de faits.

Néanmoins, il facilite la tache à ceux qui voudraient en savoir un maximum sur le film puisque des trois commentaires, seul le premier parvient à rester à la fois instructif et divertissant, les deux autres ayant tendance à se répéter, à être plus sérieux (la présence de Leigh Wannell met assurément de l'ambiance), voire totalement soporifique dès lors que les producteurs se font leur petit happening tous seuls dans leur coin. On se demande encore pourquoi. En tout cas, l'essentiel est là. Ces gens là ce sont considérablement amusés et sont même (un peu trop) fiers de leurs films. Au point de n'en voir que des qualités partout. Ils assument néanmoins un certain désordre (Bousman aurait encore 40 fins différentes dans ses tiroirs dont il aimerait se servir) ainsi que le peu de temps imparti pour mettre sur pied des films qui tiennent un peu la route. Pour les plus attentifs, quelques indices sur
Saw 4 sont même un peu maladroitement dévoilés...
Le premier DVD s'achève sur les bandes annonces des trois films.
DVD 2Le Journal de Darren (9min19) :Seulement deux films et Darren Lynn Bousman est une star. Il va falloir s'y faire. C'est ce que s'efforce malheureusement de raconter cette featurette qui insiste assurément sur le fun, mais qui prouve qu'il y avait matière à faire un vrai making of intéressant. Au lieu de ça, un portrait des pitreries effectuées par le réalisateur sur le plateau en plus de trahir quelques indices d'incompétence inavouée. Le journal de Darren, c'est sympa, mais le journal de
Saw 3 aurait été beaucoup mieux.
Les pièges de Saw 3 (9min21) :Là encore, on reste dans le domaine de la featurette traditionnelle qui raconte bien peu de choses en presque dix minutes. Y sont brièvement présentés quatre pièges (le tordeur de membres, la cambre froide, les crochets et l'écarteur de côtes) dont la conception est trop vite survolée et noyée parmi les extraits du film pour rester fascinante.
Les accessoires de Torture (7min53) :Dans le même veine narrative que le documentaire précédent, ce module a le mérite de rester amusant et de se pencher sur les petits éléments moins "prestigieux" que les pièges. Là encore, on ne prendra jamais totalement le temps de découvrir le tournage ou l'utilisation de ces accessoires, mais c'est toujours rigolo de se pencher sur ces petits éléments dégoûtants que sont les cochons, l'ouverture du crâne de Jigsaw ou encore le pantin mécanique.
Les scènes coupées (5min25) :"Les" scènes coupées sont en réalité une seule scène coupée et relativement longue. Proposée en deux partie, elle permet d'une part à l'infirmière retenue en otage de tenter une évasion violente en menaçant de tuer Amanda, avant d'échouer de peu. Sous le choc, Amanda subit alors un flashback où l'on se rend compte qu'elle connaissait déjà Adam (Leigh Whannell, photographe du premier
Saw).
L'interactivité proposera ensuite trois teasers dont un n'est autre que le premier meurtre du film. Enfin, la place laissée vacante sur le DVD de bonus permettra à Metropolitan de nous proposer une énorme palette de bandes annonces de films d'horreur.
La DVDthèque frisson propose, sans compter
Saw, pas moins de 31 films, dont chaque film annonce est disponible en VO comme en VF.
Critique technique et bonus : Arnaud Mangin