Hormis
Splinter Cell Conviction et
Haze, les futurs gros jeux développés par Ubi ne se sont guère dévoilés lors des derniers Ubidays. D’
Assassin’s Creed ou de
EndWar, la nouvelle licence labellisée "Tom Clancy", on ne put voir que de jolies cinématiques certes époustouflantes mais peu révélatrices de ce que peuvent apporter ces titres en terme de gameplay. A ce petit jeu de cache-cache assez frustrant, c’est peut-être bien le nouveau jeu adapté du manga Naruto qui a su le plus attirer notre attention. Loin des hordes de caméras ou de journalistes, le petit stand de présentation consacré à
Naruto : Rise of a Ninja nous a permis de découvrir une aventure bien plus riche et variée qu’à l’ordinaire. En effet, jusqu’à présent, les différentes exploitations de ce manga se limitaient à des beat’em up ou à des "Dragon Ball’s like" plus ou moins réussis mais en aucun cas innovants.
Puisque chez Ubi, l’année 2007 est celle de la remise en question et de l’évolution, c’est un tout nouveau concept qui semble avoir été choisi pour développer les aventures de ce sympathique apprenti ninja qui, après avoir conquis le Japon, devient de plus en plus populaire aux US et en Europe.
Notre jeune ami cherche toujours à devenir le meilleur combattant de son village et doit pour cela accomplir de multiples missions, des plus anecdotiques aux plus héroïques.
La démonstration nous a offert un panorama assez complet de ce que le jeu devrait proposer au final. Le cadre principal de l’action est le petit village natal de Naruto, blotti à la lisière d’une forêt séculaire. Le regard est immédiatement flatté par la beauté du décor très respectueux de l’esthétique du manga. Naruto va pouvoir ainsi arpenter les rues animées de la cité à la recherche de différentes tâches à effectuer ou emprunter la voie des airs grâce à des filins tendus entre les bâtiments les plus élevés. Ces missions vous sont confiées par des villageois au-dessus desquels est présent un code couleur vous indiquant à quel type elles appartiennent. Deux grandes catégories se distinguent. En premier lieu, les épreuves dites "sociales" qui consistent la plupart du temps à retrouver une personne ou collecter des matières premières pour les artisans. Pour repérer vos objectifs, il s’agira d’interroger des passants qui vous indiqueront la direction à suivre. Notez bien que Naruto, en garnement turbulent et espiègle, n’a pas que des amis dans la bourgade. Certains villageois ne seront guère enclins à proposer leurs services ou simplement à vous renseigner… Enfin, les missions "héroïques" vous permettront de vous mesurer à des adversaires de plus en plus coriaces et de vous accomplir en tant que ninja. Bien évidemment, il est indispensable de réussir les missions sociales qui vous octroieront des items ou des bonus facilitant vos projets plus belliqueux.

Ce petit côté exploration, proche d’un mini GTA se double d’une facette RPG bien agréable. En effet, vous devrez vous entraîner laborieusement afin de parfaire votre formation. Régulièrement, des épreuves vous sont soumises par votre mentor afin d’intégrer différentes techniques. Pour débloquer et activer ses pouvoirs, il sera nécessaire de reproduire à l’aide des deux sticks une combinaison de mouvements. Ce système s’apparente un peu à celui utilisé dans les mythiques
Shenmue… La première épreuve consiste à aller chercher un shuriken planté au sommet d’un arbre. Un combo aux sticks et hop, vous grimpez comme un écureuil sous l’œil épaté de votre instructeur ! Désormais, il vous suffira de réitérer la même combinaison pour utiliser ce pouvoir : voilà un système sympathique et qui permet une évolution constante de vos capacités…
Mais inutile de s’entraîner à de tels exploits athlétiques si c’est pour faire du point de croix ! Passons aux combats. On se retrouve alors face à un jeu de fight tout ce qu’il y a de plus classique. Quoique… Lorsque vous venez d’enchaîner une série de coups particulièrement dévastateurs, la représentation du duel change et un mini jeu vient ainsi s’intercaler. Le corps de votre adversaire s’affiche et présente plusieurs points sensibles, des shakras, qu’il s’agit de pointer le plus rapidement possible. Lorsque le combat reprend, c’est tout simplement une cascade de coups létaux qui s’abat sur votre ennemi.

De l’exploration, du combat, du RPG… N’en jetez plus ! Et pourtant, il sera également possible de changer d’aire de jeu dans des séquences de courses champêtres assez rigolotes. Naruto saute de branches en branches avec une vitesse à faire pleurer Steve Austin… où le faire rigoler lorsque vous loupez votre coup pour aller embrasser un arbre. Rajoutez à cela des séquences de plates-formes que nous n’avons pas eu la possibilité de voir, une esthétique très séduisante avec un cell-shading savamment maîtrisé et vous tenez là un soft complet, diversifié et original. Et tout ça dans pas très longtemps et en exclusivité sur Xbox 360… Eh oui, ce n’est pas la moindre des surprises, cet opus sera a priori réservé à la console de Microsoft. Cette stratégie commerciale est assez incroyable si l’on considère que Naruto est avant tout une star au Japon, seule contrée où la firme de Redmond se plante lamentablement. Faut-il voir là une ultime tentative de séduire les joueurs nippons pourtant rétifs à la 360 ? En tout cas, voilà de quoi étoffer une ludothèque qui a tendance à se cristalliser sur les FPS et les jeux calibrés pour le marché américain. Et ça, personne ne devrait s’en plaindre.