On retrouve concernant l'emballage un boîtier amaray tout ce qu'il y a de plus classique, contenant les deux disques l'un étant sur un clapet amovible. Les menus restent dans le même ton que ceux des autres DVD Star Wars, à savoir aléatoires entre trois habillages différents, et composés d'images du film.
DVD 1Commentaire audio :Comme sur les deux précédents épisodes - et comme sur une majorité de films - la seule piste de commentaires où s'entrecroisent George Lucas, Rick McCallum, le chef du département des effets spéciaux et deux de ses techniciens ne brille ni par son enthousiasme, ni par sa grande richesse informative. Si on n'échappe pas aux explications purement techniques du genre "on a réussi à caser un évier en 3D dans l'espace parce que ça nous amuse" et une auto satisfaction des mêmes techniciens la plupart du temps justifiée, c'est la présence de Rick McCallum qui exaspère le plus. Le consommateur a beau avoir acheté le DVD, et a beau avoir regardé le film, le producteur ne peut s'empêcher de vendre sa sauce comme un poissonnier comme s'il avait non seulement proposé un très bon film, mais également un chef d'oeuvre de premier ordre. Baignant dans d'exaspérants superlatifs qui n'ont aucune valeur de la part d'un commerçant, le bonhomme n'apportera aucun regard critique sur son film et ses nombreux défauts.

Le commentaire ne trouvera finalement qu'un véritable intérêt dans le discours de George Lucas, pas toujours passionnant certes, mais qui prend son temps pour expliquer ses motivations ainsi que celles de ses personnages. On regrette presque qu'il ne se soit pas attelé à l'exercice tout seul tant il s'avère le plus intéressant à écouter des intervenants. Par ailleurs, il montre du doigt une grosse erreur de montage de son film - à savoir le combat aux sabres entre Obi Wan et Anakin qui se retrouvent soudainement avec une seule arme avec laquelle Anakin essaie d'atteindre son maître à la gorge - expliqué par une scène disparue au montage qu'on ne retrouvera pas dans les bonus. Chose rare, il cumulera enfin les références à des gens comme Kurosawa, Spielberg et surtout Coppola qui renforce les qualités de la dernière partie de son film. En somme, une intervention bien plus intéressante que le documentaire "L'élu" proposé sur le second disque, mais qui n'intéressera vraiment que les fans de la saga.

DVD 2L'élu (14min40) :Le plus prometteur des suppléments sur le papier s'avère finalement être le plus décevant,
L'élu ou la vie et l'oeuvre de Anakin Skylwalker de son enfance jusqu'à la mort de Dark Vador. Seuls ceux qui n'ont jamais vu ou entendu parler de la saga y apprendront quelque chose puisque Georges Lucas ne fait que paraphraser l'histoire telle que nous la connaissons en s'attardant longuement sur les événements de l'épisode 3. Nombreux extraits à l'appui, bien entendu. Il y avait tellement de choses à aborder sur la conception du personnage qui ne sont pas traitées ici que nous en sortons forcément déçus.
It's all for real (11min05) :Si le titre documentaire peut paraître hors propos dans un pareil film, il est ici surtout question de cascades physiques. Rien d'éreintant au demeurant puisque tout se passe encore en studio, devant fond bleus avec matelas, câbles et sauts retravaillés par informatique. On appréciera néanmoins la sagacité du réalisateur qui a rapidement abandonné l'idée de réintégrer le visage de Samuel Jackson sur un cascadeur durant le combat en plan séré, et qui nous donnera une grande leçon de cinéma par la suite en nous disant que parfois le réel est mieux que les trucages numériques... Merci George, nous sommes rassurés. Mieux vaut donc se concentrer sur les trop rares interventions des techniciens de plateau, largement plus intéressantes.
TM & © 2005 Lucasfilm Ltd. All right reserved.Within a minute, Le making of épisode 3 (78min30) :Partant d'un excellent postulat de départ, le documentaire n'est pas un making-of du film à proprement parler, mais plutôt celui d'une simple minute du film. Celle où durant leur combat sur la planète de lave, Obi-Wan et Anakin sont obligés de s'agripper à l'énorme armature métallique s'effondrant dans le magma. Après quelques chiffres ébouriffants (26 plans, 1185 images, 910 artistes et 70 441 heures de main d'oeuvre pour seulement 60 secondes de métrage), on ne peut que tomber sur le charme de la mise en place du projet. Proposé sous la forme d'un gigantesque organigramme en 3D nous plongeant étape par étape dans les divers départements de production, le documentaire s'entame sur une rencontre avec les designers où Lucas explique ses intentions et où il annonce l'arrivée dans quelques jours de Steven Spielberg pour l'épauler durant ce tournage. Autant dire que la déception est de taille puisque l'intéressé ne fera jamais son apparition dans le documentaire sur les 75 minutes qui suivent.


Une déconvenue qui n'est encore rien face au vrai gros problème de ce making of : Rick McCallum, parasitant tout simplement l'ensemble tel un Jerry Bruckheimer, qui à force de trop en faire dans l'autosatisfaction anesthésie ses propos à tel point que l'on n'y croit tout simplement plus. Outre la couleuvre "C'est la scène que les cinéphiles attendent depuis 1977 !" qui passe difficilement, le bonhomme s'engouffre dans pelletés de superlatifs pour ne fâcher personne sans pouvoir stopper son délire. Saluer les bons petits plats de la cantine est une chose, mais de là à dire que
Star Wars ne serait rien sans le chef cuistot tout en gardant son sérieux relève de l'hypocrisie pure. Un déséquilibre dans le choix des services à mettre en avant qui pénalise un nombre d'éléments autrement plus intéressants. Quid de la rotoscopie des acteurs devant un fond vert où de l'assemblage numérique des éléments qui dure bien moins longtemps que l'interview de la cuisinière ?


Un choix éditorial qui devient par ailleurs regrettable puisque le but étant d'en mettre plein la vue, la quantité est privilégié à la qualité et les différents intervenants s'enchaînent à vitesse grand V sans que l'on prenne le temps de profiter de leur travail. Saluons néanmoins tout ce qui touche au domaine de l'infographie puisque malgré les "Cet homme est un dieu, je me couperais les veines pour lui !" de qui vous savez, l'aspect purement visuel de la séquence est décortiqué dans les moindres détails. Maquettes, image de synthèses, vraies flammes, prévisualisation, matte-painting des arrières plans, cascadeurs, acteurs et monteurs, la déconstruction esthétique du combat reste vraiment instructive. Seul persiste le discours démago du producteur dont on se serait volontiers passé, pour mieux apprécier une démarche loin d'être inintéressante et qui ne se répète ni avec les autres suppléments du DVD (ou très peu), ni avec ceux des films précédents.

TM & © 2005 Lucasfilm Ltd. All right reserved.Scènes coupées (9min52) :Du bon et du moins bon, même si l'on est vraiment loin du soin apporté aux scènes coupées de Episode 1 qui bénéficiaient chacune d'une petite analyse narrative et technique loin d'être déplaisante. On retrouve néanmoins ici une petite introduction à chacune d'entre elle pour nous en expliquer la suppression. Sur un plan technique c'est du tout bon puisque les séquences sont au format, bénéficiant d'une piste anglaise Dolby Digital 5.1 et retravaillées pour offrir des effets spéciaux digne du film.
Pas de bol pour la première séquence puisque les trucages en questions font ici tache, et plus particulièrement le passage où la cale du premier grand vaisseau du film est inondée. Il ne s'agira ici que de quelques minutes supplémentaires de la mission de sauvetage de Palpatine où le Général Grievous abat un Jedi avant que Obi-wan et Anakin prennent la fuite (dans l'eau donc) mais également dans quelques conduits de l'énorme bâtiment.
Les séquences suivantes se montrent bien plus intéressantes puisqu'elles dévoilent la descente en enfer d'Anakin du point de vue de Padmé, personnage reclus au strict minimum dans le montage final. Il est ainsi possible de la découvrir en réunion avec les autres membres de la rébellion qui tentent de lui faire comprendre que son époux file un mauvais coton. On y découvre également un Palpatine bien plus explicite lorsqu'il explique à son nouvel allié que Padmé n'est plus digne de confiance.

Outre un petit passage inutile durant lequel Mace Windu, Yoda et Obi-Wan se lamentent encore que la force va super mal et que les méchants vont super bien, c'est la toute dernière scène coupée que dont on regrette le plus la disparition au montage. On y découvre en effet le petit vaisseau de Yoda atterrissant sur la planète Dagobah lui servant d'exil, et sur laquelle nous le retrouverons deux épisodes plus tard. Dans son introduction, Rick McCallum est le premier à déplorer la suppression de la séquence, et on ne peut que le suivre, mais la mentalité de l'entreprise reflétée par ses propos ne peut que nous rendre amer. Définitivement ancré dans un marketing duquel il ne se désarçonnera pas, le producteur avoue souhaiter que la courte séquence en question puisse être réintégrée dans le futur montage revisité, pas encore prévu mais forcement inévitable.
TM & © 2005 Lucasfilm Ltd. All right reserved.Documents Internet (96min04) :Attention à ne pas se laisser berner par le titre un peu ingrat du supplément qui laisserait suggérer qu'il ne s'agit que de featurettes uniquement proposées pour combler l'attente des fans. Bien que disponible sur le Web depuis un moment et bien que composé de 15 petits modules de six à sept minutes chacun, nous sommes pourtant en présence d'un vrai making-of complet allant à l'essentiel sur des points pertinents.

On rentre tout d'abord dans le vif du sujet avec quelques points sur la pré-production, et plus particulièrement sur la création artistique du film. Nous y découvrirons pêle-mêle les dessins de productions, Georges Lucas validant ses préférés à toute vitesse en leur filant des coups de tampons, les multiples coupes de cheveux tentées sur Hayden Christensen (celle conservée n'est pas la pire, et non !) et autres conceptions des décors noyés dans les fonds bleus. Par ailleurs, tellement largué dans ce surplus de décors virtuels, Ewan McGregor ne saura même plus si la scène qu'il tourne est censée se dérouler en intérieur ou en extérieur. On découvrira entre autres que George Lucas n'a pas grand-chose à voir avec la création du Général Grevious puisqu'il ne s'est contenté que de choisir en deux minutes le personnage parmi des dizaines de dessins conçus par une jeune équipe de graphistes.

Autre bémol à l'égard du réalisateur au discours assez agaçant et qui semble prendre son cas pour une généralité : dans un module dédié aux effets réels de plateau il explique que la 3D ne fait pas tout et conseille à qui veut faire du cinéma de ne pas forcement se servir d'images de synthèses pour réaliser de l'eau où de la fumée... merci George... Bêtise qui n'en rend que plus honorable le travail des techniciens, quel que soit le département auquel ils sont attitrés. Ceux des armes du film, d'une part, dont la conception au sein du service des objets factices se montre des plus décontractées. Tout le monde s'amuse avec ces pistolets de toc, ces armes lasers en caoutchouc mousse pour ne pas blesser les cascadeurs et autres joujoux que les démonstrateurs finissent par casser à force de trop tirer dessus.

Il sera toujours question de secrets de fabrication car nous visiterons pêle-mêle le service des costumes, avec essais hilarants aux programmes par un Ewan McGregor toujours décidé à bien s'amuser, ainsi que l'orchestration du film avec bien entendu John Williams. Rarement abordé dans ce type de documentaire, un module se penche également sur le second tournage où près de 500 plans furent réalisés en 11 jours. Portes qui s'ouvrent, acteurs qui se retournent face au danger, où réactions à modifier face aux effets spéciaux, nous découvrons ici le secret de toutes ces choses furtives qui rendent énergique tout film d'action qui se respecte. Dernier point technique qui ne bénéficie que d'un trop court laps de temps d'analyse : la caméra HD. On y découvre l'objet, la malléabilité des rushes imprimés en quelques minutes sur des bandes numériques et transmises aussitôt aux studios de montage. On y découvre ainsi que la plupart des prises se retrouvent déjà au banc de montage dans l'heure suivante. Passionnant, mais vraiment trop court.

Le dernier aspect visité par ces mini documentaire seront les création des créatures et personnages divers du film comme de la franchise. On s'attardera ici sur la conception des masques, maquillages et autres animatroniques donnant vie aux divers monstres du film non numériques. Après ce sont des focus bien précis qui s'attarderont tantôt sur Obi-Wan où il y sera question de parallèles entre Ewan McGregor et Alec Guiness, tantôt sur Palpatine/Lord Sidious avec l'évolution du personnage vu par son propre interprète. Folklore oblige, on préférera néanmoins les deux documentaires sur Chewbacca, provocateur d'ambiance délirante lors du tournage, mais surtout de C3PO dont on ne pourra pas s'empêcher de nous moquer en voyant le pauvre Anthony Daniels, à la vue limitée par son casque, qui se paye un méchant gadin en se cognant dans le décors dans le désintéressement total du reste de l'équipe.
Bien qu'un peu trop pompeuse sur les bords, l'interactivité de Star Wars s'achève avec
3 bandes annonces, 15 spots TV ainsi qu'un menu bâtard regroupant en son sein d'inutiles
extraits de jeux vidéo, et de bien plus intéressantes
galeries d'images proposant surtout un nombre non négligeable de photos de tournage ponctuées de commentaires en français.
Test Technique : Arnaud ManginTM & © 2005 Lucasfilm Ltd. All right reserved.