Préquel de la série Battlestar Galactica, Caprica a tout pour plaire : une grande sœur qui est sûrement une des meilleures séries et qui sert de locomotive, un casting remarquable, une musique envoûtante et un générique d'une qualité et d'une esthétique rétro-futuriste incomparables.
Afin de séduire aussi bien les amateurs que les néophytes, la série Caprica est dans un tout autre style que Battlestar Galactica, et tout d'abord par son générique. Il joue beaucoup sur les symboles et, contrairement à son aînée, il présente les personnages principaux. Et c'est encore Bear McCreary qui signe la musique sublime du générique.
Ce qui frappe en premier c'est le graphisme de ce générique. Il n'y a aucun noms, c'est uniquement une balade dans la ville de Caprica pour nous livrer un grand nombre d'informations.
La caméra oscille de personnages en personnages afin de former une boucle et de raconter toute l'histoire.
On commence donc chez Graystone Industries. Daniel Graystone (Eric Stoltz) est un grand industriel en contrat avec l'armée afin de créer une armée de robots ; mais c'est surtout un scientifique torturé. Il a perdu sa fille Zoé (Alessandra Torresani), morte dans un attentat. Informaticienne surdouée, elle avait réussi à digitaliser sa personnalité. Et c'est dans le tout premier Cylon que Daniel va la ressusciter en intégrant la version digitale de sa fille.
Il échange un regard avec sa créature. Et ici l'emploi du verbe « créer »prend tout son sens, ou plutôt son double sens : c'est sa fille et son robot.
Le générique va se modifier à partir du cinquième épisode. Au départ, on voit sa fille/robot dans son laboratoire, ensuite on la voit dans un immense laboratoire où sont construits les Cylons par dizaine. Cela correspond avec le moment où Daniel a signé le contrat avec l'armée.
Au travers des éléments cybernétiques, émerge un autre personnage, Joseph Adama (Esai Morales), dans un cimetière, et qui s'agenouille devant la tombe de sa femme et de sa fille, elles aussi mortes dans l'attentat. Le générique, ici, va aussi légèrement se modifier, afin de faire apparaître un Joseph Adama au travers d'un amas de ronces.
Joseph Adama est un Tauron immigré sur Caprica. C'est un officier de la loi et un avocat des droits civiques renommé. (D'où la vocation de son petit-fils, Lee Adama, dans Battlestar Galactica).
Graystone ayant voulu digitaliser la fille d'Adama, les deux hommes sont entrés en conflit. Et c'est ce qui empêchera Adama de faire le deuil de sa fille.
A l'écart, la grand-mère, seule, sous son parapluie, le regard au loin. Elle désapprouve le fait que Joseph Adama ne veuille pas faire découvrir à son fils ses racines, ainsi que les traditions de Tauron.
Le deuil d'Adama creuse la distance entre lui et son fils, William Adama (Sina Najafi) (le commandant Adama du Battlestar Galactica), à qui il tourne le dos.
Le fils est à côté de son oncle, Samuel Adama (Sasha Roiz), qui pose une main protectrice sur son épaule. Sam est un homme de main à la solde du Ha'la'tha, une organisation criminelle basée sur Tauron. Il est très proche de son frère, mais devient particulièrement furieux lorsqu'il perd sa nièce et sa belle-sœur dans l'attentat.
Joseph Adama s'éloignant de plus en plus de son fils, c'est Sam qui va le prendre sous son aile et commencer son « apprentissage ».
Dans le générique on voit bien que l'oncle réclame la vengeance par les armes.
La caméra focalise sur la main d'une statue ailée, la musique ici s'envole, la main se referme et la transition est faite avec sœur Clarisse Willow (Polly Walker). C'est la directrice de l'école privée religieuse où allait Zoé Graystone. Elle est la grande prêtresse de la religion polythéiste des Douze Colonies, mais en fait elle est monothéiste et est impliquée dans les Soldats de l'Unique. Côté vie privée, elle est mariée à un groupe d'hommes et de femmes. Elle partage ses croyances d'un Dieu unique avec quelques étudiants, dont Stark pour qui la dévotion deviendra du fanatisme.
Elle s'intéresse de très près à la meilleure amie de Zoé, Lacy Rand (Magda Apanowicz), cette dernière ayant échappé de justesse à l'attentat.
Dans le générique, la scène se passe dans une église et on voit sœur Clarisse donner le symbole de l'infini à Lacy, plus déterminée que jamais. Ce symbole de l'infini est celui du STO (Soldiers Of The One). Cette scène laisse donc penser que Lacy va prendre une place très importante dans l'armée divine.
La caméra revient aux Graystone. La boucle est bouclée. Daniel guide, non sans une grande fierté, sa femme, Amanda (Paula Malcomson) vers sa fille. Son regard est hypnotique, voire aveugle. Elle ne se remet pas de la mort de sa fille, avec qui elle avait des rapports difficiles, surtout lorsque la police soupçonnera Zoé d'être à l'origine de l'attentat.
La caméra zoome sur l'œil de Zoé, qui devient rouge, comme celui d'un Cylon...
Le générique de Caprica est très beau et très parlant. Tout est dit en quarante-cinq secondes.

