C'est la série China Beach (4 saisons entre 1987 et 1990) qui a révélé Dana Delany dans un premier rôle, celle de l'infirmière Colleen McMurphy. Après une carrière éclectique au cinéma et à la télévision, Marc Cherry lui offre le rôle de Katherine Mayfair dès la saison 4 de Desperate Housewives. Retour sur un rôle en or et une sixième saison épatante avant le lancement de sa nouvelle série, Body of Proof.
Il paraït que vous avez refusé le rôle de Bree (jouée par Marcia Cross, ndlr) au début du projet Desperate Housewives...
Dana Delany) J'y suis allé et j'ai fait une lecture pour Marc Cherry. J'ai été prise mais je trouvais le personnage trop similaire avec un autre que je venais d'interpréter dans Pasadena. Je suis une actrice pas une business man, je n'aime pas me répéter.
Bree et Katherine a cependant beaucoup de similarités... Comment avez-vous pris de la distance dans la construction de votre personnage ?
DD) Quand Marc Cherry m'a donné le rôle, il m'a demandé d'être une super Bree. Tout ce qu'elle faisait, je devais le faire en mieux. Au fil des épisodes, je crois que l'on a vu la vraie personnalité de Katherine. Elle est moins coincée que Bree, peut-être plus perdue et vulnérable aussi.
Avez-vous été surprise par ce qui arrive à Katherine dans la saison 6 ?
DD) J'adore cette saison. J'ai aimé qu'elle soit un peu dingue et j'ai préféré ça à son côté masochiste totalement amoureuse de Mike. J'ai adoré joué les folles et coincé cet homme dans ma cuisine. Il y a plusieurs personnes que j'aimerais coincer comme ça mais je ne peux pas dans la vraie vie !
Ce métier est thérapeutique !
DD) Complètement. Ensuite j'ai une aventure lesbienne et c'était fantastique.
Une relation lesbienne avec Julie Benz, c'était comment ?
DD) Premièrement, Julie est très belle, vraiment sexy. Peut-être que certaines personnes perdent de vue qu'elle est une très bonne actrice. Elle sait ce qu'elle fait. J'ai aimé le fait que cette strip-teaseuse entre dans la vie de Katherine et la bouleverse. Le duo fonctionne a merveille.
Est-ce que l'expérience de votre propre mère vous a aidé à jouer Katherine ?
DD) Oui. Je crois qu'elle était une femme au foyer desespérée. Je n'ai pas grandi dans une ambiance facile. Mes parents ont divorcé et c'était terminé : elle n'a plus jamais été avec quelqu'un.
Quel fut le plus gros challenge de cette saison ?
DD) Quand vous jouez un personnage en pleine dépression nerveuse, vous pouvez facilement en faire trop. Le défi était d'être crédible afin que les spectateurs y croient et se disent que cela pourrait leur arriver.
Pour revenir à votre relation avec Julie Benz, aviez-vous peur de la réaction du public ?
DD) Non pas du tout. Je ne fais pas attention à ce genre de choses. Cette relation n'a pas plu à une certaine partie du public mais d'autres personnes l'ont beaucoup aimée. Il est intéressant de voir autant de réactions différentes. J'ai reçu des lettres de la communauté lesbienne qui ont apprécié ce couple. Aux premiers abords, elle avaient peur que ce ne soit qu'un mauvais tour scénaristique, du genre "Ouais, les hommes aiment voir deux femmes s'embrasser". Mais cela n'a pas été conçu de la sorte. J'ai reçu un message d'une lesbienne de Pennsylvanie qui revenait sur la scène où je dis à Julie Benz que son baiser n'a pas compté avant de lui avoué le contraire. Cette femme m'a remercié en me disant que pour une fois on voyait une lesbienne embrasser une hétérosexuelle sans que cette dernière dise qu'elle avait bu, qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait ou qu'on l'avait forcée... Dire que ce baiser avait un sens l'a beaucoup touchée.
Pouvez-vous me dire quelques mots sur le créateur de la série, Marc Cherry ?
DD) C'est un génie. Beaucoup d'artistes tentent de réussir une série comme Desperate Housewives et j'ai d'ailleurs fait partie de certains de ces programmes. Je crois qu'il a trouvé la bonne combinaison entre comédie, drame et mystère. Il a trouvé le bon équilibre dans ce triangle.
Malgré votre nouvelle série Body Of Proof, pourrait-on vous revoir dans Desperate Housewives ?
DD) Marc Cherry m'a toujours dit qu'il aimerait que Katherine revienne pour que les fans voient ce qu'elle est devenue. Tout est possible !
Vous êtes aussi célèbre pour votre look et que votre talent. Au fil de votre carrière, avez-vous ressenti des changements par rapport aux pressions qu'Hollywood exerce sur la beauté et le paraitre ?
DD) Il y a eu beaucoup de changements depuis que j'ai commencé. Nous avons toujours subi la pression d'être mince. C'est ancré depuis des dizaine d'années. Le plus gros bouleversement est arrivé avec la chirurgie esthétique. Je déteste ça et je sens que tout le monde commence à ressembler à tout le monde. Il n'y a plus rien d'unique. J'essaye donc de rester moi-même.

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