Richard Berry

Le portrait de Richard Berry

Né en 1950 à Paris, Richard Berry se passionne pour le théâtre dès l'âge de 16 ans. En 1969, il entre au conservatoire. Après avoir décroché le premier prix en 1972, il intègre la Comédie Française dont il sera pensionnaire jusqu'en 1980 où il jouera les grandes pièces du répertoire classique. On l'aperçoit d'abord sur grand écran pour un petit rôle dans la Gifle de Claude Pinoteau en 1974. Son premier grand rôle arrive avec Mon premier amour de Elie Chouraqui. Le registre varié de l'acteur se précise. On le voit notamment dans Putain d'histoire d'amour de Gilles Béat en 1981. Il connait un grand succès dans le Grand Pardon de Alexandre Arcady l'année suivante. Il retrouvera le cinéaste à de nombreuses reprises, une première fois dans Le Grand Carnaval en 1983.

 

L'acteur en plein essor rencontre Jacques Demy pour Une chambre en ville en 1982 et connait la consécration avec La Balance de Bob Swaim la même année, aux côtés de Nathalie Baye et Philippe Leotard, témoignant de son goût pour les polar ou les oeuvres sombres (il est un grand amateur de l'écrivain James Ellroy). On le retrouve régulièrement dans ce registre, notamment dans l'Addition de Denis Amar en 1984 (avec Richard Borhinger), dans Spécial Police de Michel Vianey ou encore Urgence de Gilles Behat en 1985. Il aborde la comédie avec Le jeune marié de Bernard Stora en 1983 aux côtés de Brigitte Fossey. Il tourne alors énormément, se plonge dans des contextes très différents. Il apparait dans la Garce de Christine Pascal, un thriller, genre qui a également ses faveurs (on peut le constater jusque dans son film la Boite noire en 2005). 

 

Berry explore de nombreuses terres de cinéma, tournant par exemple pour Claude Lelouch pour une suite prestigieuse, Un homme et une femme, vingt ans déjà en 1986. Après avoir joué entre autres dans Taxi boy de Alain Page (aux côtés de Claude Brasseur) puis dans Spirale de Christopher Frank, il triomphe dans l'Union sacrée de Alexandre Arcady en 1989 aux côtés de Patrick Bruel. Il collabore avec Henri Verneuil dans ses autobiographiques Mayrig et 588, rue paradis en 1992. Il joue également pour Josiane Balasko dans Ma vie est un enfer. Il se joint à la Baule les pins de Diane Kurys, détaillant les conséquences d'un divorce sur les deux enfants d'un couple en difficulté. 

 

Il retrouve Alexandre Arcady dans Pour Sacha en 1991 dans un drame sur fond de Guerre des six jours en Israel (avec également Sophie Marceau et Gérard Darmon). Ils collaborent encore pour une suite à leur grand succès ensemble, le Grand pardon 2 en 1992. Si l'on sent chez Berry une envie d'aborder tous les genres et de tourner sans relâche, sa carrière est également marquée par ses grandes fidélités. Il retrouve également Christine Pascal pour le Petit prince a dit en 1993, poignante histoire d'un père emmenant sa fille condamnée par la maladie à un dernier grand voyage. Il figurera également au générique de Adultère (mode d'emploi) de la même réalisatrice en 1995. C'est valable également pour Bernard Stora pour qui il joue dans Consentement mutuel en 1994 (presque une décennie après le Jeune marié). Toujours attiré par des ambiances plus sombres, il sera l'une des victimes de Marie Gillain dans l'Appât de Bertrand Tavernier, inspiré d'un fait réel.

 

Le temps des comédies

Richard Berry se plonge ensuite avec succès dans le milieu extravagant de Pédale Douce de Gabriel Aghion en 1996. Il forme avec Josiane Balasko un couple de comédiens ne se supportant plus dans Un grand cri d'amour en 1998. Mais si les comédies semblent avoir ses faveurs ces dernières années (on peut citer Une journée de merde), il retrouve Alexandre Arcady pour Là-bas mon pays en 2000, contant l'histoire douloureuse d'un homme ayant du quitté l'Algérie dans sa jeunesse, y laissant son amour d'alors pendant la guerre d'indépendance. Il joue dans le premier film de Patrick Timsit, reprise fantaisiste du Notre Dame de Paris de Victor Hugo intitulée Quasimodo Del Paris, où il endosse le rôle du sinistre Frollo. 

 

Après avoir incarné un quinqua désabusé dans Les Gens qui s'aiment de Jean-Charles Tacchella en 2000, Richard Berry se lance lui-même dans la mise en scène avec L'art (délicat) de la séduction l'année suivante, comédie romantique où se côtoient Cécile de France et Patrick Timsit. Un homme rencontre une femme charmante mais qui lui impose cinq mois de préparation avant de s'engager auprès de lui. Le metteur en scène sur ce postulat amusant commence à s'affirmer. En tant qu'acteur, il est ensuite l'un des maris désemparés de 15 aout de Patrick Alessandrin. 

 

Il renoue ensuite avec le polar dans Un ange de Miguel Courtois où Elsa Zylberstein est une femme tourmentée, en quête de rédemption mais rattrapée par son passé (dont Berry fait partie). Le début des années 2000 est marqué par des apparitions dans des comédies pas toujours très heureuses (Le Nouveau Jean-Claude, ah si j'étais riche, l'Américain) et le début d'une collaboration inégale avec Francis Veber (Tais toi, la Doublure et le dispensable remake de l'Emmerdeur).

 

Choix éclectiques, univers marqués

 

En 2003, Richard Berry réalise un beau film sur l'enfance, Moi César, 10 ans ½, 1, 39 m, contant l'histoire du point de vue du jeune héros, montrant les adultes dans toute leur étrangeté et leur ridicule dans un style qui n'est pas sans rappeler le Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Suivra en 2005, la Boite noire, thriller maitrisé offrant un rôle tourmenté à José Garcia, ainsi qu'une composition mystérieuse à Marion Cotillard. Inventif, visuellement et dans un style de nouveau très marqué, le metteur en scène s'avère audacieux, adoptant une esthétique marquée très différente de ses films précédents, dans ce voyage au coeur de l'amnésie. Berry fait preuve du même éclectisme dans sa mise en scène que dans ses choix d'acteur. 

 

L'acteur continue de collaborer avec des cinéastes qu'il affectionne comme Josiane Balasko pour Cliente. Dans Comme ton père, il incarne un parrain de la pègre auquel Gad Elmaleh se lie.  Il est à l'affiche d'une comédie romantique assez convenue, J'veux pas que tu t'en ailles en 2007, où il est un psy qui découvre que l'un de ses patients est amoureux de sa femme (Judith Godrèche). En 2008, il participait de nouveau à un film policier, les Insoumis de Claude-Michel Rome (Partageant l'affiche avec Zabou Breitman et Pascal Elbé, il incarne un flic en fin de carrière voulant faire son boulot malgré sa mutation). Enfin, il est Le Coach de Jean Paul Rouve dans le film éponyme, tentant de corriger la maladresse de son client calamiteux. On attend surtout sa prochaine réalisation L'immortel dont la sortie est prévue en janvier 2010 où il revient à un genre qu'il affectionne, le polar, s'inspirant d'une histoire vraie (un gangster repenti, Charly Mattei, retrouvé avec 22 balles dans le corps et qui a survécu à cet assassinat).

 

Ainsi, de sa carrière foisonnante et parfois inégale, on peut retenir la versatilité de l'acteur, abordant différents styles souvent avec classe et imposant dernièrement sa sensibilité dans des mises en scène assez maitrisées. Homme de théâtre constant, il continue sa carrière sur les planches (là d'où il vient). Richard Berry continue d'explorer le cinéma français dans toute sa variété. 



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