Le portrait de Romain Duris

Romain Duris voit le jour le 28 mai 1974. Ses parents sont artistes. Alors qu'il venait de quitter le lycée pour se consacrer aux beaux arts, un directeur de casting le repère en pleine rue et Cédric Klapisch le choisit pour devenir le héros du film qu'il réalise alors pour Arte dans le cadre d'une série « les années Lycée » dans un segment nommé Le Péril Jeune. Devant le succès de l'entreprise, le téléfilm connaît les honneurs d'une sortie en salles. Et c'est la révélation. Au milieu du vivier de talents dont regorge le film (Vincent Elbaz, Elodie Bouchez, Hélène de Fougerolles), Duris sort du lot. On est en 1995. Il a la vingtaine échevelée. Il est déjà apparu dans le téléfilm d'un jeune réalisateur prometteur, Olivier Dahan. On attend la suite. 

 

Il accroche au métier d'acteur et apparaît dans Mémoires d'un jeune con de Patrick Aurignac, presque aussitôt. C'est lorsqu'il retrouve Klapisch en 1996 pour participer à la chorale d'un film qui raconte la vie -déjà- d'un arrondissement de Paris qu'on le voit s'affirmer. Dans Chacun cherche son chat, on ne peut pas dire qu'il se révèle encore puisque le personnage n'est finalement pas très loin de celui du Péril Jeune. Mais on remarque sa présence. C'est quand il rencontre Tony Gatlif pour Je suis né d'une Cigogne et surtout Gadjo Dilo en 1998 qu'il sort de son monde et découvre celui des gitans. Il est d'une nouvelle génération du cinéma français, ainsi qu'il le prouve en jouant dans l'audacieux Dobermann de Jan Kounen. Mais il se constitue surtout une famille, retrouvant régulièrement des metteurs en scène auxquels il est fidèle. Ainsi, on le voit dans Déjà mort d'Olivier Dahan, aux côtés de Benoît Magimel et Zoé Felix. Il aborde un registre plus léger dans Les Kidnappeurs, y retrouvant Elodie Bouchez, avant de renouer avec Klapisch dans son film d'anticipation Peut-être en 1999. Il y donne la réplique à Jean-Paul Belmondo.

 

 

L'arnacoeur de Pascal Chaumeil

Romain Duris reste fidèle à ses loyautés premières en retrouvant Olivier Dahan dans sa réinterprétation du conte Le Petit Poucet. Il continue d'évoluer dans un cinéma d'auteur, dans Being Light de Jean-Marc Barr en 2001. Il alterne d'ailleurs toujours avec un beau sens de l'équilibre un cinéma plus commercial avec un autre, plus confidentiel. Il retrouve son ami Cédric Klapisch pour leur plus gros succès ensemble, L'Auberge espagnole en 2002. Il est encore dans un film qui raconte un petit groupe de jeunes et détaille avec légèreté les préoccupations de chacun dans Osmose en 2004 (où il retrouve Clément Sibony et croise Zoé Felix, après Déjà mort). Il collabore également avec Christophe Honoré pour Dix sept fois Cécile Cassard, avec Béatrice Dalle et Jeanne Balibar.Romain Duris s'essaye ainsi à pas mal de registres. Il se met dans la peau du jeune amant d'Isabelle Adjani dans Adolphe de Benoît Jacquot. On le croise également dans Le Divorce de James Ivory.

 

Mais c'est véritablement dans Exils de Tony Gatlif en 2004 que l'on mesure le chemin parcouru. Il est devenu un acteur solide, qui a gagné peu à peu en assurance et en prestance. Cela n'empêche pas quelques choix discutables, comme Arsène Lupin. Un film raté bien vite rattrappé en 2005 par son rôle dans le magnifique De Battre mon coeur s'est arrêté, de Jacques Audiard. Cette évolution et cette profondeur de jeu se confirment avec Dans Paris de Christophe Honoré où il campe le fils de Guy Marchand. Comme pour boucler la boucle, il reprend son personnage de L'Auberge espagnole dans Les Poupées Russes.

 

Duris a alors suffisamment d'assurance et de réputation pour s'attaquer à de grands personnages comme en témoigne sa prestation dans Molière de Laurent Tirard  en 2007. L'acteur explore la même année le désormais classique mal des trentenaires et leur phobie de l'engagement dans L'âge d'homme...maintenant ou jamais. En 2008 il retrouve son metteur en scène de prédilection, Cédric Klapisch, dans un segment du film à sketches ParisRomain Duris séduit même Vanessa Paradis (à l'écran seulement) dans L'Arnacoeur en 2010, qui connaît un joli succès au box office.


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