Avant les abeilles et les cadavres de Pushing Daisies, Bryan Fuller illuminait l'au-delà avec Dead Like Me et son générique décalé et loufoque.

Par Geoffrey CRETE - publié le 03 août 2010 à 08h00 ,
MAJ le 03 août 2010 à 08h37 - 0 commentaire(s)

Des figurines en cire bavardes de Wonderfalls aux résurrections burlesques de Pushing Daisies, l'univers de Bryan Fuller recèle de magie, de couleurs et, surtout, de second degrés. Aussi, lorsqu'il s'attaque à La Mort, force est de constater que l'humour et l'autodérision prennent le dessus sur l'aspect tragique de la chose. Sœur spirituelle de Jaye Tyler, Georgia Lass, communément appelée George, est une jeune fille cynique et blasée, qui s'efforce de rentrer dans le moule social pour minimiser les dégâts d'une existence déjà mal entamée. La cuvette des toilettes de la station spatiale Mir mettra un terme à sa vie, ouvrant l'éternel chapitre « et après ? ». Un chapitre pour le moins surprenant.

 

Dead like me1

 

Et c'est justement sur le ciel ensoleillé que s'ouvre le générique de Dead Like Me, écho inconscient à l'endroit où chacun devrait aller une fois mort. Devrait, car contrairement à ce qu'elle aurait pu croire, George est très loin d'échapper à la routine qu'elle redoutait tant. Tout commence bien par la promesse du ciel et du possible au-delà, mais ce n'est qu'un début.

 

 

Un parc verdoyant, un soleil éclatant, des joggers motivés, et une silhouette de Faucheuse qui promène un chien dans un parc, une main pour la laisse, l'autre pour la faux si emblématique. Dans l'absolu, l'image est cocasse. Chez Bryan Fuller, qui choisit en plus une musique légère et enjouée, tout ceci est un principe de réalité. La Mort fait partie de la vie, au sens le plus littéral du terme. Dans la rue, l'ascenseur ou la laverie du quartier, elle fréquente les mêmes lieux que vous, avec le même ennui, le même ton blasé et la même fainéantise.

 

 

Voilà la journée type de La Mort, qui résume à elle seule l'idée de Dead Like Me. Tout commence donc par la balade du chien dans le parc de la ville, suivie d'une séance de sport pour commencer sur les chapeaux de roue avant de se diriger comme le reste du troupeau dans les bureaux pour gagner sa vie. L'ascenseur bondé, le badge, la paperasse, la pause déjeuner, le café, et surtout, l'ennui profond qui va avec tout ceci. Même La Mort a des problèmes avec son agrafeuse, s'amuse à photocopier son nez pour passer le temps, et reluque une collègue qui passe par là. Et ce n'est pas parce que l'on remplit une mission qui tourmente l'humanité depuis des millénaires que l'on est forcément plus intellectuel que la moyenne. Loin de là. Bryan Fuller détourne l'image forcément noire et sérieuse de La Mort pour la transformer en élément neutre, quasi banal dans le paysage de la routine.Et tandis que les vivants s'interrogent sur le sens d'une vie condamnée à disparaître, La Mort, elle, essaye seulement de trouver de quoi remplir son temps.

 

 

Mais ce n'est pas pour autant que la Grande Faucheuse oublie son devoir morbide. Qu'elle soit en plein match de basket ou en train de patienter en attendant que son linge soit sec, elle ne quitte jamais son attirail. Sa grande capuche sombre et sa Faux redoutable sont constamment là, à guetter les profanes pour pouvoir les emporter dès que leur moment est arrivé.

 

 

Mais finalement, qui se cachent derrière ces silhouettes normalement terrifiantes et pourtant si absurdes ? Tout simplement n'importe qui, à commencer par la jeune George. La journée est terminée, les huit heures de travail, bouclées, et il est temps de rentrer chez soi pour passer une soirée calme avant d'aller dormir. La semaine ne fait que commencer. Et a priori, elle promet tout un tas de surprises.

 

 

 


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