Voilà que débarque un remake de plus et pas le moindre. En effet, les développeurs du studio Climax s’attaquent, excusez du peu, au mythique Silent Hill premier du nom. Konami crie haut et fort qu’il ne s’agit pas d’une simple adaptation et que les nouveautés sont belles et bien là. Il ne reste plus qu’à vérifier !
En terrain connu
Les habitués reconnaîtront sans
peine ce qui fait la marque de fabrique de Silent
Hill. Vous allez arpenter les ruelles sombres de la ville à la recherche
des indices et des témoignages afin de retrouver votre fille disparue. L’oppression est au coin de chaque rue, on peut
complètement ressentir le poids du silence et de la mort. Cette ambiance bien
particulière est inégalable et il est bon de la ressentir à nouveau. Bien sûr
on retrouve aussi les habituelles énigmes de la série.
Mais, car il y a un mais, il ne faut pas juger ce titre trop vite. Ainsi, de nouvelles séquences font leur apparition et la première d’entre elles vous projette dans le cabinet d’un psychanalyste. Celui-ci vous demande d’expliquer les événements du passé, en l’occurrence ceux que vous vivez dans cette ville de Silent Hill. Vous remplissez aussi des formulaires ou effectuez quelques tests psychomoteurs qui auront une influence sur l’aventure qui vous attend. Quand on parle d’influence, cela ne révolutionne pas non plus le scénario mais vos réponses auront un impact sur quelques rencontres, sur le contenu de certains bâtiments ou encore sur l’aspect visuel des rues de la ville. Les développeurs ont ainsi cherché à modeler l’horreur au plus près du profil du joueur. L’idée est bonne même si on aurait préféré que le dispositif sache aller un plus loin.

Exit les armes
Un autre changement notable est
l’absence totale d’armes. Alors que l’opus originel proposait quelques
gun-fights, ceux-ci disparaissent complètement et c’est une toute autre
philosophie qui est mise en place, celle de la fuite en avant. Concrètement,
vous pénétrez parfois dans des zones qui semblent être à cheval entre la
réalité et l’au-delà. Mis à part une décoration à faire gerber, ces endroits
ont un gros défaut puisqu’elles sont infestées de créatures maléfiques qui ont
des envies de meurtre à l’encontre de votre personne. Inutile de chercher à les
affronter, la seule opportunité qui s’offre à vous c’est la solution des
braves, à savoir la fuite. Vous vous lancez alors dans une course-poursuite
plutôt stressante dont le but est de trouver la sortie de la zone dangereuse.
Difficile de s’orienter alors que vous courez à perdre haleine et que les lieux
sont tout sauf lumineux. Heureusement les développeurs ont eu la bonne idée de
vous baliser le chemin avec des indicateurs bleus sur les portes à franchir ou
les murs à escalader. Même si les premières fuites sont assez captivantes, le
mécanisme finit par lasser surtout que la porte de sortie est de plus en plus
lointaine et on finit par se dire que cet aspect du jeu ne nous apporte pas
grand chose à part du stress. Heureusement ces phases ne constituent pas
l’essentiel du soft.

Silent Wii
Les contrôles ont été bien pensés
avec une utilisation de la wiimote et du nunchuck plutôt optimale. Ainsi, vous
faites avancer votre perso à l’aide du nunchuk alors que votre wiimote symbolise
la lampe-torche indispensable pour se déplacer dans ces lieux obscurs. Le
couple sera également sollicité pour effectuer des opérations sur les objets
environnants : ouvrir un placard, déplacer des objets ou basculer un
loquet. Cela reste classique mais l’immersion en est sacrément renforcée. On
l’apprécie encore plus lorsqu’il faut vous débattre contre les créatures qui
ont eu le malheur de vous empoigner.

Au final, on pouvait craindre un wiimake sans âme mais il n’en est rien. Les développeurs de Climax ont réussi le pari osé de modifier très sensiblement le gameplay de Silent Hill. Même si le scénario est globalement le même, les environnements ont changé avec une neige omniprésente, les gun-fights disparaissent pour mieux renforcer une impression de malaise et les visites chez le psy peuvent réserver quelques surprises. Tout cela nous donne une ambiance à tout casser plus basée sur une frayeur latente que sur la surprise. Bien sûr on peut tout de même reprocher quelques choix malheureux comme le système de fuite qui est lassant à la longue mais il y a un signe qui ne trompe pas : on ne lâche pas la manette avant d’avoir vu la fin de l’intrigue !
Par Tof
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