Non, une sirène n’est pas forcément sympathique. Sony nous en apporte une nouvelle preuve avec le troisième épisode de son Survival-Horror :
Forbidden Siren. Exclusivité PlayStation, cette série s’est petit à petit imposée auprès des joueurs avec son univers glauque et poisseux, cumulant un nombre de fidèles grandissant et démontrant, s’il en était besoin, que la communauté de gamers reste toujours friande de sensations fortes. Devenu plus simplement
Siren sur PS3, ce nouveau volet est téléchargeable depuis quelques jours sur le PSN.
Sirène dématérialiséeSi la mise à disposition de jeux à télécharger ne présentait qu’un seul avantage, ce serait celui de pouvoir tester un marché à moindres frais. Un atout considérable quand le potentiel d’un jeu parait trop incertain pour justifier une distribution chez les revendeurs, notamment lorsque le produit est susceptible de rencontrer des succès très différents d’un continent à l’autre. Concernant le très nippon
Siren Blood Curse, il faut croire que la formule rencontre déjà un certain succès sur le vieux continent, sa commercialisation en version boîte étant également prévue pour cet automne 2008.
Contrairement à ce qui pu être dit ou écrit,
Siren Blood Curse n’est pas un remake du premier épisode paru sur PS2 en 2004 mais un nouveau volet qui, bien que s’inspirant des événements de l’épisode original, met en scène une galerie de personnages totalement inédite.
Hanuda accueille bien les occidentauxA l’instar des deux premiers
Forbidden Siren, les scènes d’action de ce troisième opus impliquent différents acteurs qui ne se connaissent pas forcément mais dont les destinées se croiseront éventuellement d’ici la fin du cauchemar. Cette technique fait inévitablement penser à celle de long-métrages comme
Magnolia ou
Collision. Les connexions entre
Blood Curse et le cinéma ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Très scénarisé et ponctué de nombreuses cut-scenes, le soft tiendrait même tout autant du film que du jeu vidéo.
Décliné sur 12 épisodes subdivisés en chapitres, le scénario nous ramène au village d'Hanuda (théâtre du premier opus) perdu sur son île cerclée d’une mer rouge sang. Hantée par le chant funeste de la sirène, cette sombre localité accueille de nouveaux héros que l’on incarnera successivement et que les développeurs ont voulu majoritairement occidentaux, histoire de nous aider, pauvres européens, à nous identifier aux nouveaux protagonistes.
Vision Shibito 2.0Ceux qui aiment se retrouver avec le "trouillomètre à zéro" ne devraient pas être déçus par cette nouvelle incursion chez les insulaires. A en juger par les trois premiers épisodes (sujets de cette preview), l’univers horrifique angoissant de la série se montre toujours aussi efficace, notamment grâce au fameux système de "vision shibito". Cette aptitude faussement rassurante qui nous permet de voir à travers les yeux de nos ennemis a été substantiellement remaniée sur PS3. Elle s’exprime désormais en écran splitté, nous dévoilant ce que regardent les ennemis en temps réel, sans nous priver de l’habituelle vue à la troisième personne centrée sur notre héros. Il nous est donc possible d’envisager un déplacement furtif voire d’interagir sur notre environnement tout en restant hors du champ de vision des âmes damnées. Un plus non négligeable dont les développeurs se sont judicieusement emparés pour renouveler les situations de jeu.
Une pioche, un Beretta, une Sixaxis…Les habitants d’Hanuda n’étant guère plus accueillants que les hispaniques de
Resident Evil 4, les armes disséminées dans les divers environnements ne seront pas superflues, loin s’en faut. A l’image des
Silent Hill, de nombreux objets différents (une bonne cinquantaine) pourront ainsi être récupérés et exploités soit pour leurs vertus contondantes soit pour remplir de plombs les shibitos les plus collants (les armes à feu demeurent toutefois très minoritaires). En dernière extrémité, notre secours pourra venir des capteurs de mouvement de la Sixaxis, utilisés notamment pour sortir vivant des corps à corps avec les shibitos.
Horreur à la japonaiseQuestionné sur ce qui différencie sa saga de celles de Konami et Capcom, le producer Keiichiro Toyama met en avant l’ambiance atypique de ses rejetons : une certaine conception de l’horreur à la japonaise. Force est de reconnaître que l’univers
Siren est un des plus sombres jamais créé… au sens propre comme au sens figuré. L’expérience visuelle est en effet largement conditionnée par les jeux d’ombres et de lumières, les secondes étant utilisées avec parcimonie. Inquiétant certes, mais on pourra aussi déplorer d’être régulièrement plongé dans une obscurité si opaque qu’il devient difficile d’envisager une action quelconque. Heureusement, nos héros sont prévoyants. Tous sont équipés de lampe de poche et c’est souvent par leur biais que l’on profitera d’une réalisation de haute volée marquée par l’utilisation de divers filtres. Ces derniers produisent souvent leur petit effet, avec leur teinte sepia par exemple ou en exacerbant le grain de l’image pour renforcer les sensations de malaise et d’oppression.
Le point sur lequel
Siren Blood Curse divisera certainement le plus les joueurs, c’est avec sa construction très scriptée. Il n’y a souvent qu’un passage ou qu’une seule solution pour se sortir d’affaire. Le soft donne ainsi très vite le sentiment que nous n’irons jamais que là où les développeurs ont décidé de nous amener. En fonction des attentes et du ressenti de chacun, ce penchant directif ne sera pas forcément préjudiciable mais ne fera sans doute pas l’unanimité non plus.
Avant de confirmer (ou d’infirmer) cette petite réserve ainsi que les bonnes impressions laissées par ce premier aperçu, on attendra patiemment la sortie de la version packagée programmée pour la rentrée avec du contenu supplémentaire par rapport à l’actuelle version téléchargeable.
Siren : Blood Curse part pour l’heure avec un avantage non négligeable sur PS3, celui de sortir avant les cinquièmes volets de
Silent Hill et de
Resident Evil.