Alors que nous vous avions déjà disséqué en détail l’épisode pilote de cette nouvelle saison des femmes au foyer en détresse, la récente grève des scénaristes a, comme pour la totalité des shows il est vrai, stoppé nette la diffusion de ces nouveaux épisodes. Heureusement, la production a pu reprendre et la série préférée des ménagères scotchées à la chaîne américaine ABC s’apprête à reprendre sa diffusion le 13 Avril prochain. Un moment idéal pour faire le point sur les aventures de nos héroïnes ordinaires préférées qui sont cette année au nombre de 6.

Comme le laissait prévoir le pilote de cette quatrième saison, un des axes majeurs de celle-ci est le mensonge, et autant le dire tout de suite, le sujet sera traité en long, en large et en travers. Tout d’abord avec sa solution la plus évidente : la vérité par confession. Lynette Scavo révèle en effet à ses amies dés le premier épisode qu’elle est atteinte d’un cancer et qu’elle suit un traitement en chimiothérapie. Libérée de ce poids qui l’a lourdement fatiguée dans l’entre deux saisons, la plus maman des desperate va ensuite tenter de profiter comme elle pourra de son temps, tandis que le reste de la bande va s’empêtrer encore et toujours plus loin dans le mensonge. Malgré le serment d’honnêteté qu’elles vont toutes se faire, chacune des protagonistes restantes va représenter une autre partie de cette thématique : qu’il s’agisse d’un mensonge égoïste (Gabi et Carlos continueront à s’envoyer en l’air à la barbe de leur moitiés respectives) ou justifié par de plus sérieuses raisons (Bree continuera de jouer la femme enceinte afin de préparer la futur prise en charge de l’enfant de sa fille Danielle), les déclinaisons seront nombreuses. Et alors que ces dernières seront les artisans de la chose, Susan en sera bientôt la victime, alors que Mike révèlera une importante addiction plus loin dans la saison.

Mais la série serait bien morose si elle ne se contentait que de traiter un tel sujet, aussi largement soit-il. Les 10 épisodes de cette première saison aborderont ainsi dans la grande tradition de la série, les nombreuses petites déviances de tous les jours de nos personnages préférés, d’autant que c’est bien l’interaction entre celles-ci et les petites modifications qui parsèment leur douce banlieue américaine moyenne qui fait le sel de la série. Ainsi, et comme chaque année, de nouveaux protagonistes font leur apparition, semant le trouble dans le paisible quotidien de Wisteria Lane. Dés le premier épisode, Katherine Mayfair (Dana Delany), une ancienne habitante de la rue et amie de Susan reviendra dans la fameuse bourgade afin de fuir encore et toujours des évènements passés. La famille avait en effet fuit Wisteria Lane à cause d’évènements indicibles toujours inconnus du spectateur (qui fait cette fois les frais du mensonge d’un des personnages) et revient suite à un scandale impliquant son mari (Nathan Fillion), un scandale lui aussi enveloppé de mystère. Mais c’est surtout Dylan (Lyndsy Fonseca), la jeune fille de la famille qui vivra dans le doute et l’ignorance alors qu’elle ne se rappellera même pas de tout un pan de son enfance.
Autres arrivants cette saison, le couple gay formé par Lee McDermott (Kevin Rahm) et Bob Hunter (Tuc Watkins) occasionnera bien des soucis à la petite communauté alors que leur goût des arts et une certaine arrogance justifiée selon eux par une certaine supériorité intellectuelle aura vite fait d’énerver le voisinage, notamment par l’installation d’une fontaine qui réveillera le voisinage dés six heures du matin. Et la guerre des nerfs de commencer entre voisins alors que Susan partira du très mauvais pied avec ceux-ci (se prenant comme d’habitude les pieds dans le tapis, entre considérations sur la dite-communauté héritée des serials télé de mauvaise qualité, et de piètre tentative de faire bonne figure (offrande de gâteaux achetés et réchauffés au four, kidnapping de chien …) et que Katherine tentera à nouveau de s’imposer à Wisteria Lane en prenant la place qui était jusqu’à présent celle de Bree.

Bien lointaine des préoccupations cérébrales ou réalistes de nombreuses séries choc aux thématiques lourdes et réfléchies,
Desperate Housewives préfère continuer de traiter le quotidien parfois banal parfois surréaliste de sa petite communauté en dépeignant coutumes et aléas de la vie de société banlieusarde américaine. Chaleur du foyer parasité par les soucis personnels, tout importants soient-ils (Lynette sera à juste titre focalisée sur sa maladie jusqu’à ce que son mari lui fasse remarquer qu’elle ne se soucie plus de lui), organisation sociétale (une association de quartier va se monter afin de maintenir une certaine unité visuelle du quartier, avec les tensions que cela occasionne), fêtes de quartier (une soirée de mime qui part en live, une fête d’halloween mémorable), conflits familiaux qui se règlent (Bree et son fils, Bree et sa belle-mère, Lynette et ses parents) ou encore aventures amoureuses nombreuses (Lynette qui se sert de sa nécessité de porter des perruques pour attiser l’appétit sexuel de son mari, Gabi et Edie se disputent Carlos par machinations interposées) tout est là pour amuser le spectateur d’un quotidien complexe et mouvementé, entre larmes et fou-rires. Une alchimie qui fonctionne toujours à plein régime tandis que Bree tente de voler une recette de tarte au citron ou que la tante de Katherine essaye de dévoiler à sa nièce la vérité sur un trauma passé avant de passer l’arme à gauche.

Mais alors que de nombreuses affaires arriveront à leur point critique (Carlos tentera d’échapper au chantage qu’Edie exerce sur sa personne afin de l’empêcher de partir avec Gabi, Carlos encore, sera poursuivit par un Victor (le maire de la ville, fraîchement marié à Gabi) dans ce qui finira par un duel à mort, Bree commencera à s’occuper du nouveau né, Adam Mayfair verra une ancienne connaissance remuer le passé de manière troublante, Susan verra une nouvelle fois Mike à l’hôpital, …) la série se fendra cette fois d’un évènement qui ne sera pas sans rappeler les doubles épisodes centraux rituels de
Grey’s Anatomy alors qu’une catastrophe naturelle mettra littéralement Wisteria Lane sans dessus dessous, maison en charpie et famille sans foyer à l’appui. Une catastrophe qui permettra à la série de lancer un cliffhanger de fin d’année laissant planer le suspens sur la mort éventuelle d’une très grande partie de la distribution.

Heureusement pour les ménagères fidèles (et les pauvres ères qui sont tombés dans le panneau de l’addiction aux mélis-mélos scénaristique du créateur de la série Marc Cherry), il restait bien un épisode dans la boite avant que la grève des scénaristes ne stoppe net les machines. Un épisode d’après tempête qui permit à tous de souffler un peu et d’attendre sereinement le 13 Avril prochain, lorsque la série reprendra deux semaines après les évènements, la ville étant en pleine reconstruction. Les deuils passés, les amitiés consolidées et la majeure partie des secrets éventés, la série va pouvoir se concentrer sur le secret de la famille Mayfair qui se précise de plus en plus. Et
Desperate Housewives de continuer de s’imposer comme une des meilleures série mainstream de ses dernières années. Ca ne fait pas réfléchir, mais ça détend à merveille.
David Brami