Cette édition Collector contient un DVD spécifiquement dédié aux suppléments. On ne trouvera donc que le film sur le premier disque et
le commentaire audio de Kevin Lally, auteur d'une biographie sur Billy Wilder. Disponible en VO sous-titrée en français ou en hollandais, le commentaire audio est très intéressant, revenant sur tous les aspects du film, du générique composé par Saul Bass, aux costumes, en passant par les acteurs, l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme et surtout la censure qui a beaucoup influé sur la conception du film. Une mine d'information sur le film et son époque.
Le second DVD reprend tous les bonus présents dans l'édition simple avec
deux documentaires complémentaires sur Marilyn Monroe, qui font toute la différence :
La légende de Marilyn Monroe et surtout
Marilyn Monroe : les derniers jours. Commençons donc par les bonus déjà présents sur l'édition simple.
L'histoire de " 7 ans de réflexion " (23'25) est un documentaire qui revient sur la genèse du film à partir de la pièce de théâtre écrite par George Axelrod, devenu co-scénariste du film avec Billy Wilder. Du contexte de l'époque à la sortie du film et au succès de ce dernier, le documentaire retrace l'itinéraire tortueux de ce grand classique du cinéma à cause de la censure, mais qui a paradoxalement conduit à en faire un chef d'oeuvre. La censure du Code Hayes et les ligues religieuses ont eu beau édulcorer les allusions sexuelles de la pièce, le génie de Wilder et Axelrod, interviewés brièvement, a été de les sublimer par une bombe sensuelle nommée Marilyn. Le destin du film s'est donc joué entre censure et Marilyn Monroe, et le documentaire explicite clairement ces deux antagonistes et les conséquences sur le film avec des archives d'époque ad hoc formidables, dont les essais casting de Walter Matthau et Tom Ewell, la fameuse scène au-dessus du métro et les images censurées.
Les scènes coupées, justement, sont censées représenter ces images censurées, à savoir la scène du métro et une scène de bain avec un plombier. Si le deuxième extrait constitue bien une scène coupée, la première est reproduite à l'identique dans le film et n'est donc pas du tout coupée ! En réalité, la scène coupée se trouve dans le documentaire précédent et se compose d'un dialogue licencieux qui a subi l'ire de la censure. Un gros raté donc pour ces scènes coupées, déjà vues bien plus à propos dans le documentaire, d'autant que ce même documentaire permet de voir, si on est attentif, un autre montage coupant lui aussi un passage légèrement érotique, lorsque Marilyn et Tom tombent du siège du piano, mais reproduit sans censure pendant le film.
La comparaison avant/après restauration (2'37) montre le fantastique travail de restauration de la Fox sur deux scènes dans un split-screen.
Movietone News présente la nouvelle de l'avant-première du film a Broadway, le même jour que l'anniversaire de Marilyn. Un document d'époque qui dure 32 secondes et qui montre cette information passant dans les salles de cinéma.
La galerie d'affiches présente cinq affiches du film.
Venons-en aux bonus spécifiques de cette édition Collector, avec deux documentaires :
La légende de Marilyn Monroe (48'23) est un documentaire de 1964 en noir et blanc et en VOST, où le réalisateur John Huston, qui lui donna son premier rôle majeur dans Quand la ville dort (The Asphalt Jungle, 1950) et son dernier dans Les Désaxés (The Misfits, 1962), revient sur la vie de Marilyn, de son enfance difficile en foyers et en maison d'accueil à sa mort tragique. A travers les témoignages de ceux qui l'ont connue, et notamment quand elle n'était encore que Norma Jean Baker, des images d'archives ou des interviews de Marilyn, cette biographie tente de dessiner les contours d'une femme fragile et incomprise dont Huston regrette que le monde du spectacle n'ait vu que le glamour qui maquillait ses failles. Un peu daté avec ses effets narratifs à la Citizen Kane, ce documentaire n'en reste pas moins très intéressant pour éclairer la vie de Marilyn, notamment grâce aux nombreuses archives, et permet surtout de comprendre les allusions comiques, immédiatement comprises par le spectateur de l'époque, qui servent le film de Billy Wilder, 7 ans de réflexion, comme les photos ou la publicité faites par la jeune actrice en quête de gloire et que l'on retrouve dans le film.
Enfin, le documentaire Marilyn Monroe : les derniers jours (1heure 52'32) revient sur le dernier film inachevé de Marilyn, Something's got to give en 1962 et sur sa mort. Raconté cette fois-ci par l'acteur James Coburn, le documentaire évoque ce dernier tournage chaotique de Marilyn sous la direction de George Cukor, entrepris par la Fox au bord du dépôt de bilan par les débordements de budgets pharaoniques du Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz avec Elisabeth Taylor. Ayant rappelé Marilyn encore sous contrat avec le studio pour le renflouer rapidement, ce qui devait être le 30ème film de la star blonde, s'est vite révélé un désastre entre les problèmes psychologiques et de santé de Marilyn, l'influence jugée néfaste de son entourage (Paula Strasberg et son agent Pat Newcomb), les errements affectifs de la star, et les jours de retard s'accumulant à cause de ses absences, de sorte que Marilyn Monroe fut virée du tournage et le film arrêté. A travers les témoignages de divers intervenants sur le film, d'images d'archives, de photos, et de rushs du film restés invisibles dans les cartons de la Fox pendant 40 ans, ce documentaire décrit avec minutie et de façon passionnante les derniers jours de la vie de Marilyn, décédée en 1962 à 36 ans. Si le studio tourna l'année suivante le scénario du film sous le titre Move over, darling avec James Gavner et Doris Day, la différence avec ce qui aurait du être un chef d'oeuvre grâce à une Marilyn plus lumineuse et époustouflante que jamais, est plus que flagrante. D'autant, que cadeau-surprise, les 500 minutes de pellicules jamais vues jusqu'alors, ont été montées et donnent à voir les 36 premières minutes du film Something's got to give, avec aussi Dean Martin et Cyd Charisse. Un chef d'oeuvre inachevé avec notamment la sublime scène de la piscine à savourer avec délice et regret.