Oliver Stone naît le 15 septembre 1946 à New-York, d'une mère française et d'un père américain financier à Wall Street. Très jeune, il voyage beaucoup puis s'engage dans l'armée. Il part alors pour le Vietnam, dont il revient décoré... et traumatisé. Cette expérience influencera une grande partie de sa filmographie. Après un diplôme de cinéma en 1971, Stone débute dans la réalisation dès 1974 avec deux films d'horreur méconnus, avant de mettre en scène en 1986
Salvador, avec James Woods dans le rôle-titre. Coup d'essai, coup de maître et premier brûlot politique dans lequel Stone critique la politique extérieure américaine en Amérique du Sud. L'année suivante est celle de la consécration : avec
Platoon, premier volet de sa trilogie consacrée à la guerre du Vietnam, le cinéaste remporte quatre Oscars. Les années 1980 sont décidément fastes pour le cinéaste. Après le Vietnam, place en 1987 à
Wall Street où il pointe du doigt les dérives du capitalisme financier. Il décroche un nouvel Oscar et récidive deux ans plus tard avec
Né un quatre juillet, où il s'entoure d'un Tom Cruise fabuleux en vétéran du Vietnam.
En 1992, après un biopic consacré aux Doors, Stone suscite la controverse avec
JFK, immense film-dossier dans lequel le cinéaste s'emploie à démonter les résultats de l'enquête officielle menée suite à l'assassinat du président Kennedy. Volontiers frondeur, Stone divise à nouveau en 1994 avec un
Tueurs nés aussi expérimental que violent où il tire à boulets rouges sur la télévision. Le film est très mal accueilli et divise encore aujourd'hui. La fin des années 1990, comportant
Nixon,
L'enfer du dimanche et
U-Turn, montre en revanche un Oliver Stone toujours mordant bien qu'un peu assagi. Après une parenthèse consacrée au documentaire (dont un consacré à Fidel Castro), il revient en 2005 avec
Alexandre, biopic dans lequel Colin Farrell incarne le célèbre conquérant macédonien. Là encore, le film est accueilli tièdement, à l'image des deux suivants que sont
World Trade Center (2006) et
W. - L'improbable président (2008). Cette année, Stone retrouve Michael Douglas pour
Wall Street, l'argent ne dort jamais, suite du film éponyme de 1987. Une carrière passionnante, parfois en dents de scie, où politique a souvent rimé avec polémique. Impossible d'y être indifférent.