Rétro TV, la nouvelle rubrique des shows télévisés qui met en lumière les séries cultes, oubliées ou décriées du petit écran, de 1950 à 2000.

Par André Côte - publié le 01 mars 2010 à 10h59
0 commentaire(s)

Rien de mieux qu'un saut dans le temps pour vous faire découvrir Rétro TV ! C'est donc Code Quantum qui inaugure notre nouvelle rubrique revenant sur les séries qui ont bercé nos petits écrans, de 1950 à 2000. Rétro TV met en lumière les séries qui ont influencé, ému ou partagé des générations de fans au siècle dernier.

 

Si la science-fiction a souvent été prétexte à un festival d'effets spéciaux, l'intérêt de bon nombre d'œuvres réside pourtant dans le portrait qu'elles dressent du monde contemporain. En brassant plusieurs décennies, Code Quantum multiplie les perspectives et réussit à traiter de l'Homme à travers différentes pages de l'Histoire. 

Diffusée pour la première fois en 1989 aux Etats-Unis, cette série (titrée  Quantum Leap en VO) est une création de Donald P. Bellisario. Un homme qui avait déjà les succès de Magnum et de Supercopter à son actif. Peu convaincu par l'argument de la science-fiction, il a réussi à compenser un déficit d'artifices technologiques par une structure narrative singulière. De la sorte, Code Quantum s'est imposée comme l'une des séries les plus originales de sa décennie. 

 

 

En premier lieu, l'une de ses caractéristiques est d'avoir imbriqué deux canevas, à priori incompatibles : l'anthologie et le feuilleton. Ainsi, si le postulat de la série repose sur le résultat de l'expérience qui réduit notre scientifique à voyager dans le temps en passant de corps en corps, ce point de départ n'est finalement qu'un prétexte pour relier des histoires diverses et variées.  

En soi, cette structure n'est pas une innovation car elle a déjà été  adoptée par Le Fugitif ou Au cœur du Temps. Dans ces dernières, les personnages, un peu à l'image de Sam Beckett, se retrouvaient dans un nouvel environnement à chaque épisode. Cette orientation a permis à la série mettant en scène notre voyageur temporel d'éviter la routine, puisque l'on nous proposait une nouvelle aventure chaque semaine : les scénaristes étaient libres de plonger Beckett dans une fiction de guerre, une comédie ou encore un thriller.  Autant de genres et de codes offrant autant de contextes différents à explorer. Cette variété rapproche Code Quantum de l'anthologie, un format qui rassemble des histoires différentes mais dont la thématique est similaire. En guise d'exemple, on pense évidemment à La Quatrième Dimension ou aux Contes de la Crypte

 

 

L'aspect du feuilleton, quant à lui, provient de la relation entre notre "leaper" et son acolyte holographique. D'ailleurs, on reconnaît ici la patte du producteur de Magnum, ce dernier s'étant toujours appliqué à réunir des acteurs susceptibles de produire l'alchimie nécessaire pour remporter l'adhésion du public. Sur ce point, on ne peut qu'être étonné de constater la stagnation de la carrière de Scott Bakula, en dépit de ses prouesses dans la peau de Beckett : cet homme a tout de même interprété plusieurs femmes, dont une enceinte. Son duo avec Dean Stockwell, qui incarne son fidèle ami Al, est si mémorable qu'il parvient à nous faire oublier l'omission de tout un versant de la série : la technologie qui permet à Sam de "sauter" de corps en corps ("sauter" ou "leap" en anglais, d'où le titre original Quantum Leap) n'est guère développée, à l'exception de quelques retournements de situation. La relation entre Sam et Al tourne quant à elle autour d'un élément dramatique récurrent dans les productions de Bellisario : la guerre du Viêt-Nam. On se souvient du touchant épisode en deux parties de La famille avant tout où nous apprenons la manière dont cet événement a affecté les personnages : l'un a perdu son frère, l'autre est un ancien prisonnier de guerre. Une fêlure qui renforce l'humanité des protagonistes et l'identification avec le spectateur.

 

Pour conclure, quel plus beau compliment pourrait-on faire à une série, qui de surcroît traite du voyage dans le temps, si ce n'est affirmer qu'elle ne vieillit pas, et paraît dès lors intemporelle. Car malgré les multiples rediffusions, Code Quantum ne prend pas une ride et l'on suit toujours avec grand plaisir les mésaventures de son héros catapulté dans des situations toujours plus embarrassantes.  


Vos réactions


Plus d'actu
logAudience