Si vous êtes normalement constitués, commander une armée d’yeux globuleux avec des tambours ne constitue pas forcément un rêve ni un fantasme inavoué. Il n’est pourtant pas impossible que cela devienne bientôt votre loisir privilégié. C’est en tout cas ce que nous propose Sony avec
Patapon, véritable ovni ludique à paraître cette semaine.
Après les adorables
LocoRoco et les charges explosives d’
Every Extend Extra, les
Patapon contribuent à donner un peu de caractère à une ludothèque PSP dont on a longtemps reproché les portages bêtes et méchants et les conversions "faciles" de valeurs sûres comme
WipEout ou
GTA.
Exclusivité PSP,
Patapon repose sur un concept inédit, au croisement des jeux de rythme, des jeux de stratégie et des jeux de réflexion. Pour faire simple, les Patapon sont des petits êtres en forme d’œil sur pattes qui, à la manière des
Lemmings, vivent en tribu et se déplacent sur un unique plan horizontal. Comme ils ont le rythme dans la peau, ils n’obéissent qu’au son des tambours frappés par leur dieu, le "Tout-puissant". C’est là que vous intervenez à l’aide des quatre boutons d’action de votre portable, chacun étant affecté à une sonorité différente.
Et rond et rond…Ce qui à première vue ne semble être qu’une bonne blague de développeurs potaches ne tarde pas à révéler un gameplay d’une profondeur insoupçonnée doublé d’une irrésistible force d’attraction. Dans l’absolu, notre rôle se cantonne à frapper quelques séquences rythmiques, généralement composées de quatre notes, que nos bestioles interpréteront en autant d’ordres basiques : avancez, attaquez, défendez, etc. En pratique, si les premières missions sont d’une simplicité enfantine, les suivantes donnent beaucoup de fil à retordre avec leurs monstres gigantesques, leurs terrains piégeurs et les châteaux ennemis qu’il s’agira de faire tomber sous les coups de boutoir de nos petits administrés.
Pon Pon Pata Pon !Le soft de Sony mange sans vergogne à tous les râteliers : un peu de gestion de ressources, un soupçon d’administration d’inventaire, un doigt de level-up et quelques items magiques à exploiter en combat. Les
Patapon ne manquent pas de ressources et ça tombe plutôt bien, il leur en faudra s’il veulent nous entraîner jusqu’au bout de leur périple composé d’une cinquantaine de missions aux finalités diverses : chasse, escorte, invasion, pillage… A leur crédit, avant un dosage millimétré du niveau de difficulté et un intérêt qui se renouvelle judicieusement, ils peuvent compter sur leur étrange pouvoir de fascination en partie lié au caractère éminemment burlesque de notre quête. Visuellement, ils sont aussi magistralement mis en valeur par des graphismes très stylés, des environnements épurés et un character-design tout en ombres chinoises.
Mais là où
Patapon fait toute la différence avec des jeux comme
LocoRoco ou
Katamari c’est avec sa bande-son pétrie de rythmes entraînants et de mélodies entêtantes. Les instruments divers s’en donnent à cœur joie : didgeridoo, cornemuse, sonorités latines, tout y passe et chacun trouve sa place sans dénoter dans ce concert improbable, tandis que les "Pon Pon Pata Pon" scandés rageusement par nos protégés font l’objet d’une multitude de subtiles variations. Il n’est d’ailleurs pas exclu que vous finissiez par chanter des airs Patapon sous la douche ou que vous parliez bientôt le Patapon première langue. En effet, on ne garantit pas que ce jeu rende plus intelligent.
Obsédants, voire traumatisants, les
Patapon débarquent officiellement sur PSP ce 27 février mais des âmes pures disent les avoir déjà vu parader en rangs serrés chez certains revendeurs.