Question: quel point commun y a-t-il entre l'IRS (organisme chargé du recouvrement de l'impôt sur le revenu aux Etats-Unis), USPS (l'équivalent Américain de notre Poste) et la CIA?
Réponse: leur archaïsme et le fait qu'elles dépendent du gouvernement Américain, avec tout ce que cela peut impliquer de paperasserie, de lenteurs, d'incompétence et d'erreurs en tout genre.
Il était grand temps qu'une série se charge de remettre à sa place la CIA, l'une des plus célèbres agences gouvernementales Outre-Atlantique. Le prestige de cette dernière reposait en effet jusqu'à maintenant sur une idéalisation du "métier" d'espion, et il était plutôt mal vu (et particulièrement anti-américain) de la montrer du doigt.
Elle est désormais à l'honneur avec la dramédie Chaos, véritable bouffée d'air frais. Chaos, c'est l'histoire d'un groupe d'agents membres de la division d'opérations spéciales C.A.O.S (surnommée "Chaos" par ses détracteurs) devant faire face, crise oblige, à des réductions budgétaires. Leur place se retrouvant menacée au sein de l'agence, ils sont dans l'obligation de mener à bien leurs missions de renseignement et d'espionnage dans le plus grand secret, toujours dans la limite de la légalité et bien souvent sans l'aval de leurs supérieurs directs.
"Savant mélange d'humour et de scènes d'action, mission accomplie pour les agents de Chaos!"
Chacun des membres de l'équipe représente un certain nombre des stéréotypes associés à ces "men in black": Michael Dorset (Eric Close) est le leader tacticien parano, Casey Malick (Tim Blake Nelson) est "l'arme humaine" pour qui préparation en vue d'une mission signifie séance de muscu et massage et Billy Collins (James Murray) est le beau gosse charmeur, ex des services secrets britanniques qui n'hésite pas à immiter Sean Connery pour parvenir à ses fins.

L'aspect satirique de la série était clair dans la bande-annonce, qui mettait en avant "Ces hommes [qui] défendent l'Amérique en défiant l'intelligence" (subtil jeu de mots puisqu'en anglais ce terme peut signifier au choix "renseignement" ou "intelligence"). On l'aura compris, la série est bien loin de chanter les louanges d'un système quoique glorifié dans la plus pure tradition américaine, qu'elle n'hésite pas à taxer de défectueux, dénonçant ses lenteurs et autres "petits problèmes techniques". Loin de se prendre au sérieux, Chaos tourne en dérision le prestige associé à la profession d'espion, se moquant de ces hommes et femmes qui tels des robots musclés, paranos, incapables et inexpérimentés obéissent parfois sans broncher aux ordres de leur hiérarchie. Mais notre joyeuse bande d'agents rebelles et durs à cuire au centre de Chaos ne l'entend pas de cette oreille...
Le pilote, dévoilant tout le potentiel de la série, ne déçoit pas, et à défaut d'être hilarant réussit tout de même à maintenir un certain rythme, misant sur un savant mélange d'humour et de scènes d'action. Ces deux ingrédients sont à attribuer en partie à la présence de Brett Ratner, producteur exécutif à qui l'on doit notamment la trilogie Rush Hour, et qui prend ici les commandes de la réalisation.
Les douze prochains épisodes de Chaos commandés par CBS seront déterminants pour l'avenir de la série, et on espère à ce titre que Ratner et les autres oseront pousser le bouchon un poil plus loin... car quitte à se moquer de l'Amérique et de ses espions, autant y aller franco.

