Son caractère bien trempé et sa réputation de grande gueule ont trop souvent donné à Mathilde Seigner une image de femme manquant singulièrement de classe. Pourtant l'actrice possède un réel talent pour la comédie et une sensibilité qui lui permet d'être également crédible dans des rôles plus durs et tourmentés. Un zoom sur sa filmographie à l'aide de notre "Classe/Pas classe" nous en dit un peu plus sur la nature véritable de cette forte tête...
3 AMIS de Michel Boujenah : Classe
Michel Boujenah connaît la mécanique du rire sur le bout des ongles et l'utilise à bon escient. Kad Mérad étale une nouvelle fois toute sa classe, jonglant avec une facilité déconcertante d'un plan à l'autre entre la gravité d'un homme dévasté et une gestuelle burlesque qui n'est pas sans rappeler un Louis de Funès ou un Pierre Richard. Boujenah emprunte le bon chemin, celui du coeur.
BETTY FISHER ET AUTRES HISTOIRES de Claude Miller : Long long long
Le style de jeu des trois actrices principales, aux antipodes l'une de l'autre, forme un ensemble complexe parfaitement complémentaire. Claude Miller a choisi un ton langoureux mais le mécanisme implacable semble parfaitement maîtrisé jusqu' à la dernière partie qui cède le pas à la facilité en cumulant des rebondissements de situation grossiers.
CAMPING de Fabien Onteniente : Egaré au milieu de nul Classe
Le film n'assume pas assez son côté beauf et veut trop jouer la carte du sentimentalisme. La caricature voulue du campeur playboy ne fonctionne que trop rarement. Mathilde Seigner, Claude Brasseur, et surtout Abbes Zahmani en mécano survolté apportent un supplément d'âme à leurs personnages.
DANSE AVEC LUI de Valérie Guignabodet : Triple Classe
Mathilde Seigner y campe sans doute l'un de ses plus beaux rôles et Sami Frey éclabousse le film de sa classe. Danse avec lui ne saurait laisser indifférent car sans jamais révéler sa cible il réussit à toucher en plein coeur, atteignant avec finesse et justesse la face cachée de tout être.
DETROMPEZ-VOUS de Bruno Dega : Trompeusement classe
Rien de révolutionnaire, mais mine de rien, le scénario procure au film une réelle énergie, boostée par un casting somme toutes original. On se doit cependant de saluer un ton et une écriture un peu plus alertes que le tout-venant, pour une comédie allant au-delà d'un simple quota de gags.
HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN de Dominik Moll : Thriller Classe
Harry oscille entre le suspense psychologique et le drame intimiste, sans que l'option choisie par le scénariste soit clairement identifiable. C'est d'ailleurs bien dans cette ambivalence que réside tout l'intérêt du film et tout le plaisir qu'on peut y prendre. Avis donc aux amateurs de suspense intense et de coups de théâtre ''sursautants''.
LE PASSAGER DE L'ETE de Florence Moncorné-Gabin : Classe Champêtre
Sous ses airs de conte champêtre, c'est une tragédie intense que décrit le film de Florence Moncorgé-Gabin. Un premier film maîtrisé donc, même s'il n'est pas exempt de défauts, qui tire sa force d'une histoire ancrée dans une bonne description de la campagne française après-guerre et surtout de la performance exceptionnelle de Catherine Frot.
LES PARISIENS de Claude Lelouch : Moyennement Classe
Claude Lelouch, avec Les Parisiens semble se perdre dans un foisonnement de personnages et par la même occasion perd son spectateur qui ne parvient pas à s'identifier à ceux qui pourraient le toucher. On peine à accrocher à cette histoire et ce malgré toute la bonne volonté du monde.
QUELQUE CHOSE A TE DIRE de Cecile Telerman : Tout pour être Classe
La construction de l'histoire nous propose un rythme sans aucune faille, alternant les situations invraisemblables avec d'autres beaucoup plus réalistes, pour ne pas dire classiques. Grâce à un sens du dialogue hors du commun et une direction d'acteurs extrêmement minutieuse, Cecile Telerman a décidemment tout pour plaire...
TRISTAN de Philippe Harel : Pas Classe
Le polar français est décidément un genre qui ne se recycle pas beaucoup. Le scénario s'embourbe vite dans l'incrédibilité et surtout dans la confusion. On reste sur sa faim et on se dit que Tristan aurait pu être un bon film mais qu'il restera seulement moyen...
UNE HIRONDELLE A FAIT LE PRINTEMPS de Christian Carion : Classe
Succès surprise de l'automne 2001, Une hirondelle a fait le printemps est une réussite incontestable. Confortablement installé au fond de son fauteuil, on assiste donc ému à la naissance de leur amitié. L'alchimie extraordinaire qui se dégage du couple Serrault-Seigner tient une place prépondérante dans la force narrative d'Une hirondelle a fait le printemps.
VENUS BEAUTE INSTITUT de Tonie Marshall : Classe
Tonie Marshall s'est '' lâchée '' et nous propose la vie quotidienne d'un institut de beauté. Par petites touches et en multipliant les scènes anodines, la cinéaste rend ses héroïnes attachantes. Il n'y a plus ici de scénario préétabli. Bien au contraire, l'histoire évolue au gré des humeurs et des envies des employées.