ABC lance son croisement entre série policière et médicale avec Dana Delany... à présent médecin légiste surqualifiée et soucieuse de faire la paix avec son passé.

Par Vivien LEJEUNE - publié le 31 mars 2011 à 00h01
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Fini de jouer les Desperate Housewives... Dana Delany devient la très volontaire Megan Hunt, ex neurochirurgienne de renom reconvertie en médecin légiste suite au décès de l'un de ses patients, et semble passer le plus clair de son temps sur le terrain, à la recherche d'indices et de sources à déductions (tout en malmenant passablement ses collègues policiers) plutôt que de rester confinée dans son labo. Accro au travail, sanguine et imprévisible, sa réputation lui vaut autant l'admiration des uns que l'exaspération des autres... si bien que, malgré son indéniable talent, plus d'un de ses supérieurs et collaborateurs ne rechigneraient pas à la voir trébucher... ne serait-ce qu'une fois. Pourtant, sous ses dehors de femme forte, indépendante et inébranlables, Megan lutte continuellement contre plus d'un souvenir douloureux. Son divorce, tout d'abord... puis la perte de la garde de sa fille au profit de son ex mari. Après quoi, un accident de voiture l'aura amenée à souffrir de paresthésie (un trouble de la sensibilité tactile) et à commettre une erreur médicale irréparable n'ayant de cesse de la tourmenter.
Body of Proof Saison 1. Série créée par Matt Gross en 2010. Avec : Dana Delany, Jeri Ryan, Geoffrey Arend et John Carroll Lynch.
  

Au moins, les morts sont déjà morts...
C'est sur cette base du "on ne risque pas de tuer ce qui est déjà mort" que tente, à sa façon, de se reconstruire le personnage ; toujours en froid avec son ex mari et extrêmement désireuse de se rapprocher de sa fille. A ses côtés, l'inspecteur médicolégal Peter Dunlap (Nicholas Bishop) et le Docteur Ethan Gross (Geoffrey Arend) semblent être ses principaux alliés face à la Direction, incarnée par le (pas si méchant que ça) Docteur Kate Murphy (Jeri Ryan, inoubliable Seven of Nine de Star Trek : Voyager)... Tout en enquêtant sur le meurtre d'une jeune femme, Megan dévoile donc peu à peu les origines de ses tourments à travers son épisode pilote, ayant d'ailleurs été préalablement programmé en Italie et en Russie.

 

"En surchargeant ainsi le passé de ses personnages, Body of Proof oublie de se concentrer sur l'essentiel et propose une première enquête ultra conventionnelle, que la seule Aura de sa principale comédienne ne suffit pas à transcender..."

 

Divorce, accident, maladie, culpabilité... autant de "côtés sombres" cachant difficilement une nette volonté d'hyper-glorification de son héroïne (Ah, le fameux plan sur les talons puis les jambes sortant de la voiture juste après qu'ait été prononcé son nom pour la première fois...). A trop vouloir en faire, Body of Proof tourne malheureusement très vite à la succession de clichés ou autres "déjà-vu" et semble désespérément chercher à rendre ses personnages beaucoup plus attachants que crédibles. De fait, l'intrigue policière passe allégrement au second plan via une première enquête à base d'adultère des plus classiques... où même les quelques échanges de "jargon médical" ne suffisent pas à faire la différence. Bien au contraire.

 

Body of Proof Saison 1. Série créée par Matt Gross en 2010. Avec : Dana Delany, Jeri Ryan, Geoffrey Arend et John Carroll Lynch.

  

Quelque part entre Bones et Dr House... ou pas.
De Bones, on peut prêter à la série créée par Chris Murphey quelques similitudes de dynamique des personnages (la scientifique à tendance asociale, mais néanmoins adulée par sa jeune recrue un peu geek, enquêtant aux côtés de l'inspecteur chevronné) et de Dr House : libre à chacun d'y voir une quelconque parenté d'égo professionnel ayant pour conséquence directe un cuisant constat de solitude, en plus d'une confrontation systématique face aux règles et aux "autorités"...

 

Body of Proof Saison 1. Série créée par Matt Gross en 2010. Avec : Dana Delany, Jeri Ryan, Geoffrey Arend et John Carroll Lynch.

  

Toutefois, la comparaison s'arrête bien là. Au final, on ressort du premier épisode de Body of Proof comme on y est entré : c'est-à-dire sur une vaine tentative de "titillage de la corde sensible" - notamment à travers un dénouement mère / fille que le téléspectateur n'aura certainement pas manqué de voir venir à des kilomètres -, et ce entre deux échanges de dialogues déjà vus et revus autour de sous-intrigues de plus en plus prévisibles. Reste que la série a connue un bon démarrage lors de son lancement en Italie puis en Russie... une nouvelle preuve que les voies des séries, aussi, sont souvent impénétrables...

 

Retrouvez toutes nos Photos de Body of Proof, saison 1

 

Retrouvez notre dossier : Les médecins légistes, des incontournables du petit écran


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