Les maux de l'Humanité
L'avatar de sa fille "définitivement" hors d'état, sa compagnie tombée dans les mains du revanchard Tomas Vergis (John Pyper-Ferguson) et sa femme suicidée... le jusque là très sûr de lui Daniel Graystone n'a guère d'autre choix que de solliciter l'aide de l'Ha'la'tha s'il veut espérer refaire un minium surface dans le monde des vivants. Son objectif : récupérer son entreprise et poursuivre ses travaux sur U-87 dans l'espoir de retrouver ce qu'il reste de l'âme virtuelle de Zoe. Son offre : créer les avatars des personnes décédées afin de soulager la douleur de ceux qui leur ont survécu. Son contact : un Joseph Adama (Esai Morales) plus réfractaire et déterminé que jamais, dorénavant totalement dévoué à la cause des Taurons et au service de leur "Parrain".
"En intensifiant ses intrigues politico-dramatiques, le dixième épisode de Caprica va encore un peu plus loin dans la SF de haut vol, fidèle à son approche littéraire d'un genre souvent relégué au simple rang de space-opera, et offre à la série un retour aussi captivant que maîtrisé"
De son côté, Sœur Clarice (Polly Walker) a échappé à l'explosion que lui destinaient Barnabas (James Marsters) et ses jeunes recrues... Enfin arrivée sur Gemenon, elle met tout en œuvre pour convaincre les hauts décideurs du STO de lui octroyer les pleins pouvoirs sur les différents groupuscules terroristes dévoués à la cause du "Dieu Unique" sur Caprica City, en leur vantant notamment l'impact qu'aurait sur les foules la notion de résurrection virtuelle ; les possibilités qu'offre la technologie du holoband repoussant toujours un peu plus loin ses propres limites. Entre drame affectif de plus en plus enraciné et convictions religieuses extrémistes, Caprica apparait plus sombre encore qu'à l'accoutumé... et toujours aucune trace de Zoe.
Un bon toaster est un toaster grillé
Le prototype qui servait jusqu'ici de refuge terrestre à l'avatar de Zoe (Alessandra Torresani) semble bon pour la casse. Destiné à être démonté avant d'être finalement sauvé in extremis par Cyrus Xander (Hiro Kanagawa), le robot "sans vie" est, étonnamment, le grand absent de ce premier épisode de reprise. Zoe n'a plus accès au monde réel et, bien qu'étant assurément le personnage le plus intéressant de la série en son entier, la jeune fille ne fait ici qu'une très brève apparition... Mais quelle apparition !
Il faut donc attendre la toute fin d'épisode pour découvrir une Zoe au regard encore plus sombre et implacable, délicieusement moulée dans une combinaison de cuir digne des héroïnes d'action les plus sexy. Un sabre acéré au poing, elle est à recherche de celle qui, comme elle, ne peut pas mourir dans le monde virtuel : Tamara Adama (Genevieve Buechner). Face au sort encore incertain de la série, le créateur Ronald D. Moore et ses acolytes brouillent donc encore un peu plus les différentes pistes d'un scénario pourtant déjà particulièrement dense, tout en accélérant suffisamment les évènements, histoire d'être prêt au cas où le dix-huitième épisode à venir serait bel et bien le dernier... Espérons d'ailleurs que tel ne soit pas le cas car, par sa complexité et son ingéniosité, la véritable science-fiction a définitivement besoin de Caprica. So say we all...
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