Un temps icône des années 80, le petit frère d'Emilio Estevez et surtout fils de l'immense Martin Sheen explose depuis 2001 dans l'exercice pourtant périlleux de la Sitcom télévisuelle. Après avoir tout joué, du yuppie rebelle à l'adjoint/garde du corps du président en passant par le fantôme vengeur, le scientifique persécuté par des aliens ou le héros de ses dames, Charlie Sheen semble avoir désormais trouvé un filon qui lui permet non seulement d'être à l'abris de projets foireux, mais également d‘avoir l'attention du public dans une partition qui au final lui ressemble plutôt bien, tant le Charlie Harper de Mon Oncle Charlie ( dont la troisième saison sort ces jours ci) semble être une dégénérescence scénarisée de lui-même. Revenu de tout et possédant une carrière à en faire se pâmer plus d'un, Charlie n'a pourtant pas que tourné dans des merveilles. Et même si son sourire enjôleur ralliera à sa cause une armée de fans prête à défendre ses participations à des œuvres parfois honteuses, il faut bien reconnaître qu'on prend toujours un certain plaisir à le voir surgir sur l'écran, même dans les plus petits rôles. Le moment idéal donc pour le soumettre à l'exercice du Classe/Pas Classe.
PLATOON Très, très classe
Le visage juvénile, à la fois intensément ouvert et empreint d'une sourde mélancolie, Charlie Sheen marche dès ses premiers pas dans Platoon sur d'autres sentiers que son père, héros halluciné d'un Apocalypse Now encore dans les mémoires à la sortie du film d'Oliver Stone. L'Adagio pour cordes de Barber accompagne le défilé des body bags qu'on embarque à la place des recrues fraîchement débarquées, et déjà, c'est un autre univers, un autre Viêtnam, qui prend vie. Platoon marque bien sûr la consécration d'un auteur unique en son genre, qui prend à bras le corps un sujet presque autobiographique, et en tire une allégorie spectaculairement torturée, même si trop schématique (l'opposition Elias / Barnes, soulignée jusqu'à l'excès). Mais elle voit surtout l'éclosion, en tête d'affiche, d'un acteur qui passe dès ses 21 ans à la postérité. Candide projeté au milieu de l'enfer, Chris Taylor trouve une incarnation idéale dans le golden boy en devenir qu'est Charlie Sheen. Pétri de doutes, mais humaniste avant tout, Taylor admire en premier lieu le belliciste Barnes, une première figure paternelle de substitution (la seule famille à laquelle Chris écrit est sa grand-mère), vite remplacée par l'idéaliste Elias. Pas de suspense, l'affiche le sous-entend avant même la projection : les idéaux sont faits pour être crucifiés et anéantis, et seules restent à la fin les blessures, les traumatismes et pourquoi pas, la rage de vivre. Au milieu de la jungle, Charlie Sheen gagne ses galons de grand acteur-éponge, miroir des brûlures de son créateur devenu en quelques films le tourmenteur officiel de sa nation bien-aimée. Une charge lourde à porter, lorsqu'on est qu'un bleu, et que la jeune star endosse avec aplomb.
L'AUBE ROUGE La classe 80's
Aussi inénarrable qu'Invasion USA ou Rambo 3, L'aube rouge est surtout une profession de foi 100 % guerrière pour l'imposant John Milius, un excellent scénariste tourné grand cinéaste qui a cultivé le paradoxe d'avoir à la fois réalisé une ode aux surfers baignée d'un parfum post-hippie (Big Wednesday) et le film d'heroic fantasy ultime, Conan le barbare (mais c'était avant Le seigneur des anneaux...). Bref, un homme complexe qui n'aime rien de mieux que de mettre ses personnages face à une situation impossible, un événement face auquel ils peuvent faire, inéluctablement, ressortir leur nature belliqueuse. C'est de fait ce qui arrive aux teenagers de L'aube rouge, uchronie très premier degré qui imagine l'invasion des Etats-Unis par l'armée russe. Au-delà des clichés patriotiques, du caractère totalement improbable de l'histoire, c'est le traitement très réaliste, l'attention portée au groupe des « Wolverines » qui se forme face à l'adversité, qui donne toute sa puissance à L'aube Rouge. Forcément, le film a beaucoup vieilli, et ses clichés sur la camaraderie virile ou la peinture pas très finaude de l'ennemi soviétique lui donnent une patine un brin kitsch. Mais le film reste mené de main de maître, et offre au passage son premier rôle à un Charlie Sheen déjà très charismatique et touchant aux côtés de débutants bien en vue, comme C.Thomas Howell.
LUCAS Classe
Charlie Sheen en quaterback bourreau des coeurs, c'est une évidence qui prendra tout son sens dans la saga des Indians. Mais avant cela, le jeune playboy avait enfilé le casque pour ce méconnu et excellent teenage movie qu'est Lucas. Sheen y joue le rôle secondaire de Cappie, ami du jeune outsider Lucas, qu'on peut voir comme un précurseur du héros de Rushmore : trop intelligent et incisif pour son âge, il est l'objet de railleries et souffre bientôt de voir son « grand frère » Cappie flirter avec sa seule amie. A la manière des films de John Hugues, Lucas capte avec acuité et sans tomber dans la caricature la vie scolaire à l'américaine, où les codes sociaux écrasent toute tentative d'individualité. Drôle, poignant, jamais niais, Lucas fait partie de ces petites perles estampillées années 80, qui se révèlent, à chaque vision, un peu plus intemporelles.
YOUNG GUNS Classe, mais pas longtemps
Pour la première fois de sa carrière, Charlie Sheen partage la vedette avec son grand frère, Emilio Estevez, et ironiquement, le cadet (Charlie) joue ici le chef d'une bande de mercenaires qui va bientôt se faire voler la vedette par un minot plus jeune que lui, Billy the Kid (Emilio, donc). Malgré la concurrence virile de leurs collègues acteurs (parmi lesquels on retrouve Kiefer Sutherland ou Lou Diamond Philips), ce western moderne s'intéresse dans un premier temps surtout à leur duel de tempéraments, avant que Charlie ne se fasse bêtement trouer la peau. Affaire de famille ? Toujours est-il que c'est l'aîné des Sheen-Estevez qui tiendra par la suite d'une vedette, et reviendra jouer de la gâchette avec Pat Garrett dans le bien-nommé Young Guns II.
LA GRANDE ARNAQUE Pas classe du tout
Alors que son mariage avec Denise Richards bat lentement, mais sûrement, de l'aile, Charlie Sheen se fourvoie dans cette poussive comédie policière hawaïenne à rebondissements, qui ressemble moins à du David Mamet qu'à une bonne excuse pour se payer des vacances aux frais de la princesse. Comme souvent dans sa carrière, Sheen est là pour faire le pitre dans le rôle du légèrement attardé Bob Rogers, dans ce qui restera comme une immense foire aux cachetons (de Gary Sinise à Morgan Freeman, tous les acteurs ont dû mettre une chemise à fleurs pour toucher leur chèque). Navrant, et déjà oublié sitôt le DVD rangé.
NAVY SEALS, LES MEILLEURS Moyen classe
Aah, Navy Seals... Même produit par une major (la MGM) le film ressemblait déjà à l'époque à ce qu'il est vraiment, une série B « à la Cannon », avec plus de moyens et des jeunes stars dans le vent à la place du barbu Chuck Norris. Bien sûr, le fait d'avoir à la fois deux acteurs charismatiques ET pro (Sheen et le sous-employé Michael Biehn) en tête d'affiche aide grandement à la « respectabilité », toutefois relative, de ce Navy Seals bien sûr très patriotique. Aucun risque d'avoir une remise en question de l'ingérence tactique des forces armées américaines, façon Le maître de guerre, avec ce film réalisé par ce solide artisan qu'est Lewis Teague : les Navy Seals ne sont pas « les meilleurs » pour rien, et si de méchants arabes leur barrent la route (pour un prétexte qui rappelait sensiblement l'affaire réelle des otages au Liban), hé bien c'est qu'ils ont cherché ce qui va leur arriver ! Seule fausse note - enfin, bon, peut-être pas la seule, mais la plus visible- qui nous rappelle que c'est bien à Hollywood que ce film de soldats a été tourné : où est-il stipulé dans l'armée que l'on peut être troufion et garder son brushing ?
ARGENT COMPTANT Pas classe
L'Histoire du cinéma retiendra sans doute Argent comptant, pour la simple et bonne raison qu'il signe le début de la carrière (pardon, des méfaits) de Brett Ratner, exemple unique, ou presque, de tâcheron devenu superstar des réalisateurs alors qu'il n'a pas signé un seul film potable (X-Men 3 ? Non, vraiment, arrêtez de retourner le couteau dans la plaie...). Pour cette comédie policière comme Hollywood nous a envoyé par dizaines, Argent comptant fait dans l'originalité en associant un blanc-bec serré des fesses (Charlie Sheen, qui se débattait avec ses procès pour violence conjugale et ses cures de désintox, à l'époque) à un flic black branché sur du 220 V (Chris Tucker, arme fatale de Brett Ratner, qui déjà testait nos limites au niveau du cabotinage). Etrangement, le climax de ce buddy-movie fatigué avant l'heure, dans un stade de baseball, inspirera quelques années plus tard les scénaristes de 24 h chrono pour leur saison 3. Pas sûr que l'anecdote aide ce nanar mal joué, raconté et emballé, à rester dans les mémoires.
DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH - classe
Le film de Spike Jonze est un jeu étourdissant avec le réel. Le scénario de Charlie Kaufman est d'une inventivité rare. John Cusack, marionnettiste loser, a trouvé le moyen d'investir le corps de John Malkovich. La femme qu'il aime éperdument au bureau, Maxine, (Catherine Keener), s'éprend de Lotte, la petite amie du pauvre héros (Cameron Diaz). Or leur amour est compliqué, car Maxine n'aime Lotte que lorsque cette dernière est dans John Malkovich. L'acteur sent quant à lui que quelque chose ne va pas lorsqu'il fait l'amour à cette belle inconnue et qu'elle le nomme « Lotte! » pendant l'orgasme. Il s'ouvre de son trouble à son ami Charlie Sheen, à la mauvaise réputation notoire à Hollywood, et qui ne trouve là rien d'anormal. Sheen se livre ici à un bel exercice d'autodérision, assumant avec superbe ses déboires. Il incarne l'ami intime de John, légèrement destroy et familier d'une vie de sexe, de drogue et de rock n roll. Son apparition réjouissante contraste avec la vie plus intellectuelle de John. On le voit plus tard, vieilli et dégarni, toujours aux côtés de son ami, toujours dans son propre rôle, avec son sens de la fantaisie qui le rend à l'aise dans les situations les plus improbables (comme dans les Hot shots). Sa participation en forme de clin d'oeil apporte de la légèreté au film, dans un cameo plus que réussi.
TURBO INTERCEPTOR - Un peu Classe
C'est un oiseau ? C'est un Avion ? Non, c'est Charlie Sheen qui surgit de la nuit à bord de son super bolide fantôme, bien décidé à régler leur compte à la bande de jeunes punk qui terrorisent la paisible bourgade américaine où il vécu jadis. Car oui, Charlie Sheen est ici un fantôme, revenu d'entre les morts à bord d'un bolide dont le design a fait fantasmer toute une génération de teenagers amateur de belles voitures. A mi chemin entre le film fantastique et le revenge movie, The Wraith (c'est son titre original) fait encore une fois figure de pur délire eighties, entre les coupes de cheveux pas possible, les power-balades en veux tu en voilà et des personnages caricaturaux au possible (le méchant très méchant, le gentil très niais, la copine soit jolie mais tais-toi, l'informaticien geek asocial (et méchant mais pas trop)). Bref, tout ce que John Hughues a réussi à défendre avec tendresse et nostalgie, tourné ici en breuvage à déconseiller aux diabétiques. Un cocktail parfumé aux couleurs fluos prévisible du début à la fin et qui donnera sans doute une indigestion carabinée aux allergiques, et au milieu duquel Charlie, fort d'un rôle tout de même iconique, servit par un visuel implacable
WALL STREET - Classe
Jeune courtier en Bourse, Buddy Fox en a assez de ne toucher que du doigt les grandes fortunes auxquelles il aspire. Arrive alors Gordon Gekko, un grand magnat de la finance qu'il va d'abord courtiser en tentant ensuite d'en apprendre le plus possible, sans penser aux conséquences désastreuses de ses actes. La bourse est un vaste sujet aux nombreux niveaux de lectures, mais traité par le grand Oliver Stone, cet univers révèle vite un terrain de jeu virevoltant où les revendications et la critique d'un monde où l'homme est finalement devenu une valeur marchande aussi insignifiante qu'une autre sont loi. Retrouvant un Charlie Sheen qu'il avait déjà dirigé l'année précédente dans Platoon, le réalisateur pose son avatar en yuppie naïf et ambitieux, et l'acteur d'entrer dans le rôle avec l'aisance d'un dauphin dans l'eau, montrant à la fois l'espoir et la fougue d'une génération qui se transformera quelques temps plus tard en American Psycho.
HOT SHOTS - Classe Déjantée
D'une certaine manière, Charlie Sheen pourrait se poser comme l'anti Tom Cruise. En effet, là où le gentil fils d'Hollywood incarnait à la fois le beau héros colgate et le gendre parfais de toute une génération de famille Yankee, le fils Sheen a toujours trainé cette image d'anti-héros/bad-boy, porteur d'une cool attitude légèrement déviante, à l'image de son pote Kieffer Sutherland. Quoi de plus normal, donc, de le voir ici parodier le bonhomme dans une version acide du Top Gun de Tony Scott dirigée par le Jim Abrahams des ZAZ lui-même (Toute la série des Y'a-t-il... ?). Se situant en bonne place dans la catégorie des films qui passent leur temps à tailler un costard tant à la situation géopolitique mondiale qu'au classiques du grand écran (Danse avec les loups et 9 semaines ½ en sont pour leur frais), Hot Hots est une des plus drôles comédies sorties en 1991. Alimenté de répliques complètement barrées bien dans le ton des précédentes productions du type (« Tu as le blanc d'œil le plus blanc que j'ai jamais vu ! », « J'aime ton parfum ! _C'est du Vicks, je suis malade »), Hot Shots reste encore aujourd'hui dans le top de tête des films de grand guignol dont le public aime encore à se rappeler avec amusement et nostalgie. D'autant que l'aventure connu une suite deux ans plus tard.
HOT SHOTS 2 - Classe Loufoque
Pour ce second opus des aventures de Topper Harley, toujours dirigée par Jim Abrahams, Charlie Sheen se retrouve cette fois dans la peau d'un sous Sylvester Stallone, alors que le film lui donne l'apparence du personnage de Rambo dans le troisième opus de la licence. Bandana Rouge, musculature surdéveloppée, Sheen s'en donne à cœur joie dans cet opus absolument incorrect qui n'a sans doute pas le rythme de son prédécesseur, mais qui n'en contient pas moins des passages restés dans les mémoires, comme ce poulet transformé en flèche, Sheen tirant une quantité presque infinie de balles et se retrouvant noyé à la taille par les douilles de celles-ci ou encore un Saddam Hussein qui s'en prend encore plein la poire, grimé en dictateur un peu précieux à la gâchette facile. Un métrage léger et un peu bancal, mais qui, comme le premier opus, reste tout de même un sommet dans le genre. Et puis Charlie Sheen porte avec lui un sérieux qui fait prendre la mayonnaise à merveille, et ca c'est quand même la classe.
ALARME FATALE - Classe voiturière
Entre deux Hot Shots, Charlie Sheen vient dire coucou à son frère Emilio Estevez, faisant ici équipe avec Samuel L. Jackson et s'en donne à cœur joie dans les rôles des inspecteurs Colt et Luger (tout un programme !), parodiant les fameux Riggs et Murtaugh de l'Arme Fatale. Sidekicks bidons (l'excellent Jon Lowitz), méchants n'ayant pas peur du ridicule (Tim Curry, déguisé en jeannette à barbe) ou apparitions succulentes (se succèdent ici Denis Leary, William Shatner, Whoopi Goldberg, Bruce Willis, Charles Napier ou encore Erik Estrada et Larry Wilcox, les deux fameux Chips), le film enchaine les morceaux de bravoure made in Hollywood et les délires visuels les plus aberrants. Au rayon des apparitions, Charlie Sheen servira le temps d'une scène de voiturier chargé de ramener aux deux flics leur voiture de fonction, trop content de se voir accordé un pourboire supérieur à la normale. Une apparition aussi courte que réjouissante, et qui attire l'attention de tous tandis que la caméra le suit de l'œil pendant toute la séquence, imposant pendant quelques seconde le monsieur comme personnage principal et omniscient, corrigeant même les personnages sur les données de l'intrigue. Une apparition comme on aimerait en voir plus souvent.
THE ARRIVAL - Classe intersidérale
Avant Pitch Black et sa suite, le réalisateur et scénariste David Twohy a construit sa réputation de « faire beaucoup avec un faible budget » grâce à ses deux premiers longs métrages. Tout d'abord avec Timescape, l'histoire de touristes venus du futur en voyage organisés, et cet Arrival histoire d'extraterrestre sortie en pleine folie X-Files et où Charlie Sheen campe un scientifique indépendant qui découvre une vaste conspiration d‘extraterrestres. Avec un agencement minutieux et inventif de son budget effet spéciaux, Twohy arrive à créer une tension incroyable avec des apparitions furtive et placées à des moments clés, sans jamais jouer sur la surenchère, amis plutôt sur le non dit tant narratif que visuel. C'est ainsi peu dire que Charlie Sheen, interprète principal et presque unique de cette œuvre, porte véritablement le film sur ses épaules, tandis que chaque regard, chaque sursaut, chaque réaction de sa part, subtile et calibrée, aide à traduire une détresse qui transpire maintes fois de l'écran. The Arrival s'est ainsi imposée dés sa sortir comme une véritable perle rare, œuvre crépusculaire intense et crépusculaire, qui éleva son réalisateur comme l'un des fleurons d'une nouvelle génération de SF, et Sheen d'ajouter à son pedigree sans doute une des meilleures œuvres de sa carrière.
LA RELEVE -Classe qui fume
En purs représentants de l'actionner made in heighties, Clint Eastwood (tout de même 3 suites de L'inspecteur Harry et son Firefox dans cette seule période et dans ce seul registre) et Charlie Sheen étaient voué à se rencontre un jour ou l'autre. Et c'est par le biais de ce scénario bien bourrin issu du combo Scott Spiegel (Evil Dead 2) et Boaz Yakin (le Punisher avec Dolph Lundgren, que du bon, donc) que va s'opérer la magie. L'aventure décolle à partir d'un scénario incroyablement classique : Eastwood, un vieux de la vieille de l'école de police de la rue, voit son partenaire se faire tuer sous ses yeux et, après avoir perdu les malfaiteurs suite à une course poursuite de tous les diables, voit le pti jeune David Ackerman un peu coincé (Sheen) lui servir de partenaire de rechange. Ils vont bien évidement passer leur temps à tirer sur tout ce qui bouge et à casser la gueule au méchant en baisant la femme de celui-ci (on ne se refait pas, c'est la fin des heigties). Mais à où le film se veut un classique indémodable, c'est dans la relation qui uni les deux policiers, plus couillus tu meurs, qui passent leur temps à s'envoyer des vannes bien pourries et à chercher du feu pour allumer leur maudite clope qui restera toujours désespérément éteinte (« C'est l'histoire de ma vie »). Dialogues à couper au couteau, scènes d'action où tout pète dans tous les sens, La Relève est une véritable pièce de musée, témoignage d'une époque où les flics étaient encore des flics, les méchants des gros méchants et les cowboys des hétéros et fiers de l'être. Et ca c'est la classe ! (Mais qu'est-ce que je raconte ?)
260 CHRONO - Diablement Classe
Passioné de voitures et de mécanique, le jeune policier Benjy Taylor (D.B. Sweeney, Jericho) est un jour recruté pour infiltrer une gang de recel de voitures. Rapidement, il va se retrouver face à Ted Varrick (Charlie Sheen), le maitre d'œuvre de ce trafic, qu'il va devoir faire tomber. Mais peu à peu, entre le désintérêt de ses supérieurs (parfois pourris jusqu'à l'os) et la passion pour les belles cylindrées aidant une amitié qui va progressivement se transformer en une relation bien plus trouble, Benjy va devoir choisir entre ce nouveau frère spirituel et le devoir. Scénarisé en 1987 par Dick Wolf, le futur papa de la série New York District, et réalisé par un Peter Werner depuis lui aussi passé à la télévision (Medium, Boomtown), 260 Chrono donne à Charlie un rôle de Bad Guy qui lui sied à merveille, mélange de démon tentateur et de meilleur pote dans le coup. Assuré, sombre et charismatique, on regrettera que ce rôle s'achève de manière aussi rapide lors d'un final un peu expédié, mais qui n'enlève rien à cette partition n'étant pas sans rappeler certains personnages troubles de Miami Vice, et dont s'inspireront sans doute les scénaristes de Fast & Furious pour le personnage de Vin Diesel. Bref, la méga Classe.
CADENCE - Un peu Classe
Condamné à une peine de prison militaire pour avoir cogné un agent de la police militaire, le soldat Franklin Bean atterrit dans le carré sur sergent Otis McKinney. A sa grande surprise, celui-ci le considère immédiatement comme un « allié », et Franklin de rapidement comprendre pourquoi : Les 5 autres prisonniers de la petite garnison sont noirs. Martin Sheen trouve avec Cadence sa première et finalement unique réalisation, et y joue aux coté de son fils afin de défendre un propos fort et universel sur l'acceptation de l'autre et le réaménagement des esprits rétrogrades de l'ancienne école, enfermée dans ses certitudes au point d'en devenir totalement déconnectée de la réalité. Malheureusement ampoulé par une réalisation plan-plan, le script perd beaucoup de bonnes idées et se révèle finalement trop classique pour atteindre le niveau d'un Maitre de Guerre ou de la séquence de caserne d'un Full Metal Jacket. On saluera tout de même l'effort tandis qu'à défaut de transcender son rôle Charlie Sheen arrive tout de même a nous tirer une petite larmichette lors de la séquence finale.
A TOUTE ALLURE - La classe Bof
Fausse illustration du syndrome de Stockholm, A Toute Allure voit Charlie Sheen incarner Jack Hammond, un homme condamné à la prison après une sombre affaire de braquage de banque. Après avoir réussit a échapper à la surveillance de la police, Jack se retrouve contraint de prendre en otage une passante innocente (Kristy Swanson ) et de s'embarquer dans une course effrénée tandis que le couple sera poursuivit tant par les forces de police que par les médias. Et alors qu'on réalisera que le monsieur est innocent (la faute à un procès trop vite emballé) le film peinera à sorti des sentiers battus avec un final flattant l'égo du spectateur le moins exigeant. Réalisé à grand coup d'effets inutiles par un Adam Rifkin nous ayant pourtant apporté l'amusant Detroit Rock City et les scénarios de La Souris et de Small Soldiers, A Toute Allure est une série B molle qui possède trop peu de bons moments pour se démarquer du lot. Une partition sans doute acceptée par Sheen afin d'arrondir des fins de mois alors difficiles, comme c'était sans doute le cas pour une grande partie du cast.
CLASSE X - Plutôt Classe Z
Après Martin Sheen et son Cadence, c'est au tour d'Emilio Estevez de se mettre en scène face à son frère Charlie dans ce téléfilm produit en 2000 par Showtime. Charlie et Emilio y incarnent les fameux frères Mitchell, réalisateurs pornographiques ayant entre autre défrayé la chronique en réussissant à faire distribuer par United Artists le film Derrière la Porte Verte, révélant au passage l'actrice Marilyn Chambers. Alternant gloire et soucis avec la justice à la manière d'un Larry Flint, Classé X possède cependant une réalisation bien plus clipesque qui, malheureusement et malgré un désir sincère de retranscrire une période clé de l'histoire de la pornographie, saborde parfois la performance de ses interprètes. Charlie Sheen semble malgré tout hanté par son rôle, entre peur, colère et conflits, et arrive tout de même, malgré un format téléfilm qui fait bien trop ressentir par moment son manque d'envergure, à donner corps et substance au récit. Mais même si lui s'en sort plutôt bien, un film n'est jamais aussi bon que sa réalisation.
TERMINAL VELOCITY - la Classe qui fait boum
Série B concept reposant sur le désir de proposer en veux-tu en voila un nombre incalculable de séquences d'action prenant place dans les airs, Terminal Velocity utilise Charlie Sheen comme vecteur de son intrigue afin de le plonger narrativement et littéralement dans une intrigue d'anciens agents du KGB qui ont choisi les Etat Unis comme terrain de jeu afin de se tirer dessus entre eux. Valant principalement pour ses cascades et sa pyrotechnie, le film donne cependant à Charlie un rôle agréable, sorte de héros involontaire trainé malgré lui dans des situations de plus en plus improbables. L'acteur joue le jeu et cabotine juste ce qu'il faut pour rendre la partie comédie agréable et amusante, sortant ça et là des phrases qui sont depuis restée dans les mémoires (« Pour quelqu'un avec qui j'ai jamais couché, tu m'as bien baisé ! »). Loin d'être un grand film, Terminal Velocity reste quand même un divertissement qui remplit honnêtement son rôle, à défaut d'être exceptionnel.
HAUTE TRAHISON - pas classe du tout
Parfois il ne faut pas se fier au casting d'un film pour juger de sa qualité. C'est le cas ici avec ce Haute Trahison qui réuni pourtant Charlie Sheen, donc, mais aussi Linda Hamilton, Donald Sutherland, Ben Gazzara, Terry O'Quinn, Paul Gleason, Gore Vidal ou encore Sam Waterson. Et oui, malgré cet excellent casting trois étoiles George P. Costamos revient nous réaliser un de ces films dont il a le secret. A l'image de ses précédents Cobra ou Leviathan, Haute Trahison n'a en effet d'intérêt que le souvenir vaguement flou qu'on en garde après des années, et qu'il ne faudrait surtout pas déflorer par une nouvelle vision d'une œuvre en dessous du quelconque, puisque laissant ses acteurs en roue libre, tantôt transparents, tantôt poussé par un scénario anémique aux idées vaines et probablement tirées d'une mauvaise blague carambar, étant donné que plus de la moitié du film ne sert scénaristiquement à rien, beaucoup d'actions n'ayant pour aucune autre finalité que de rallonger la durée de la chose. Embarqué dans la galère, Sheen fait ce qu'il peu pour rester sous le radar, mais c'est difficile quand on est le héros destiné une nouvelle fois d'arrêter une conspiration tirée par les cheveux qui vise encore le président des Etats Unis.
LES TROIS MOUSQUETAIRES - La Classe Disney
On se demande si Alexandre Dumas a rit ou s'est retourné dans sa tombe à la vision de cette adaptation très libre des Trois Mousquetaires par l'écurie Disney. Alternant noblesse et grande bouffonnerie, le film a ici tout de la réunion de potes qui s'amusent à se taper sur les fesses et à bruler au fer rouge celles de leurs ennemis. On perd donc en littérature ce qu'on gagne en amusement enfantin puisque ce joyeux bordel tout public est au final relativement réussi dans son genre (encore faut-il aimer le genre). Charlie Sheen, aux côtés de Kiefer Sutherland, Chris O'Donnell et Oliver Platt vont ainsi combattre vaillamment le pernicieux Tim Curry pour les beaux yeux de Rebecca De Mornay et Gabrielle Anwar. Il y alterne principalement entre deux expressions : d'une part celui qui malgré son grand chapeau semble toujours avoir le soleil dans l'œil puisqu'il passe la première moitié du film à plisser les yeux d'un air convaincu, et de l'autre celle, catastrophé du noble Aramis qui découvre que le cardinal sous lequel il a servit autrefois est en fait le cerveau diabolique de l'affaire. Une expression qui trouvera son point culminant alors que ce dernier lui tirera dessus. Mais alors que la grande maison pour enfant n'autorise que deux expression par acteur, elle passe également son temps à ressusciter ses héros. C'est aussi cela le formatage Disney.
FRIENDS - Très Classe
Avant d'entamer quelques années plus tard son long chemin dans le monde des comédies télé, Charlie Sheen participa tout de même à la sitcom des sitcoms, j'ai nommé Friends. Bien que très courte (juste le temps d'un épisode), sa participation mémorable reste encore aujourd'hui dans les mémoires alors qu'il incarna brièvement un sous-marinier, petit ami de passage de l'excentrique Phoebe, destiné à partager avec elle des moments romantiques avant de s'engager pour six mois dans un voyage aquatique. Manque de bol, les deux amoureux vont attraper la varicelle, une affliction qui ne les empêchera cependant pas de se toucher, ou plutôt de se gratter mutuellement malgré les conseils du médecin et les précautions de leurs amis. Un rôle où Sheen démontre à la fois son côté classe et son goût pour la comédie débile déjantée. Un mix qui à toujours la classe.
SPIN CITY - Classe de remplacement
Alors que le casting de la populaire série Spin City était dirigé de main de maître par un Michael J Fox énergique mais de plus en plus atteint par les syndromes de la maladie de Parkinson, il devenait urgent pour la production de lui trouver un remplaçant après 4 saison éclatantes. Misant sur le changement, celle-ci accorda à Charlie Sheen le rôle convoité de nouvel adjoint du maire pour une série qui avait encore de beaux jours devant elle. Ouvert et engageant là où Fox était timide et trop réfléchit, Sheen arrive à imposer le changement de dynamique de la série, et ce deux saisons durant. Un tour de force improbable mais effectué avec brio, surtout quand on sait à quel point les fans de la série étaient attachés au personnage de Mike Flaherty, un personnage qui avait fait toute la force d'une sitcom jouant tout en finesse dans le quiproquo politique de bon goût. Une expérience qui donna sans doute le goût à Charlie pour la comédie de plateau sérialisée, alors qu'un an plus tard il enchaînait sur Mon Oncle Charlie.
MON ONCLE CHARLIE - La Classe Has Been (la bonne)
Voguant tranquillement entre les conquêtes qui se succèdent à une vitesse phénoménale (ca aide d'être un artiste ayant une maison qui donne sur l'océan à Los Angeles) et un travail de composition musicale pour la télévision, Charlie Harper vit une vie bien pépère jusqu'au jour où son manchot de frère se fait jeter de chez lui par une femme autoritaire qui demande le divorce et la garde de tous ses biens. Ronchon, Charlie accepte Alan, non pas de gaîté de cœur, mais parce que celui-ci possède un fils aussi flemmard que lui, adepte de bonne chaire et prompt à tous les débordements. Un électron libre en quelques sortes qui n'hésite jamais à dire le fond de sa pensée, aussi saugrenue soit-elle. Ce sont donc ces « deux hommes et demi » (traduction du titre original de la série) que le spectateur va retrouver ici tout au long de cette nouvelle série mise en place par Chuck Lorre, créateur de la merveilleuse Dharma & Greg et du récent Big Band Theory, qui donne à Charlie un moyen tant d'assumer aux yeux du public que de se moquer de sa propre personne (son personnage ne s'appelle pas Charlie pour rien), incarnant ici un avatar de lui-même has-been flamboyant et vieillissant (la série a déjà 5 ans, bientôt 6) tandis que de nombreuses références sont faite à sa vie en coulisses (une apparition de Denise Richards à la belle époque, une réunion d'amis voyant Sean Penn et Elvis Costello ...). On évite ainsi la téléréalité en restant dans le domaine de l'autocritique satirique, et ca c'est la classe. Qui plus est, la série, quand elle ne sombre pas dans le grotesque (ce qui arrive occasionnellement) est particulièrement drôle, ce qui ne gâche rien.
SCARY MOVIE 3 - Très classe
Après la débandade qu'était le numéro 2, on change totalement une équipe qui gagnait et on remplace les frères Wayans par les Z.A.Z (Zucker, Abrahms et Zucker). En fait, des Z.A.Z. il ne reste que David Zucker à la réalisation aidé de Pat Proft (Police Academy) au scénario. Du coup, il change (presque) totalement le casting original et nous met ses acteurs préférés. Aux côtés de Anna Faris et Regina Hall, seules rescapées des opus précédents, on trouve le génialissime Leslie Nielsen dans le rôle du président, ainsi que Charlie Sheen dans un rôle semblable à celui de Mel Gibson dans une parodie de Signes. Le film mélange donc la plupart des récents films à succès avec le Hulk de Ang Lee (dans la fin alternative), The Ring, la trilogie Matrix, 8 Miles, Signes et le Sixième Sens. Les gags font mouche à tout les coups, notamment le running gag du gamin qui se prend quelque chose dans la tronche, ou la parodie de Signes lorsque Charlie Sheen retrouve sa femme d'alors, la très belle Denise Richards. Le final est un total n'importe quoi (encore plus bordélique dans la fin alternative) et l'on passe un très bon moment. Le casting est aussi ébouriffant avec des caméos de Pamela Anderson, Jenny Mc Carthy, Queen Latifah, Georges Carlin (qui est décédé il y a peu), RZA, Redman et Jeremy Piven (Smoking Aces). Une très bonne surprise, donc, après la médiocrité du deuxième. Dommage cependant qu'il ai causé cette nouvelle mode de la "parodie rapide", provocant une profusion de Spartatouille, Date Movie et autres Epic Movie.
Scary Movie 4 - Moyennement classe
On prend les même et on recommence. Après le succès du troisième opus, Jerry Zucker et Pat Proft retourne dans la parodie avec un film réalisé à la va-vite. Reprenant le scénario de La Guerre des Mondes, en y ajoutant The Grudge, Saw et Le Village, Scary Movie 4 aligne des gags molassons avec une rapidité extrême. Quitte à garantir la quantité au lieu de la qualité, les blagues semblent avoir été improvisées sur le moment, et l'on sent les différentes réécritures du scénar. Bien entendu, on n'échappe pas au grand casting de célébrités avec le Docteur Phil (inconnu ici-bas), Carmen Electra, Shaquille O'Neal, Michael Madsen (dans une excellente parodie de Tim Robbins), Chris Elliot... Tandis que la plupart des acteurs du troisième film rempilent pour de courtes scènes. Ainsi, Charlie Sheen revient pour cinq minutes environ, se réveillant autour de superbes nanas et alignant les tentatives de suicides (il était alors en instance de divorce dans la vraie vie). Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir, puisque bien que bâclé, Scary Movie 4 se laisse suivre avec beaucoup de passages drôles comme, justement, tout le passage avec Michael Madsen qui compte détruire les tripodes en construisant des quadripodes. On a aussi une reprise de Tom Cruise chez Oprah, passage qui demeurera une cruelle référence obscure dans les prochaines années. Vite vu, vite consommé, c'est peut-être cela aussi qu'on appelle le cinéma PopCorn.