Le portrait de Sam Shepard

« Il y a des endroits où écrire c'est jouer, où jouer c'est écrire. Je ne suis pas tellement intéressé par les divisions, je suis intéressé par la façon dont les choses se croisent ». Cette phrase résume à elle-seule la trajectoire atypique de Sam Shepard.

Il est l'une des dernières figures mythiques de l'Amérique contemporaine. Une émanation des grands espaces, un mode de  vie en liberté, on l'imagine volontiers vagabonder à travers les grands paysages, traversant son continent au volant d'une voiture pour trouver un moment de liberté comme il l'a si souvent fait. Il est à l'affiche de the Return, thriller un peu convenu où il incarne le père de Sarah Michelle Gellar, une jeune fille qui a d'étranges visions. Il est cependant bien plus qu'un acteur, il est un grand dramaturge et un grand écrivain qui fut l'auteur de scenarios comme ceux de Zabriskie Point ou de Paris, Texas. Il est une référence majeure. Dans ses écrits, il est proche des écrivains de la beat-generation, comme Kerouac, mais avec quelque chose de Carver pour ses nouvelles qui sont autant d'instants volés souvent autobiographiques, sur les tournages ou en dehors (le très beau recueil Balades au paradis en est un grand témoignage). Il fut lauréat du prix Pullitzer en 1979 pour sa pièce « Buried child ».

Le monde de Shepard est celui d'une exploration autant extérieure (ses personnages sont toujours sur la route, en transit, insaisissables comme le vieil acteur de Don't come knocking de Wim Wenders), saisis pendant une tranche de vie ou une parenthèse (comme c'est le cas dans son oeuvre Motel chronicles, qui inspira Paris, Texas, où le lieu est celui des passagers, des éphémères par excellence), mais il est aussi dominé par une quête existentielle perpétuelle qui répond à ce mouvement constant. C'est particulièrement sensible dans les deux films que Wenders a tiré de son univers, son héros est toujours en perte de repères, dans un monde presque indéfini, comme le paysage qui défile aux fenêtres d'une voiture au milieu du désert.

 

Il  est toujours proche des éléments, sans effet, presque rugueux, concentré sur les non-dits, même lorsqu'il écrit un dialogue, il suggère en permanence. Sa réalité d'auteur est naturelle, loin des artifices qu'il fuit le plus possible, de la sophistication, son refuge il le trouve dans les images fugitives qu'il tire de son enfance (cette nouvelle dans A mi-chemin où on dresse un cheval devenu fou), ses souvenirs, sa vie. Lorsqu'il évoque le cinéma c'est pour en raconter l'incongruité, l'absurde (ces nouvelles successives qui racontent les coulisses de The Voyager où en quelques situations, il décrit un milieu fellinien très étrange, dans lequel il est loin d'évoluer à son aise). Comme Clint Eastwood ou Gary Cooper, il évoque physiquement le héros américain typique. De bien des manières dans son oeuvre d'auteur, il en adopte les symboles et les mythes qui sont pour lui sources d'inspiration. Cet état de voyage permanent rappelle celui des pionniers. Mais ses références et ses fréquentations ne sont pas traditionnelles (la Beat Generation, Bob Dylan, Patti Smith), la fièvre et les tourments de ses personnages, leur malaise souvent à fleur de peau rappelle fort Tenessee Williams. Il a en lui ce raffinement, cette sensibilité particulière au contraire de ce monolithe archétypal et légendaire que fut  John Wayne. Et c'est cette fêlure qui fait sa marque et qu'il apporte à ces grands rôles, autant qu'à ses écrits.

Le chef d'oeuvre Les Moissons du ciel de Terrence Malick profite beaucoup de cela. Il est un riche fermier texan condamné que Richard Gere et sa compagne vont tenter d'exploiter. En plus des images somptueuses de Malick qui sublime le décor désolé des champs de blés à perte de vue et cette existence totalement isolée, la fragilité de Shepard participe beaucoup à la beauté mélancolique du film. On est dans l'Amérique de Steinbeck et des Raisins de la colère, des travailleurs saisonniers. Le personnage du propriétaire fermier esst étrange, vulnérable et taciturne, passant son temps à errer, à observer la vie des travailleurs de loin, une vie dont il est exclu de par sa position sociale et son état de santé. Il reprend goût à l'existence quand il épouse la petite amie de Gere, une belle et frêle brune, à qui il fait découvrir la vie des riches « qui ont tout compris » selon la jeune narratrice. Mais même lorsqu'un cirque itinérant attérrit sur la ferme et divertit ses occupants de pantomimes grotesques, la mélancolie et l'isolement de Shepard envahit tout, peut-être davantage que la jalousie incarnée par Gere. Il est en retrait, un peu fantomatique et silencieux, même lorsqu'il est heureux, semble conscient que tout cela est passager, illusoire. Il est véritablement l'incarnation du message que vient délivrer le film, une réflexion magnifique sur le caractère éphémère des bonnes et des mauvaises fortunes, l'une des réflexions les plus profondes et formellement somptueuses sur l'existence toujours instable et sur l'humanité qui se débat pour en tirer son parti du mieux qu'elle peut.

Avant d'être au casting de ce film, son second en tant qu'acteur, Shepard figurait parmi les scénaristes de Zabriskie point d'Antonioni, film sur la contestation, la liberté, le voyage et la marginalité. Un jeune homme est accusé du meurtre d'un policier sur un campus contestataire, il quitte Los Angeles en volant un avion et vit une passion intense auprès d'une jeune fille qui le conduit à travers la Vallée de la mort, jusqu'au Zabriskie point où ils consomment leur union avant que la tragédie de son destin à lui ne trouve son dénouement. Cette parenthèse indéfinie, cette liberté et cette rencontre au milieu d'un voyage qui n'a pas d'issue ni pour lui ni pour elle, est le symbole absolu de l'univers de Shepard en tant que scénariste et auteur. On retrouve cela tout au long de son oeuvre. 

Fool for love est également le récit douloureux et enfiévré d'une de ses étapes. Le scénario est signé de Shepard et adapté d'une de ses pièces. On y retrouve tout son style, entre l'image presque archétypale que l'on se fait de l'Amérique (il y incarne un cow-boy vétu de jeans de pied en cap qui transporte des chevaux) et les tourments psychologiques redoutables, assez rarement atteint si ce n'est par Tenessee Williams, dans l'intimité des douleurs cachées, au plus profond des personnages et de leurs tourments. Dans un motel paumé au milieu du désert, un homme débarque et y gare son pick up pour retrouver son amour de jeunesse (Kim Basinger) qui se cache de lui et semble le haïr férocement après qu'il l'ait trompée avec une comtesse. Les tensions s'exacerbent. La haine mutuelle devient le reflet d'une ancienne passion. Avec les sensibilités mises à nu, des secrets plus profonds se dévoilent. On découvre une sombre histoire de famille et d'inceste, dévoilée dans l'intensité nerveuse d'une nuit blanche où le passé retrouve toute sa cruauté, où l'on fouille les blessures et les hontes qui sous-tendent les rapports humains. Le ton est passionné, intense, tour à tour absurde et écorché-vif, dans ce décor loqueteux (et qui se dégrade au fil du récit) au milieu de nulle part. Altman met habilement en scène cette pièce, en illustrant les flash backs, en lui donnant un dynamisme étonnant. Le suspense est palpable, la tension s'intensifie jusqu'à devenir un huis-clos étouffant où les dialogues ressemblent à des coups de couteaux. Les personnages se détruisent en se racontant, en se souvenant de leur existence qui ressemble à un long gâchis (trait commun avec Paris, Texas et Don't come knocking). A la fin, l'hotel est en feu, presque en ruines, comme les vies qui se sont consumées sous nos yeux avec une violence impressionnante dans les mots et dans les gestes. Ce film permet en particulier de comprendre l'importance que Sam Shepard a en tant que dramaturge.

 

Sa carrière d'acteur ne connait pas la même cohérence thématique. Il est cette grande silhouette maigre et noble, qui porte bien et qui renvoie à bien des icônes cinématographiques. Sa carrière de comédien lui rejoint assez rarement sa carrière d'écrivain, hormis lorsqu'il joue dans un film adapté de son oeuvre ou qu'il a écrit (Fool for love de Robert Altman ou sa belle collaboration avec Wim Wenders). Il est souvent assimilé au rôle qui lui valut d'être connu du grand public dans L'étoffe des héros de Philip Kaufman où il incarnait une tête brûlée magnifique et chevaleresque, un pionnier de l'aviation en la personne de Chuck Yeager, le premier homme à avoir franchi le mur du son. Il y est le héros par excellence, l'étalon absolu auxquels les autres se réfèrent peu ou prou. Il est celui qui ira jusqu'au bout, il est celui dont on dira « ça, c'est un homme ». Il est celui qui introduira et conclura le film, symbolisant l'essence même de ce genre d'héroïsme, avec le grain de folie douce qu'il faut pour repousser les limites, cette insoumission permanente qui inspire un irresistible respect et qui fait songer que rien ne peut arrêter un homme de cette étoffe. Shepard, sobrement et avec cette nonchalance qui le caractérise, donne exactement le ton du film, livre par sa performance, la manière dont il faut le recevoir. Pour les autres personnages, il est l'exemple de l'intégrité à suivre. Même s'il ne participe pas à l'aventure spatiale, il est présent dans tous les esprits/

Dans sa filmographie, on trouve assez peu de premiers rôles, l'homme n'est pas attiré par les feux de la rampe, il en est pourtant un qui se dégage particulièrement, celui qu'il tient dans The Voyager (Homo Faber) de Volker Schlöndorff (il évoquera quelques épisodes de tournage dans Balades au paradis). Faber survit à un crash d'avion. Pendant le voyage du retour, il rencontre une jeune fille Sabeth (Julie Delpy), dont il tombe amoureux fou et avec qui il a une liaison. Mais elle s'avère faire partie de son passé et être sa fille. L'histoire devient tourmentée alors qu'elle commencait comme un miracle, Faber a frôlé la mort de peu et rencontre l'amour dans cette jeune femme qui lui fait redécouvrir l'insouciance et la naïveté. Mais la parenthèse se referme et le voyageur est rattrapé par son passé. Cela devient un thème tragique, antique et déchirant (le film s'achève d'ailleurs en Grèce). On voit ce qui a pu attirer Shepard dans ce projet. Son oeuvre est toute entière consacrée à l'errance, à la recherche d'origines (souvent de paternité) et dans une quête d'identité perpétuelle, ses personnages ont un passé mystérieux, sombre et porteur de blessures encore douloureuses qu'ils ont préféré fuir. Faber s'il n'a pas été créé par Shepard est typiquement de cette tradition là. Il a laissé son passé derrière lui et ne peut lui échapper. Le monde est grand avant d'entreprendre le voyage, riches de tous les avenirs, mais comme dirait Baudelaire, « aux yeux du souvenir que le monde est petit ». L'existence rattrape toujours ceux qui la fuient d'une manière ou d'une autre. Le destin ou la mort auront toujours le dernier mot.

Wim Wenders l'a compris et l'a mis en scène dans un film qui reste à ce jour le plus bel hommage à l'auteur Sam Shepard, Paris, Texas. Wenders est depuis toujours fasciné par l'Amérique et ce n'est pas surprenant que Shepard incarne son rêve américain. Il va donc raconter l'odyssée de Travis, qui après des années d'oubli et d'amnésie veut retrouver son fils et la mère de celui-ci. Le voyage commence pour cet homme étrange qui se souvient de son existence volatilisée, renait à son amour perdu, tente de retrouver les gestes d'un père, d'assumer son passé. Sa quête estr toujours en mouvement, de ce coin perdu où son frère le retrouve à une banlieue proprette où il renoue avec son fils pour l'emmener sur les routes et retrouver sa mère, derrière la glace sans teint d'une boite glauque. Cette succession de tableaux raconte le malaise de Travis, le mystère de cet homme qui s'est effacé sans donner de raisons, qui est dans une errance perpétuelle, dont on se demande en permanence si ce voyage va lui permettre de renouer avec le monde des vivants. Il aime son fils, il aime sa femme. Mais il est parti trop loin et trop longtemps pour que son retour soit possible. Il est dans un chemin qui ne mène nulle part. La scène des retrouvailles entre la bouleversante Nastassja Kinski et le visage de Harry Dean Stanton, ravagé de tristesse, est l'un des plus beaux moments de cinéma qui soit. Car les deux personnages sont inaccessibles l'un à l'autre, séparés par  cette glace sans-teint qui devient presque une métaphore de leur mal-être et de leur séparation irrémédiable, de leur douleur. Il se tient dans l'ombre, elle ne peut que l'entrevoir. Elle est en pleine lumière et semble parler à un fantôme qui peu à peu devient celui de son passé. La séquence est magnifique, paroxystique, promise pendant tout le cours du film. Elle est pleine de douleur et de non-dits que rien ne peut surmonter. Le présent ne pourra jamais être à la hauteur de ce passé lointain, cette parenthèse grâcieuse où ils étaient encore de ce monde, identifiables comme une famille heureuse. Il est venu raviver la douleur de ce qui a été brisé. Travis ne peut pas recoller les morceaux. Une nouvelle fuite sera le prix de sa rédemption, pour que son fils et la femme de sa vie gagnent leur existence à eux.

Quelque temps plus tard, Wenders retrouvera Shepard au scénario mais cette fois aussi devant la caméra dans Don't come Knocking. L'enjeu est sensiblement le même. Howard Spence est une vieille gloire du cinéma, un acteur un peu has been et au bout du rouleau qui fuit le tournage d'un film où il tient la vedette, il retourne chez sa mère. Le cow boy paraît déplacé, prisonnier des restes de son ancienne gloire, à profiter de sa notoriété déchues en couchant avec des groupies où en se saoulant. Il est à la dérive, complètement déboussolé et à cran. Il part dans une autre ville pour faire la connaissance d'un fils dont il ignorait l'existence, dont il avait connu la mère (Jessica Lange, compagne de Shepard à la ville) en des temps plus glorieux. Shepard écorne l'image que l'on pouvait avoir de lui en incarnant ce paumé, vestige d'un rêve américain qui ne correspond plus à rien. Il vit dans le passé, même s'il est parfois peu reluisant (la drogue, ses déboires dans la presse à scandales). Le film dédaigne et ridiculise les fastes hollywoodiens dont Shepard est loin d'être friand. Il incarne un lendemain de gloire, ce qui se passe après le fameux quart d'heure de félicité dont parlait Warhol, la gueule de bois et le retour de la réalité. Wenders excelle à dépeindre l'ambiance d'une petite ville d'Amérique profonde. Cela a la beauté d'une toile d'Edward Hopper. On retrouve une atmosphère que Shepard apprécie, l'Amérique souvent cachée derrière son mythe, moins clinquante, plus quotidienne et fascinante qu'il n'y paraît. Il renoue aussi avec ces héros en quête d'un passé et d'une rédemption qu'ils ne trouveront jamais. Si le film est moins important que Paris, Texas, il n'en reste pas moins une assez belle illustration du monde qui intéresse l'acteur jusque dans l'absurdité comique du personnage de Tim Roth. 

C'est à l'époque de Frances que Jessica Lange et Sam Shepard se rencontrèrent. Cette évocation de la vie tragique de Frances Farmer offrait à l'actrice son plus grand rôle. Elle y incarne cette jeune comédienne rebelle et engagée, intelligente et anticonformiste que les studios et les rêves de gloire de sa mère ont fini par briser. Le film prend de larges libertés avec la vérité historique. Elle fut bien internée à plusieurs reprises, pour tenter de dompter son indépendance. Elle a été maltraitée, soumise aux pires conditions, a servi de cobaye pour tester des médicaments et fut semblerait-il violée par des soldats dont la base était voisine de l'un des asiles où elle était internée. Sa lobotomie est quant à elle sujette à controverse mais elle est probable. Tout a été fait pour la briser et la rendre docile. La part de fiction se trouve dans le personnage de Sam Shepard, son protecteur largement imaginaire. La romance qu'elle vit avec lui est faite pour apporter du romanesque, Farmer n'a probablement pas bénéficié d'une telle main secourable. Il est presque son chevalier servant, celui qui la comprend, qui la secoure, qui la soutient. Il prête aussi sa voix au narrateur. Il a donc un rôle secondaire par rapport à l'extraordinaire performance de Jessica Lange. Sa fonction est un peu à rapprocher de celle du choeur dans la tragédie antique, il y assiste, il la commente, il y joue un rôle mais il ne peut empêcher la fatalité, il l'observe, en comprend les enjeux et les risques mais demeure impuissant. La tragédie de Frances est celle d'une femme brisée par Hollywood, trop intelligente, trop engagée, trop passionnée, ne se contentant pas d'une gloire de pacotille. Elle voulait s'émanciper du cliché auquel on voulait la réduire, ne pas se laisser soumettre et domestiquer pour avoir son « étoile », et comme beaucoup elle en a payé le prix fort. 

Dans Coeur de tonnerre de Michael Apted, il est le mentor de la jeune recrue du FBI Val Kilmer, venu enquêter sur un meurtre dans une réserve indienne. Le jeune homme prend conscience de son origine indienne qu'il rejetait jusqu'alors et laisse émerger sa vraie nature, en assimilant les coutumes de son peuple, en ayant les visions de la vie d'un héros, Coeur de tonnerre, dont il semble être la réincarnation ou le descendant. Il prend fait et cause pour les Indiens et s'oppose au personnage de Shepard qui devient un représentant de l'oppression qui pèse sur ce peuple. Il est rare de découvrir le comédien sous les traits d'un salaud et peu à peu, on découvre qu'il est corrompu et qu'il fait partie de ceux qu'il est censé combattre. Il est au départ le vieux briscard qui connait toutes les ficelles de la réserve. Le glissement vers la vérité de son personnage est progressif, s'opposant graduellement à celui de Kilmer, au fur et à mesure qu'ils s'éloignent l'un de l'autre. Shepard incarne avec son art de la nuance habituel cet homme pour le moins trouble. Il ne le joue jamais comme l'affreux de service à l'ancienne, mais plutôt comme quelqu'un pour qui la corruption est parfaitement normale. La critique sociale n'en est que plus profonde et plus intelligente et attire véritablement l'attention sur la façon dont les Indiens d'Amérique sont traités aujourd'hui. Il ne s'agit plus comme dans Little Big man ou Danse avec les loups de leur reconnaître une légitimité historique désormais largement acquise mais de pointer leurs conditions de vies actuelles, sur des terres infertiles que le gouvernement américain leur a abandonnées. Le personnage de Shepard est l'incarnation de cette étrange duplicité, tout en reconnaissant les crimes du passé, il les perpétue dans le présent.

Enfin, Sam Shepard apparaît parfois dans un film, dans un rôle très secondaire, comme pour compléter une chorale de grands acteurs (dans le beau The Pledge de Sean Penn, dans la version modernisée d'Hamlet de Michael Almereyda et très récemment dans l'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford). Parfois on le recherche pour la caution qu'il peut apporter à un film, même si le rôle n'est pas à la hauteur de son talent (la Chute du faucon Noir, The Return). Il n'est jamais si bon que lorsqu'il incarne ses propres personnages, qu'il a créés, inspirés, composés dans tous les sens du terme. C'est en cela qu'il s'impose comme une figure majeure de la culture américaine de ses trente dernières années. A l'écrit et à l'écran, il est une référence, une sensibilité rare et profonde.



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