Un copie pas tout à fait identique du zone 1. Comme ça, au premier abord, l'édition zone 2 semble être semblable à son homologue zone 1 à l'exception de l'absence d'un des quatre commentaires audio. Et pourtant, quelques changements heureux mais aussi malheureux viennent chambouler cette première impression. A commencer par le packaging qui va en décevoir plus d'un. Non, on ne retrouve pas l'extraordinaire conception graphique que le zone 1 nous offrait. Une fois, le DVD sorti de son magnifique fourreau noir, l'épatant packaging façon livre de John Doe laisse place à une banale jaquette (la même que pour la précédente édition du film). Ca commence donc plutôt mal pour Metropolitan mais heureusement, c'est le seul grief d'importance qu'on peut leur reprocher. L'authoring du DVD fait preuve également de changements notables. L'éditeur réussit à proposer des menus certes différents du zone 1 (notamment au niveau des couleurs, plus colorées ici alors que le ton blanc était de rigueur sur le zone 1) mais toujours dans l'esprit sombre du film (l'inspiration venant de toute évidence du fameux générique). La musique en fond sonore est d'ailleurs plus angoissante que sur le zone 1.
Le changement le plus notable concernant l'authoring vient de l'emplacement de certains bonus figurant sur le deuxième disque en zone 1 et qui se trouvent désormais sur le premier disque. Si on a vu que cela a sans doute pénalisé l'image, l'idée de placer les suppléments concernant le travail de remasterisation effectuée pour le DVD est plutôt malin, histoire d'avoir à portée de mains / disque les principaux éléments de la réussite d'un tel télécinéma et d'une bande son aussi performante.
C'est dans cette section intitulée donc La remasterisation pour l'édition DVD (VOST comme pour tous les autres suppléments) que l'on trouve les bonus les plus emballants.
Cette section est divisée en quatre parties.
On a tout d'abord le Son (4' 24) où deux des ingénieurs du son nous expliquent les différences sonores entre la bande son créée pour la salle et celle figurant sur le DVD. Très pédagogiques, ils donnent souvent des informations fascinantes sur ces fameuses différences mais il est regrettable de ne pas pouvoir écouter le résultat, les deux comparses n'arrêtant pas de jacter..
L'image (4' 10) évoque l'utilisation d'un tout nouveau télécinéma avec des caractéristiques techniques très spécifiques et bien différentes du précédent transfert. Le commentaire audio de rigueur est ici assuré par l'étalonneur et le vice-président de la post-production vidéo (en clair, les mecs les mieux à même d'expliquer cette partie).
L'étalonnage (14' 17) démontre de façon éclatante comment on a pu arriver à un tel résultat d'image. Commentaire audio à l'appui et souris en main, Stephen " on t'adore " Nakamura nous montre comment il arrive à désaturer la scène finale entre Mills, Somerset et John Doe pour la rendre la plus ocre et froide possible. Il montre aussi comment changer le télécinéma afin d'obtenir un cadrage différent des acteurs. C'est ludique et totalement passionnant. Une perle incontournable !
La dernier supplément de cette section va vous faire manipuler la télécommande à outrance. Comparaison " avant / après " permet de visionner trois scènes du film sous deux angles (le transfert vidéo original et le nouveau transfert) et sous deux options sonores différents (le mixage 5.1 original et le nouveau mixage 5.1). Saluons la clarté des menus (bravo à l'authoring) qui simplifie à l'extrême les diverses manipulations. Cet exercice ludique constitue le meilleur moyen pour juger si oui ou non cette nouvelle édition était nécessaire. Il ne faudra que quelques secondes pour vous apercevoir que Se7en possède désormais une image et un son digne de sa réussite artistique.
Avant de partir à l'assaut du deuxième disque, il est temps de s'attaquer aux multiples commentaires audio. La perte d'un commentaire audio par rapport au zone 1 fera de la peine aux acharnés et aux mélomanes puisqu'il s'agit du commentaire de la musique et des effets sonores du film. Dommage car entre les interventions, on pouvait écouter la musique du film en 5.1 (sa suppression peut donc s'expliquer par des problèmes de droits). Selon vos centres d'intérêt ou selon votre humeur, vous pourrez donc opter pour le commentaire très " star " avec Brad Pitt, Morgan Freeman et David Fincher ou le commentaire très riche et souvent bordélique axé sur l'histoire avec notamment les interventions de David Fincher, du scénariste, Andrew Kevin Walker, du monteur, d'un des grands pontes de New Line et d'un historien du cinéma (rien que ça), ou encore celui plutôt technique qui évoque essentiellement le look si particulier du film (parmi les intervenants, le directeur de la photo, le français Darius Khondji). Dans tous les cas, le stakhanoviste du commentaire audio, David Fincher est bien présent et alimente souvent judicieusement les discussions. Serez-vous à sa hauteur en réussissant l'exploit d'écouter les trois commentaires ? Si oui, Se7en n'aura sans nul doute plus de secrets pour vous. La présence de sous-titres français s'avère ici une bénédiction.
Après ce marathon, le second disque vous invite presque au même genre d'exploit.
Les suppléments abondent tout en étant séparés de façon claire et précise.
On trouve en premier lieu Analyse du générique de début. Cette section va de nouveau vous faire manipuler la télécommande comme jamais. En effet, on peut la regarder sous trois angles différents et avec six pistes sonores (Dolby surround, 5.1 EX, DTS ES, une stéréo en 24 bits/96KHZ, commentaire du créateur de la séquence, commentaire des ingénieurs du son). Afin de montrer l'évolution du générique, on peut le voir sous forme de storyboard, dans une version intermédiaire plutôt sobre et enfin dans sa forme définitive.
Les Scènes coupées et prises intégrales (VOST, format 2.35, 16/9) sont au nombre de... sept (drôle de hasard tout de même !). Mise à part la scène d'ouverture, les autres séquences sont plus des ajouts à des scènes déjà existantes dans le montage final. Même si elles prolongent la psychologie des personnages (notamment celle de Somerset, Mon avenir), elles n'apportent pas d'éclairage franchement nouveau (quoi de plus normal tant le film de Fincher est proche de la perfection).
Pour chaque scène sélectionnée, il vous sera possible de l'écouter avec ou sans le commentaire de David Fincher (changement de pistes sonores et de sous-titres possibles en cours de visionnage comme pour tous les autres suppléments).
Pré-générique original (7' 35) : le choix est ici donné entre la scène ou son storyboard. Cette scène figurait déjà sur le précédent zone 2. Elle montre un Morgan Freeman pensif en train de visiter une maison vide. Proche de la retraite, il cherche à acquérir un havre de paix.
Trajet vers le meurtre " Gourmandise " (1' 17) : un petit prolongement d'une des premières conversations entre Somerset et Mills. L'impossibilité de bien gérer le facteur pluie sur le pare brise de la voiture est l'une des raisons expliquant sa suppression.
Vous avez de la monnaie ? (23 sec) : un cameo du scénariste Andrew Kevin Walker en clochard demandant l'aumône à Somerset.
Descente chez Victor (3' 55) : à quelques plans et dialogues près, il s'agit de la même scène montrant les préparatifs avant l'arrestation de Victor (la victime qui pourrit depuis des mois sur un lit).
Mon avenir (2' 20) : il s'agit de la conversation entre Somerset et la femme de Mills (Gwyneth Paltrow). Encore une fois une variante est apportée lorsque Somerset fait tomber accidentellement le bout de papier peint de la maison qu'il avait visité. Tracy Mills lui demande ce que c'est et il lui répond qu'il s'agit de son futur.
Orgueil (1' 13) : quelques plans gores (un lavabo rempli de sang) précédent la découverte du corps mutilé d'un modèle.
Le réveil de Tracy (57 sec) : prolongement de la scène où Tracy Mills se réveille après le départ des deux inspecteurs. La séquence se finissant sur un superbe plan extérieur montrant l'appartement et l'immeuble à moitié éclairé.
La section Autre fins présente la scène finale originale ayant été testé dans une sneak preview comme les affectionne les américains. Pas d'excitation pour autant puisque à l'exception de quelques rares plans, le final est identique à ce que l'on peut voir dans le montage final. Il en va autrement du storyboard présentant la première fin choisie et jamais tournée. Ce n'est plus Mills qui tue John Doe mais Somerset.
Les dessins de production est un document vidéo de près de neuf minutes montrant les différents esquisses ayant servi de modèle pour les décors des différents meurtres. Comme pour quasiment tous les bonus de cette édition, un commentaire audio en VOST (imposé) est offert.
La rubrique Photographies se décompose en quatre parties.
La première, Les photos de John Doe (montage vidéo de 14' 24) nous permet de découvrir notamment les préparatifs des deux premiers meurtres commis par John Doe. Une sorte d'envers du décor commenté (Vost) sobrement et souvent froidement par l'auteur des photos, Melodie McDaniel.
Les âmes sensibles feront bien d'éviter le document, La décomposition de Victor (2' 27). Même si David Fincher dédramatise la situation dans son commentaire audio (Vost), les clichés sont pour le moins impressionnants.
Les deux derniers documents sont l'oeuvre du photographe Peter Sorel (son commentaire audio est d'ailleurs disponible avec toujours des sous-titres français disponibles). Il s'agit de photos des scènes de crime comme si la police les avait elle-même prise en arrivant sur les lieux (Les photos de police, 5' 36) et des photos issues du tournage avec souvent en vedette Brad Pitt et Morgan Freeman (Les photos de plateau, 10' 46).
Les carnets présente sous la forme d'un document vidéo de 8' 15 le fameux cahier de route de John Doe. Souvent spectaculaire et impressionnant, ce bonus peut être écouté avec le commentaire (Vost) éclairé des deux principaux responsables de cette " oeuvre ". Mais pourquoi avoir mis une bande grisatre sous les sous-titres ? Elle gêne incontestablement le confort visuel sans pour autant se justifier.
Les sections Matériel promotionnel et Filmographies sont bien les seuls endroits où l'écoute d'un quelconque commentaire audio est impossible. Et pour cause, on y trouve dans le premier une featurette sans grand intérêt de 6' 23 (la même que sur le précédent zone 2) qui rappelle amèrement qu'un vrai making of manque cruellement à cette édition de prestige et la bande annonce en 5.1 et 16/9 pour la VO et 2.0 et 16/9 pour la VF. L'autre section comme son nom l'indique regroupe les filmographies (pas de biographie) des quatre acteurs majeurs (on perd par rapport au zone 1 celle de John C. McGinley) et neuf personnes de l'équipe technique (metteur en scène, directeur de la photo, monteur,...).
Voilà, c'est fini. Vous avez désormais une bonne idée du temps de visionnage conséquent que cette épatante édition va vous demander.