Né en 1949 d'un père danois et d'une mère française,
Niels Arestrup grandit à Montreuil. Il ne s'investit pas dans ses études et a le sentiment que sa vie se jouera ailleurs. Il scelle son destin en rencontrant Tania Balachova, grande professeure d'art dramatique. Il se lance alors dans les grands textes (Tchekhov, Shakespeare...). A 20 ans à peine, il rejoint une troupe et entame une brillante carrière sur les planches. Il commence à être sollicité par le cinéma dans les années 70, dans
Je, tu, il, elle de Chantal Ackerman ou dans
Stavisky de Alain Resnais en 1974. Même s'il est au second plan, il s'affirme. Il hérite souvent de personnages troubles comme dans
La dérobade. Mais pour l'heure, que ce soit chez Lelouch (
Si c'était à refaire) ou Jeanne Moreau (
Lumière), Arestrup n'est pas en haut de l'affiche. Sa carrière évolue dans les années 80. Après
La femme flic d'Yves Boisset, il coécrit
Du blues plein la tête d'Hervé Palud, un film d'épouvante. Il s'embarque volontiers dans des histoires étranges, comme dans
Le futur est femme de Marco Ferreri en 1984.
Il campe également l'ami d'Isabelle Huppert dans
Signé Charlotte en 1985. L'acteur affirme son goût pour les œuvres atypiques. Il aborde un futur inquiétant dans le film d'anticipation
Diesel de Robert Kramer ou dans
Les Loups entre eux de José Giovanni. Il est commissaire dans
La rumba de Roger Hanin et incarne un musicien dans
Le pique-nique de Lulu Kreutz en 2000. Il aborde une première fois l'univers carcéral dans
Rewind de Sergio Gobbi en 1998. Il apparaît en 2002 dans l'univers très noir mis en scène par Guillaume Nicloux d'
Une affaire privée avant d'apporter sa densité au mari de Judith Godrèche dans
Parlez-moi d'amour. En 2005, il rencontre Jacques Audiard pour
De battre mon coeur s'est arrêté et incarne le père de Romain Duris. Il retrouve le réalisateur dans
Un prophète dans un rôle de taulard emblématique qui lui vaut le César 2010 du meilleur acteur dans un second rôle. Parmi cette impressionnante filmographie, retenons également
Les fragments d'Antonin (2006),
Le scaphandre et le papillon ou encore
Le candidat, qu'il réalise en 2007. L'année 2011 lui offre de très beaux rôles. Il est ainsi aux côtés de Gérard Depardieu dans
Je n'ai rien oublié et aux côtés de Lorant Deutsch dans
Tu seras mon fils. En 2012, il rejoint le casting de
Cheval de guerre de Steven Spielberg. Une reconnaissance bien méritée.