TF1 rediffuse ce soir trois épisodes d'Esprits Criminels marquant l'arrivée de Joe Mantegna dans la série à succès. Interview de l'acteur.

Par - publié le 16 juin 2010 à 12h41 ,
MAJ le 23 juin 2010 à 11h56 - 0 commentaire(s)

C'est dans le sixième épisode de la saison 3 (About Face) que Joe Mantegna est arrivé dans la série Tv à succès Esprits criminels. Dans le rôle de David Rossi, profiler aguerri et old-school, l'acteur américain a fait oublié Mandy Patinkin (le leader de l'équique, Jason Gideon, dans les deux premières saisons). Nous avons rencontré Joe Mantegna au 50ème festival de Monte-Carlo. Il revient pour Excessif sur son arrivée dans Esprits criminels et les fondations de son personnage.

 

Avez-vous hésité à endosser un rôle secondaire ?
Non. Pas du tout. En fait, je l'ai encouragé, parce que je pensais que ça aurait été inapproprié. Quand l'acteur précédent est parti, et il n'y avait personne. La série devait continuer pendant 4 ou 5 épisodes. Je me rappelle les avoir vu et je me suis dit : "Ca marche encore". Parce qu'il y avait des bruits qui disaient que la série allait plonger suite à la perte du premier rôle. Et je me suis dit qu'ils n'avaient pas perdu. Ils avaient perdu quelque chose - un acteur - mais pas  nécessairement un acteur "leader". C'est avant tout une équipe. Et tout le monde dans l'équipe est important, et le tout fascine encore. Maintenant, le personnage de Thomas Gibson est devenu le chef d'équipe. Ca semblait juste. Et d'après ce que nous avons compris de mon personnage, c'est qu'il a monté la première équipe il y a 20 ans et qu'il est parti depuis 10 ans. J'aurais eu tort et cela aurait sonner faux d'arriver et de dire que je connais tout. David Rossi est comme un vieux chien qui rejoint une nouvelle meute. "Laissons ce nouveau chien mener l'équipe, mais j'apporterai ma sagesse, mon expérience et mon aide. Je serai la voix de la sagesse." Et je préfère ça. On n'a pas besoin de mener lé défilé pour y être reconnu.

 

Esprits criminels - Joe Mantegna


Avez-vous pu contribuer activement à la création de votre personnage, David Rossi, et à son histoire  ?
Oui, j'ai eu tout l'espace que je voulais. J'ai aimé le fait d'avoir été marié 3 fois, ça en dit beaucoup sur David Rossi. J'ai décidé qu'il serait italo-américain, car je pouvais alors puiser dans mon expérience personnelle en tant que Joe Mantegna. C'est une chose de faire un film qui dure 2 ou 3 heures, un personnage peut être créé et oublié. Mais je dois être David Rossi pendant des heures et des heures... Donc je préfére pouvoir puiser dans un passé que je comprends bien. Et le seul passé que je connaisse est le mien. Donc c'était intentionnel.

Et je crois que vous avez choisi le nom du personnage, David Rossi...
J'ai choisi le nom d'après le premier policier qui a témoigné dans le procès contre O.J. Simpson il y a des années. Et je pense que c'était un policier très respecté, intelligent et merveilleux , et qui a été puni par  les avocats de la défense d'O.J. Simpson. Ca m'a choqué. Et je me suis dit que j'allais nommer mon personnage d'après lui, en hommage à tous les policiers à qui on a manqué de respect.

En quoi le travail de profiler de tueurs en série a t-il transformé David Rossi au cours des années ?
Je me mets à sa place. C'est simpliste, mais je me suis dit : "C'est un sale boulot que quelqu'un doit faire". C'est une phrase parfaite pour cette situation. Je pense que le personnage comprend que c'est un boulot horrible, moche et violent. Et c'est probablement pourquoi il a raté 3 mariages, mais il sait qu'il fait du très bon boulot et quelqu'un doit le faire. Il y a une certaine fierté, un sens de l'accomplissement, un peu d'arrogance, peut-être. Mais c'est comme ça et je l'accepte.

Avez-vous effectué des recherches auprès du FBI ?
Oui, j'ai été 2 fois à l'Académie du FBI à Quantico en Virginie, dans le vrai Département des Sciences du Comportement ("Behavior Analysis Unit", ndlr) où la série se déroule. Donc je connais les vraies personnes, les vrais bureaux... C'était très important pour moi et très bénéfique.

 

Esprits criminels


Ils aiment la série ?
Je ne peux pas parler pour chacun d'entre eux, mais ceux que j'ai rencontré aiment la série. Je pense qu'ils comprennent que nous avons beaucoup de respect pour eux. Je me suis exprimé devant les agents du FBI durant une de leurs Conventions parce qu'ils font un boulot horrible, et c'est mon travail de les représenter d'une façon honnête et professionnelle, de leur donner tout le respect et le crédit qui leur sont dus.

 

Qu'est-ce qui rend la série Esprits criminels unique selon vous ?
Elle se démarque des autres séries criminelles/policières par le fait qu'on aborde le côté psychologique des criminels. Les autres séries s'intéressent aux crimes et aux preuves : voici la balle, la goutte de sang, ici un cheveu... tout est examiné à travers des microscopes, c'est intéressant. Nous, nous rentrons dans la tête des criminels et on ne peut pas mettre ça sous un microscope. Je trouve cela fascinant, et c'est la raison pour laquelle les gens l'aiment. "A quoi pensent-ils ? Pourquoi ?"

C'est comme un jeu d'esprit avec le spectateur...
Un jeu d'esprit, oui. Je pense que les gens ont toujours trouvé cela fascinant.


Eprouvez-vous de la sympathie pour un personnage de la série ?
Je dirais non. Parce qu'après 3 ans, je me sens tellement proche de chacun d'entre eux... Je les aime tous dans leurs façons d'être. J'ai 2 enfants et pour moi c'est comme avoir 6 enfants et se demander "Lequel préfères-tu vraiment ?" En tant que père, on ne peut pas en aimer un plus qu'un autre. Je me sens comme le père du groupe, ce sont mes enfants et je les aime tous mais d'une façon différente.

 

Propos recueillis par Nicolas Schiavi.

Remerciements à Serge Pommert pour la traduction.


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