On ne présente plus Drôles de Dames, cette série américaine de 1976 mettant en scène un trio de jeunes femmes, détectives privés de choc et de charme, au service du mystérieux Charlie, qui ne s'adresse à elles qu'au travers d'un haut-parleur.

Mais plus que la profondeur des scénarios ou des personnages, le succès de Drôles de Dames était dû, de l'aveu même de la production et du cast, au sex-appeal de son trio de tête, régulièrement contraint d'endosser des tenues sexy pour mener leurs enquêtes.

Rapidement, cependant, le show est devenu un symbole, celui de femmes séduisantes et compétentes à la fois, une sorte de girl-power avant l'heure. Guère surprenant, donc, de voir fleurir au fil des ans les tentatives de ressusciter le mythe, que ce soit à la télévision ou au cinéma : adaptations étrangères, remakes, et bien entendu, les deux longs-métrages de McG, mettant en scène Cameron Diaz, Lucy Liu, et Drew Barrymore.
En cette période de recyclage télévisuel prononcé (Dallas, Knight Rider, Hawaï 5-0, Battlestar Galactica, Bionic Woman, V, Wonder Woman, etc), quoi de plus normal alors pour ABC que de vouloir tenter sa chance avec Drôles de Dames, diffusé depuis ce 22 Septembre sur la chaîne américaine.

Dans les rôles titres, trois actrices à la plastique irréprochable, mais au charisme et au jeu un peu défaillants : Annie Ilonzeh (du soap General Hospital) est Kate, ex-flic corrompue ; Rachael Taylor (Transformers et Grey's Anatomy) est Abby, fille d'un investisseur à la Madoff, devenue cambrioleuse ; et Minka Kelly (Friday Night Lights) est Eve, amatrice de voitures de sport. Pour les encadrer, Bosley (Ramon Rodriguez), un jeune pirate informatique sexy et latino, qui travaille pour Charlie (Victor Garber, d'Alias, remplace John Forsythe à la voix-off).
"Plat et peu passionnant, le pilote de ce Drôle de Dames version 2011 ne convainc pas, à l'image de sa distribution transparente et de son écriture défaillante. À oublier très vite."
On le voit, dès le casting, des problèmes se posent. Rien qui ne puisse être résolu par une écriture solide et un rythme enlevé, cependant... mais c'est là que le bât blesse. Car la série a été confiée à Alfred Gough et Miles Millar, déjà responsables de Smallville, de la Momie 3, ou encore des Shangaï Kid 1 et 2 : pas vraiment des exemples de chefs-d'œuvre d'écriture... et de quoi se montrer sceptique avant même les premières images.
Et pour cause : le duo des showrunners a en effet réussi le tour de force de produire une heure de programme insipide et mal écrit. Pire : avec sa distribution transparente, et sa volonté de faire dans le sérieux et le pseudo-réalisme sombre, le pilote de ce Drôles de Dames nouvelle génération ne possède même pas le sex-appeal de son modèle, ou sa légèreté assumée.
On se retrouve donc avec un récit banal qui accumule les clichés du genre, et qui dénature le concept original. En lieu et place d'un trio d'héroïnes volontaires désireuses de faire respecter la loi, le spectateur découvre trois criminelles en quête de rédemption et de vengeance (l'une des Anges ne rejoint le groupe que pour venger la mort de son amie d'enfance, Ange avant elle, disparue dans une explosion à mi-pilote).
Les trois Anges évoluent ainsi dans un univers technologique (entre Ipads, twitter et autres téléphones portables), chargé d'un symbolisme assez lourd (aussi subtil que pouvait l'être celui de Smallville : statue d'ange omniprésente, costume de diablotin pour une Ange en infiltration...), où elles combattent des trafiquants d'enfants, sont torturées par ces derniers, et lancent des répliques à faire rougir la pire star de film d'action des années 80.

Il ne reste alors que quelques éléments de la mise en image (split-screens, police de caractère), et le thème musical principal (utilisé avec parcimonie au sein d'une bande-originale hésitant entre électro et musique latino), pour nous rappeler que la série trouve ses origines dans les années 70, époque où le divertissement savait se faire léger et attachant.
La presse américaine ne s'y est pas trompée, et considère ce Drôles de Dames 2011 comme l'un des gros ratages de la rentrée : sans aller jusque là, force est de constater que ce qualificatif n'est pas totalement immérité. Et avec ses audiences assez quelconques (un peu plus de 8.5 millions de spectateurs), le show ne semble pas forcément parti sur un très bon pied..
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