Tous les bonus sont regroupés sur le second DVD.
La conception de Silent Hill (59mns01)Divisé en six parties, cet unique supplément dresse un tour d'horizon assez complet sur toute la production du film. Composé d'interviews, les propos des intervenants sont certes omniprésents mais le montage de ce documentaire ne s'attarde guère sur leurs visages pour se consacrer bien plus aux images de tournage, de répétition, de préparation. L'envers du décor est donc en partie dévoilé, la caméra se logeant souvent derrière l'équipe technique pendant le tournage des scènes, et révèle les acteurs, maquilleurs, chorégraphes et autres en plein travail sur le plateau. C'est aussi l'occasion de découvrir Christophe Gans dirigeant ses acteurs, assistant aux répétitions des danseurs interprétant les monstres, ou discutant avec les techniciens tels que la chef décoratrice Carol Spier, le cascadeur Steve Lucescu ou le chorégraphe/acteur Roberto Campanella.


Au détour des images révélant plutôt l'ambiance sur le plateau et l'envers du décor du travail sur les décors (impressionnant, Carol Spier partageant avec passion moult détails), on découvre quelques rares petits éléments sur la mise en scène en elle-même, comme cet étonnant mouvement de caméra au dessus de la porte des toilettes lorsque les mineurs essaient d'en enfoncer la porte. Voir la caméra sur une grue partir du visage de Radha Mitchell, remonter le long de la porte, passer au dessus, et redescendre de l'autre côté pendant que toute l'équipe s'affaire hors-champ à coulisser des pans de décor pour le refermer là où elle est passée, fait partie de ces rares petits plaisirs dans un making-of qui valent assurément le détour. Au même titre, on notera tout le long du making-of la teneur de l'éclairage sur le plateau sous-entendant tout le travail en postproduction qui a dû être réalisé avec des filtres.


Les propos tenus pendant une heure traduisent quant à eux une véritable passion de tous les intervenants et évitent à 99% le langage promotionnel, un exploit pour un documentaire américain. La partie
origines explique pourquoi Christophe Gans a été choisi pour réaliser le film (sans trop entrer dans les détails comme avec l'histoire de la fameuse cassette envoyée au japonais de Konami), qui nous explique l'intérêt de porter ce jeu à l'écran, mais laissant surtout les acteurs exprimer leur approche du script lorsqu'ils l'ont reçu. On retiendra de ces derniers surtouts une remarque de Deborah Kara Unger, décrivant le script comme un "croisement d'Alice aux pays des merveilles et l'Enfer de Dante.". La partie sur le casting se regarde aussi non sans plaisir, quelques anecdotes comme le choix de la jeune actrice Jodelle Ferland valant le détour, racontés par un Christophe Gans presque hilare.


En fait ce making-of trouve une grande partie de sa consistance dans les parties suivantes : les décors, les cascades, les créatures, et la chorégraphie des monstres. Outre les propos de Carol Spier, c'est surtout Roberto Campanella qui prend la parole et nous dévoile une foultitude de détails sur les monstres. Danseur de formation, chorégraphe de chacune des créatures, et également interprète de "l'homme d'entretien" (le monstre/violeur des toilettes donc) et de "Red Pyramide", il nous montre et commente tout son travail avec les différents acteurs cachés sous les masques. Les petits détails des costumes, leurs textures, les intentions esthétiques, tout y passe à travers ses propos et ceux des autres responsables techniques impliqués dans leurs conceptions, le tout toujours sous l'oeil de Christophe Gans. La section sur les cascades attire aussi la curiosité, puisque l'on y apprend que les acteurs principaux comme Radha Mitchell s'y sont impliqué jusqu'au bout. Cette dernière justement a utilisé sa doublure pour voir quels mouvements effectuer en sautillant au dessus du vide (la fameuse séquence où elle va de poutre en poutre au dessus du vide), protégée uniquement par un câble de sûreté. L'importance des câbles est tout autant mise en avant, notamment pour les scènes où les monstres "soulèvent" leurs victimes (qui a vu la scène finale comprendra).




On notera ainsi une absence totale - même à l'image - de Akira Yamaoka, producteur exécutif, créateur du jeu et compositeur des musiques, celle du chef opérateur Dan Lausten dont le travail s'avère pourtant exceptionnel, ainsi que celles (plus compréhensible sur le zone 1) de Nicolas Boukhrief (co-auteur avec Gans de l'idée générale du film qui sera ensuite développée par Roger Avary), ou encore du monteur Sébastien Prangère, fidèle compagnon de Gans depuis Crying Freeman et dont le travail sur Silent Hill, encore plus complexe que d'habitude, mériterait d'être abordé.
Une autre déception provient des propos de Samuel Hadida assez présent dans ce making-of, mais à 90% superficiels, une assez mauvaise surprise lorsque l'on a l'habitude de ses excellentes interviews sur les DVD de
True Romance ou
Domino. Certes le ton de ce making-of n'est pas tellement à l'anecdote cinéphilique, mais il s'agit d'une déception tout de même. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il prenne un peu plus la parole sur l'édition zone 2, tout comme Gans qui pourrait nous y livrer une véritable analyse plus en profondeur à travers par exemple un commentaire audio comme il sait si bien les faire.
Une scène ne figurant pas dans le film
Une absente du filmUne autre certitude émerge de ce making-of : malgré les dires en interview de Christophe Gans, il existe bel et bien une scène coupée dont on voit ici les images de tournage. Il s'agirait à première vue d'une seconde attaque d'une "créature sans bras" lorsque Rose et Cybil accompagnées de Ann se rendent vers l'église. Ann dont on voit la doublure synthétique sans peau plusieurs fois, prouvant que quelques plans bien gores ont sauté au montage de sa scène finale (qui fonctionne très bien sans, mais une version alternative non retenue par Gans doit bien exister et mériterait une place sur le DVD...).
Sur le tournage (14min03)Après le long documentaire précédent, il n'y a pratiquement plus rien à tirer de ce genre de pièce commerciale dont Radha Mitchell réinvente presque tout les boniments habituels des feturettes à grands coups de "Le scénario m'a fait tellement peur que j'ai arrêté de le lire" ou "Cette petite fille est ma nouvelle actrice préférée". En gros, un vilain condensé du making of principal dont on aurait gardé que les choses les plus creuses. Inutile.
Matériel promotionnelAlors que la feturette précédente aurait eu sa place ici, on se retrouve avec un module Autour du film (4min24) étrangement bien moins pompeux, mais tournant tout de même autour du même noyau. Là encore, vaut-il mieux considéré sa présence ici comme une pièce d'archive et non pas comme un complément, d'autant plus qu'il reprend majoritairement des images du making of principal. Tout a déjà été dit en amont. En revanche, le point positif de cette section réside dans le fait qu'elle palie à l'absence de film annonce sur le DVD américain. Y retrouve ici le teaser mais également la bande annonce en VO et en VF. Le tout complété par une galerie d'affiches, et la bande annonce du jeu vidéo Silent Hill Origins.

Le petit plus de cette section est Rencontre Fnac, Christophe Gans - Akira Yamaoka (7min57) retraçant d'une manière beaucoup trop condensée le master class organisé quelques jours avant la sortie du film. Trop condensé parce que 8 minutes ne résumeront jamais la longue heure qu'ont prit les protagonistes pour évoqué la conception du film. Un montage d'autant plus dommage puisqu'il aurait constitué une interview intéressante du réalisateur. L'essentiel est là, mais un poil trop court.
Enfin, l'interactivité s'achèvera sur les bandes annonces de
Crying Freeman et
Necromnomicon, ainsi qu'une galerie de photos (4min12), s'enchaînant un peu platement alors qu'un accompagnement musical n'aurait pas été de refus.