Traffic Z2

Test interactivité

3/5
C'est sans aucun doute ici que le zone 2 enterre définitivement le zone 1. Alors que le disque américain ne proposait qu'une interactivité minimale (Making of, galerie de photos, bandes annonces, spots TV), l'édition française propose un double DVD beaucoup plus attrayants (on pense surtout à la présence de nombreuses scènes coupées).



Dès les menus d'accueil des deux disques, on sent qu'un réel effort a été fourni : animation en totale osmose avec le look du film, ambiance sonore riche avec présence d'un mixage 5.1. Pour les suppléments, il faut se diriger directement sur le deuxième DVD, le premier ne contenant que le film (à ce titre, il faut signaler un mauvais point pour l'éditeur qui ne propose que 15 chapitres pour un film fleuve alors que le zone 1 a fier allure avec ses 68 accès).

Passons vite sur le making of (Vost, 14mn 35) qui bien que différent du zone 1, a de nombreuses images et interviews en commun. On a donc affaire à une longue featurette avec présentation de l'histoire et des personnages au moyen d'interviews des acteurs. On dénote juste quelques furtives images du tournage. Sans grand intérêt donc.



La galerie de photos (une trentaine de clichés) fait également penser à celle du zone 1 même si ce ne sont pas les mêmes photos.

Comme à son habitude, l'éditeur propose à la suite la bande annonce en VF puis en Vost du film. Techniquement, ce n'est pas ça : format respecté mais encodage 4/3 et piste uniquement en 2.0.

Les filmographies sous forme de menu déroulant, concernent les principaux acteurs (Benicio Del Toro, Catherine Zeta-Jones, Michael Douglas, Dennis Quaid, Luis Guzman, Don Cheadle) et le réalisateur (Steven Soderbergh).

Jusque là, l'édition zone 2 n'a rien de vraiment excitant mais l'apport de deux bonus inédits vient d'un seul coup attiser notre curiosité.



En premier lieu, la section En direct de... (attention, cette dernière n'apparaît pas lorsqu'on arrive la première fois sur le menu principal, il faut d'abord aller sur une des rubriques puis revenir au menu d'accueil pour que l'intitulé de la section fasse son apparition) propose des interviews des acteurs et du réalisateur.

Présentées de manière ludique et rendant hommage au découpage du film (une carte sépare les interventions en trois axes : côte ouest, côte est et Mexique), ces courtes interventions s'avèrent bien plus intéressantes et mordantes que celles figurant sur le making of. Le fait qu'il s'agisse d'interviews orchestrées par l'équipe du journal du cinéma de Canal +, n'est évidemment pas étranger à la teneur des propos qui sortent un peu de l'habituelle promo fade que l'on peut trouver sur la plupart des featurettes made in USA. Il suffit de voir la réponse plus qu'évasive de Benicio Del Toro à la question du journaliste sur l'existence ou non de prises de drogue sur le plateau du tournage.
La côte ouest met en vedette les propos de Catherine Zeta-Jones (1mn 49), la côte est, Michael Douglas (2mn 05), et la partie mexicaine propose les interventions de Benicio Del Toro (2mn 06) et Steven Soderbergh (1mn 59). Toutes ces interviews sont bien sûr proposées en Vost.




Reste enfin le bonus le plus séduisant de cette édition : les scènes coupées. Là encore, elles sont présentées de façon judicieuse avec la même séparation géographique que précédemment (côte est, côte ouest et Mexique). Au total, c'est pas moins de 25 séquences pour une durée totale de près de 25 minutes. Il faut toutefois signaler que la présentation de ces scènes peut s'avérer gênante : bien que techniquement irréprochable (encodage 16/9, Vost) elles sont à chaque fois diffusées dans un cadre comme s'il s'agissait d'un tableau et non projetés sur la globalité de l'écran. On regrette aussi qu'il n'y ait aucun texte introductif pour nous expliquer exactement où se situe la scène et pourquoi elle a été supprimée.

La partie la plus fournie est sans conteste La côte ouest (celle qui met en vedette Catherine Zeta-Jones) avec pas moins de 15 séquences (13mn 15). Quasi exclusivement axées sur l'actrice (11 scènes sur les 15 disponibles), ces scènes en parfaite harmonie avec le métrage définitif nous rappelle à quel point Soderbergh est resté jusqu'au bout maître de son film-enquête fleuve, parvenant à faire le tri entre scènes essentielles et anodines, tout en conservant un rythme parfait. A noter que la 15ème scène est en fait un amusant canular au détriment de l'actrice du Masque de Zorro.



Le mexique a le droit à 7 scènes supplémentaires ( 7mn 11) dont une très intéressante où le personnage joué par Michael Douglas se fait expliquer la géostratégie du trafic de drogue au Mexique par Benicio Del Toro. Les amateurs de la pulpeuse Salma Hayek auront également l'occasion de la voir dans deux courtes séquences.

Dernier arrêt, le plus court, La côte est (ou histoire bleue au regard des filtres utilisés par Soderbergh) et ses trois séquences (4mn 09). La première est une discussion entre Michael Douglas et sa fille sur la légalisation de la drogue et ses conséquences. La deuxième montre Michael Douglas questionnant l'ami de sa fille suivi de sa recherche vaine dans les rues. Enfin, la dernière est un dialogue entre Douglas et sa fille où cette dernière, totalement shootée, parle ou plutôt murmure ses projets d'avenir. Dans leur ensemble, ces 25 séquences inédites n'ont rien de primordial mais se regardent sans déplaisir.

Si pour une édition collector, l'ensemble des bonus paraît un peu maigre (on aurait pas dit non à un commentaire audio de Soderbergh), on est quand même content que le zone 2 offre plus de bonus que le disque américain (c'est assez rare pour ne pas être souligné). En tout cas, la qualité technique très satisfaisante de Traffic est de bonne augure pour l'année 2002 qui vient tout juste de commencer.

Le verdict des internautes

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