Par David Brami - publié le 10 mars 2008 à 07h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h30 - 3 commentaire(s)
C’est peu dire qu’on avait attendu avec impatience cette saison 4 de LOST. Après deux saisons prometteuses mais cryptiques et une saison 3 décollant finalement pour nous annoncer de grandes choses, les producteurs Carlton Cuse et Damon Lindelof n’ont cessé d’enchaîner interviews sur interviews pour nous promettre enfin des réponses satisfaisantes et un début de résolution haletant. « Faites nous confiance, s’il vous plait faites nous confiance ! » répétèrent-ils à presque en perdre la voix. Presque, car lors de l’arrivée de la fameuse grève des scénaristes en novembre dernier, Damon Lindelof fut, avec Ronald D. Moore et Joss Whedon, parmi les voix les plus porteuses à nous expliquer que la grève était un mal nécessaire. Seulement voilà. Après nous avoir promis des saisons plus courtes et plus concises afin de nous diriger vers l’objet de toutes nos attentes (une résolution en grandes pompes), il aurait cette année fallu à cause de cette grève justifiée, se contenter de 8 épisodes (d’après la chaîne ABC), si ce n’est d’aucun (d’après les producteurs scénaristes, ne voulant pas frustrer leurs fans au bout d’une demi intrigue de saison). Heureusement, on aura été soulagé d’apprendre que les scénaristes ont enfin eu (relativement) gain de cause et que le tournage allait reprendre pour nous offrir une saison écourtée mais scénaristiquement solide de 13 épisodes. Voilà pour la mise en place. Maintenant : a t’on eu raison de croire la production ? A t’on misé sur le bon cheval en regardant depuis 3 ans des amoncellements de questions sans réponses ? Le premier épisode de cette nouvelle fournée était-il un beau paquet de poudre aux yeux, ou se trouve t’on comme pressenti face au futur chef d’œuvre audiovisuel indétrônable que l’on nous a toujours vanté ? 6 épisodes d’entrée en terre inconnue, on lève la main droite et on jure sur la seconde proposition avec enthousiasme.


En effet, tout est pour le moment conforme à ce que nous avaient promis les producteurs, et nous n’en sommes pour le moment qu’à la moitié des festivités. Jugez plutôt (inutile de préciser qu’à partir de maintenant, le présent article spoile ces épisodes) : De nouveaux arrivants prometteurs d’une délivrance bénie, de nouveaux voyages dans le temps avec cette fois une avancée vers un futur plein de mystères en lieu et place des anciens flashbacks, des énigmes qui répondent dans leurs formulations à de nombreuses interrogations passées et enfin, la perspective d’une ouverture scénaristique balisée sur des évènements dont il nous tarde forcément de voir l’évolution. Qui plus est, afin que les spectateurs ne se perdent pas en folles digressions, les scénaristes font encore une fois tout pour que leurs fans soient à la page, et ont récemment offert, lors d’une interview à Entertainemetn Weekly, quelques lignes directrices qui auraient bien servi les amateurs de la trilogie Matrix, imaginant ça et là dans chaque détail, la possibilité d’une piste quant à la résolution des évènements. On apprend ainsi qu’il est inutile pour les 15 millions de Sherlock Holmes en herbe qui suivent régulièrement la série de se triturer les méninges quant aux histoires de paradoxes temporels ou de narration chronologiquement biaisée : tous les évènements futurs dépeints font ainsi partie d’un futur stable et inébranlable, et inutile de se demander si les évènements de ces flash-forwards cachent quelque astuce narrative savante : ils sont proposés dans leur ordre chronologique.


On appréciera ces précisions tandis que le scénario flirte avec des concepts déjà très casse gueule tels que les voyages dans le temps ou les conspirations corporatistes, peintures de personnages dont il faut garder l’intégrité émotionnelle et réflexive et autres phénomènes paranormaux. Mais hormis ces précisions, où va-t-on exactement cette année ? La saison 3 s’était achevée sur un Jack en pleine dépression, barbu et alcolo, espérant par tous les moyens se cracher en avion avant de prier Kate de l’accompagner et de l’aider à… retourner sur la fameuse île. Et le spectateur d’apprendre dix secondes avant la fin de saison que les personnages avaient enfin fui l’île et qu’on était quelque part dans le futur. Quand ? Qui a réussi à fuir ? Comment ? Qui se trouve dans le cercueil présenté auparavant ? Tout cela lié bien sûr aux habituelles questions que tout un chacun se pose depuis le début : quelle est la particularité de cette fameuse île ? Quelle est la nature des évènements qui s’y déroulent et pourquoi personne ne la trouve ? Et alors que la troisième saison faisait monter la sauce et proposait déjà quelques amorces de réponses vertigineuses (Desmond qui voyage dans le temps, Locke qui, grâce à Ben, rencontre un certain Jacob entouré d’une aura mystique impressionnante, le contact avec une entité extérieure qui est au courant de l’existence de l’île…), voici que cette quatrième saison livre tout un paquet de réponses.


Ainsi, on apprend dès le premier épisode que le nombre de rescapés monte au nombre de 6. Progressivement, on rencontre certains d’entre eux dans le futur (Jack et Kate, donc, mais aussi Hurley et Saïd) et il est annoncé que l’identité des 6 personnes sera révélée avant la fin du septième épisode. Première réponse. Ensuite, concernant l’île, on apprend rapidement que celle-ci est très difficile d’accès physiquement. En effet, il semble qu’à chaque fois que le cargo tente d’y dépêcher une équipe, l’aventure prend des allures de mission commando. Chacun des quatre nouveaux arrivants atterrit ainsi sur l’ile au péril de sa vie, alors qu’on imaginerait que le brouillage occasionné par la station aquatique précédemment détruite rendrait l’île visible au monde entier. Que nenni, et il faudra d’ailleurs que Naomi envoie un signale de localisation afin de guider son équipe vers l’île. Mais nous y reviendrons. Commençons tout d’abord par présenter nos nouveaux arrivants. Tandis que nous avions fait rapidement la connaissance de cette Naomi la saison précédente, cette nouvelle saison ne tarde pas à nous présenter quatre nouveaux personnages à travers un second épisode nous détaillant leurs origines. On rencontre donc Miles Straum (Ken Leung, A.I., Intelligence Artificielle, X-Men 3) un arnaqueur nerveux doté de pouvoirs psychiques lui permettant (entre autres ?) de communiquer avec les morts, et qui dès son arrivée demande à voir le cadavre de Naomi, décédée il y a peu. Heureusement, avant de tirer sur Jack ou Kate, il est précédé de l’arrivée de Daniel Faraday (Jeremy Davies, La Secrétaire, Dogville), un scientifique passionné de phénomènes paranormaux et autres théories relatives (voyages dans le temps, transferts de mémoire), et dont les théories a priori farfelues pour toute personne sensée du continent, vont ici se révéler bien réelles. L’équipe est complétée par Charlotte Lewis (Rebecca Mader, Le Diable s’habille en Prada, Hitch), une anthropologue qui semble en savoir bien plus que son joli minois ne le laisse présager, et Frank Lapidus (Jeff Fahey, Le Cobaye, Body Parts, Grindhouse), un pilote d’hélicoptère trop avide d’aider nos rescapés pour être honnête, chacun des trois autres membres de l’équipe ayant résolument un agenda bien autre.


Beaucoup de réponses viennent également de la part de ce groupe, alors que le monde (ou du moins une petite partie) semble bien au courant des agissements de Ben et des propriétés de l’île. Grâce à Faraday, on va vite comprendre que l’accès à l’île est des plus compliqués quand celui-ci trace à Frank une carte franchement farfelue, et que le trajet retour de l’hélico (qui va transporter Saïd et Desmond en sureté sur le paquebot) devra suivre à la lettre ce croquis approximatif, sous peine de créer des perturbations incroyables dont Desmond, avec ses sauts dans le passé involontaires, va rapidement faire les frais. Et pendant que Jack et la petite équipe restée à terre passent plus d’une journée à attendre une confirmation de l’arrivée à bon port de l’appareil, le trajet pour ses membres ne prend pas plus de quelques heures, comme l’augurait déjà le nouveau scientifique qui, en attente d’une fusée partie du paquebot et arrivée en retard, avait déjà commencé à tester ses théories sur l’espace temps complexe qui entoure l’île. On en sait désormais un peu plus sur la direction où fouiller et certaines théories répandues sur le net font désormais état d’une île perdue dans une boucle temporelle qui permettrait à ses occupants d’être physiquement figés dans une époque passée (1996), jusqu’alors maintenue entre autres par la remise à zéro du fameux compteur de 108 minutes (d’où l’impossibilité de donner la vie pour les femmes enceintes ou encore la possibilité pour certains handicapés ou malades tels que Locke, de retrouver l’usage de leurs membres, la boucle temporelle étant antérieure à leur accident). Un phénomène qui explique également les déboires de Desmond, affecté par l’explosion d’énergie électromagnétique du bunker, et désormais contraint d’errer sans point d’attache entre un présent figé sur l’île, et un passé contemporain de l’année où la boucle temporelle qui englobe l’île s’est mise en place. Une théorie qui justifie également la technique du flashback propre à la série comme l’augurait déjà le huitième épisode de la troisième saison, également focalisé sur Desmond, alors que chacun des épisodes mettaient en parallèle les évènements de l’île et d’autres évènements contemporains à la boucle (1996, donc), mais faisant partie du passé des personnages (ceux-ci ayant atterri sur l’île en 2004).


Mais alors que ces théories (pour le moment aussi solides que spéculatives) ont le mérite d’expliquer beaucoup de choses, l’île n’est pas la seule à lâcher quelques secrets dans cette première moitié de saison : ainsi on apprend que les « Oceanic 6 », les 6 rescapés du crash étant revenus dans le monde présent ne sont pas les seuls à avoir plié bagage. En effet, alors qu’un épisode consacré à Saïd l’expose comme un agent double destiné à abattre des personnalités considérées comme dangereuse, on réalise que celui-ci s’est associé à Ben (dont il est peu probable qu’il fasse partie des 6 vu que d’un côté il n’était pas dans l’avion et que de l’autre, vu la notoriété de ces survivants, il préférera ne pas attirer l’attention sur sa personne) et que donc, celui-ci s’est aussi fait la malle afin d’étendre sur le continent, la purge organisée par sa bande pour se débarrasser de l’initiative Dharma. Une purge qui devient de plus en plus excitante alors que Ben dévoile à Locke que derrière l’expédition du paquebot, se trouve le père de Penny, la petite amie de Desmond. Un imbroglio riche en potentiel ! Encore plus troublant, un flashforward narrant les mésaventures de Kate, présentée comme nouvellement mère, révèle en toute fin d’épisode que l’enfant que tout le monde considère comme son fils (même la mère de Kate) se révèle être… Aaron, le fils de Claire ! Celle-ci est-elle restée sur l’île (en compagnie d’un Charlie alternatif) ? Est –elle morte ? Des questions qui soulèvent une nouvelle fois le sort de non-« Oceanic 6 ». Que leur –est-il arrivé ? Une nouvelle batterie de questions qui devraient trouver leurs réponses avant la fin de saison tandis que les interrogations sur Jacob et les autres phénomènes paranormaux de l’île seront reléguées aux saisons suivantes d’après les producteurs. Quoiqu’il en soit, nous voilà déjà bien partis pour cette saison 4 bien entamée, et il nous tarde vraiment de voir la suite. Messieurs Cuse et Lindelof, vous avez encore toute notre confiance !

David Brami

Lien vers la théorie de la boucle (Anglais)
Interview des deux producteurs sur EW.Com (Anglais)




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