Le portrait de Steve Carell

Pour de nombreux acteurs, longue est la route du succès. Désirant un premier temps travailler pour la radio, Steve John Carell, né le 16 Août 1962 d'une famille catholique à Littleton dans le Massachusetts, débute en transportant du courrier avant de viser des études de droit, qu'il abandonne de même, incapable de coucher sur papier les raisons de son choix pour cette future carrière avortée. C'est ainsi qu'il rejoint la troupe du théâtre The Second City en 1991 où il fait la rencontre de Steven Colbert, le joyeux duo allant officier de concert pendant de nombreuses années.
 


Dès 1996, les deux amis doublent de concert les aventures animées de l'Ambiguously Gay Duo, une parodie à peine déguisée du couple Batman et Robin, et dont l'homosexualité latente a déjà fait couler beaucoup d'encre. Le show, tout d'abord diffusé dans l'unique saison du Dana Carvey show, trouvera une audience plus large l'année suivante en intégrant la programmation du mythique Saturday Night Live. Mais c'est réellement en 1999 que le duo explosera en intégrant le Daily Show de John Stewart. Proposant des sketchs absolument hilarants tels celui des serveurs de restaurant pris de nausées alors qu'ils décrivent les plats du jour et autres participations journalistiques, Steve Carell et Steven Colbert deviennent surtout populaires pour leur segment Even Stevphen (ou Even Stephven, suivant les émissions) où les deux compères passent leurs temps à s'écharper sur les sujets les plus divers (la religion, la recherche embryonnaire, l'alcool, ...) Steven Colbert personnifiant un démocrate humaniste alors que Steve Carell campe un républicain réactionnaire. Steve Carell possède de plus son propre segment, nommé Produce Pete with Steve Carell où il s'évertue à donner des conseils stupides concernant la consommation de produits fermiers. Un segment qui deviendra pré-enregistré dés 2004 et permettra à l'acteur de continuer à apparaître dans le show alors qu'il débutera une carrière solo (On le retrouvera d'ailleurs dans le show en 2005, alors que son personnage sera retrouvé après s'être perdu en Irak, un show qu'il quittera définitivement mi 2005).

Hormis le Daily Show, Steve fait quelques apparitions dans divers films et séries télés (dont La Petite Arnaqueuse de John Hugues avec James Belluchi, le Melinda Melinda de Woody Allen ou la première sitcom solo de l'ex de Seinfeld Julia Louis-Dreyfus, Ellie dans tous ses états où il partage aussi l'affiche avec Peter Stormare), mais se fait surtout remarquer au cinéma pour deux performances bien particulières : tout d'abord, par son rôle dans le Bruce Tout Puissant de Tom Shadyac où il incarne une première fois le rôle de Evan Baxter, un présentateur de journal télé malmené par le personnage de Jim Carrey. Il participera ensuite activement au succès de la comédie Présentateur vedette : La légende de Ron Burgundy, en personnage de Brick Tamland outrageusement nonsensique et complètement à coté de ses pompes devenant rapidement le favori des fans du film, véritable phénomène outre Atlantique où le genre comique est dominé par les membres du Frat Pack (un groupe d'acteur comiques non officiel dont il fait parti et qui comprend Ben Stiller, Will Ferrell, Jack Black, Vince Vaughn et les frères Wilson).

Fort de ces succès, il obtient enfin son premier grand rôle comique, trônant à l'affiche de la comédie 40 ans, toujours puceau où il campe le touchant Andy Stitzer, un vieux geek handicapé social que ses collègues du magasin de Hifi-vidéo, découvrant sa virginité encore intacte après toutes ces années, vont pousser à la débauche alors que l'amour pointe le bout de son nez. Bien plus subtil et bien moins outrancier que son pitch ne le laisse croire, le film fait une énorme carton au box office américain, ramassant plus de 109 millions de dollars. Un succès qui propulse désormais Steve, à la fois acteur, scénariste et producteur exécutif du film, au rang d'incontournable de la scène comique US. Il enchaîne depuis les succès, parfois d'ailleurs dans des rôles inattendus (dont l'excellent film d'animation Nos voisins, les hommes et le nom moins excellent Little Miss Sunshine dont la partition toute en finesse du personnage de Frank (qui lui valu une récompense de la prestigieuse Screen Actors Guild of America) montre qu'il est aussi capable de jouer des rôles plus subtils et retenus.

Fort de son succès sur grand écran, Steve Carrel n'en est pas moins absent du petit, loin s'en faut ! Il figure en effet au cast de ce que l'on pourrait sans complexes considérer comme ni plus ni moins que la meilleure série comique américaine de ces dernières années, le remake américain de la série anglaise à succès The Office. Il y incarne un Michael Scott infantile, responsable régional de la boîte de distribution de papier Dunder-Mifflin dans la petite bourgade de Scranton. Le show étant tourné caméra à l'épaule dans la plus grande tradition du docu-fiction, Michael jongle toujours entre une vie personnelle simplissime parsemée de réactions d'ado boutonneux et un désir de se montrer adulte et professionnel face à une caméra intrusive et confidente. Un rôle que Steve Carell maîtrise à la perfection et qui lui vaudra d'ailleurs de nombreuses nominations aux Emmys, à la guilde des scénaristes et aux golden Globes, récompense qu'il obtint en 2006 pour le rôle.


Top personnalités

logAudience