Gwyneth Paltrow

Le portrait de Gwyneth Paltrow

Gwyneth Paltrow a vu le jour le 27 septembre 1972, fille d'un producteur de télévision renommé et d'une actrice de théâtre, Blythe Danner, également reconnue. Bien que née à Los Angeles, elle passe son enfance à New York où elle partage l'intense vie culturelle à laquelle ses parents participent. Elle voit sans cesse sa mère jouer, grandit en familière des planches et du théâtre. C'est d'ailleurs là que sa vocation lui vient. De retour à Los Angeles et après un semestre à l'université (en Histoire de l'art), elle décide de s'y consacrer entièrement.

Son premier rôle marquant au cinéma arrive en 1991 lorsque Steven Spielberg, lui propose le rôle de la jeune Wendy dans Hook, sa réinterprétation de Peter Pan. La jeune femme y est rayonnante et gracieuse, incarnant cette belle mélancolique à laquelle l'éternel petit garçon ne sait pas totalement rendre son amour et qui doit vieillir sans lui. Elle a un second rôle dans le thriller Malice (aux cotés de Bill Pullman et Nicole Kidman). Elle se fait auparavant remarquer dans Flesh and bones, aux côtés de James Caan, adoptant admirablement l'accent texan. Dans Mrs Parker et le cercle Vicieux d'Alan Rudolph puis dans Jefferson à Paris de James Ivory (en 1995), elle s'impose dans des seconds rôles d'importance qui font d'elle une valeur montante.

Elle sera du très bon premier film de Paul Thomas Anderson, Hard eight, où elle sera la femme fatale qui tournera la tête du joueur un peu simplet (John C. Reilly). Cette fille, serveuse qui se prostitue à ses moments perdus, entraîne le pauvre bougre dans un sombre engrenage. Elle est enfin en 1996 l'épouse du jeune flic Brad Pitt dans Seven de David Fincher, la part d'innocence et de répit qu'il tente de préserver de son horrible enquête. Paltrow y figure la pureté au milieu d'un monde glauque et désespéré.

Sa première incursion dans la comédie se fait dans l'oubliable Le Porteur de Cercueil (l'ensemble n'est pas très convaincant et destiné à offrir à David Schwimmer, star de Friends, un tremplin au cinéma). C'est dans Emma, l'entremetteuse, que la comédienne s'affirme enfin, romantique, gracieuse et classique. Dans ce film, adapté de l'oeuvre de Jane Austen, Paltrow est charmante et adopte un accent anglais parfait. Elle se prêtera souvent à ces adaptations, parfois assez libres, comme c'est le cas dans De grandes espérances d'Alfonso Cuaron (adapté de Dickens mais transposé à notre époque) et bien sûr Shakespeare in love (variation légère autour de Romeo et Juliette). Sa beauté blonde et classique la qualifie pour Meurtre Parfait en 1998 (remake de Le Crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock. Paltrow reprenait le rôle de Grace Kelly). Elle a pu tenter de varier les plaisirs: Dans une ambiance plutôt tendue avec sa belle mère campée par Jessica Lange, elle plongeait dans l'ambiance oppressante de Du venin dans les veines en 1997.

Mais la belle est allègre et se prête régulièrement à quelques fantaisies, comme Pile et face de Andrew Davis (où elle incarne deux versions d'un même destin, sur le fameux mode du « et si je n'avais pas loupé le métro... » et des conséquences que cela peut avoir). Le double rôle qu'elle tient dans Shakespeare in love est assez intéressant: une jeune femme rêveuse et passionnée de théâtre se travestit pour contrevenir aux lois qui interdisent aux représentantes de son sexe de se produire sur scène. Même si on croit assez peu à sa version « masculine », elle l'incarne avec tant de grâce que l'on comprend pourquoi cette noble dame devient la muse de ce brave Will Shakespeare en mal d'inspiration. Elle y est rayonnante. Gwyneth connaît la consécration et devient une actrice de tout premier plan. Elle peut donc apparaître dans le très classieux remake de Plein Soleil et adaptation du roman de Patricia Highsmith, Le Talentueux Mr Ripley d'Anthony Minghella, entre Jude Law et Matt Damon. Ce retour sans cesse vers des oeuvres littéraires est une constante dans sa carrière. 

Elle joue dans Duos d'un jour une chanteuse de Karaoke, sous la direction de son père en 2001. Elle continue de s'illustrer dans la romance avec Un amour infini où Ben Affleck tombe sous son charme. Mais leur relation s'annonce compliquée car il est celui qui a échappé de peu au crash d'un avion qui a coûté la vie à l'époux de la demoiselle (avec qui il a échangé sa place). On préfère la retrouver, cassant son image, dans l'Amour Extra-Large des Frères Farrelly où Jack Black, victime d'un terrible envoûtement, ne voit que la beauté intérieure des femmes qu'il rencontre. Ainsi il ne voit que la jolie Gwyneth, sans être conscient qu'elle a quelque kilos en trop (malgré des indices spectaculaires, dont un string monstrueux). Ce talent pour l'autodérision lui permet d'intégrer avec succès l'étrange univers de Wes Anderson et de La Famille Tenenbaum en 2002. Elle y est une dramaturge géniale et qui obtint le Prix Pulitzer en troisième. Encore une femme de lettres donc, mais qui a été traumatisée avec ses frères par le départ de leur père pendant leur enfance. Alors que celui-ci est à l'agonie, il veut tous les revoir, ce qui n'est pas sans créer quelques problèmes. Dans The Anniversary party, elle incarne une star hollywoodienne qui crée l'envie et la jalousie de Jennifer Jason Leigh (ici co-réalisatrice de ce film choral avec Alan Cumming). Elle s'amuse donc de son statut. 

Possession lui offre un rôle assez intéressant. Aux côtés d'Aaron Eckhart, elle incarne une universitaire se consacrant à la correspondance amoureuse échangée entre un poète et sa maîtresse du 18ème siècle. Peu à peu ils se laissent envahir par cette passion épistolaire dont la puissance les envoûte. Le sujet est assez beau, littéraire et romantique, une nouvelle fois, un emploi qui convient bien à Paltrow. Elle incarnera d'ailleurs la poétesse Sylvia Plath (femme de lettre au destin tragique) dans le film intitulé Sylvia en 2003, aux côtés de Daniel Craig dans le rôle de son époux, Ted Hughes. Son interprétation est fiévreuse et tourmentée. Elle oppose la fragilité et la chaleur de ce personnage à l'assurance de son mari, charismatique et reconnu. Il s'agit de l'une de ses plus belles prestations dans un film à redécouvrir.

La mort de son père en 2002 a plongé la belle dans une tristesse profonde. Elle s'éloigne un moment des plateaux et ne revient qu'en 2005 aux côtés d'Angelina Jolie et Jude Law dans le Capitaine Sky et le monde de demain, film à la fois futuriste et rétro, à l'identité visuelle extrêmement forte (les teintes sépias, l'ambiance qui rappelle les classiques). Mais à côté de cet aspect esthétique réussi et des effets spéciaux assez maîtrisés (même si on sent l'artifice du tournage sur fond bleu), l'ensemble ne captive pas. Elle participe ensuite à Scandaleusement célèbre (évocation de la vie de l'écrivain Truman Capote). Elle apparaît dans la comédie romantique Love, et ses petits désastres (même si c'est encore dans un second rôle). On a le sentiment à ce moment de l'histoire, que la belle Gwyneth peine à revenir.

 

2008 est l'année de son grand retour, d'abord comme l'assistante de Robert Downey jr dans Iron man de Jon Favreau. Elle entretient des rapports privilégiés en tant que secrétaire de ce milliardaire inventif, excentrique et facétieux (mais c'est Downey jr, que l'on n'imagine pas autrement). Avec Two Lovers de James Gray, elle apparaît dans l'un des chef d'oeuvres de cette année et l'un des films les plus justes et les plus déchirants sur l'amour, dans tous ses tourments et son intensité. Ce n'est pas incohérent dans la carrière de l'actrice qui a souvent incarné cela. Gwyneth Paltrow a régulièrement choisi des rôles qui puisaient aux sources de la littérature, de manière plus ou moins orthodoxe (de Jane Austen à Shakespeare, de Sylvia Plath à Dostoievski). 

 

 


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