Avec sa première saison aux commandes de Doctor Who, Steven Moffat avait frappé un grand coup, préférant privilégier les jeux temporels et les récits complexes au spectaculaire pétaradant et un peu vain dans lequel Russell T. Davies pouvait parfois se laisser un peu emporter. Mieux : en incrivant sa saison dans un tout narratif structuré à l'avance, Moffat innovait, et transformait ses treize premiers épisodes en une sorte de demi-saison, à l'histoire toujours en suspens.
Un retour aux sources du Doctor Who feuilletonnant, en somme, lorsqu'une même histoire pouvait s'étaler sur une saison entière, et une extension des arcs narratifs généraux implémentés par Davies de par le passé. À l'inverse de la méthode Davies, cependant, Moffat ne s'était pas contenté pas de laisser des indices discrets dissimulés tout au long de sa saison : dès le premier épisode, le ton était donné, avec cette faille à la forme mystérieuse filmée plein cadre.
C'est la suite de ce mystère que le Docteur (Matt Smith), Amy (Karen Gillan) et Rory (Arthur Darvill) doivent résoudre cette année, avec, en l'occurrence, un arc narratif de taille toujours à conclure : qui a manipulé le TARDIS dans la saison 5, le transformant en bombe à retardement responsable de l'annihilation du temps et de l'espace ? Autres pistes à explorer pour le scénariste : l'identité réelle de River Song (Alex Kingston), omniprésente dans les épisodes de Moffat, et l'explication de cette menace pregnante, le Silence, qui pèse sur Matt Smith depuis ses débuts.
Autrement dit, la saison 6 était attendue au tournant, d'autant plus que la production n'a pas lésiné sur les moyens, en envoyant Matt Smith et toute la petite équipe de Who aux États-Unis, pour un tournage en décors naturels dans l'Utah. Et à en juger par The Impossible Astronaut, le premier épisode diffusé ce Samedi sur la BBC, le défi est plus que relevé.
Quel démarrage, en effet ! Deux mois après le Christmas Special, l'on retrouve ainsi Rory et Amy qui se reposent tranquillement chez eux, tandis que le Doc fait le fou aux quatres coins de l'espace-temps... mais cela ne dure pas, car très bientôt, ils reçoivent un courrier mystérieux leur donnant rendez-vous au milieu de l'Utah américain. Là, ils y retrouvent River Song, elle aussi destinataire d'une missive similaire... et un Docteur plus âgé de 200 ans, étrangement résigné. Sous les yeux du trio, le Doc se fait alors abattre à deux reprises par un mystérieux cosmonaute sorti de nulle part.
Le Docteur est mort, frappé en pleine regénération... mais il ressurgit, bien vivant, et plus jeune de deux cent ans, quelques minutes plus tard : sa version âgée avait prévu sa mort, et fait parvenir les lettres mystérieuses à ses compagnons du passé, ainsi qu'à son moi plus jeune.
"Démarrage exemplaire, audacieux, et extrêmement dense : la saison s'annonce mouvementée !"
Pour quelle raison ? Mystère ! Et tandis que l'équipe du Doc tente de retracer les pas du Docteur mort dans l'Amérique de 1969, Amy, Rory et River doivent cacher à leur alien préféré le spectacle auquel ils viennent d'assister... rajoutons à cela des révélations sur l'identité réelle de River ; une Amy apparemment enceinte, et qui est la seule à remarquer la présence d'étranges Hommes en Noir / aliens (bien naturellement capables d'effacer la mémoire de ceux qui les voient, petit clin d'oeil à Will Smith & co) ; une enquête pour le compte de Richard Nixon, et voilà un premier épisode on ne peut plus dense et chargé !
Bref, la saison part sur les chapeaux de roues, les possibilités sont innombrables, et l'on ne peut que trépigner d'impatience à l'idée de voir dans quelles directions insensées et improbables Moffat va nous emmener. Geronimo !

L'histoire : Extraterrestre de 900 ans, le Docteur est un aventurier qui voyage à travers le temps et l'espace à l'aide de son vaisseau, le TARDIS (Time And Rela[…]
