The Fountain : Mort et renaissance
Ce module au sous-titre symbolique (la mort et la renaissance d'un projet fou) propose en plusieurs parties un making-of sous la forme d'un journal intime qui renseigne sur l'état général d'un tournage douloureux et met en lumière les ambitions de Darren Aronofsky. Jusqu'au bout, il s'est battu pour réaliser son film et son ambition est noble. Les parties sont fragmentées en respectant la progression du tournage (Australie; Le 21ème siècle; Espagne 16ème siècle; La nouvelle Espagne; Le champ sans fin; Le futur) et dévoile les coulisses torturées de The Fountain. Tout commence début 1999. Juste après avoir réalisé Requiem for a dream, Darren pense déjà à son nouveau film initialement intitulé The Last Man en référence à David Bowie qui devait à l'origine participé au projet en écrivant un morceau spécialement pour le film. Le temps de tout mettre en place et de rencontrer les bonnes personnes, il rebaptise son projet en 2002 sous le titre The Fountain en mettant les voiles vers l'Australie. Dans le making-of, on peut voir Eric Watson, producteur courageux d'Aronofsky depuis ses premiers essais, qui semble sous-tendre que The Fountain est un aboutissement alors que Pi et Requiem for a dream ressemblaient plus à des étapes intermédiaires. Le film d'une vie? Peut-être. Aronofsky a toujours été passionné par la période des conquistadores. A l'origine, il voulait réaliser un film de science-fiction qui se déroule à trois époques différentes et mettre en scène un trip Kubrickien ultime. Dans le dessein de peaufiner l'aspect visuel, il voyage au Guatemala, au Honduras et au Mexique. Le supplément contient les images de ces voyages, filmés par Darren avec une caméra DV (ils ont visité de vieux temples qui évoquent immédiatement à l'œil ceux du film). Avec son producteur et son scénariste, Aronofsky arpente les musées de sculptures. On peut d'ores et déjà voir des dessins conceptuels réalisés par le studio Mokko. Parallèlement aux croquis, l'équipe examine les lieux. La Warner, alors joviale, voulait qu'ils aillent tourner en Australie, notamment la Côte d'or, une sorte de désert. Ce qui n'est pas une mauvaise idée. En respectant scrupuleusement le story-board, ils ont travaillé sur des petites maquettes afin de réfléchir sur le parcours des personnages et préméditer les déplacements des acteurs. Tout était sur place et ils ne leur restaient plus qu'à trouver le casting. Finalement lâchés par le studio, l'équipe est obligée au bout d'un an et demi de travaux de quitter l'Australie. Les décors, colossaux, ont été démontés et vendus aux enchères. Sept mois plus tard, Aronofsky trouve le moyen de rebondir en réalisant le film de manière indépendante. Le script est réécrit et le budget, coupé en deux. Après avoir changé le casting (adieu Cate Blanchett et Brad Pitt), l'équipe décide de tourner The Fountain au Technoparc de Montréal plus de deux ans après leurs premiers essais. L'existence même du film est alors une victoire. Sur le making-of, on apprend grâce à Matthew Libatique que la lumière a été filtrée et diffusée par des murs de verre et différents éléments placés entre la caméra et la lumière. Ils ont travaillé selon l'idée que plus l'histoire progresse, plus on s'avance vers une lumière. La représentation du futur au même titre que celle de l'Espagne Inquisitrice a réclamé une exigence dans les effets spéciaux. Dans le making-of, Don Schrecker et Jeremy Dawson ont travaillé tous les effets spéciaux, notamment cette scène où le personnage boit la sève de l'arbre de vie et voit son corps se transformer en fleurs. On apprend également que l'originalité des décors dans l'espace est due au travail de Peter Parks, macro-photographe qui a provoqué des réactions chimiques dans des boîtes de Petri en additionnant les liquides entre eux. Aronofsky a approuvé cette idée et la reprise. Ces idées et astuces sont agrémentées des images du tournage où sur le plateau le réalisateur affiche une certaine intransigeance en se réjouissant dès lors qu'il a obtenu ce qu'il voulait. Résultat? Remarquable et passionnant malgré quelques zones d'ombre (affaire Brad Pitt).
Dans la tête de Darren comparatif film / storyboard
Le module propose sans commentaire des comparaisons entre le storyboard et le film, appuyant la fidélité et la détermination du cinéaste par rapport au respect du matériau originel. Les images sont accompagnées par la sublime musique de Clint Mansell. Ce qui ne gâche rien. On vous en donne quelques extraits ci-dessous.