Terminator 3 constitue l'un des évènements majeurs en DVD de ce début d'année. Ce troisième opus des aventures du cyborg frappe très fort tant d'un point de vue technique que par la pertinence des bonus qu'il propose. Là où il aura fallu attendre trois éditions DVD de
Terminator 2 avant de pouvoir se délecter d'options salvatrices pour les fans du film (notamment le commentaire audio de James Cameron), celle de T3 nous en met plein la vue dès sa première édition zone 2.
Deux éditions seront toutefois disponibles dans le commerce : l'une ne contenant que le premier DVD avec le film et le commentaire audio, l'autres contenant un second disque renfermant les autres suppléments.
L'édition standard contenant 1 DVD.Bien souvent le
commentaire audio n'est pas le bonus qui attire le plus les consommateurs de DVD. Réalisateurs, acteurs ou techniciens d'un long-métrage se plient fréquemment à cet exercice délicat et il faut parfois faire preuve de beaucoup d'opiniâtreté pour ne pas rapidement se lasser des propos conventionnels tenus par les uns et les autres, réservant les anecdotes les plus croustillantes à leurs proches. Aussi paradoxal que cela puise paraître, celui de Jonathan Mostow, qu'il soit seul ou en compagnie d'Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl (John Connor), Claire Danes et Kristanna Loken, est passionnant. Chaque moment clé du film, de sa période de pré production, de tournage ou de post production, est décortiqué, analysé et commenté par ces protagonistes. Le metteur en scène de T3 se rend compte qu'il a utilisé les même décors que pour
Breakdown et fait part de ses ambitions pour chacune des séquences qu'il a mises au point. Il explique notamment que l'affrontement entre la Terminatrice et Arnold a nécessité une grande préparation, que choisir des sanitaires comme lieux de cette bagarre n'est pas anodin. Il fallait que le public prenne conscience du poids énorme de ses personnages. S'il avait choisi un laboratoire et que le T 800 ait écrasé une de ces machines sur la tête du TX, cela aurait été impressionnant, mais moins spectaculaire et vécu moins viscéralement par le spectateur que lorsqu'il est familier de l'objet que prend Loken sur le coin de la figure. Hors, tout le monde sait à quoi s'en tenir avec des... toilettes. Autant de détails auxquels on ne pense pas et qui font la crédibilité et la puissance d'une scène. On peut aussi s'amuser en compagnie du réalisateur à discerner les effets utilisés pour chaque plan du film. Un mélange d'animatronique, de plans réels et de personnages en images de synthèse est distillé un peu partout avec en point d'orgue la scène de poursuite en grue qui est encore plus impressionnante une fois que l'on connaît la façon dont elle a été réalisée. Schwarzenegger n'est pas avare en anecdotes et il est amusant de voir à quel point la scène où il apparaît nu lui a posé des problèmes de conscience. Il voulait être crédible et il lui aura fallu s'entraîner comme un forcené et se mettre au régime pour essayer d'atteindre "la même valeur, la même définition, la même séparation musculaire d'il y a vingt ans (date du premier Terminator)". Il attendra les premières réactions des spectateurs pour se dire qu'il avait réussi son pari. Kristanna Loken n'a pas failli à cette discipline et a forgé son corps afin d'être crédible en Terminatrice (elle prendra plus de sept kilos de muscles pour l'occasion). Claire Danes n'a pas été logée à la même enseigne, son rôle n'exigeant pas une condition physique exceptionnelle, mais elle aussi a eu droit à son lot de difficultés liées à la concentration et à l'implication dans son rôle. La comédienne explique que c'est du jour au lendemain qu'elle a été engagée pour le film et qu'elle n'a pas l'habitude de tourner dans des métrages d'action. Sa façon d'appréhender la chose a été somme toute assez difficile pour elle, sans vraiment avoir eu le temps de se préparer. Et pour cause ...

Le
making-of est l'occasion pour tous les protagonistes du film d'expliquer leur implication dans le long-métrage. Jonathan Mostow et Arnold Schwarzenegger en sont les principaux intervenants. Des images du film, du tournage et de studio s'intercalent les unes entre les autres et permettent de constater l'importance des moyens mis en oeuvre, de l'enjeu et de la difficulté des scénaristes à ne pas trahir l'esprit de la série. On ne fait qu'effleurer les aspects généraux de l'entreprise, mais le module est rythmé par une musique entraînante et se termine par des images hilarantes des ratés d'Arnold lors de certaines prises.
L'édition collector contenant 2 DVD. Le sergent CandyUn module irrésistible qui est en fait une sorte de court-métrage (humoristique) sur les origines du T 800, auquel participent les comédiens du film, Arnold compris. Décalé, drôle et cynique, il explique même le pourquoi de l'accent du Cyborg. Un module court mais incontournable.
Bêtisier les erreurs humaines Cette featurette permet de visionner les ratages de la plupart des comédiens. De Claire Danes à Schwarzy, personne n'est épargné. On est un peu déçu que ne figure pas dans cette featurette de grands moments de rigolade évoqués par le réalisateur dans son commentaire audio.
Le documentaire intitulé
Le laboratoire des effets visuels constitue le coeur de cette interactivité. Il est divisé en 5 sous-sections. Une introduction, la scène du camion grue, les transformations du TX, la guerre du futur, le Crystal Peak, créez vos propres effets visuels et le Laboratoire Cyber Research System. Chaque scène clé du film est expliquée par le réalisateur, le comédien et les ingénieurs CGI. Complets et édifiants pour chacune des séquences (images de tournage, modélisation des personnages, ou modification numérique en post production, tout y est), ces modules sont à la fois didactiques et passionnants. Le jeu interactif qui permet de créer ses propres effets visuels est amusant trente secondes, mais décevant dans son intitulé pompeux compte tenu du rôle que l'on peut y tenir (à peine peut-on changer une couleur et une texture, le choix est au final très réduit).
Terminator l'historique Un module qui retrace l'histoire de la série de son début en 1984 à son apogée future en 2032. Dommage qu'il ne s'agisse que de texte, sans aucune image ou extrait des autres Terminator.
La
Base de donnée de Skynet permet d'accéder par l'intermédiaire d'un ordinateur central qui à une multitude d'informations sur les machines. Du modèle T 800 au TX, c'est l'univers de Terminator qui est proposé par l‘intermédiaire de Skynet. On se sent un peu comme l'un des protagonistes du film qui consulterait les fiches signalétiques de chacune des machines présentes dans la série. On y lit des informations pendant que défilent dans une petite fenêtre les détails et les capacités de chaque cyborg sélectionné.
L'interactivité se termine par trois
featurettes très réussies. L'une permet de visualiser une scène et son storyboard en écran splitté, une autre de se pencher sur l'importance des costumes utilisés dans la série, et enfin la dernière met l'accent sur les produits et le merchandising liés au film : de la conception des figurines à celle du jeu vidéo tiré du long-métrage.
La boucle est bouclée et sous des aspects assumés de blockbuster divertissant,
Terminator 3 s'avère être un peu plus que cela. Il permet de se réjouir du retour en fanfare du tronc d'arbre autrichien dans un des ses meilleurs rôles, et de découvrir qu'on peut encore faire du cinéma sans trop se prendre la tête et en respectant les spectateurs lambdas ainsi que les fans de la série. Ce n'est certainement pas le film du siècle, mais c'est en tout cas une vrai bonne surprise, drôle et jouissive et son DVD ne déçoit pas bien au contraire !