Par David Brami - publié le 17 mars 2008 à 05h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h38 - 0 commentaire(s)
Amateurs de tabloïds trashs et de scoops baveux, réjouissez-vous ! Dirt, la série mettant en scène Courtney Cox dans la peau de Lucy Spiller, la rédactrice en chef du magasine à scandale Dirt Now est de retour sur la chaîne câblée américaine FX pour une seconde saison. Et alors qu’à peine trois épisodes ont à ce jour été diffusés aux Etats-Unis, ces derniers laissent déjà augurer d’une série embrassant à nouveau son sujet à bras le corps.


Alors que le précédent season finale de la série laissait la fameuse chasseuse de news ordurières en chef sur le carreau suite à une agression, la série redémarre aussi vite que celle-ci saute de son lit d’hôpital après un coma de deux semaines, prenant ses clics et ses clacs afin d’alimenter à nouveau son monstre de papier. Depuis, son agresseur (Julia Mallory, incarnée par Laura Allen qui fera un court caméo le temps d’un petit vol plané) a mangé le bitume, et de nouveaux concurrents ont profité de la chose pour faire leurs choux gras, espérant que Lucy ne se relève pas de l’agression. Mais c’était mal connaître la tigresse de l’information people qui replonge dans le nerf de la guerre à s’en refaire péter les points de suture. Une plaie réouverte et un retour illico à l’hosto qui prouveront que pour la miss, toutes les occasions son bonnes afin de décrocher une bonne histoire, tandis que même l’infirmière s’occupant d’elle ira lui fournir de quoi remplir ses pages. L’œil alerte et toujours en binôme avec Don Konky, son photographe de choc préféré (toujours incarné par l’excellent Ian Hart), Lucy est plus agressive que jamais et semble avoir vécu son trauma comme une renaissance.


Et alors que Lucy faisait office de garde fou l’année précédente, ce sont cette fois les conseils de Don envers son employeuse et amie qui vont sonner comme la voix de la raison. En effet, sortant de la vallée de l’ombre de la mort triomphante et pimpante, la diva brune de la presse à scandale est plus que jamais habitée par une énergie sombre et dévastatrice, employant toutes les ficelles et les ressources à sa longue portée afin de flairer et couvrir le scoop tandis qu’à l’inverse, Don va quant à lui redescendre sur terre en suivant religieusement un traitement qui mettra en sourdine sa schizophrénie. Finie l’actrice morte qui partageait son lit, terminés les chats qui parlent, finies les hallucinations qui rendaient son quotidien alternatif coloré et incertain. On assiste donc ici à une inversion des rôles savante qui permet à la série de renouveler sa thématique tout en reprenant son souffle, tandis que Don va donc se mettre à questionner la relation qu’il entretient avec son travail tout en poussant sa Lucy à prendre sa pommade.


Bien évidemment, cette nouvelle dynamique n’est pas la seule nouveauté de la série et il faudra aussi compter sur l’arrivée de nouveaux personnages et autres guests. Niveau récurrents d’abord, on notera l’arrivée à la rédaction de deux nouvelles têtes tandis que, encore sur son lit d’hôpital, Lucy engagera Farber Kauffman (Ryan Eggold, déjà aperçu dans Entourage et Veronica Mars), un reporter du L.A. Weekly infiltré incognito dans sa chambre d’hôpital en triplant tout bonnement son salaire afin qu’il ne s’occupe non pas de sa convalescence, mais des poubelles de Britney Spears ou de Lindsay Lohan. Autre nouvel arrivant, Kenny (Kevin Weatley) est le nouveau secrétaire de Lucy, et servira d’élément comique tandis que celui-ci nous fera une crise de panique dès son entretien d’embauche en apprenant quand l’ancien assistant de la rédaction (qui portait le même nom que lui, cela dit en passant) s’est pris une balle dans la tête dans les locaux mêmes du journal.


Mais la grande nouveauté de la série réside cette saison dans un changement de ton radical, nécessaire à l’évacuation des hallucinations de Don, celles-ci posant jusqu’à présent tel le sel décalé et fou de la série. Ainsi, alors que dans la saison précédente l’accent était mis sur le drame et sur la peinture d’un Hollywood noir et désenchanté, bercé de stars iconiques mortes ou cocaïnées, cette année, la nouvelle couverture de Dirt présente des atours bien plus colorés et sarcastiques. Exit donc les archétypes de personnages destinés à balancer des messages bien lourds à la subtilité inexistante (la drogue c’est mal, la célébrité ça corrompt, le journalisme c’est mal et ça vous revient dans la figure…) et bonjour la reprise des gros titres savoureux actuels remixés en intrigues secondaires et les monologues cinglants (« T’as rien fait de ta vie, t’es juste une gamine pourrie gâtée qui va en boite de nuit !» déclare Lucy à un clone de... beaucoup trop de gens) alors que les personnages préexistants seront traités comme des protagonistes classiques. Alors que l’amourette entre Lucy et Holt (Josh Stewart) gagnera encore en légitimité et que les relations entre les autres membres de la rédaction vont s’épaissir, on retrouvera ici le message insultant qu’Alec Baldwin a laissé sur le répondeur d’un de ses gamins, l’arrestation de Paris Hilton pour conduite dangereuse et sa piété nouvelle, les secrets indicibles d’une fameuse série télé… Le tout étant bien sûr attribué à des personnages de fiction qui ne tromperont personne et remixé à la sauce Dirt, à savoir avec un ton acide et irrévérencieux. Au diapason, la production design de la série (un générique flashy pop reprenant les ouvertures de jambes de Britney) et la structure même des épisodes seront alors axées sur ce postulat bien plus festif, chaque épisode s’achevant sur la couverture du magasine, telle la chute d’une bonne blague.


On prend ainsi un malin plaisir à imaginer les coulisses de ces frasques bien réelles tandis que certaines digressions permettent d’immortaliser sur pellicule des fantasmes de lecteurs donneurs de leçons : le clone de Hilton du second épisode est à ce titre particulièrement savoureux, tandis que celle-ci, ayant trouvé la foi après être dispensée de prison pour « nausées matinales », s’en va dans un pays d’Asie aider des populations dans le besoin et termine foutée en place publique après s’être baignée topless en possession de drogue. Et bien que ce changement de direction futé faisant de la série non plus un drama déprimant mais une série fun et délurée, a déstabilisé le public de FX, occasionnant un démarrage relativement faible (1,7 millions de téléspectateurs au lieu des 3,5 millions attendus), on parie que la série trouvera un nouveau public quand la transition sera digérée, tandis que de nombreux guests sont attendus cette saison (Tom Arnold, Rosanna Arquette et peut-être quelques anciens de Friends). De plus, alors que cette nouvelle saison a vu son nombre d’épisodes radicalement réduit par la grève des scénaristes (7 au lieu des 13 prévus à l’origine), on se rassure en apprenant qu’une troisième saison est d’ores et déjà sur les rails. On n’a donc pas fini d’entendre parler de Lucy Spiller et de ses Unes ravageuses, d’autant que ce n’est pas la matière première qui manque.

David Brami




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