Dès les premières images, Help Me laisse craindre le pire. Visiblement au plus mal, un House ensanglanté, et plus marqué que jamais, semble sur le point de céder à l'irrésistible appel des petites pilules miracles auxquelles il a pourtant su résister depuis son déstabilisant voyage aux pays des rêves... Après une année aussi riche en rebondissements qu'en désillusions, le plus fascinant des antihéros TV s'offre (littéralement) un voyage vers les sombres profondeurs de son âme cassée et doit faire face à toute une batterie de choix irréversiblement douloureux : un vingt-et-unième épisode en extérieur et à la hauteur des attentes des plus accros, dont l'ultime séquence ravira les fans autant qu'elle leur rendra l'été plus insupportable encore, avant que ne commence enfin la saison 7.
Pour Hanna
Un conducteur de grue fait un malaise en plein centre ville est c'est plus d'une centaine de victimes qu'il faut soigner en urgence après que l'engin se soit effondré. Alors qu'il a toujours du mal à accepter l'évolution de la vie amoureuse de Cuddy (Lisa Edelstein), House (Hugh Laurie) accepte de l'accompagner sur site afin d'aider les équipes d'intervention à faire le tri et d'ainsi déterminer au mieux qui a besoin d'être traité en priorité. Entre deux prises de becs un chouïa disproportionnées face à l'ampleur des dégâts, le toujours aussi cynique médecin découvre une jeune femme (China Shavers) retenue prisonnière sous les gravats... Très vite, la question de savoir s'il faut l'amputer ou non d'une jambe est posée. En proie à ses propres démons, House s'y oppose fermement...
Une fois passée l'évidence de la dimension particulièrement dramatique de ce season finale, c'est bel et bien la notion de choix qui s'impose au cœur de cette intrigue presque exclusivement axée sur les deux personnages principaux de la série. Cuddy est sur le point de se marier et, de son côté, House perd les derniers espoirs qu'il pouvait avoir de vivre un jour une existence "normale" en compagnie de celle qu'il ne se cache désormais plus d'aimer... Sous les débris poussiéreux de l'accident, la détresse de sa patiente agonisante fait douloureusement écho à ses propres traumatismes ; si bien que, même fidèle à son incomparable sens de l'antipathie naturelle, la prise de conscience d'une solitude toujours plus accrue le pousse encore un peu plus vers le désespoir dans lequel il semble désormais las de se complaire. Quitte à commettre l'irréversible.
No future
Intégralement de situés de nuit, les lumières sombres et bleutées et l'imposant décor apocalyptique de Help Me plongent Dr House dans une noirceur (aussi contextuelle qu'analytique) qu'elle-même a encore rarement égalée depuis son lancement en novembre 2004. En sortant ainsi du carcan (parfois réducteur) du "maladie inconnue de la semaine / recherches / observations / enquête / analyse / diagnostic... de temps à autres parsemés de bribes d'éléments personnels" si cher au format du show, cet épisode pourrait d'ailleurs tout aussi bien conclure la série en son entier tant il se focalise sur tout ce qui restait jusqu'alors en suspens.
Malgré tout, la série enregistre avec cette sixième saison son plus "faible" taux d'audiences depuis sa création... Avec une moyenne de seulement de 12,6 millions de téléspectateurs américains (contre un pic à 17,6 millions pour sa saison 4 !), le docteur House passe en effet pour la première fois sous la barre des 13 millions. Mais il n'y a pas de quoi véritablement s'alarmer pour autant, la série faisant tout naturellement partie de la grille de rentrée de septembre 2010 sur la Fox. Il n'y a donc plus qu'une chose à faire d'ici là : attendre... patiemment.

