Un nouveau procedural pour CBS ! Plus communément appelé séries policières par chez nous, ce genre de séries pullule en effet sur la chaine avec sa franchise New York District, Esprits criminels et autres séries des Experts. Mais cette fois ci la chaîne a recruté parmi les scénaristes des Soprano pour donner un peu grandeur à ce genre réduit parfois à de simples enquêtes hebdomadaires pour le spectateur.
Après nous avoir entraînés dans les coulisses de la Mafia, Mitchell Burgess et sa complice Robin Green passent de l'autre côté pour nous faire suivre le quotidien des Reagan, une famille de policiers de père en fils.
Chaque membre de la famille occupe effectivement un poste aux différents niveaux la loi, du père commissaire à la sœur avocate en passant par le fils inspecteur de police.
Le show proposera ainsi chaque semaine un cas criminel, traité à chaque fois de chaque coté de la loi.
"Au-delà de son aspect « Dynastie » chez les flics, Blue Bloods va s'employer à définir ce que sont les valeurs de la société américaine actuelle à travers le prisme de cette famille. (...) Les diners familiaux des Reagan portent très rapidement sur les affaires en cours plutôt que celles de la famille et (...) se transforment en véritables débats sur la justice américaine..."
Le linge sale de l'Amérique
Une façon de comprendre le fonctionnement du système judiciaire américain, mais surtout de voir la vision de la justice défendue par chaque membre de la famille à travers leurs différents points de vue. Chacun apportant avec eux leurs douleurs personnelles : le père veuf qui a perdu son fils lors d'une fusillade, le cadet de la famille tout récemment promu qui ne veut pas trop inquiéter sa petite amie, ou encore son frère inspecteur de police, aux méthodes plus expéditives, qui semble ne pas s'être encore débarrassé de ses traumatismes de la guerre d'Irak...
Tous les personnages sont ainsi marqués par des blessures qui caractérisent beaucoup une Amérique post -11 septembre.
Au-delà de son aspect « Dynastie » chez les flics, Blue Bloods va s'employer à définir ce que sont les valeurs de la société américaine actuelle à travers le prisme de cette famille.
Comme pour bien appuyer son propos, le pilote est justement encadré par la célèbre chanson « New York, New York », d'abord avec la chanson originale de Franck Sinatra, et à la fin avec une reprise de la nouvelle chanteuse Cat Power, comme l'hymne d'une ville qui essaie de se reconstruire à travers ses représentants de la loi.
Les diners familiaux des Reagan portent alors très rapidement sur les affaires en cours que celles de la famille. Et les repas de se transformer alors en véritables débats sur la justice américaine...
Histoires de familles
Le cas de ce premier épisode porte sur le kidnapping d'une jeune fille diabétique qu'il faut retrouver rapidement. Danny, l'inspecteur de police, lui aussi père de famille, met alors tout en œuvre pour rendre cet enfant à leurs parents, quitte à maltraiter le malfaiteur pour qu'il avoue tout. Danny doit alors impérativement se justifier sur ses actes, au risque que le coupable soit rapidement relâché faute de preuves solides.
Jusqu'ou doit-on aller pour rendre justice ? Telle est alors la grande question de ce pilote, pourtant déjà maintes fois traitée que ce soit au cinéma et à la télé.
Si ce pilote soulève justement des pistes intéressantes, il manque effectivement encore de solidité: l'épisode, qui devrait pourtant jongler avec les points de vue en suivant son principe de drama familial judiciaire, est ici trop axé sur Danny et les différentes questions soulevées sont traitées trop rapidement : la petite fille est retrouvée en 20 min et les recherches de Danny pour appuyer ses méthodes se terminent rapidement. Il n'y a donc pas beaucoup de suspense, et surtout très peu d'action, tant les enjeux semblent se régler à coups de paperasse et de coups de téléphones...
Qui sont les Blue bloods ?
Du côté de la famille en elle-même, le spectateur aura besoin de quelques épisodes supplémentaires pour s'immerger totalement dans ce groupe. Ce qui faisait la force des Soprano était ce souffle épique dans la veine du Parrain, avec ces personnages noirs pourtant attachés à de grandes valeurs, qui en devenaient ainsi attachants. Ce qui n'est pas encore le cas de la famille Reagan, trop éparpillée pendant le pilote pour apparaître comme vraiment soudée. Il faudra se contenter de cette unique scène de repas, justement servie par un montage nerveux et intense, pour sentir les conflits internes qui habitent cette famille tout en attaquant de front les questions de fond sur l'éthique policière. Mais cette scène sera trop courte pour vraiment prendre part au débat et s'identifier à l'un des personnages.
La faute aussi à un casting pour l'instant inégal qui n'a pas encore trouvé sa vitesse de croisière. On retrouve effectivement avec bonheur Tom Selleck qui s'est vraiment bonifié avec l'âge et qui incarne avec évidence le leader charismatique et vieux sage de la famille. Donnie Wahlberg et Bridget Moynahan sont aussi assez convaincants dans leurs personnages déterminés et intègres chacun dans leurs profession. Mais la grosse faiblesse vient du jeune Will Estes, au personnage trop prévisible (le bleu qui apprend douloureusement la violence de son métier), servi qui plus est par une interprétation mono expressive. Cette histoire d'infiltration dans ce club secret de la police devrait lui donner plus d'ambigüités.
Quand eu dernier personnage, New York, il n'est que réduit à un seul quartier et cette simple affaire de kidnapping, et n'apparait donc encore pas dans toute sa grandeur.
Blue Bloods est donc un show aux fondations prometteuses, mais il lui manque justement encore un peu de sang chaud pour nous captiver complètement.
Retrouvez un diaporama de la série Blue Bloods

L'histoire : Les Reagan forment une famille de policiers respectée de New-York.
L'histoire : Tony Soprano est effondré, déprimé, angoissé. Ce chef de la mafia du New Jersey, père de famille, se confie à contrecoeur à une ravissante psychiatre,[…]
