David Carradine

Le portrait de David Carradine

David Carradine est né en 1936, fils de John Carradine, déjà acteur de son état. Il a d'abord adopté les Us des sixties, se consacrant d'abord à la musique et développant un mode de vie très influencé par les philosophie orientales. C'est d'abord par la musique qu'il aborde le théâtre, alors qu'il est étudiant à l'université de San Francisco. Après son service militaire, il trouve à New York un travail dans une agence de pub et apparaît sur Broadway où il rencontre ses premiers succès. 

Son premier petit rôle au cinéma, il le décroche le western Taggart. Il débute également sur le petit écran en 1966 dans « Shane ». S'il ne connaît pas immédiatement la gloire, l'acteur travaille constamment, dans des films pas toujours indispensables. Il tournera dans le premier film de studio de Martin Scorsese, Bertha Boxcar en 1972. Il aura plus tard un rôle secondaire dans Mean Streets. N'étant alors que peu familiarisé aux arts martiaux (qui deviendront sa passion plus tard), il rencontre le succès dans la série télévisée Kung Fu, où il compose un personnage iconique (d'abord destiné à Bruce Lee) et pour toujours accolé à son nom. Au terme de trois saisons triomphales, Carradine a voulu profiter de son statut de star pour poursuivre sa carrière cinématographique.

Il incarne en 1976 le légendaire chanteur engagé Woodie Guthrie (grande influence de Bob Dylan), dans l'adaptation de son autobiographie, En route pour la gloire, réalisé par Hal Ashby. Le prestation de l'acteur est saluée. Il a également passé derrière la caméra pour réaliser Americana en 1981. Sa renommée lui a permis d'être choisi par Ingmar Bergman pour L'oeuf du serpent en 1977. Il lui fait endosser le rôle d'un homme désespéré et traqué dans le Berlin désenchanté des années 20. Pourtant le succès promis à Carradine au cinéma semble toujours lui échapper. On peut encore retenir de cette période le Gang des Frères James de Walter Hill en 1980 (western où il jouait d'ailleurs avec ses propres frères). 

Sa carrière s'abîme peu à peu dans un oubli relatif les années suivantes, où on le remarque parfois au détour d'une série (dans l'Homme qui tombe à pic ou Supercopter). Il est également poursuivi par Chuck Norris dans Oeil pour oeil en 1982. Il accepte de jouer des rôles de seconde zone pendant longtemps. Il enchaîne les séries B. Il redore un moment son blason terni auprès de Mel Gibson dans Comme un oiseau sur la branche. Cependant, Carradine est tout au long des années 90, un acteur dont la gloire est passée, apparaissant en guise de clin d'oeil un peu triste dans tel ou tel feuilleton (Docteur Quinn femme médecin ou Charmed). Il connaît aussi l'honneur douteux de voir ses films sortir directement en vidéo. On le croit fini.

Mais c'est compter sans l'admiration d'un grand amateur de série B, Quentin Tarantino. Carradine lui devra sa résurrection en 2003, tout comme John Travolta et David Forster avant lui. Ainsi il devient le héros charismatique, poursuivi par la mariée vengeresse de Kill Bill volume 1. On n'entend d'abord que sa voix, on s'aperçoit qu'on la reconnaîtrait entre toutes. Et sa présence, ou plutôt son absence, est écrasante. Dans Kill Bill volume 2, il apparaît enfin, grâce à une entrée dramatique et en noir et blanc dans un prologue spectaculaire. Le réalisateur lui offre une seconde vie. 

On le retrouve dans sa splendeur, dans des rôles de vieux sage (notamment dans Alias). Carradine a retrouvé ses galons de star. Il a conquis un nouveau public et a pu travailler de nouveau, alternant toujours la télévision et le cinéma, sans toutefois confirmer la renaissance spectaculaire qu'il a connue grâce au fameux enthousiasme du grand Quentin.

 

Au fond la plus grande émotion que l'on ressentait à la fin de Kill Bill volume 2, c'était de voir cet acteur légendaire, terrassé de façon inattendue et émouvante alors qu'on s'attendait à un grand combat dans les règles de l'art. On songe que parfois la vie est absurde de la même façon. 

Alors plutôt que cette triste nouvelle que l'on entend diffusée à la radio aujourd'hui, on préfère se souvenir de lui comme l'évoquait -déjà- Samuel L. Jackson à la fin de Pulp Fiction, l'imaginer seul s'éloignant sur le chemin à la fin d'un épisode de Kung Fu

 


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